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Re : les doublets en français

Dans lequel il y a du tri à faire et qu'il faut considérablement mettre à jour. J'avais tendance à l'oublier alors qu'il demeure un ouvrage de base (au moins pour ceux qui n'ont qu'Internet à disposition).

Je vois que boîte ne figure pas dans sa liste.

177

Re : les doublets en français

Une fois substantivé, "capillaire" ne devient-il pas le doublet de "cheveu"?

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

178

Re : les doublets en français

glop a écrit:

Une fois substantivé, "capillaire" ne devient-il pas le doublet de "cheveu"?

La nature du mot ne fait rien à l'affaire, inutile donc de substantiver, ces deux-là ne sont ni de vrais ni de faux doublets, le premier à un suffixe qui manque au second, pas de place pour le doute.

Mais, avec cette histoire de nature de mot, vous m'avez fait penser à un couple très simple :

bravo / brave

Je n'aurais jamais imaginé que cela puisse venir de barbare.

179

Re : les doublets en français

coupler/copuler

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

180

Re : les doublets en français

Mise en forme à part, glop a écrit:

coupler/copuler

Vrais doublets, présents dans l'index de Brachet.

181

Re : les doublets en français

Et l'index de Brachet permet de trouver un K

cerise / kirsch

Pour plus de précisions lire sur le site monsu.desiderio

[ ... ] le Dictionnaire historique de la langue française fait remonter la cerise (1190) à un latin populaire  *ceresia, neutre pluriel du bas-latin ceresium pris pour un féminin singulier. L'erreur est banale, ordinaire, fréquente. La pomme, la poire sont ainsi passées du neutre au féminin, comme beaucoup d'autres fruits ou légumes.

Mais il y a plus. Ce bas-latin est une déformation de cerasium. Or c'est le terme latin, et non bas-latin, qui a donné l'allemand Kirsch. Terme que l'on retrouve ensuite en français par le biais d'une eau-de-vie à base de cerise et d'origine alsacienne.

Si je devais me fier à cette page, je devrais penser que le terme cerise existait en gaulois : « GR= kerasion>,
*ceresia, cerise. » Il figure parmi les 450 mots d'origine gauloise recensés au XIXe s. Mais depuis il a été bien éliminé de cette liste car il n'est pas proprement celtique, c'est un emprunt tardif au latin et aucun dictionnaire contemporain ne le donne plus comme gaulois.

L'origine est donc bien grecque. Le DHLF, toujours lui, indique qu'il provient du nom kerasos, cerisier, mot qui provient peut-être d'une langue d'Asie mineure puisque l'arbre provient du Pont-Euxin, la côte  nord-est de la Turquie.

[ ... ]

Je me pose la question des cerisiers du Japon sad

P.S.: je lis que  Dominique Didier, l'auteur de cette page, tient toujours après son accident d'il y a 4 ans et qu'il y a encore des personnes pour continuer et persister à penser à lui et à le soutenir autant qu'elles le peuvent.

http://champignac.hautetfort.com/archiv … iliot.html

182 Dernière modification par glop (08-07-2014 14:19:06)

Re : les doublets en français

http://www.boitearecettes.com/fruits_le … e-text.htm

[Dans le Banquet des sophistes, Athénée rapporte une querelle sur l'introduction du cerisier. Un des convives Larensis, un romain l'attribue à Licinius Lucullus, vainqueur en 73 avant J.C. de Mithridate VI, dit le Grand, tandis qu'un grec Daphnos penche pour un de ses compatriotes, Diphilos. Larensis dit: " Il y a beaucoup de choses que vous autres, les Grécots, revendiquez pour les avoir nommées ou inventées les premiers. Mais vous ignorez que Lucullus, le général romain, celui qui a vaincu par les armes le fameux Mithridate et Trigane, a le premier rapporté en Italie ce végétal de Cérasonte, ville du Pont. Et c'est lui qui a, ainsi, appelé le fruit " cerasium " du nom même de la ville, comme le confirment nos historiens. "

Daphnos n'est pas d'accord et rétorque: " Mais pourtant un homme qui compte, antérieur de bien des générations à Lucullus, Diphilos de Siphnos qui vivait sous le roi Lysimaque, un des successeurs d'Alexandre, fait mention des cerises et dit: " Les cerises sont de bon goût, de bon suc, peu nourrissantes, et quand on les prend trempées dans de l'eau fraîche, bonnes pour l'estomac. Les meilleures sont les plus rouges et celles de Millet: elles sont, en effet, diurétiques. "
... ]

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

183

Re : les doublets en français

Je pense que c'est l'aspect ciré - κηρός, cire -, caractéristique de la cerise, qui est à l'origine de κεράσιον. Mais le Magnien-Lacroix dit l'origine assyrienne, comme si les Grecs avaient attendu les éphémères Assyriens pour croquer des cerises.

Fille légère ne peut bêcher.

184 Dernière modification par éponymie (09-07-2014 08:37:18)

Re : les doublets en français

Un fil voisin m'a fait penser aux vrais doublets appréhender/apprendre.

Frappé du virus de la collectionnite, voici - grâce à Auguste Brachet - le W qui me manquait et un Z de plus :

warrant/garant
chiffre/zéro

Ce sont de vrais doublets, j'ai préféré pour warrant mettre l'article de wikipédia (j'avais des doutes sur l'usage actuel du terme).

Dans la série des cas litigieux, alors que Brachet les considérait comme de vrais doublets, il y a boudin/pudding

P.S. : je rappelle que la dernière liste de doublets se trouve au message 156, page 7 de ce fil.

185 Dernière modification par glop (09-07-2014 18:50:44)

Re : les doublets en français

marchand/mercanti/mercantile

tourte/tarte

nourrissant/nutritif

coureur/curseur

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

186

Re : les doublets en français

glop a écrit:

marchand / mercanti / mercantile
coureur / curseur

Deux séries de faux doublets (merci de me faire découvrir mercanti). Mercantile est hors course.

glop a écrit:

tourte / tarte

Cas litigieux faute de documentation.

glop a écrit:

nourrissant / nutritif

Apparentés mais ni vrais ni faux doublets (à plus forte raison ni cas litigieux). Hors course.

Il faudra que je vérifie que je suis toujours cohérent en classant dans les faux doublets : ce devrait être des séries de mots qui ne descendent pas d'un étymon commun malgré les apparrences. Curseur vient du cursor classique tandis que coureur dérive du moderne courir. À mon avis, chaque fois qu'il y a soupçon d'étymon latin (donc ancien), composition avec préfixe ou suffixe, on risque fort de se retrouver si ce n'est dans les faux doublets, pour le moins dans les cas litigieux.

C'est gentil de me bombarder de séries glop mais pourriez-vous me faire gagner du temps en suivant ce code ?

[b][url=http://www.cnrtl.fr/etymologie/nourrissant]► [/url]nourrissant[/b] / [b][url=http://www.cnrtl.fr/etymologie/nutritif]► [/url]nutritif[/b]

C'est aussi ce qui me permettra lorsque je ferai le prochain récap d'avancer par copier-coller et de répartir plus rapidement dans la catégorie qui va bien (vrais/faux/litigieux/obsolètes). Je crois que je classerai également en fonction du type d'étymon (grec, latin,arabe, turc, etc.).

187 Dernière modification par éponymie (10-07-2014 08:31:18)

Re : les doublets en français

J'ajoute aux vrais doublets le couple signalé par Abel Boyer dans la discussion sur cathéter, je l'imaginais obsolète mais parsonnier au même titre que feudataire désignent des signifiés qui ne sont plus d'actualité certes mais ont toujours besoin d'être nommé, par exemple dans cette citation du wiktionnaire :

Rien n’appartenait à personne, tout appartenait à tous. Si bien que si un parsonnier voulait se retirer après quinze ans de Communauté, il le pouvait, mais les mains nues, seulement avec ses vêtements, qui pourtant étaient communautaires, car on n’osait pas le laisser partir nu.
(Henri Vincenot, Les étoiles de Compostelle, Denoël, p. 31)

Il s'agit de vocabulaire spécialisé. Donc partenaire / parsonnier

Emprunt à l'anglais partner, du mot anglais partener attesté depuis la fin du XIIIe siècle et qui est une forme altérée, sous l'influence de part (français part*) du mot anglais parcener «associé, co-détenteur de quelque chose» (NED) lui-même emprunté à l'anglo-normand parcener (1230-50), (Miracles de la Ste Vierge, 2e collection anglo-normande, éd. H. Kjellman, Livre III, Prol., 4, p.135; cf. aussi l'ancien français partenier sous l'influence de part dans le Trésor des Chartes du Comté de Rethel, I, 778, 1 ds Runk., p.131); l'anglo-normand parcener correspond à l'ancien français parçonier/parcenier (ca 1100 parçuner, Roland, éd. J. Bédier, 474) lui-même dérivé de l'ancien français parçon/pareçon, du latin partitio «partage, division, répartition»

Dommage que ces pages du TLFi soient si indigestes... Par contre j'ai vu au passage que la rubrique étymologie continue à être mise à jour, il y a un projet pour ça. Ce dico n'est pas si figé que ça. Si je retrouve un exemple (et j'en retrouverai, il y a au moins 2 ou 3 exemples parmi les liens indiqués depuis le dernier récap), j'ouvrirai un sujet spécifique.

J'ajoute également trois initiales Q de la liste Brachet qui doivent absolument entrer dans les classiques des vrais (ou des faux, mais ici il s'agit de vrais) doublets, quatre / quatuor et le joli (les goûts et les couleurs smile ) coi / quitte.

Je continuerai à intégrer ses doublets petit à petit en vérifiant à chaque fois les étymologies modernes mais il faut continuer à trouver les doublets qu'il a oublié ou qui lui sont postérieurs. Forza !!!

188

Re : les doublets en français

Un doublet qui était difficile à trouver, sinon par chance, entre successif et successoral :

II. − DR. Qui concerne une succession, un héritage. Cession à titre universel. − Il doit s'agir d'une cession de droits successifs, c'est-à-dire de droits à titre universel dans une indivision d'origine successorale (Nouv. rép. de dr., Paris, Dalloz, 1965, s.v. succession, no1200).
Prononc. et Orth.: [syksesif], [-sε-], fém. [-i:v]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. a) xves. [date ms.] « qui succède à d'autres » (J. Corbichon, Propr. des choses, B. N. 22533, fo11c ds Gdf. Compl.); b) 1461 dr. droit successif (Jean de Bueil, Jouvencel, Pièces justificatives, éd. L. Lecestre, t. 2, p. 403). Empr. au lat. des juristes successorius « relatif aux successions ».

Pour la petite histoire, j'ai trouvé par hasard cet usage de successif dans ce texte de 1590, Le Masque de la Ligue et de l'Hespagnol decouvert, qui est le plus ancien texte sur Google Livres à utiliser le fameux « sang impur » dans un contexte guerrier, texte où l'on retrouve plusieurs thèmes repris deux siècles plus tard dans La Marseillaise. Le droict successif est à la fin du paragraphe précédent.

Fille légère ne peut bêcher.

Re : les doublets en français

yd a écrit:

Un doublet qui était difficile à trouver, sinon par chance, entre successif et successoral

Ce ne sont pas des doublets, comme le montrent leurs suffixes clairement différents. Il est possible que "successif" ait emprunté son sens juridique à "successorius", ce qui le rapproche de "successoral", mais il doit sa forme au bas-latin "successivus".

190 Dernière modification par éponymie (11-07-2014 12:33:48)

Re : les doublets en français

Abel Boyer a écrit:

[ ... ], mais il doit sa forme au bas-latin "successivus".

Quel est l'étymon classique du bas-latin successivus ?

Il n'en reste pas moins que ce ne sont pas des doublets : successoral, c'est successor + le suffixe -al.

Re : les doublets en français

éponymie a écrit:

Quel est l'étymon classique du bas-latin successivus ?

Le verbe classique succedo, successi, successum, succéder et le suffixe adjectival classique en latin -ivus.

Re : les doublets en français

il me semble que cela n'ait pas été site, il y aurait aussi cloche et cloque

http://fr.wiktionary.org/wiki/cloque

"L'orthographe est plus qu'une mauvaise habitude, c'est une vanité" R. Queuneau

193 Dernière modification par éponymie (17-07-2014 09:21:42)

Re : les doublets en français

BakaGaijin a écrit:

il me semble que cela n'ait pas été cité, il y aurait aussi cloche et cloque

On avait déjà coque et coche mais effectivement il nous manquait ce couple

cloche / cloque

C'est le classique couple [k] / [ʃ]. Merci smile

194 Dernière modification par glop (18-07-2014 10:33:11)

Re : les doublets en français

corolle http://www.cnrtl.fr/etymologie/corolle
couronne http://www.cnrtl.fr/etymologie/couronne

Dans quelle catégorie classer ce faux doublet?

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

195

Re : les doublets en français

Ni vrais, ni  faux, ni litigieux : c'est encore un cas de suffixation. Un doublet de corolle serait un mot évolué depuis le corolla latin.

196 Dernière modification par glop (23-07-2014 23:00:59)

Re : les doublets en français

César, Kaiser, Czar, Tsar...

C'est le genre de quadruplet international pas commode à éplucher.

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

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Re : les doublets en français

Il est abondamment documenté, il suffisait d'y penser. Merci smile

198 Dernière modification par PauloOjovem (01-08-2014 19:20:26)

Re : les doublets en français

En lisant Les Rois maudits de Maurice Druon, je suis tombé sur Hoir à mon sens doublon (désuet) de Héritier.

199

Re : les doublets en français

- Chambrette
http://www.cnrtl.fr/etymologie/chambrette

- Cabaret
http://www.cnrtl.fr/etymologie/cabaret

hmm

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

Re : les doublets en français

PauloOjovem a écrit:

En lisant Les Rois maudits de Maurice Druon, je suis tombé sur Hoir à mon sens doublon (désuet) de Héritier.

Pas tout à fait. L'ancien français hoir est le doublet de l'anglais heir. Ils viennent du latin heredem (nominatif heres).
Héritier vient d'un mot différent, mais naturellement apparenté : hereditarius.

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