Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)
Transcription du phonème /j/ dit "le yod" — 6
Un phonème n'est pas un son mais une entité abstraite assimilable à un ensemble de sons.
Le phone [j] est un son consonantique appelé yod.
Le phonème /j/ est un ensemble de phones — en l'occurrence le phone complet [j] et aussi la partie de phone [??] qui est la queue d'une diphtongue (amalgame vocalique).
Soit, pour faire joli : /j/ ? { [j] ; [??] }.
Le phonème /j/ ne porte pas de nom.
Le premier exemple est le cas du yod, apparemment très simple : son unique, lettre unique, [...].
Le son [j] (le yod) est en effet un phone unique. Le phonème dont il dépend est /j/. L'identité du symbole littéral (le petit "j") entre les crochets et les barres obliques montre assez bien que les variations du type Brigitte Fontaine (voir le n° 5) sont perçues comme étant marginales. Elles sont de toutes façon non phonémiques.
Pour noter le yod, l'API utilise la lettre j, mais il a inventé un symbole en forme de z arrondi pour noter le son jé.
Ce qui nous laisse les possibilités suivantes :
utiliser le j pour noter le yod, et le ž/Ž pour noter le son jé ;
utiliser l'upsilon pour noter le yod, et garder le j pour le son jé.Cette seconde solution a ma préférence, mais ce n'est pas moi qui décide...
Je pense qu'il est préférable de noter le phone [j] par <y> car la graphie <j> c'est le son /?/ en francophonie.
Exemples (hors toute modif ne portant par sur le phonème /j/) :
<accueillir> ? /a·kø·ji?/ ? <accueyir>
<bouillir> ? /bu·ji?/ ? <bouyir>
<criée> ? /k?i·je/ ? <criyée>
<déployées> ? /de·plwa·je/ ? <déploiyées>
<égayons> ? /e·ge·j??/ ? <égaiyons>
<égayions> ? /e·gej·j??/ ? <égaiyyons>
<fille> ? /fij/ ou /fi·j?/ ? <fiye>
<gargouille> ? /ga?·guj/ ou /ga?·gu·j?/ ? <gargouye>
<habillé> ? /a·bi·je/ ? <habiyé>
<payer> ? /pe·je/ ? <paiyer>
<payiez> ? /pej·je/ ? <paiyyez>
<pays> ? /pe·i/ ? ?<paihis> (car <pays> deviendrait /pajs/)
<soudoyez> ? /su·dwa·je/ ? <soudoiyez>
<taille> ? /taj/ ou /ta·j?/ ? <taye>
<travaillé> ? /t?a·va·je/ ? <travayé>
<voyage> ? /vwa·ja?/ ? <voiyage>.
Pas très jojo ce genre de modif, mais bon, si c'est pour la bonne cause...
Transcription de la syllabe /wa/ — 2
Le graphisme <oi> a été allégrement jeté par dessus bord par les chercheurs du GEREC. Ils écrivent zwazo (oui, oiseau, passé tel quel en créole), ovwa (dans le quel on reconnait au revoir), bonswa (on reconnait bonsoir), [...]
La graphie <wa> ne me pose aucun problème pour représenter la syllabe /wa/. Le seul truc c'est que la syllabe /wa/ n'est que l'ultime représentant d'une très longue série unifiée par le graphisme <oi>. Il est permis de penser que ce /wa/ se réduira un beau jour en /a/, ou grossira en /wa??/, à moins qu'il ne revienne à son état antérieur : /we/. Ce jour-là on aura l'air bien malin avec notre <wa>...
Je suis pour l'innovation : par exemple <lhirondelle> plutôt que <l'hirondelle>, <lami> et non <l'ami>, <lézeuro> à la place de <les euros>, <dézalligator> contre <des alligators>, <jaurais> pour <j'aurais>, <ilzon> pour <ils ont>, <ilson> pour <ils sont>, mais tout ceci est discutable. Au moins autant que l'équivalence /wa/ ? <wa>.
Le créole est au français ce que le français est au latin.
On va pas refaire le monde mais il n'est pas sûr que le français dérive du latin. Je verrais plutôt un ancêtre roman à notre langue (et aux langues romanes en général). Un aïeul cousin du latin.