Sujet : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

Sur la suggestion de Colline d'or, j'ouvre ici un nouveau dossier consacré à la chasse au serpent de mer, je veux dire à l'insaisissable réforme de l'orthographe.

Je le fais dans l'esprit suivant :
examiner la question, et proposer les moins mauvaises solutions, étant entendu que les bonnes n'existent pas... et que nous n'avons aucune autorité d'aucune sorte !

Que tous ceux qui ont des questions, des propositions, des idées, les notent ici, sans se prendre pour d'infaillibles pontifes, et sans se sentir attaqués personnellement par ceux qui signaleront des failles dans le raisonnement, ou feront des propositions différentes.

Je suggère avant de commencer une bonne prise de Nina Catach (L'orthographe, en Que sais-je ?), suivie d'une pincée de Plumons l'oiseau et d'une goutte de la Grammaire historique de Ferdinand Brunot.

Pourquoi ? parce qu'il n'est pas mauvais de profiter des travaux des prédécesseurs, que cela évite, par exemple, de parler des diphtongues du français, qui ayant disparu entre le Moyen-Age et la Renaissance ne sont plus du tout une préoccupation pour ceux qui veulent écrire au XXIe siècle.

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

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Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

P'tit prof a écrit:

Sur la suggestion de Colline d'or, j'ouvre ici un nouveau dossier consacré à la chasse au serpent de mer, je veux dire à l'insaisissable réforme de l'orthographe.

Et donc un énième fil sur le même sujet ? Si vous souhaitez que ce soit le seul lieu de débats, et non pas un terrain supplémentaire offert aux bagarres, il vous faudrait clore les autres fils et renvoyer sur celui-ci. Un modérateur peut le faire, non ?

N.B. Le titre est amusant, mais pas très informatif pour les nouveaux venus.

Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

P'tit prof a écrit:

[...] une goutte de la Grammaire historique de Ferdinand Brunot.

Cher P'tit prof, je ne résiste pas au plaisir de développer le titre complet du Précis de Grammaire historique de la langue française de Fernand Brunot et Charles Bruneau (ce dernier fut l'élève du premier et la juxtaposition malicieuse de leurs patronymes est, en elle-même, évocatrice des charmes de l'ouvrage tongue). Ce livre,  publié en 1937, n'est pas facile à trouver mais il est téléchargeable sur http://www.archive.org/details/prcisdegrammai00brunuoft  Qui a dit qu'un livre de grammaire devait être ennuyeux ?

Or, taux, gras, feux... Un fil dédié à LA réforme de l'orthographe ?
Je m'étonne que l'on ne rappelle pas plus souvent aux intrépides réformateurs qui s'agitent sur abc que les judicieuses rectifications orthographiques de 1990  sont applicables et licites depuis bientôt vingt ans et que les réticences «idéologiques» à leur application viennent principalement de France (Belgique, Suisse, Canada,  les appliquent sans drame — j'en suis moins sûr pour d'autres pays francophones) et plus précisément des administrations, le corps professoral n'étant pas le dernier à en freiner l'application (par méconnaissance, le plus souvent).
La première rectification, par exemple, qui est une merveille de logique cartésienne : Les numéraux composés sont toujours reliés par des traits d'union. Elle permet enfin de distinguer  vingt-et-un centièmes (21/100) de vingt et un centième (20 + 1/100). Eh bien on est tout surpris  de constater que certains grincheux s'obstinent à biffer deux traits d'union de deux-cent-vingt-et-un ! Si ! si ! wink

Dernière modification par Bookish Prat (02-07-2009 06:48:26)

« Jeunesse, folies. Vieillesse, douleurs ». Proverbe rom.

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Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

Colline d'or a écrit:

Trop de théorie devient inutile quand il s'agit de résoudre des questions concrètes : il m'est arrivé de participer à une discussion sur un autre forum sur la pronominalisation avec en et c'était surprenant de voir combien linguistes et grammairiens (personnes bien plus qualifiées que moi) étaient incapables de se mettre d'accord sur une représentation théorique de la réalité, ce genre de discussion ne fait en rien avancer les choses.

Si vous envisagiez de réformer le système de pronominalisation, effectivement, vous n'étiez pas dans la compagnie requise s'il s'agit d'un forum visité par des spécialistes de la description des langues!

Pardon, bien sûr, de paraître un peu rêche et persifleur, mais bon sang de bois: depuis quand est-il devenu facile de s'entendre sur une représentation théorique de la réalité? Comment pouvez-vous une seule seconde envisager que cela soit "facile" alors que tout prouve le contraire. On avance par approximations successives, par essais et erreurs, choisissant à chaque fois la solution... "la moins pire" comme disent les gamins. Quant à la relation entre "théorie" et "questions concrètes", dites-vous qu'elle est beaucoup plus compliquée que cela: les théories font apparaître tel ou tel aspect de la réalité, à laquelle vous n'accéderez pas sans elles. Tout ce que vous pouvez espérer, c'est la vivre (quoique certains ont émis des doutes),  ou, justement, la transformer... ce qui est aussi un mode de connaissance, comme on sait.

Lorsqu'on souhaite s'entendre sans difficulté, on construit ce qu'on appelle des axiomatiques (le livre de Blanché sur la question est à coup sûr dans Google Books). L'algèbre, la géométrie, la logique formelle sont des axiomatiques. Et reposent sur des lexiques et des règles de combinaison et de calcul déclarées. Plus ou moins en accord avec la réalité (1+1=2 n'est pas vrai dans toutes les situations de la vie), et modifiables: l'espace n'est pas forcément euclidien.

Avec les faits de langue, et l'écriture aussi dans la mesure où elle relève aussi de la sémiotique (cf. TLF), vous n'êtes pas dans une axiomatique. Jusqu'à présent, on ne connaît dans ce domaine que les bidouillages, toujours temporaires et jamais totalement satisfaisants. Et c'est une des forces des écritures: elles sont perfectibles.  A contrario, vous ne pouvez pas amender une axiomatique, vous pouvez seulement en construire une autre.

Vous souhaitez avancer des propositions d'amendement de l'orthographe. C'est une des préoccupations les plus partagées - toutes langues écrites confondues - sur la surface du globe. Avec d'ailleurs de surprenantes constantes d'une langue à l'autre, même lorsqu'on change de culture et de continent. Cela fait sans doute partie du mode d'existence des écritures;  il est plus rare qu'on cherche consciemment à amender de manière systématique autre chose que l'écriture (les contre-exemples se reproduisent d'une langue à l'autre, et sont liés aussi au développement des sociétés: la féminisation des noms de métier, les emprunts etc.)

Et vous avez bien évidemment tout loisir de vous lancer dans cette affaire: Dieu soit loué, la langue n'est pas le pré carré de ceux dont le métier est de la décrire.  Mais on est loin, ce faisant, de chercher un consensus sur "la réalité". Ne vous trompez pas de cible...

Cela dit, bon courage!

Dernière modification par Naïf (02-07-2009 14:42:40)

Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

Autre chose : je proposais d'ouvrir autant de fils que de points très concrets à aborder dans le cadre d'une éventuelle réforme,

... ce qui me semble, à moi, très difficile à réaliser : quels sont-ils, ces points très concrets ? Il faudrait les lister, et, bien entendu, on en oubliera...
De plus, points concrets ou pas, il se produira des digressions.

Comme l'inéluctable fatum de ce genre de dossiers est de finir en fourre-tout, il me semble que nous gagnerons un temps fou en commençant en fourre-tout !
Rien n'empêche les intervenants de donner un titre à leur intervention, titre que reprendront ceux qui voudront compléter :
par exemple : tirets, 1, tirets 2, et ainsi de suite.

L'ai-je assez répété ? L'actuelle orthographe du français est un maquis. Elle ne manque pas de logique, mais elle superpose plusieurs logiques différentes et opposées.
Un aménagement partiel est impraticable, la preuve ! La frilosité des éditeurs qui ne l'utilisent pas explique, en partie, la chute de la dernière réforme en date.
Un réaménagement total est impossible, sauf à inventer un nouvel alphabet et à fixer de nouvelles conventions.

Si j'ai ouvert ce dossier, c'est pour permettre à  ceux qui ont des choses à dire de les dire. Je n'en attends pas la Nième réforme !

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

Sur les traits d'union  1:

La première rectification, par exemple, qui est une merveille de logique cartésienne : Les numéraux composés sont toujours reliés par des traits d'union.

Merveille de logique cartésienne, en effet !

Citation 1 :

Le trait d'union ne sera pas exigé entre le mot désignant les unités et le mot désignant les dizaines. Ex : dix sept.

Citation 2 :

L'usage place un trait d'union entre les éléments d'un adjectif numéral qui forment un ensemble inférieur à cent.
On admettra l'omission du trait d'union.

Le texte 1 est tiré de l'arrêté de tolérance de 1901 (inconnu au bataillon et jamais appliqué), le texte 2 est tiré de l'arrêté de tolérance de 1976 (inconnu au bataillon et jamais appliqué). On note donc qu'en l'espace de soixante quinze (na !) ans, la doctrine n'a pas varié.
En 1990, soit quatorze petites années plus tard, ce trait d'union facultatif devient obligatoire !
Seuls les imbéciles ne changent pas d'avis, mais je refuse à  voir du cartésianisme dans une telle volte-face.

Volte-face, justement. Ceux qui préconisent volteface ne se sont jamais penchés sur la lecture, son apprentissage et les conditions de lisibilité. L'œil discrimine, et l'intelligence perçoit mieux les petites unités. C'est le phénomène qui rend difficile à déchiffrer, et difficile à mémoriser, le fantaisiste anémélectropedalireculombrosoparacloucycledu savant Cosinus, l'immortelle création de Christophe.
Les traits d'union sont nécessaires à désagglutiner les grumeaux qui seraient sans lui illisibles. Je ne plaide pas pour leur maintien à tout prix, mais qu'on mette une espace à la place :
on écrit bien pomme de terre, écrivons arc en ciel. La réforme de 1990 prône arcenciel. Si on écrit arcenciel, dans cinquante ans d'ici, quand  sera mort le dernier francophone à avoir appris le mot à l'oreille, l'arc-en-ciel deviendra un arsensiel, de même que gageure rime désormais avec beurre.

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

Ce n'est pas le côté affectif qui m'a fait bondir devant les diphtongues, c'est le côté pédagogique, voire pédago : la diphtongue n'existe plus en français, c'est un constat phonétique.
Je bondis de la même façon quand certains voient des pieds dans les vers français qui ne se comptent que par syllabes.
Rien d'affectif à militer pour la propriété des termes !

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

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Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

Colline, zavé pas honte ? big_smile

http://observatoire-de-la-langue.com/IMG/jpg/balance.jpg

Allons, comme souvent, Grevisse est de bon et sage conseil:

La plupart des linguistes réservent le nom de diphtongue au groupe formé de deux voyelles réunies en une seule syllabe , comme dans l'allemand Baum [ baum] et dans l'anglais boy
[ b?i]. Dans ce sens, il n'y a pas de diphtongues en français.

Il vaut donc mieux renoncer à parler de diphtongue à propos d'un groupe voyelle+ semi-voyelle ou semi-voyelle+voyelle.

«abjuro, maledico et detestor supradictos errores» wink

Poursuivez donc sereinement cette riche réflexion, sans affect.

" Wer fremde Sprachen nicht kennt, weiß auch nichts von seiner eigenen."   J.W.v.Goethe

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Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

Colline d'or a écrit:

Ce consensus dans l'analyse se justifie par contre pour le système verbal : tout francophone sait l'utiliser mais les représentations diffèrent, la représentation traditionnelle en groupes n'aide en rien à comprendre la logique de la conjugaison, il existe depuis longtemps une autre représentation (radical/désinence) toute simple

Oui, mais non: ce n'est pas "tout simple" quand on a pigé qu'il existait aussi des désinences, ce qu'on sait depuis belle lurette. Le hic, c'est qu'on ne sait pas toujours les découper, ces fichues désinences et qu'on est même tout à fait sûr qu'il ne faut pas toujours les découper. S'il y a consensus, il se dessine progressivement ici.

Les objectifs que l'on se fixe doivent être à la mesure de l'information qu'on veut bien récolter, plus largement: de l'effort qu'on est prêt à consentir.

Le prêt entre bibliothèques fonctionnant parfaitement en Italie, je vous livre les références générales que je recommande ces temps-ci comme première approche de cette question, tous ces textes font très grand cas de la question de l'écriture (Dubois privilégie l'oral, commencez par lui, puis passez à Pinchon et Couté, puis  Huot,  Touratier et Shane, enfin aux autres qui impliquent la connaissance des précédents. A peine un mois de lecture)

Dubois, Grammaire structurale du français: le verbe, Paris, Larousse, 1967.
Huot, Morphologie. Forme et sens des mots du français, chap. 11, Armand Colin, 2001.
Pinchon et Couté, Le système verbal du français, Nathan, 1980
Plénat, "L' 'autre' conjugaison ou De la régularité des verbes irréguliers", Cahiers de grammaire, 3, 1981.
Shane, French Phonology and Morphology, Cambridge, MIT Press, 1968.
Touratier, Le système verbal français, 1996.
Voguë (de), « Ni temps, ni modes : le système flexionnel du verbe en français.», in Vogeleer ,  Borillo,  Vuillaume,  Vetters (eds)  "La modalité sous tous ses aspects", Cahiers Chronos 4, Rodopi, Amsterdam-Atlanta, 1999, pp. 93-114.

Sur l'accent aussi, il y a de quoi faire, vous pensez bien. Pour l'instant, j'en reste à ça, vu que vous aurez ainsi une idée des questions que soulèvent pour l'orthographe des verbes français, en vrac: le fonctionnement du yod et des consonnes finales non prononcées et du "e" muet, la très difficile question de la segmentation en radical-désinence, le rapport entre syllabation et degré d'aperture des voyelles (et l'accent...).

Notez, vous aurez aussi les participes et adjectifs verbaux dans le même paquet. Votre premier point.

EDIT.  Argh, discussion sur  les "diphtongues" pendant que je partais à la pêche de Shane. En gros, l'idée est qu'il faut distinguer le français hexagonal (au moins) d'une langue comme l'anglais, diphtongueuse à souhait.

Dernière modification par Naïf (02-07-2009 18:16:07)

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Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

colline d'or a écrit :
la désinence ent des adjectifs, devient ant

Présant
Absant
Latant
Clémant
Innoçant
Décadant

Vous êtes sûr de ce que vous proposez ?
C’est démant !
S

Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

Questions de méthode, 1

Colline d'or :

Mais il me semble que ce qui est important pour parler de transcription des sons, c'est de parler de phonèmes et de les connaitre. Pourquoi, dans ce cadre, les diphtongues vous posent-elles problème ? Si quelqu'un dit que la séquence [aj] est une diphtongue et si un autre n'est pas d'accord, est-ce que c'est un obstacle insurmontable dans la discussion qui consisterait à savoir comment écrire cette séquence (ail, aille, ay, aye, ...) ?

C'est en effet un obstacle insurmontable dans la transcription des phonèmes que d'ignorer la nature exacte des dits phonèmes.
Il existe une définition de la diphtongue, faite par les phonéticiens, et ce qui ne répond pas à cette définition ne doit pas être désigné de ce nom.
Ce n'est pas du nominalisme, c'est de la rigueur intellectuelle. Il s'agit d'écrire le français, il faut donc commencer par prendre une claire conscience du matériel phonétique du français.
Je vois une erreur de méthode dans la perception du mot ail comme une unique séquence : ail est parallèle à âne : monosyllabe formé d'une voyelle  + consonne. Cette syllabe peut figurer dans un mot, à l'initiale :
ailleurs, anonyme ;
dans le corps du mot :
empailleur, cancanier ;
ou en finale :
portail, bécane.

Puisque vous ne songez pas une seconde à voir une diphtongue dans la   syllabe -ane-, pourquoi en voir une dans la syllabe -ail- ?



Je parle ici ex cathedra, bien que simple soutier du secondaire : les approximations et à peu près, acceptables au café du commerce, ne saurait ici qu'obscurcir la question.

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

Je reprends ma casquette de modérateur pour m'adresser à Sylvain B... :

Invité

IP: 88.160.196.170
courriel Re: Or, taux, gras, feux...colline d'or a écrit :

la désinence ent des adjectifs, devient ant

Présant
Absant
Latant
Clémant
Innoçant
Décadant

Vous êtes sûr de ce que vous proposez ?
C’est démant !
S

Si c'est tout ce que vous avez de positif et de constructif à dire sur le sujet, changez de bac à sable !
Le son -an- est précisément la voyelle a nasalisée. La démence consiste à l'écrire avec un graphème autre que la lettre a.
Nous sommes au demeurant tout à fait prêts à accepter une autre proposition, du moment qu'elle est motivée et étayée de connaissances solides.

(La prochaine fois, d'ailleurs, je supprimerai purement et simplement les messages de cette encre. Je laisse celui-ci à titre d'exemple à ne pas suivre.)

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

liste des points concrets à aborder 2

Essai de typologie :

* une graphie alternative à cueil et gueil,
* la suppression des o et a dans l'e (partout où il peuvent être remplacés par une autre voyelle et où ils ne sont pas indispensables à une prononciation correcte)
    * suppression du th, du ph, du y ne générant pas de semi-voyelle
    * éventuelle suppression du m (composante d'une nasale) devant un b et un p
    * suppression du ch prononcé )k(
    * correction en  -iller des noms de végétaux en -illier
    * le g prononcé c
    * le i tréma, le y et le yod : harmonisation des conventions d'écriture
    * la désinence ent des adjectifs, devient ant
    * traitement de la chaine en
    * traitement du son k
    * traitement des lettres g et j
    * remplacement du x final par  le s (donc régularisation de certains féminins irréguliers)
    * régularisation de certains féminins (copin / copine)
    * le x prononcé )s( et )z(
    * le ti prononcé ci
    * le g muet
    * le pt prononcé t
    * les mots composés
    * suppression des doubles consonnes en b, d, f, k et p
    * traitement du cc
    * traitement du gg
    * traitement du ll
    * traitement du mm
    * traitement du nn
    * traitement du rr
    * traitement du ss
    * traitement du tt
    * traitement du zz
    * généralisation du è devant un e muet
    * suppression du h muet initial
    * remplacement du h n'appartenant à une chaine ch ou sh
    * maintien d'un accent unique sur la seule voyelle e

Tous ces points ne sont qu’un seul et même point : la correspondance phonème graphème.
Il ne sera résolu que par l’adoption de la convention : un son par signe, un signe par son, qui fonctionne déjà en créole, soit dit en passant.

* le système verbal et les adjectifs verbaux,
    * participe passé (radical et désinence) :
    * accord du participe passé (je pense à une réforme euphonique, sur le modèle de ce qui existe déjà avec l'adverbe tout)

Ces points tiennent au fonctionnement même de la langue, fonctionnement qui ne se décide pas par décrets, contrairement aux conventions orthographiques.

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Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

Sur l'adjectif  verbal 1

Il ne serait pas mauvais de réfléchir à la notion d’adjectif verbal listée par Colline d'or : le terme vient de la grammaire latine, où il désigne un fait de langue… totalement inconnu en français !
Que signifie l’expression adjectif verbal, si ce n’est la même  chose que participe : un adjectif tiré du radical du verbe.
On distingue, depuis les grammaires latines, un participe présent et un participe passé, termes très contestables déjà en latin, puisque le participe est une forme verbale qui ne porte pas de marques de temps et de personne ! Il s’agit en fait d’un participe inachevé actif, et d’un participe achevé passif. (Oui, c’est plus long à dire, mais c’est de cela qu’il s’agit ! Je me contenterais personnellement de participe actif/ participe passif.) Et ce que l’on appelle l’adjectif verbal, dans tout ça ? C’est le participe actif, fonctionnant comme un adjectif qualificatif, c'est-à-dire susceptible de prendre des marques d’accord… que le participe prenait au XVIIe siècle :

Et plus loin des Laquais, l’un l’autre s’agaçans,
Font aboyer les chiens et jurer les passans

écrit Boileau dans la satire 6.

Nous ne sommes donc plus du tout dans la convention orthographique, mais dans la description de la langue. Cependant, une description bien faite peut avoir des retombées sur l’écriture… et  nous ne sommes pas sortis de l’auberge !

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

Transcription du yod 2

la lettre y après une voyelle alphabétique fonctionne comme si il y avait un digramme (oi, ai) suivi d'un i (voi-iage, abbai-ie) qui s'il est suivi d'une voyelle prononcé va générer un yod.

Aïe ! (ce qui s'impose quand on parle de yod...) On dirait que vous avez pris cela dans un célèbre outil de travail dû à des auteurs dont le dévouement n'avait d'égal que l'ignorance linguistique. Ils ont accouche de trucs et de recettes mnémotechniques efficaces, mais que l'on aurait bien tort de prendre pour une description exacte de la langue.

Commençons par oublier les fameux digrammes, qui sont terriblement trompeurs. Ils servent à noter des voyelles que l'on noterait fort bien sans eux : oi, lu [wa] par exemple : digamma et a, aucune raison de mobiliser la lettre o et la lettre i !

Dans l'abbaye, par exemple, il n'y a pas la queue d'un yod : il n'y a que deux voyelles, ê et i, nettement distinguées dans la prononciation. C'est l'abeille qui offre la combinaison voyelle ê + yod.
Avec voyage nous avons la totale : digamma +a + yod + a + jé (le phonème pas la lettre !) L'étudiant en FLE serait fondé à nous demander pourquoi des deux a de ce mot, seul le second s'écrit avec la lettre a... C'est ce qui me rend partisan du : un graphème, un phonème, un phonème, un graphème, seule solution logique de l'épineux problème de l'orthographe : à chaque fois que j'entends a, j'écris a...

la voyelle i entre une consonne et une voyelle, génère un yod

Elle ne génère rien du tout, la voyelle i, elle est utilisée pour noter un yod prééxistant, dont la présence s'explique par l'étymologie.
Le i de plier note deux phonèmes : le i de pli-, le yod de -yé. Puisque deux phonèmes il y a, je pencherais pour utiliser deux graphèmes : pliyer, par exemple.

Vous avez une démarche analytique : prendre un par un les mots où figure le son yod, et leur faire un sort individuellement.
Il me semble que la démarche synthétique : décider une bonne fois (fwa) pour toutes d'une graphie unique du yod résoudrait plus rapidement le problème !
Pour noter le yod, l'API utilise la lettre j, mais il a inventé un symbole en forme de z arrondi pour noter le son jé.

Ce qui nous laisse les possibilités suivantes :
utiliser le j pour noter le yod, et le ž/Ž pour noter le son jé ;
utiliser l'upsilon pour noter le yod, et garder le j pour le son jé.

Cette seconde solution a ma préférence, mais ce n'est pas moi qui décide...

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

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Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

pardon, je ne vous interromps pas, juste un bourdon:

Colline d'or a écrit:

Mais il me semble avoir compris, que de toute façon je devrais me taire, avaler des tonnes de littérature sur le sujet (et sur les autres) pour pouvoir me permettre d'oser prétendre lancer une discussion sur le sujet. Vous vous moquez.

Vous avez mal compris.  J'argumentais comme on le fait dans mon métier, et vous encourageais à aborder votre point 1, puisqu'il vous semblait simple. Il ne l'est pas. Vit (de voir), lut (de lire ne se laissent pas segmenter. Et je vous enjoignais à ne pas trop embrasser, car vous risquez de ne rien étreindre. Aider, c'est faire en sorte qu'autrui puisse faire ce qu'il veut, ou y contribuer; s'il veut trop, l'aider consiste à le lui dire.

Mais vous êtes passé au yod, et les biblios ne vous intéressent pas. Après tout, pourquoi pas? Mais de grâce, pas d'accusation de cuistrerie lorsque les c**s descendent smile

A votre disposition quand vous voudrez smile

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Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

Colline d'or a écrit:

En ce qui concerne les verbes j'ai déjà développé quelque chose ici sur le sujet, je le referai de manière plus synthétique.

D'accord! On reparlera de la segmentation à ce moment-là.

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Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

Transcription du phonème /j/ dit "le yod" — 5

Où il est question de deux réalisations phonétiques distinctes du même phonème /j/ en position finale : l'une étant la queue de diphtongue [??], l'autre la consonne indépendante [j].

Rappel : un phonème n'est pas un son mais une entité abstraite assimilable à un ensemble métaphysique de sons physiques qu'on choisit de regrouper par considération structurale et non pour des motifs physico-acoustiques. C'est pour cette raison que l'appellation <yod> est bienvenue pour désigner le phone [j] et malvenue dès lors qu'il s'agit du phonème /j/.

Colline d'or a écrit:

Si quelqu'un dit que la séquence [aj] est une diphtongue et si un autre n'est pas d'accord, est-ce que c'est un obstacle insurmontable dans la discussion qui consisterait à savoir comment écrire cette séquence (ail, aille, ay, aye, ...) ?

Non, ce n'est pas insurmontable, c'est sûr. Mais il est inexact de dire que [aj] est une diphtongue puisqu'il s'agit d'une séquence composée d'une voyelle puis d'une consonne, et non de la fusion de deux voyelles. En revanche il est sûr que certains francophones disent autre chose que [t?a·vaj] pour <tra·vail>. Brigitte Fontaine, par exemple, dirait quelque chose comme [t?a?·va???], où [a???] n'est pas une séquence de deux sons mais bien une diphtongue ? un allongement de [a??] en fait. Mais que l'on dise [t?a·vaj],  [t?a?·va???], [t?a·va??] ou [t?a?·va?j], il s'agit toujours de /t?a·vaj/ dans les quatre cas.

D'ailleurs quand <tra·vail> est suivi d'un mot commençant par une voyelle, la syllabation recycle le /j/ en [j], alors même que le locuteur prononce [??] pour /j/ quand <tra·vail> est final ou isolé.

Brigitte Fontaine (phonétique)
<tra·vail> ? [t?a?·va???]
<tra·va·ille_a·vec> ? [t?a?·va?·ja·v?k]

en général (phonétique)
<tra·vail> ? [t?a·vaj]
<tra·va·ille_a·vec> ? [t?a·va·ja·v?k]

dans tous les cas (phonématique = phonologie)
<tra·vail> ? /t?a·vaj/
<tra·va·ille_a·vec> ? /t?a·va·ja·v?k/



Colline d'or a écrit:

transcription du yod - 1

voyage
abbaye

la lettre y après une voyelle alphabétique fonctionne comme si il y avait un digramme (oi, ai) suivi d'un i (voi-iage, abbai-ie) qui s'il est suivi d'une voyelle prononcé va générer un yod.

En effet :
<voy·yage> ? /vwa·ja?/
<a·bbay·ye> ? /a·be·i/.

Le dédoublement factice du graphème <y> permet de mieux cerner la contrepartie orale. Le <e> final dans <abbaye> est muet et l'on voit que <y> donne /i/. Et non pas pas /j/ comme dans <voyage> où le <a> après <y> n'est pas muet.

Ceux de nos amis qui prononcent le trisyllabique /a·b?·i/ pour <abbaye> (et non pas /a·be·i/) n'auront aucun mal à opposer ce mot au dissyllabique  <abeille> qu'ils diront certainement /a·b?j/.



P'tit prof a écrit:

Transcription du yod 2

la lettre y après une voyelle alphabétique fonctionne comme si il y avait un digramme (oi, ai) suivi d'un i (voi-iage, abbai-ie) qui s'il est suivi d'une voyelle prononcé va générer un yod.

Dans l'abbaye, par exemple, il n'y a pas la queue d'un yod : il n'y a que deux voyelles, ê et i, nettement distinguées dans la prononciation. C'est l'abeille qui offre la combinaison voyelle ê + yod.

Je crois que Colline d'or avait précisé les limitations que l'énonciation de sa règle imposait : « qui s'il est suivi d'une voyelle prononcée ». Or le <e> de <abbaye> n'étant pas prononcé, il ne saurait donc y avoir de [j] (yod) dans ce cas. Et c'est très exactement ce que tu disais aussi : « il n'y a pas la queue d'un yod ».



Transcription de la syllabe /wa/ — 1

Colline d'or a écrit:
P'tit prof a écrit:

Commençons par oublier les fameux digrammes, qui sont terriblement trompeurs. Ils servent à noter des voyelles que l'on noterait fort bien sans eux : oi, lu [wa] par exemple : digamma et a, aucune raison de mobiliser la lettre o et la lettre i !

Pourquoi voulez-vous les oublier ? Ils sont là. Pour l'instant oi transcrit le [wa]. Je décris la prononciation de abbaye : dire que le graphème y après un graphème a, o, e ou u a dans la grande majorité des cas le même valeur pour la lecture qu'un double i sert ma démonstration (et c'est efficace avec les apprenants). Doit-on refuser de parler du digramme oi parce que vous avez déjà conclu qu'il faut le supprimer ?

Bien que cela puisse surprendre les apprenants non-francophones (et même les petits francophones en cours d'alphabétisation), la syllabe [wa] peut être légitimement représentée par le digramme <oi>.

Je ne garantis pas l'exactitude de ce qui suit au détail près, mais c'est juste pour illustrer l'évolution diachronique de notre langue parlée par rapport au fixisme d'une orthographe désormais archaïsante, même si elle nous paraît "naturelle" :

<oi> = [o??] (vraie diphtongue)
?
<oi> = [u??] (vraie diphtongue)
?
<oi> = [ue?] (vraie diphtongue)
?
<oi> = [we] (XVIIe s. ? "roué d'Fronce" pour <roi de France>)
?
<oi> = [wa] (aujourd'hui)

Cela vaut-il le coup de réformer la transcription de [wa] ? Si l'on prend en compte l'extraordinaire stabilité du graphisme <oi> à travers les siècles, surtout par opposition à ses avatars sonores, le doute est raisonnablement permis.

Dernière modification par greg (04-07-2009 00:28:05)

Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

Question de méthode 1 : les parallèles ne se rencontrent pas...

Je constate que nous avons ici un dialogue de sourds :
d'un côté, une position pragmatique, concevable (qui a fait et fait toujours la fortune d'un éditeur ) : mettre au point des trucs mnémotechniques et raboter quelques irrégularités ;
de l'autre, une réflexion théorique sur les conditions d'une bonne orthographe, d'une orthographe rationnelle, qui ne verra le jour mais dont on peut toujours rêver.
Dans cette perspective théorique, il est bon de savoir :
quels sont les sons du français ;
comment ils sont transcrits ;
pourquoi ils sont transcrits d'une façon et pas de l'autre.

Le premier exemple est le cas du yod, apparemment très simple : son unique, lettre unique, elle est déjà employée (la preuve !) dans la yole et la yeuse.
La revue générale de toutes les possibilités est un excellent exercice de l'apprentissage de la convention orthographique actuelle, mais de peu d'intérêt pour la mise au point de la convention de demain.

D'un pur point de vue pragmatique, j'avoue ne pas comprendre la proposition de maintenir une diversité de graphies différentes pour un seul son. C'est vouloir compliquer la vie des écoliers de demain, ceux qui ne sont pas encore nés, qui n'ont donc aucune habitude et aucun préjugé concernant la façon d'écrire.
Que nos habitudes nous soient chères, à nous, est une chose. Vouloir les imposer aux générations futures en est une autre !

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

Quel éditeur ?

La maison Hachette qui depuis 1946 se fait un beurre fou avec la collection Bled.

Je n'en dirais pas de mal, parce que à mes lointains débuts, j'y ai puisé des idées.
Je n'en dirais pas de bien, parce que ayant eu le privilège d'apprendre les langues anciennes (qui avaient été soigneusement écartées de la formation des instituteurs) et de bénéficier des progrès de la linguistique, j'en sais plus long que  les auteurs. Ce serait une malhonnêteté intellectuelle de leur reprocher d'ignorer ce que nul ne leur a enseigné. Mais ma formation n'a pas pu ne pas  m'ouvrir les yeux sur les nombreux défauts de ces sympathiques ouvrages. Je dis bien : sympathiques.
(J'ai aussi beaucoup de sympathie pour ma première grammaire latine, mais ce n'est pas pour cela que je la suis dans ses erreurs : cinq déclinaisons, parisyllabiques, 3e mixte.)

Je cherchais à élever le débat, pour le pur plaisir intellectuel, bien que mon esprit penche vers une réforme radicale  et une mise à plat de tous les problèmes.
Si on en reste au niveau du simple pédagogisme, on n'avancera pas d'un pas !


si tout le monde est habitué à lire correctement voyage, travail, feuille, maillot, lier,  racial et si la lecture de ces mots ne pose pas de problème à des apprenants, pourquoi tout chambouler ?

Vous voulez réformer l'orthographe, ou vous ne le voulez pas ? Si on réforme, on chamboule, et si on ne veut pas chambouler, on ne réforme pas.

Voilà pourquoi je dis : corrigenda, at corrigi non potest.
Nous nous sommes embourbés dès le yod, et il reste encore trente-cinq sons à examiner !

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

J'ai averti : tout message qui n'apportera pas de l'eau au moulin du monde sera déplacé et archivé.
Il n'est pas nécessaire qu'il soit offensif, il suffit qu'il soit oiseux et hors sujet.

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

Zimon a écrit:
P'tit prof a écrit:

J'ai averti : tout message qui n'apportera pas de l'eau au moulin du monde sera supprimé.
Il n'est pas nécessaire qu'il soit offensif, il suffit qu'il soit oiseux et hors sujet.

Vous devriez avoir honte. Voyez ce que j'écris sur le fil où vous avez relégué les messages "hors sujet". Et si vous supprimez ce message-ci, je ne participerai plus longtemps à ce forum.

Je crois que, bien que je ne lui ait pas soufflé les messages à supprimer, c'est moi qui sur autre fil d'abord, sur celui-ci ensuite, ai demandé plus de "rigueur dans la modération" Mea culpa donc. C'est moi qui doit partir ? Après tout, je suis un petit dernier.

Bien sûr qu'Internet en général est le lieu qui offre à tous l'occasion de s'exprimer : liberté et égalité (pour la fraternité, on attendra). Ceci dit, si la liberté de s'exprimer pour un, empêche l'autre de suivre un raisonnement dans un discussion complexe, que faut-il faire ? Je n'ai pas refusé de répondre au premier message de Sylvain B., mais bon ...

Le mieux serait effectivement l'autodiscipline sans censure, un consensus mini, mini s'était dégagé entre P'tit prof et moi-même sur la conduite à suivre sur le présent fil, libres aux autres de l'accepter ou non, quitte à commenter, dénigrer comme ils veulent sur un fil parallèle, ou ignorer tout simplement. Si c'est si inacceptable que cela, autant que je parte effectivement. Bon débarras.

Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

Devinette :
qui est le signataire de ces lignes ?

Si vous souhaitez que ce soit le seul lieu de débats, et non pas un terrain supplémentaire offert aux bagarres, il vous faudrait clore les autres fils et renvoyer sur celui-ci. Un modérateur peut le faire, non ?

P.S. Dans l'opération grand nettoyage de printemps, j'ai également débarrassé de mes petites facéties un dossier que j'avais pollué gratuitement. Je puis donc faire aux autres ce que je fais à moi-même...

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

Et maintenant, si on reprenait calmement la conversation ?

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

Re : Or, taux, gras, feux... (réforme d'orthographe)

Question de fonds :

Greg écrit :

Cela vaut-il le coup de réformer la transcription de [wa] ? Si l'on prend en compte l'extraordinaire stabilité du graphisme <oi> à travers les siècles, surtout par opposition à ses avatars sonores, le doute est raisonnablement permis.

Je prends qu'une réforme est nécessaire, et je réfléchis à voix haute sur la façon de s'y prendre.
Les raisons ne manquent pas pour défendre telle ou telle transcription, mais alors, admettons qu'on les défend toutes, et qu'on ne réforme rien. Personnellement, je n'ai jamais eu de problèmes avec l'orthographe, que j'ai absorbée par capillarité, car je lis beaucoup. Je n'ai pas eu à souffrir pour l'acquérir et je m'en accommode fort bien. Seulement je ne suis pas aveugle sur ses défauts.
Bref, je suis pour la réforme, sans être pour la réforme, tout en étant pour la réforme.

Le graphisme  <oi > a été allégrement jeté par dessus bord par les chercheurs du GEREC. Ils écrivent zwazo (oui, oiseau, passé tel quel en créole), ovwa (dans le quel on reconnait au revoir), bonswa (on reconnait bonsoir), et ziyanm, l'igname.
Ce dernier mot est intéressant pour notre discussion : il contient un yod, qui fait diérèse, d'où la notation : zi-yanm.
Quand diérèse il n'y a pas, on note le seul yod : pyé (le pied), boyo (l'intestin, mais on a reconnu boyau, dans sa prononciation originelle).

Le créole est au français ce que le français est  au latin. Les premières transcriptions sont tombées dans le défaut étymologisant : on écrivait qui pour rappeler que le mot venait de « qui ». Puis les créolophones ont dépassé les francophones et mis au point une orthographe phonologique : ils écrivent ki.
Ils n'usent d'ailleurs pas des lettres q et x, et n'ont gardé le c que dans le digramme ch, pour noter le son ché.
Pourquoi ne pas adopter dans la transcription du français ces solutions simples ?

... mais bon, en attendant, je continuerai à écrire oiseau, foi de français (anciennement françois...) !

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien