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ABC de la langue française : forums » Promotion linguistique » Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

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Messages [ 26 à 50 sur 51 ]

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Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

1.Mais les autres langues ? L'allemand, l'italien et l'espagnol, pour ne citer que nos voisines, sont aussi intéressantes et donnent également accès à une culture riche. Plus peut-être que l'anglais qui est le vecteur de la production de masse.
En mettant de l'anglais partout, on ouvre une petite porte, admettons, mais on ferme mécaniquement du même toutes les autres. Un petit gain pour une grosse perte. Exit l'allemand, l'italien et l'espagnol : inutiles puisqu'on a l'anglais, et puis on n'a plus d'argent ni de temps, l'anglais a tout pris. L'anglais, franchement, c'est le coucou dans le nid des langues.
2.Hum, vous êtes optimiste smile La télé de Chirac faite en association avec TF1 avec votre argent... Jetez un oeil à leur site, vous pourrez regarder les émissions en direct et vous faire une opinion. Ça s'appelle france24.

Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

C´était déjà au nom du progrès qu´on a tué la langue bretonne et imposé le français langue unique de la République, encore aujourd´hui... La Révolution française, le marxisme, c´était aussi la pensée unique... Le PCF, c´est la chienlit...

DEFENSE DE CRACHER PAR TERRE ET DE PARLER BRETON. (Le Ministère de l'Éducation Nationale)

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Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

P.Enckell a écrit :
points que vous avez sélectionnés (un peu arbitrairement ?)

Les exemples sont toujours arbitraires, mais ceux-là me paraissent très significatifs.

C'est une langue relativement simple et très utile

Là vous tombez dans le piège de la propagande initiée par Dieu sait qui, et poursuivie depuis des lustres par les médias et beaucoup de profs d'anglais. Aurait-on besoin de répéter aussi souvent à tous les élèves que l'anglais est une langue facile si c'était vrai, s'ils s'en rendaient compte ?
Pour info, la France vient de reconnaître , par le biais du Bulletin officiel, que l'anglais était une langue difficile (pour ma part j'aurais écrit extrêmement difficile, mais c'est un premier pas vers la réalité !) :
BO n°6, 25 août 2005, programme des collèges LV anglais.
document en pdf, que je n'arrive pas à copier-coller :
"l'anglais est en effet, contrairement aux idées reçues, une langue difficile pour les francophones, en particulier à l'oral.(...)
IV Phonologie
"... en effet, la segmentation syllabique de la chaîne parlée française s'oppose au caractère accentuel de la chaîne parlée anglaise, dans laquelle les phénomènes de réduction peuvent poser des problèmes de compréhension." (...)
" Le schéma accentuel du mot est immuable et doit à ce titre être appris pour chaque mot nouveau. Un accent mal placé peut déformer totalement un message, voire le rendre inintelligible."
Traduit du pédagol, chaque mot doit être appris séparément parce que  l'accent tonique est totalement irrégulier. Et l'orthographe ne peut se déduire de l'écoute. C'est une des raes langues à ne pas avoir le son "a" courant chez nous et chez d'autres, il se prononce de diverses façons.

C'est une langue relativement simple et très utile : elle permet en outre de s'ouvrir à une culture extrêmement riche et variée.

Qui a dit le contraire ? Mais il existe de nombreuses cultures dans le monde. Doit-on établir une hiérarchie, avec la culture anglaise au sommet ? Et quelle version : anglaise, états-unienne, australienne ?

Ce qui n'empêche pas de se familiariser aussi avec d'autres langues.

Comment vous voyez ça d'un point de vue structurel ? Vous avez été franc sur l'anglais au primaire, poursuivez : de choix il n'y a pas et il aura pas, ou à doses homéopathiques et sans rapport aucun avec le souhait des parents.
.

L'anglais à l'école primaire est une bonne chose, à condition qu'il soit bien enseigné. Or, je crains qu'il n'y ait pas suffisamment de bons enseignants avant une bonne génération ou deux ; on ne peut les former qu'à condition qu'ils aient eux-mêmes bien appris l'anglais, ce qui sera nécessairement le cas d'une minorité seulement.

Je m'étonne du silence des profs de langue sur ce qui n'est autre que l'acceptation d'une baisse du niveau des enseignants de langue sur les premières années. Les instits n'y sont pour rien, on ne peut tout faire, et il est absurde d'exiger d'eux le niveau traditionnellement demandé en langues. En outre, la généralisation de l'anglais a un effet boule de neige : les candidats à l'IUFM  valideront très majoritairement  l'anglais. De plus, cela se fait au détriment des postes des autres langues, silence radio des profs là aussi, à moins que les revues syndicales ne soient plus virulentes et franches que le Monde de l'éducation ou le BO...

2. France 24, que j'appelle VOF, voice of France : je pense tout le contraire, que les impôts français n'ont pas vocation à subventionner l'anglais. C'est la GB et les USA qui devraient nous octroyer une lourde compensation monétaire pour l'étude de leur langue, étant donné l'énorme gain financier, politique et scientifique qu'ils en retirent. Mais j'ai déjà été long, tant pis pour la télé.

Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

"Il n´y a pas de place pour les langues régionales dans une France destinée à marquer l´Europe de son sceau" Georges Pompidou.

Aujourd´hui, c´est l´anglais...

DEFENSE DE CRACHER PAR TERRE ET DE PARLER BRETON. (Le Ministère de l'Éducation Nationale)

30 Dernière modification par Bookish Prat (17-01-2007 18:40:02)

Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

gb a écrit:

1.Mais les autres langues ? L'allemand, l'italien et l'espagnol, pour ne citer que nos voisines, sont aussi intéressantes et donnent également accès à une culture riche. Plus peut-être que l'anglais qui est le vecteur de la production de masse.[...].

Les anglo-réticents se satisferaient aisément d'une hégémonie de remplacement au tout-anglais, surtout si cette langue était... au hasard, voyons voir ... le français big_smile ! Mais si c'était l'espagnol, l'arabe, l'hindi, le russe ou le mandarin... j'en connais qui, nonobstant, continueraient de bouder l'apprentissage d'une langue étrangère sad

« Jeunesse, folies. Vieillesse, douleurs ». Proverbe rom.

Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

pierre enckell au loin a écrit:

Je signerais volontiers, et des deux mains, un manifeste en faveur du français qui ne serait pas dirigé contre une autre langue, une autre culture, etc. Ici, c'est évidemment l'anglais et l'impérialisme américain qui sont en cause, à quoi s'ajoutent les malheureuses langues régionales dans le plus pur style jacobin.

Je partage vos idées. Je crois même que plus on fustige l'anglais, lorsqu'on se place dans le domaine de la défense de la langue française, plus je trouve le procédé imbécile et repoussant. Je trouve faible de se montrer inquiet pour la langue française.

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Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

On peut reprocher à ce manifeste son style ampoulé et ses trémolos, ou, comme disait Andreas, de cultiver un peu trop complaisamment une atmosphère de fin du monde, mais il évoque tout de même un problème majeur: celui de la langue utilisée au travail, ou plutôt, le rôle de la langue dans les relations de travail. Certains s’interdisent strictement de faire de la politique sur ce forum, mais il sera difficile d’en faire l’économie, dès lors qu’on aborde certains sujets, car la langue peut être un outil politique, un instrument de domination sociale. Les Flamands ou les Québécois pourraient vous entretenir très longuement là-dessus.

Il serait utile d’apporter des précisions sur les intentions du sieur Seillière de faire de l’anglais la «langue unique des affaires et de l’entreprise». En tout cas, cela confirme mes craintes de l’année passée, lorsque mossieu le bâââron proclama l’anglais «langue des affaires», craintes de devoir en réalité entendre par là que l’anglais devait être la langue du travail. Compte tenu que les gens passent en moyenne huit heures par jour au turbin, soit le plus clair de leurs journées, on imagine ce que cette proposition, si par malheur elle était mise en oeuvre, provoquerait comme bouleversement. Ce serait proprement une révolution linguistique.

Il faut vraiment une mauvaise foi monumentale pour assimiler la lutte pour le droit de travailler en français, tel qu’il est revendiqué par ce manifeste, à une simple hostilité vis-à-vis d’une autre culture, ou de relancer à cette occasion, pour culpabiliser les Français et couper court à toute velléité de résistance, le thème récurrent du jacobinisme et le sort qui a été réservé aux langues régionales en France, sous-entendez: «vous avez zigouillé le breton, l’occitan, etc., eh bien, c’est votre tour maintenant, bien fait pour vous.»

Jacobinisme pour jacobinisme, voilà donc le jacobinisme eurocrate justifié. Et donc: liberté totale pour les requins du CACARANTE, pour ces cacarentiers qui parasitent l’économie et commettent un coup d’État permanent à Brussels, d’anglaiser à l’aise dans les entreprises et de se servir de l’anglais pour asseoir leur domination et assurer leurs dividendes.

Alors bravo et tous mes encouragements aux syndicats (puisqu’il s’agit essentiellement d’une initiative de syndicalistes, non du PCF, comme certains feignent de croire) qui ont perçu la véritable portée de cette affaire. J’espère qu’ils ne se laisseront pas impressionner ni par ces beaux esprits qui n’en laissent pas passer une seule pour faire la démonstration de leur magnanimité, de leur ouverture d’esprit et de leur condescendante placidité, ni par telle cocotte parisienne taxant leur action «d’imbécile et repoussante».

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Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

Torsade,

http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Respect/0014.gif

http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Respect/applaudissements-185.gif

34 Dernière modification par gb (18-01-2007 01:50:43)

Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

Vous avez raison TdP, comme toujours. Et vous auriez dû l'écrire ce manifeste.
Parce que pour ma part je reste gêné par le grossier marquage politique du texte (slogans, mots clés, appartenances partisanes et personnelles proclamées comme gage de bonne foi universelle, comme si l'appartenance à la CGT par exemple transférait magiquement une honorabilité au signataire). (Et quelle confiance accorder à la CGT ?)
N'y a-t-il pas un risque qu'après ce texte plus personne ne puisse contester l'emploi de l'anglais comme langue de travail, ou de l'anglais au travail, sauf à passer pour gauchiste.
Enfin, comment font ceux qui sont à la fois «libéraux» et opposés à l'anglais comme langue de travail ? Parce qu'on peut probablement être libéral et loyal sans sombrer dans la schyzophrénie, n'est-ce pas ?

Honnêtement, ne vous dites-vous pas quelque chose de ce genre : Tiens, la CGT, elle utilise l'argument unanimiste (la langue française), juste pour faire passer ses choix ? Vous ne pensez pas que la langue puisse être ici un prétexte ?

35 Dernière modification par gb (18-01-2007 17:47:05)

Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

Le débat de fond est résumé selon moi par l'échange entre Torsade et gb, un peu plus haut: est-ce qu'une initiative telle que cet appel va grosso modo dans le bon sens ou bien est-ce que, par ses accents politiques, elle nuit à la cause qu'elle veut défendre?

J'ai donné mon sentiment: je regrette certains excès dans le texte, mais je me réjouis de ce que les syndicats prennent leurs responsabilités et - précisément pour éviter cette dérive évoquée par gb - je souhaite que d'autres (les cadres, les artisans, les petits patrons de PME?) en fassent autant à leur niveau, avec leurs mots et leurs accents à eux.

Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

Les gens acceptent d´autant plus facilement l´anglais qu´il le maîtrisent mal ou pas du tout...

DEFENSE DE CRACHER PAR TERRE ET DE PARLER BRETON. (Le Ministère de l'Éducation Nationale)

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Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

Merci de ne pas dévier : le sujet, c'est le manifeste, l'intervention des syndicats dans le discours de la défense de la langue française, par le biais de la langue au travail, et pas si X ou Y a appris l'anglais rapidement, si telle autre langue est «facile» ou pas, etc.
Réservez vos conversations personnelles, vos remarques à un autre sujet ou, si elles sont nominatives, au courrier électronique.

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Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

Le français est menacé par la direction de l’Education nationale qui réduit les horaires de français, marginalise les langues anciennes et régionales et qui impose de fait l’anglais utilitaire comme unique langue étrangère première.

C'est dans le manifeste. L'acculturation commence à l'école. Et le mythe de l'anglais facile est trop fréquent - mea culpa, je n'ai pas résisté à la tentation de savoir, si on peut vraiment l'apprendre réellement en quelques mois (en demandant des précisions, pas des preuves)  smile

Je m'étonne que l'opinion générale, sauf les défenseurs du français, accepte la situation de l'anglais - seule langue étrangère - avec calme, sinon l'enthousiasme. Les association de parents d'élèves revendiquent l'anglais dès la maternelle... sana toutefois dire que c'est pour accéder à la grande culture véhiculée par l'anglais.

En plus, quand les enquêtes se font sur le niveau des langues (anglais y compris), les résultats correspondent rarement aux affirmations :

http://www.ocol-clo.gc.ca/archives/sp_a … 4-26_f.htm
http://www.cslf.gouv.qc.ca/publications … /F167.pdf#

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Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

Enfin, s'il y a des Parisiens,

«conférence de presse à l’Assemblée nationale [1], le jeudi 8 février 2007 (14h30-16h30), sur la langue française dans le monde du travail.»
[1] L’Assemblée Nationale - Salle 62-41 - 126, rue de l’Université 75007 Paris (M° Assemblée-Nationale ou Invalides). Attention : les conditions d’accès à l’Assemblée nationale exigent de présenter sa carte nationale d’identité et une inscription préalable. Pour cela, merci de communiquer votre nom et vos coordonnées complètes à collectif@voxlatina.com
http://www.revue-republicaine.fr/spip.php?article1373

Un compte-rendu serait apprécié.

Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

En tous cas, c'est beau cette union sacrée de la CFTC et de la CGT !

Cela souligne l'urgence l'accord des cathos et des cocos...

Finalement, je l'ai lu ce manifeste : des adjectifs du plus pur acajou trahissent l'origine idéologique, et les bonnes idées sont annoncées au futur. Au futur, on rasera gratis...

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

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Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

Gb a écrit :
Enfin, comment font ceux qui sont à la fois «libéraux» et opposés à l'anglais comme langue de travail ? Parce qu'on peut probablement être libéral et loyal sans sombrer dans la schyzophrénie, n'est-ce pas ?

Les raisons invoquées pour justifier l’instauration de l’anglais comme langue de travail dans une entreprise sont des raisons d’efficacité économique. Bien. Mais j’aimerais d’abord (et avant que vous n’ayez recours aux services d’un psychiatre pour schizophrénie aiguë) qu’on nous prouve que cet argument est valable. A-t-on pris en compte les dégâts collatéraux de l’anglais comme langue de travail: erreurs d’interprétation, malentendus, démotivation des travailleurs, et toutes les répercussions d’une décrédibilisation de la langue française à l’étranger si l’anglais devait se généraliser dans les entreprises (baisse de son apprentissage, du nombre d’étudiants étrangers en France, du nombre de livres et de publications en français vendus à l’extérieur, etc.)? Il faudrait donc faire un bilan complet pour savoir si, d’un point de vue strictement économique, le jeu en vaut la chandelle. Yves Montenay a tenté d’établir ce bilan dans un ouvrage paru en 2005, intitulé «La Langue française face à la mondialisation». Je n’ai pas lu ce livre, mais je me souviens d’une émission sur France-Culture, à laquelle il avait été invité (émission qui n’est plus disponible pour écoute différée — ce qui est fort dommage, car c’était une émission absolument passionnante —, mais dont le site de France-Culture a tout de même gardé une petite trace, cf. lien ci-dessous), et où il avait expliqué (je parle de mémoire) que si des impératifs économiques justifiaient l’usage de l’anglais dans une certaine mesure, l’abandon total du français par les grandes entreprises pouvait avoir toute une série de conséquences préjudiciables. De façon générale, il se montrait plutôt optimiste, et disait, en substance, que rentabilité économique et langue française ne faisaient finalement pas mauvais ménage.

Sur son site personnel (où il ne se passe d'ailleurs pas grand-chose), il donne un brève présentation de son livre, que je recopie (le soulignement est de moi):

C’est un ouvrage de vulgarisation, d’une part base de données historiques, géographiques et politiques (action de la France, position des libéraux et des altermondialistes), d’autre part alertant sur l’invasion par l’anglais des entreprises et des administrations françaises qui menace nos emplois. Mon expérience internationale me permet de faire la part du snobisme et de la nécessité, et de proposer des solutions pratiques.

La petite trace est ici:
http://www.radiofrance.fr/chaines/franc … n_id=36018

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Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

Mais nous sommes d'accord ; ou, pour le dire autrement, je suis d'accord avec ce que vous écrivez. Je ne crois pas un instant à l'argument économique en faveur de l'anglais au travail. Je serais seulement plus modéré à l'égard de cette pétition dont vous avez justement souligné l'intérêt réel : la question de la langue française au travail.
Je lui reprocherais surtout de n'avoir pas évité la tentation politique, et d'avoir tranformé un sujet susceptible d'intéresser tout le monde, en un sujet politique, au mauvais sens du terme.

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Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

Un article paru dans "Les échos" et qui n'est plus en ligne (j'espère que les entreprises sont devenues conscientes de l'efficacité, bien que 77% n'est pas suffisant) :


Les affaires reparlent davantage français [ 10/02/06 ]


Les entreprises redonnent la priorité au français en interne et dans leurs relations internationales. Une tendance qui porte un coup à la généralisation de l'anglais.

Le « tout-anglais » montre aujourd'hui ses limites. Après avoir donné la priorité à la pratique intensive de la langue de Shakespeare, 77 % des entreprises utilisent le français comme langue de travail.
C'est un retour en grâce inattendu. Depuis quelque temps, la langue française séduit de nouveau nos grands groupes nationaux. Ces derniers semblaient pourtant avoir choisi, dans leur grande majorité, de donner la priorité à la pratique intensive de l'anglais. Une étude publiée par le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc) en 2002 illustrait déjà cette montée en puissance : « Tandis qu'Alcatel ou Thomson exigent de leurs collaborateurs la rédaction de l'ensemble des documents de travail ou notes internes en anglais, le groupe Danone tient ses réunions dans la même langue, lorsque la présence d'un seul anglophone l'exige. »


Et pourtant, le « tout-anglais » montre aujourd'hui ses limites. « On assiste à un retournement. Les entreprises sont en train de revenir vers le français », affirme Guilhène Maratier-Decléty, directrice des relations internationales de l'enseignement au sein de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris.


Selon une étude publiée par l'Observatoire de la formation et des métiers (Ofem) en 2003, la langue française reste d'ailleurs la langue de travail dans 77 % des entreprises. EDF, Saint-Gobain, Essilor, Pernod Ricard... plusieurs grands groupes veillent au maintien du français comme langue officielle, dans leur communication tant externe qu'interne. Mieux : certains d'entre eux n'hésitent pas à remettre en cause la pratique de l'anglais.


C'est d'abord le groupe Renault, qui, après avoir désigné l'anglais comme langue officielle en 1999 suite à l'alliance passée avec Nissan, a reconnu les limites de cette stratégie. En 2001, Louis Schweitzer reconnaissait ainsi : « La langue a été une difficulté un peu supérieure à ce que nous pensions. Nous avions choisi l'anglais comme langue de l'alliance, mais cela s'est révélé un handicap avec un rendement réduit de part et d'autre. » La même année, la création de la Fondation Renault a consacré le revirement du groupe : chargé de promouvoir la langue française dans les pays où Renault est implanté, l'organisme forme les étudiants étrangers à la langue et à la culture française.


Plus récemment, début 2005, AXA Assistance a mis en place une « commission de terminologie » destinée à préserver la communication interne du groupe des influences anglo-saxonnes grandissantes. Etonnant pour une entreprise dont les réunions de cadres dirigeants se font en anglais et qui exige de ses collaborateurs une maîtrise parfaite de cette langue. « L'utilisation du «franglais», notamment, était telle que la communication interne s'en trouvait brouillée. Le langage était parfois abscons et flou, et certains termes étaient utilisés sans que certains salariés connaissent réellement leur signification », explique Catherine Hénaff, directrice des ressources humaines et de la communication interne du groupe.



Eviter les confusions
Pour mettre fin à cette dérive, la commission de terminologie se penche tous les mois sur les listes de termes prêtant à confusion et leur donne une traduction adéquate en français, insérée ensuite dans tous les documents internes. « Best practices » est ainsi devenu « meilleures pratiques », tandis que l'email a cédé la place au « courriel ». Une démarche qui rappelle celle développée par le groupe PSA Peugeot Citroën : depuis 1995, le groupe met à disposition de ses salariés un glossaire de 500 mots, destiné là encore à trouver un équivalent français à des termes techniques utilisés jusqu'ici en anglais.


Les entreprises seraient-elles subitement devenues d'acharnés défenseurs de la langue française ? Pas vraiment. Outre le respect incontournable du cadre réglementaire - la loi Toubon de 1994 impose le français comme langue de travail pour un certain nombre de documents -, les groupes doivent veiller à ce que l'utilisation généralisée de l'anglais ne se révèle pas contre-productive.



Un facteur de division
« La langue peut être un facteur de discrimination », rappelle Robin Lent, directeur associé du cabinet de formation linguistique AC3. Les syndicats de l'entreprise General Electric Medical System peuvent en témoigner. Ils sont aujourd'hui en procédure judiciaire contre leur employeur américain, accusant celui-ci de ne pas respecter son obligation de traduire les documents internes en français sur son site de Buc, dans les Yvelines. « Les notes d'information, les logiciels, les documents de travail... toute la communication interne a été rédigée en anglais, sans qu'aucune traduction n'ait été prévue pour les salariés. Or, nombre d'entre eux n'ont pas un niveau suffisant pour maîtriser cette langue. Ils se retrouvent de fait exclus de l'entreprise », explique Jocelyne Chabert, représentante CGT de l'entreprise.


Un argument que la justice a entendu, puisque, en janvier 2005, l'employeur a été condamné en première instance à traduire les documents contestés en français.


L'anglais, facteur de division ? Certaines entreprises le pensent. Quitte à adopter une langue dominante dans leurs relations internationales, elles préfèrent donc se tourner vers la plus partagée par leurs salariés, à savoir le français. Un retour identitaire qui n'est pas forcément un repli sécuritaire. « Le français peut être un formidable avantage concurrentiel pour qui sait l'utiliser », explique Steve Gentili, PDG de la BRED Banque Populaire et président du Forum francophone des affaires.


Le groupe LVMH l'a bien compris. Profitant de la solide image de la culture française dans le monde du luxe, il veille au respect de la langue de Molière, dans sa communication aussi bien externe qu'interne. Tandis que les produits vendus à l'étranger gardent leur appellation française, le centre de formation du groupe, basé à Londres, forme les cadres étrangers à la connaissance de la langue et de la culture françaises. « Dans le groupe, un cadre ne se sentira pas vraiment intégré s'il ne parle pas le français. Cette langue fait partie intégrante de notre identité », affirme Concetta Lanciaux, conseiller du président pour les ressources humaines. C'est dit, le français en entreprise a encore de beaux jours devant lui.


MAXIME AMIOT

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Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

gb a écrit:

«conférence de presse à l’Assemblée nationale [1], le jeudi 8 février 2007 (14h30-16h30), sur la langue française dans le monde du travail.»
[1] L’Assemblée Nationale - Salle 62-41 - 126, rue de l’Université 75007 Paris (M° Assemblée-Nationale ou Invalides). Attention : les conditions d’accès à l’Assemblée nationale exigent de présenter sa carte nationale d’identité et une inscription préalable. Pour cela, merci de communiquer votre nom et vos coordonnées complètes à collectif@voxlatina.com

Pour avoir accès à l'Assemblée Nationale, pourquoi faudrait-il contacter Vox Latina, qui milite sur son site internet pour un « Québec libre »...?

Ceci devient vraiment insignifiant. - Pas encore assez.

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Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

gb a écrit:

Attention : les conditions d’accès à l’Assemblée nationale exigent de présenter sa carte nationale d’identité et une inscription préalable. Pour cela, merci de communiquer votre nom et vos coordonnées complètes à collectif@voxlatina.com

C'est en lisant qu'on devient liseron smile

Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

P'tit prof a écrit:

En tous cas, c'est beau cette union sacrée de la CFTC et de la CGT !

Cela souligne l'urgence l'accord des cathos et des cocos...[...]

Le communisme, c´est la version laïque du christianisme ... (Lisez Nietzsche!)

DEFENSE DE CRACHER PAR TERRE ET DE PARLER BRETON. (Le Ministère de l'Éducation Nationale)

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Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

Jusqu'ici, la nation était considérée comme une «idée de droite» dans les milieux de gauche. Tout ce qui avait rapport à la nation, la langue nationale p.ex., n'était vu que comme outil au service des classes dominantes. Là apparemment, la perception de la langue nationale a changé, le français devenant en quelque sorte un moyen de résistance, et la nation un cadre permettant d'organiser la défense (de leur point de vue). Ça vaut la peine d'être noté.

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Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

Effectivement, les syndicats se sont emparés d'un sujet autrefois domaine réservé de l'Académie et des grandes figures des lettres. Les faiseurs d'opinions et les clercs semblent maintenant indécis ou partagés.
J e crois que les 3 langues de travail de l'UE sont unies dans l'idée que leur destin est lié, comme des wagons français et allemands qui seraient tirés par la locomotive anglaise ; c'est pourquoi nos élites sont gênées par ce thème de la défense du français,  comme s'ils pensaient que réagir contre l'anglais entraînera le naufrage du français.
Dans le doute, certains collent déjà leur gosse au chinois !
Allez, je vous laisse, je vais regarder "Le Talk de Paris" sur France 24.;)
C'est plus class(e)

49 Dernière modification par piotr (25-01-2007 21:51:08)

Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

En 2007, la récupe ça marche encore à fond les balais...

DEFENSE DE CRACHER PAR TERRE ET DE PARLER BRETON. (Le Ministère de l'Éducation Nationale)

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Re : Manifeste progressiste pour la défense de la langue française : appels

Si vous avez à coeur la langue de Molière, pouvez-vous faire circuler dans votre milieu!
Merci à l'avance!

CENTRE-VILLE DE MONTREAL
====================================
Une anglicisation fulgurante en photos et vidéos
Déjà un millier d'infractions possibles à la loi 101!
Et ce ne sont ni des rumeurs, ni des ouï-dire, ni des peurs mal-fondées, ni des épouvantails à moineaux, ce ne sont que des faits réels.

Allez constater sur ce site:
http://www.imperatif-francais.org/bienv … glais.html

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