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Sujet : L'erreur de Saussure !

Pour la linguistique officielle saussurienne le mot serait un signe «c.i.a.» (conventionnel, immotivé, arbitraire), une abréviation mnémotechnique dont l'homophonie avec le sigle majuscule américain incite à une approche prudente, voire à une méfiance certaine! Pourtant cette définition est encore enseignée en 2013 dans nos facultés de Lettres! 

Arbitraires nos mots? "C’est la science moderne qui l’affirme, non pas en tant que science, d’ailleurs (il lui faudrait alors démontrer cette affirmation autrement que par quelques paraboles douteuses), mais plutôt en tant qu’Église et que discours dominant. Certes, une fois posé que le signe est arbitraire, on peut se demander comment il se fait que les linguistes trouvent encore quelque chose à en dire, quelle cohérence ils peuvent encore y chercher. C’est sans doute que le Dogme est aussi un mystère", écrit un Professeur de Linguistique de la Sorbonne, Michel Launay en 1990  car le consensus sur cet arbitraire commence sérieusement à s'effriter comme le révèlent les recherches linguistiques actuelles sur l'invariance notionnelle de certains submorphèmes.

La définition saussurienne - il est nécessaire de le préciser d'emblée - concerne  exclusivement le langage conscient, appris par conditionnement familial et scolaire, mais aucunement le langage de l'inconscient qui a des propriétés quasiment opposées !

Cratyle de Platon avait raison, les mots sont des peintures des choses qu'ils sont chargés de symboliser. Les recherches récentes en linguistique s'intéressent à l'invariance notionnelle des submorphèmes, jetant un pavé dans la mare de l'arbitraire du signe.
Hélas ces recherches de jeunes linguistes français s'intéressent essentiellement à la langue anglaise, délaissant la française.
Et pourtant c'est encore plus évident dans notre langue.

Parexemple, le submorphème "cr", couple de consonnes, ne possède que deux sens inconscients, celui de mort  et celui de casse.

Etes vous d'accord  ?Auriez-vous des exemples à présenter à titre d'exception ?

Re : L'erreur de Saussure !

chrisor a écrit:

Parexemple, le submorphème "cr", couple de consonnes, ne possède que deux sens inconscients, celui de mort  et celui de casse.

Etes vous d'accord  ? Auriez-vous des exemples à présenter à titre d'exception ?

Cravate, création, crème, credo, criquet, crin, croire, croiser, crotte, croupe, crustacé, etc.

Pourriez-vous en dire un peu plus sur cette théorie du sens inconscient de cr ?

Re : L'erreur de Saussure !

J'apprécie votre intervention mais n'ai aucun avis sur la question, je me demande d'ailleurs si l'on a quelques liens clairs avec notre arrière-conscience, tout cela risque d'être assez spéculatif mais c'est un autre sujet.

En tout cas, c'est amusant car le site ci-dessous propose de rêver autour de la double signification française de certaines formes latines.

www.lebistrotdelarosecroix.com/article-la-joconde-de-petrarque-119877342.html

Bien à vous

Re : L'erreur de Saussure !

@éponymie

Je reprendrai vos apparents contre-exemples ultérieurement mais je réponds volontiers à votre interrogation.

Il est nécessaire d'être complet  et précis d'emblée sur les deux sens de ce couple consonantique "cr":

1er sens = mort
2 ème sens = casse  ET ligne cassée , car ces "codons bilittéraux" inconscients  sont essentiellement des schèmes qui caractérisent la géométrie statique ou dynamique du référent.

Dans un premier temps  j'exposerai le Symbole "cr" conditionné au Sens de Mort

Car le son “CR”, doublet de phonèmes, est le messager de mort, “noir recruteur des ombres”, funèbre scripteur qui signe de son empreinte mortelle et cassante de nombreux mots français. En voici des exemples révélateurs :
Quand les hommes primitifs ont vu et entendu CRaquer les os des squelettes et les branches mortes, il est probable qu’ils ont inventé pour le communiquer des onomatopées du type CRac, imitation du CRaquement perçu. Cette onomatopée est à l'origine du verbe CRaquer, mot imitant un bruit sec (choc, rupture) ou évoquant une chose brusque, de même que CRic-CRac, onomatopée exprimant le bruit soudain d'une chose qui se déchire. Ainsi le son CR a été associé par conditionnement non conscient aux images de casse pour les objets et de mort pour les êtres vivants comme le démontre la litanie de CR qui marque nos mots français.

     Crever, n’est-ce pas mourir ? Et lorsqu'on meurt notre nom apparaît à la rubrique néCRologique, du grec nekros, mort. La néCRopsie, examen des cadavres, et le néCRophage qui se nourrit des morts y sont inscrits.

Sur la tombe, CRypte funéraire ou sépulCRe dans une néCRopole se dressent des CRoix (CRux en espagnol, CRucis en latin, CRoss en anglais, KReuz en allemand), devenues signes de mort pour les non-croyants.

Le CR phonétique de la mort, événement dramatique est associé à la naissance du signe et du symbole. Se signer, c’est faire le signe de Croix.  Le CRâne osseux, la tête de mort est bien un symbole de mort.

Lorsqu’on tue un homme, on signe son CRime ; avant de tuer une masse d’individus, le chef donne le signal du massaCRe et la police donne le signalement de la CRapule, apte à tuer. Le saCRifice est un crime religieux. La CRémation avec ses fours CRématoires consiste à brûler les morts.

La fleur symbolique des morts en France est le CHRysanthème ; celui qui signait la mort en CRoquant un orteil se nommait CRoque-mort ; le morceau de tissu noir que l'on portait en signe de deuil à la coiffure ou au revers de la veste est un CRêpe noir, insigne de mort.
Le CRépuscule signe la mort du jour et parfois celui des Dieux avec un C majuscule. L’eau morte est CRoupie. La trompette de la mort, qui peut être celle qui annonce le Jugement dernier dans l’Apocalypse de St Jean, est aussi un champignon, qui se nomme CRaterelle.
Le point ou le jour CRitique signale le risque de bascule dans la mort. Les moribonds se nomment CRoulants, vieux CRoûtons ou déCRépits. Mort de fatigue, on est reCRu ou Crevé ! CRoquer la pomme fut pour Adam sa condamnation à n’être plus que mortel.

Le couple phonémique "cr" est un Signe inconscient de la Mort. C'est un élément important du Code de l'Inconscient.

Cette liste vous paraît-elle incongrue ou fantaisiste?

Re : L'erreur de Saussure !

chrisor a écrit:

La fleur symbolique des morts en France est le CHRysanthème 

Et c'est ce bon CHRisor qui nous dit ça, et qui mourra un jour, l'argument est imparable.
D'ailleurs, Chrisor ou Dudu de LSP ?

Re : L'erreur de Saussure !

chrisor a écrit:

La fleur symbolique des morts en France est le CHRysanthème 

Seulement pour les Français, les Italiens et quelques autres, parce que la Grande Guerre a pris fin en novembre. Les Roumains ne comprennent pas qu'on ne puisse en offrir à une maitresse de maison.

Et ils s'appelaient chrysanthèmes avant 1914.

Re : L'erreur de Saussure !

celui qui signait la mort en CRoquant un orteil se nommait CRoque-mort

Sans blague ?

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

Re : L'erreur de Saussure !

@Petit Prof
Oui il s'agit probablement d'une étymologie fantaisiste du croque-mort, mais je vous mets au défi de me fournir la vraie car nul ne le sait !
Comme croquer peut signifier escamoter  on peut supposer que le croque-mort était celui qui était chargé de faire disparaître les morts.
La langue de l'inconscient  peut fournir une autre version étymologique, c'est probablement celui qui est chargé  d'amoindrir le choc de la mort.
Merci tout de même d'avoir attiré mon attention sur cette affirmation hâtive.
Il n'en reste pas moins vrai, quelle que soit l'étymologie de ce mot, que le cr de la mort est bien présent et associé à mort, non ?

9

Re : L'erreur de Saussure !

celui qui signait la mort en CRoquant un orteil se nommait CRoque-mort

      ... jusqu'au jour où il est tombé sur un cul-de-jatte...

elle est pas belle, la vie ?

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Re : L'erreur de Saussure !

@éponymie

Si le chrysanthème est devenu la fleur symbolique des morts  en France cela ne  signifie pas que ce choix soit identique pour les pays voisins, mais l'inconscient collectif français l'a retenu parce que le nom de cette fleur portait cette séquence "cr", un conditionnement à la mort déjà fixé pour d'autres mots : nécropole, crypte, sépulcre, croix, crâne osseux, crêpe noir, crépuscule, croup, craterelle, crime, sacrifice, massacre...
Si le crabe est un  symbole de cancer (Krebs en allemand) c'est aussi parce que cette maladie (longue et douloureuse comme l'écrivent par périphrase les journalistes) est souvent la cause de la présence du nom du sujet atteint à la rubrique nécrologique, et plus simplement parce que le cancer dans l'inconscient est redouté comme une maladie mortelle.

La fonction de ce signe CR, marqueur inconscient de mort, se trouve dans des expressions populaires de la faim.
avoir un petit CReux, un CReux à l'estomac, avoir les CRocs, une CRampe d'estomac, un ventre qui CRie famine, CRever de faim ou CRever la dalle.
   
Ainsi le langage populaire utilise au moins 5 sémantèmes différents porteurs de CR (CReux, CRampe, CRoc, CRever, CRie) pour signifier la valeur vitale et primitive de la faim. Manger est un impératif de survie et mourir de faim est fréquent : un meurt-de-faim (1690), un CRève-la-faim (1877). A l'estomac vide, au CReux physique, à la stimulation du centre de la faim du cerveau primitif humain, répond ce signal sonore CR qui CRie famine et qui fait CRier : je la Crève ! Et pour éliminer ce CR de la faim, l’expulser, le mettre dehors :“out”, on casse la CRoûte (6ème sémantème en CR) avec le casse-CRoûte.

Re : L'erreur de Saussure !

Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr !

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

Re : L'erreur de Saussure !

Et la petite mort survient parce qu'on a fait crac-crac. Lumineux roll

Et bl de bleu, bla-bla et déblatérer ?

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Re : L'erreur de Saussure !

EsCRoc ? CRétin ? Quels CRitères adopter pour ne pas CRéer d'impair ? Qui CRoire ?
Et ces toiles éCRues, ne seront-elles pas blanches comme la CRaie après lavage ?
J'ai pris un CRédit pour faire de cette pièce un éCRin, le CReuset du bon goût : CRédence ancienne, CRémones dorées, CRoisées habillées de rideaux CRénelés, dessus de lit au CRochet. J'y CRoquerai des CRêpes CRoustillantes fourrées à la CRème, arrosées d'un CRémant dans des flûtes de CRistal.

Caesarem legato alacrem, ille portavit assumpti Brutus.

Re : L'erreur de Saussure !

En fait, le son associé à la mort est le M : on est Mal, Malade, Mort, Minable, entouré de Miasmes, Morbide, ...
À moins que ce soit le F : c'est la Fin, tout Fout le camp, on est Foutu, Foudroyé, eFFrayé devant la mort qui vient avec sa grande Faux, ...
Je crois qu'on peut faire ce qu'on veut avec n'importe quelle lettre ou groupement de lettres en dehors du Z peut-être !

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Re : L'erreur de Saussure !

Ça me fait penser à un humoriste, il y a bien longtemps, qui voulait nous montrer que la langue allemande, contrairement aux préjugés, n'était pas gutturale : il débitait un texte à mots choisis pour leurs sonorités douces, et le faisait suivre d'un texte français produisant l'effet inverse.

Caesarem legato alacrem, ille portavit assumpti Brutus.

16 Dernière modification par Piotr (07-10-2013 10:03:28)

Re : L'erreur de Saussure !

Alco a écrit:

Ça me fait penser à un humoriste...

      Ça me fait penser à un type qui faisait pas dans l'humour et qui, dans les années 196... (je l'ai lu étant ado), avait écrit un bouquin (édité à compte d'auteur) où il prétendait expliciter toutes les clés patronymiques cachées chez Swift. Comment ?

      Fort simple : il suffisait, dans un nom, de décaler chaque lettre d'un certain nombre ordinal dans l'alphabet, soit en remontant, soit en déclinant, et on tombait sur le nom caché par l'auteur.

      Cela semble peu clair (et ça l'est) alors prenons un exemple. Qui se cache derrière le pseudo de Piotr ? Utilisons une gymnastique voisine :
  on insère une espace entre la première et la deuxième lettres => P.Iotr
  entre ces deux on insère un t => PTIotr
  on déplace le o après le r => PTIrO
  on redouble le p => PTIPrO
  on ajoute enfin de mot un f (4e décalage en remontant du i : pourquoi 4 ? parce que c'est comme ça !) PIOTR => PTITPROF ! CQFD...

      Et tout le bouquin est comme ça : édifiant ! Dans ma candeur d'adolescent crédule et avide de savoir, j'avais gobé tout ça comme un miracle mystérieux (pléonasme). Et en bilingue anglais- français ! (Tu me comprends, Book ?)
      Aujourd'hui, j'ai un peu l'impression de me retrouver devant la même attitude : qui veut justifier sa sémantique l'accuse de finalisme.

      Étonnant, non ?


P.S.  à part ça, la langue allemande n'est en rien gutturale, c'est bien connu, elle est chuintante comme du portugais. En témoigne ce vers immortel du grand Goethe :

       Gar schöne Spiele spiele ich mit dir. (Erlkönig)
       (Avec toi je veux jouer à des jeux si joyeux)

elle est pas belle, la vie ?

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Re : L'erreur de Saussure !

Piotr a écrit:

P.S.  à part ça, la langue allemande n'est en rien gutturale, c'est bien connu, elle est chuintante comme du portugais. En témoigne ce vers immortel du grand Goethe :

       Gar schöne Spiele spiele ich mit dir. (Erlkönig)
       (Avec toi je veux jouer à des jeux si joyeux)

Et celui-là :
Meine Töchter sollen dich warten schön

De toute façon, c'est une chef-d'œuvre.

Caesarem legato alacrem, ille portavit assumpti Brutus.

18 Dernière modification par chrisor (07-10-2013 15:26:48)

Re : L'erreur de Saussure !

@éponymie "Et la petite mort survient parce qu'on a fait crac-crac. Lumineux

              Et bl de bleu, bla-bla et déblatérer ?
____________________________________________________________________________________________________ 

Vous ne croyez pas si bien dire  !

En effet dans le  domaine  tout aussi "croustillant"des relations sexuelles, voici une liste d’expressions souvent argotiques  où,à l'insu de leurs "inventeurs",  la petite mort  est annoncée par le couple littéral «cr» conditionné au sens de mort.


Faire crac-crac  comme vous l'écriviez sans doute avec ironie (du moins avec émoticone)– 

Mais aussi  avec mille excuses pour les oreilles chastes ou prudes:

Accrocher le wagon – Bivouaquer dans la crevasse – Crapahuter le flemmard – Ecraser son mégot dans le gigot – Jouer du serre-croupière – Laminer l’écrevisse – Mettre le petit Jésus dans la crèche – Sacrifier à Vénus – Tirer sa crampe- Tremper son sucre- Faire crier (maman) – Faire une sieste crapuleuse – Arroser le cresson – Cracher son plaisir – S’accrocher au lustre.

Derrière le crac crac publicitaire de la biscotte (que l’on peut tremper aussi comme le biscuit !) et dans ce langage fleuri de métaphores résonne, à notre insu, une petite mort annoncée, tout aussi cr… oustillante 

Après ces ébats craquants les protagonistes sont souvent morts de fatigue... ou recrus de fatigue non Eponymie, pas pour vous ?

Ce qui est arbitraire dans toute cette histoire c'est l'emploi  bienséant de mourir à la place de crever. Pourtant quand on est mort de fatigue on est bien crevé, non !  Ce remplacement de crever par mourir est probablement une manipulation du clergé.... à moins que vous ayez une autre explication ?

Etymologiquement, crever est issu du latin crepare, éclater [en parlant d'un son], on est passé du sens d'éclater à celui de fendre (substantif une crevée) pour aboutir à celui de  mourir. Dans un domaine plus ludique, le parallèle entre «éclater de rire», «se fendre la gueule» et «mourir de rire». Il faut signaler que dans lesignifiant  latin crepare est présent le couple littéral ep relié aux sens de piqure/séparation que l'on retrouve dans le lexique français ; crêpe (morceau de tissu que l'on portait en signe de deuil, d'un être dont est définitivement séparé) ainsi que dans sépulcre (séparation: ep et mort: cr), repos éternel, trépas et épitaphe

Pour bl"  les deux sens conditionnés inconscients  sont soit éblouissement soit aveuglement. Les blondes le savent !

19 Dernière modification par P'tit prof (07-10-2013 16:10:19)

Re : L'erreur de Saussure !

Bon. C'est d'autant plus drôle que cela ne porte pas l'étiquette quelques mots d'humour. L'effet de surprise joue à plein, c'est du grand art.
Mais poire trop mâchée n'a plus de goût.

... CR, c'est aussi dans  CanulaR

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

20 Dernière modification par oliglesias (07-10-2013 16:36:42)

Re : L'erreur de Saussure !

Le titre du fil m'a interpellé parce que la critique de Saussure m'intéresse. Je suis d'accord sur le fait qu'on l'a trop souvent (et qu'on continue parfois de le faire) considéré comme un Dieu, et sa théorie comme une religion.
Le problème avec cela c'est qu'on oublie ou qu'on a tendance à cacher tout ce qui cloche un peu dans sa théorie. Par exemple, le côté pas très scientifique de la chose comme le souligne fort bien chrisor.

Malgré tout, et bien que j'aie pu critiquer moi-même cette notion d'arbitraire du signe, on peut dire que Saussure malgré le manque de démarche scientifique parfois a permis d'introduire cet aspect dans les recherches postérieures. Ne nous voilons pas la face, avant Saussure la linguistique ne suivait pas vraiment une démarche scientifique et ce n'est qu'après la théorie du signe qu'on a vraiment commencé à avoir cette démarche plus scientifique... enfin, d'après moi.

Ce qui me dérange dans les propos de chrisor c'est tout d'abord qu'on critique l'absence de démarche scientifique et qu'on fait exactement pareil...
Où est la démarche scientifique dans ce qu'il dit?
On ne peut pas lancer que /kr/ aurait un sens en lançant uniquement une liste de mots et en recherchant des explications à toutes les exceptions qu'on exposerait: ça s'appelle du justificationnisme et ce n'est pas très scientifique...
Autre chose qui me dérange: on ne parle que du français et pas des autres langues (romanes ou non), si cela se trouve dans l'inconscient il devrait y avoir des ressemblances, non?
Encore autre chose: on se base principalement sur la synchronie pour justifier cette hypothèse (sauf pour crever à la fin)... Moi je me pose une question avec "croix"... chrisor nous parlera du supplice, de la mort du Christ, etc. etc. Sauf qu'avant d'être un instrument de supplice chez les romains, la croix est une forme géométrique rien de plus... C'est la forme qui a fait qu'on a appelé l'instrument ainsi et pas le nom qui serait dû à une quelconque idée de mort...
Et puis, est-ce sérieux scientifiquement de dire que /kr/ a ce sens alors que les mots les plus fréquents pour désigner cela n'ont pas ces sons, comme "mort" tout simplement (un mot, plutôt doux à l'oreille)?

Là où je rejoins chrisor c'est que je crois aussi que le langage le plus primaire (celui des enfants) se construit d'abord sur des signes non arbitraires (d'où les onomatopées pour désigner les animaux notamment), mais cela se perd socialement en effet... pourquoi? parce qu'il est impossible de construire un système de signes assez dense et important uniquement avec des combinaisons de sons expressifs.

Personne ici ne contestera l'expressivité de certaines combinaisons comme /kr/ ou la répétition de certains phonèmes comme le /m/ pour "murmurer". Tout ça, c'est de l'expressif et de l'arbitraire (la terminaison par exemple) mais pas QUE de l'arbitraire comme semblait vouloir dire Saussure.

Autre chose, si on prend l'étymologie de "crier" il n'y a pas cette séquence /kr/ (<quiritare) donc on ne peut pas donner comme exemple des mots français actuels sans vérifier si l'étymon possède également cette séquence. D'ailleurs en espagnol, c'est "gritar"... du coup, qu'est-ce qu'on fait? on considère que le groupe /gr/ aussi a ce sens?

Bref, tout ça pour dire qu'il n'y a rien de très sérieux là-dedans. On passe d'un extrême (Saussure qui dit que le signe est arbitraire) à un autre (dire que le signe n'est pas arbitraire mais motivé) alors qu'il suffit de dire ce que tout le monde sait: une grande partie du signe est arbitraire et une autre est motivée, expressive, ce que vous voulez.

EDIT: en relisant, je peux justifier moi-même du pourquoi de "croix" puisque:
"Par exemple, le submorphème "cr", couple de consonnes, ne possède que deux sens inconscients, celui de mort  et celui de casse."
Ok, une croix, ce sont deux lignes qui se croisent, donc il y a une "cassure"... ok.

Bon, par contre, on fait quoi de "crier"?

Je ne parlerais pas du tout moi de sens inconscients. Dans "craquer" la séquence /krVk/ (V étant une voyelle) est complètement expressive et consciente (craquer, croquer, un cric, etc.) Ce sont des mots créés pour être expressifs, pour imiter un son.

Bon, j'arrête parce que je pourrais continuer des heures, mais je répète, pour moi il n'y a rien de scientifique dans la démarche proposée ici (une seule langue décrite, en synchronie, justificationnisme, etc.) et c'est un comble quand on critique Saussure pour ce manque de démarche scientifique.
A n'en pas douter Saussure avait bien plus d'intuition que beaucoup de linguistes et pseudo-linguistes actuels et Dieu sait que je l'ai souvent critiqué ce Saussure.

PS: Dans "décrire" on a quel sens pour la séquence /kr/? Et pour "synchronie"?

Re : L'erreur de Saussure !

chrisor a écrit:

Après ces ébats craquants les protagonistes sont souvent morts de fatigue... ou recrus de fatigue non Eponymie, pas pour vous

Vous aurez la primeur du tapuscrit de mes mémoires. En attendant, expliquez-nous cravate, je suis curieux de lire.

22 Dernière modification par chrisor (07-10-2013 23:41:01)

Re : L'erreur de Saussure !

@oliglesias   D'abord merci pour votre long message qui prouve votre intérêt pour l'origine des langues.

Vous pensez que ma démarche n'est pas scientifique et que celle de Saussure l'est ! Pourtant il s'agit  d'un professeur de sanscrit sans aucune connaissance biologique et totalement ignorant de l'existence de l'inconscient découvert par Freud, son contemporain !
Pour Saussure le signe linguistique qu'il caractérise par sa dualité signifié/signifiant est coupé du référent!  J'ignorais que l'homme était privé d'organes des sens, qu'il n'était pas sujet aux émotions  alors que le système limbique est indispensable à toute mémorisation et celle des mots n'y échappe pas! Saussure n'a mis en exergue que ce qui se passait dans les aires de Broca de l'hémisphère G où sont mis à G les mots après apprentissage conditionné.  Ah bon les mots seraient nés par génération spontanée et importés dans ces aires linguistiques par je ne sais quel télé-transfert ou dieu !!! La linguistique saussurienne est une escroquerie intellectuelle et je pèse mes mots! Son contemporain, professeur de sanscrit comme lui, un certain Victor Henry, plus lucide, écrivait : le langage est le produit de l'activité inconsciente d'un sujet conscient ! En linguistique les Savants sont pour moi les Poètes, souvent Visionnaires dont les vers persistent longtemps après leur disparition (selon la chanson et la réalité) alors que les connaissances scientifiques finissent par tomber en désuétude ou en obsolescence, surtout les fausses sciences humaines!
René Char affirmait que "les mots qui surgissent savent de nous des choses que nous ignorons d'eux" et Victor Hugo annonçait : "L'homme est un liseur, il a longtemps épelé, bientôt il lira".

Si vous me laissez le temps de vous initier à une nouvelle lecture de nos mots, celle de la Langue de l'Inconscient qui est à l'origine de nos mots conscients, vous constaterez sa relative simplicité et son évidence.

Il est certain qu'en vous "assénant" brutalement que la séquence submorphémique "cr" possède deux sens inconscients, cela  aboutit à votre réaction normale d'incrédulité et de rejet. J'ai moi-même mis 7 ans pour saisir que les séquences signifiantes porteuses d'une invariance notionnelle qui s'est avérée double  composaient un véritable code, aussi je comprends votre scepticisme voire votre dérision.


Car mes recherches sur le symbolisme phonétique puis sur le code de l'inconscient et enfin sur la Langue de l'inconscient ont commencé en 1993 et ont abouti à 7 livres  ( mais 10.000 vendus seulement) au fur et à mesure de l'avancée du "décodage" qui est au sens propre une psychanalyse des mots, car analyser d'après son étymologie grecque signifie "défaire les nœuds, dénouer" et ici il s'agissait de dénouer les nœuds doubles des signifiants.

Le couple phonétique "cr" est une des  unités d'un code linguistique inconscient (indo-européen) qui en comporte une centaine qui ont TOUTES deux sens et sont formées des séquences signifiantes VC tel ar, or, um, eb, ip..., CC' tel br, cr, dr, bl, cl, fl ...et VV' (tel ia, ie, oi, ou, ue, ui...)
La suite CV que l'on prononce dans la syllabe ouverte n'a pas de sens (un codon linguistique inconscient non sens).
Cette Langue qui dit la Vérité (eh oui !) comporte une syntaxe sommaire réduite à:
a privatif grec (suppression, absence de), e de ex latin (hors de), c (coupe), n (annule).

Dans "Acropole" par exemple   "acr" signifie immortel
Dans écrin ou écran   "écr" signifie hors casse  et sans doute "hors mort" pour écrire (les paroles passent, les écrits restent  - les académiciens français sont nommés "immortels").

Cr possède le sens inconscient de mort et de casse ou  ligne cassée (créneau, crépu, crête du coq ou de montagne, crochet, croix, crémaillère, cran, etc). 

L'origine du conditionnement de la séquence bilitère cr à ce double sens inconscient dans nos langues occidentales  doit être recherchée à partir de l'onomatopée "crac" qui a des équivalents en anglais et en allemand par exemple.
Si l'on considère les 3 onomatopées crac, clac et flic flac par exemple, leur chaîne signifiante comporte le même couple "ac" dont l'un des deux sens dans les 3 langues précitées est action:
Crac = action de casse voire de mort, clac = action de fermeture ou retentissante, flac action de flux ou de chute de flux.

Je n'ai pas décrété arbitrairement que le couple "cr" avait ces deux sens mais j'ai pris au hasard 20 mots du lexique français comportant cette séquence cr et en ai établi le PGCDS (plus grand commun diviseur sémantique).  Une fois détecté les deux sens (au départ j'ignorais que ces "codons en avaient 2 et l'examen de "cr" avec la découverte de son sens caché n'est intervenu qu'après aï, ar, or, cl....
Une fois découverte l'invariance notionnelle portée par 20 mots, elle a été vérifiée pour l'ensemble des signifiants français  comportant  "cr" et il s'est avéré que cr possède toujours ces deux sens, que vous ne pouvez admettre puisque vous ignorez le sens des autres submorphèmes composant ces mots.

Comme vous (et d'autres intervenants)  avez cité des mots  (porteur de la séquence cr ou kr) où il vous semble que l'invariance notionnelle de casse/ligne cassée) est absente, je me permets  (pardon pour la longueur) de vous en fournir une liste qui répond à un grand nombre de vos contre-exemples proposés:

Les expressions "mort ou recru de fatigue" sont équivalentes aux expressions populaires "être crevé  ou cassé". En effet le second sens inconscient du groupe phonémique cr est celui de casse pour les objets dont le symbole est la cruche qui tant va à l’eau, qu’à la fin elle se casse, témoignant de sa fragilité.  La lecture du mot cruche s'effectue ainsi  "ch" = mouvement dangereux, uc = produit, cr = la casse car lorsque les informations linguistiques passent de l'hémisphère D au G tout est inversé!

Le cr de la mort (casser sa pipe, casse-pipe) est en effet associé au cr du craquement, de l'écrasement, de l'écroulement, de l'écrabouillement, du crash.

La mine du crayon ou la craie casse, le sucre se casse sur le dos de quelqu'un, le cristal casse, on craque, on croule sous…
La perception d'un objet qui casse, fait enregistrer dans le cerveau droit les lignes géométriques  dynamiques qui y sont associées et cette notion de ligne «cassée», brisée, dentelée est inscrite dans les mots: cran, créneau, crénelé, crêpelé, crête montagneuse ou du coq, crosse, crochet, crochu, crépu…
Si vous prenez un dictionnaire français et consulter les définitions du verbe casser vous constaterez l'éventail de ces nuances sémantiques. Aussi si vous les acceptez il faut aussi les associer à ce codon "cr".
"Tu me fais cric"   est l'équivalent d'un 'tu me casses les pieds". Crier "casse" les oreilles.
Un crétin se lit " intérieur niveau d'esprit cassé ou mort". 

Un objet référent est symbolisé par une à trois de ses caractéristiques visuelles géométriques (90% des mots ! dont le concept de ligne cassée pour "cr" colorées parfois par une émotion tel "tr" de la peur associée aux deux sens soit de passage (tribunal) soit de déviation de la ligne droite généralisée au droit chemin (trafiquer, truander, tricher, truquer, tripoter, intriguer, traitre...)

Parfois l'objet référent est symbolisé par l'usage que l'on en fait ou la façon dont on le consomme, ce qui est le cas des des crustacés

L’écrevisse comme le crabe et la crevette, trois mots d’étymologie totalement différente (vous pouvez vérifier), font partie de la classe des crustacés (de crusta croûte). Les étymologistes enseignent que ces couples de lettres cr des crustacés ne sont que les fruits du seul hasard ! Un  fruit du hasard très croustillant pour le gastronome français!  Or pour manger les crabes, écrevisses et autres crevettes, il faut d’abord casser leur carapace pour les décortiquer. Le couple de lettres ev d’écrevisses et crevettes précise en outre qu’il faut les «vider». Ainsi le référent «crustacé» est symbolisé par la façon dont on le consomme pour le français (bon vivant gastronome).
Le cr de crabe et de Krebs (l’écrevisse allemande) est aussi un signe de mort puisque crabe et Krebs sont des symboles de cancer, autrefois quasiment toujours mortel (et toujours désignés comme tu-meurs).

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Re : L'erreur de Saussure !

@éponymie
Pour le mot cravate:
Quand je veux porter une cravate je suis contraint de faire un nœud et pour cela d'entrecroiser les deux "pendants, etc  et si l'on dessinait le trajet effectué  par mes mains ou le morceau d'étoffe  il s'agit bien d'une ligne plusieurs fois cassée
Et lorsqu'on se fait cravater, attaquer par derrière  l'agresseur "casse" la ligne de son bras en entourant le cou  et ce parfois jusqu'à la mort !

Re : L'erreur de Saussure !

Cardinal de Retz, Mémoires :

Monsieur le Prince  [...] força ensuite, l'épée à la main, le quartier même des dragon, cependant que Tavannes traitait de même celui des Cravattes.

Note de mon édition :
Cravattes : Croates, mercenaires servant dans la cavalerie légère, réputés pour leur cruauté.

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

25 Dernière modification par oliglesias (08-10-2013 06:59:55)

Re : L'erreur de Saussure !

@ chrisor

Sincèrement, je crois que vous n'avez pas lu ce que j'ai répondu. C'est pourquoi je vais faire bref.
Je n'ai jamais dit que je trouvais que la démarche de Saussure était scientifique! Au contraire! Là, je suis d'accord avec vous. Mais la vôtre ne l'est pas plus puisque ce n'est que du justificationnisme.
Le deuxième point: vous passez totalement au-dessus de ma remarque sur "crier". Sur son signifiant actuel, ok, votre hypothèse tient la route. Mais le mot latin ne contenant pas du tout cette séquence /kr/ (<quiritare) et d'autres langues romanes non plus (esp. gritar par exemple), ça ne tient pas la route une seconde de l'inclure dans vos justifications.

Et enfin, je n'ai jamais dit non plus que le signe est toujours arbitraire. Au contraire, j'ai bien dit que certaines séquences de phonèmes SONT motivées, expressives et tout et tout... tout comme vous. Mais je ne vais pas dire que ces mêmes séquences le sont toujours, ce serait complètement ridicule.

Si le signe n'est pas arbitraire (parfois), comment expliquez-vous que les mots qui désignent le chien ne soient pas les onomatopées qui le désignent dans le langage enfantin? à cause de l'apprentissage en société? Ok, mais c'est comme pour la plupart des mots. Qu'est-ce qui dans le mot "dog", "chien", "perro", "can", etc. est motivé ou expressif ou que sais-je encore?

Je m'arrête là parce que si je fais trop long je n'ai pas l'impression que vous lisiez bien ce que j'écris. wink

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