Sujet : Il est le même qu'il était quelques instants plus tôt

Bonjour tout le monde.  J'ai poussé par hasard la porte de votre forum en m'étonnant beaucoup de ce qu'on s'y préoccupe de parler ou d'écrire le meilleur français possible.   Justement, mon problème est que je doive écrire moi aussi le mieux possible, sans en avoir parfois - hélas -, toute la compétence.  Adoptez-moi.
    J'étais en train d'écrire (au sujet d'un nouveau-né), cette phrase que j'aurais bien voulu laisser en l'état à cause de son effet percutant, bien qu'elle ne me semble pas trop dans le bon goût ordinaire de la langue française :
    - "Il est le même qu'il était quelques instants plus tôt, et à peu de chose près, le même que celui qui vivait dans le ventre maternel une semaine avant." 
     Je pense que la tournure préférable serait :
    - "Il est le même que celui qu'il était quelques instants plus tôt... etc."

    Qu'en pensez-vous ?  La première tournure est-elle supportable ?
    Merci d'avance pour vos commentaires.

Dernière modification par héré-tic (29-08-2012 19:45:25)

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Re : Il est le même qu'il était quelques instants plus tôt

Bonsoir Héré-tic et bienvenue.

À mon avis, pour exprimer ce genre d'idée, paradoxale mais vraie, et comprise de tous, il faut aller au plus simple, et pour moi la formulation la plus simple qui me vient - mais il y en a certainement beaucoup d'autres - est celle-ci : maintenant il est bien là, celui qui était déjà là.

[Authentique : j'étais à l'instant sous Windows, et n'ayant pas encore installé Word, j'ai été obligé de passer sous Mac pour trouver le À, ceci depuis le même navigateur. Je signale, car je ne n'excuse pas.]

Dernière modification par yd (29-08-2012 21:11:18)

Bon courage et persévérance à ceux qui se mettent au grec.

Re : Il est le même qu'il était quelques instants plus tôt

héré-tic a écrit:

le bon goût ordinaire de la langue française

C'est quoi ?

héré-tic a écrit:

- "Il est le même qu'il était quelques instants plus tôt, et à peu de chose près, le même que celui qui vivait dans le ventre maternel une semaine avant." 
     Je pense que la tournure préférable serait :
    - "Il est le même que celui qu'il était quelques instants plus tôt... etc."

le même que, même s'il s'agit de bon goût, me semble très très ordinaire.

Du semblable au même :

- "Semblable à l'être qu'il était quelques instants plus tôt, et à peu de chose près, semblable à celui qui vivait dans le ventre maternel une semaine avant." 

Voilà qui en jette smile ... peut-être.

Re : Il est le même qu'il était quelques instants plus tôt

...une semaine auparavant

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Re : Il est le même qu'il était quelques instants plus tôt

Bonjour à tous,

héré-tic a écrit:

- "Il est le même qu'il était quelques instants plus tôt, et à peu de chose près, le même que celui qui vivait dans le ventre maternel une semaine avant."

La tournure de phrase me paraît inutilement lourde. Je propose celle-ci :

- Il était encore, à peu de chose près, semblable à celui qui vivait dans le ventre maternel une semaine auparavant.

"Le ventre maternel", me paraît très impersonnel, très froid. Mais tout dépend du contexte.

Le peu que je sais, c'est à mon ignorance que je le dois. (Sacha Guitry)

Re : Il est le même qu'il était quelques instants plus tôt

Bonjour à vous tous qui avez pris la peine de vous pencher sur mes incertitudes syntaxiques.   Je réponds avec un peu de retard pour avoir d'une part médité vos propositions, et d'autre part, parce que la vie qui nous tire à hue et à dia n'a pas pour autant suspendu son cours.
    Vous lisant, j'ai mesuré combien certains paramètres avaient manqué à l'exposé du problème que je vous soumettais.  Je répare. 
    1/  Le contexte est celui d'un écrit scientifique dans le domaine de la biologie, dont la visée finale est de faire avancer l'idée que l'on se fait du système nerveux quant à sa provenance au travers de l'évolution, à sa nature et à ses principes de fonctionnement.   L'idée de base d'une théorisation scientifique que l'on pense importante se traîne d'abord durant quelques années ou décennies en l'état d'une pensée qui s'étoffe peu à peu et qui accumule des centaines de notes sous forme d'articles aux thèmes ponctuels divers, sans nécessité de liaison bien ordonnée (le liant est dans la tête).   A priori, tout est très clair ainsi malgré les milliers de pages, et ça ne se complique que du jour où l'on décide de passer à l'écrit transmissible.  La difficulté n'est que de l'ordre des stratégies d'écriture, mais lorsque le projet touche des matières dont on a poussé l'approche jusqu'à de très considérables niveaux de complexité, les ressources d'écriture commencent à grincer.  Le problème n'est plus pour soi-même, car au point où l'on est on a déjà posé, exploré et résolu toutes les questions et plus rien n'est donc à découvrir, mais pour ceux à qui s'adressera l'écrit.  On arrive à écraser l'écriture sous une sorte de sentiment de responsabilité (je n'ai pas l'impression d'avoir beaucoup innové dans ces deux dernières phrases... c'est La Palice qui me les a soufflées).  Je vous dis tout cela pour que vous sachiez que chacune de mes phrases est travaillée au mot à mot en fonction du contexte, de son envergure, de sa destination et de ses méandres thématiques.
     2/  Dans le chapitre auquel appartient cette phrase, les démonstrations théoriques auxquelles je me livre sont focalisées sur l'exemple d'un veau nouveau-né, et non d'un nouveau-né humain.   Mais au travers de cet exemple, c'est le principe général de la fonctionnalisation nerveuse qui est visé, pour l'ensemble des organismes supérieurs (les mammifères principalement, et au final, le système nerveux humain).
    3/   La phrase que je vous ai soumise est une phrase clé du chapitre, ce qui explique peut-être pourquoi elle est bancale, et pourquoi j'en ai appelé à vous.... parce qu'à force de tirer sa syntaxe entre trente six impératifs stratégiques et trente six contrôles de validité théorique, je n'arrivais plus à percevoir si elle était correcte ou non.
    Au résultat, je sais donc maintenant d'après vos réponses, qu'elle n'était pas en franche infraction des règles de la langue, mais que par contre, elle était d'une facture assez peu esthétique sentant très fort la vulgarité du parler de bas étage.
    Je n'ai pas pris à la lettre vos suggestions, mais les remous de jugement que vous m'avez occasionnés m'ont permis de concevoir une nouvelle formulation à laquelle je vais m'arrêter.
    Ma phrase actuelle est celle-ci :  "Il est le même dans l'instant qui précède ou qui suit la naissance, et à peu de chose près, le même qui vivait dans le ventre maternel une semaine avant."    (À mon sens, ma phrase-pivot a perdu quelques atomes de sa force, mais l'élément de vulgarité est atténué).   
    Je vais répondre successivement aux suggestions faites par tous les quatre, si vous me permettez de ne pas le faire immédiatement.
    À très bientôt.

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Re : Il est le même qu'il était quelques instants plus tôt

Bonjour héré-tic,
Maintenant que le contexte est donné, c'est plus clair.

héré-tic a écrit:

Ma phrase actuelle est celle-ci :  "Il est le même dans l'instant qui précède ou qui suit la naissance, et à peu de chose près, le même qui vivait dans le ventre maternel une semaine avant."

La partie de ta phrase que j'ai mise en gras me pose vraiment un problème.
"Il est le même", est assez pauvre. Pareil, semblable, identique, similaire, me paraissent être de meilleurs choix.
"dans l'instant qui précède ou (?) qui suit la naissance", là, je ne comprends pas cette imprécision. Qui plus est pour un exposé scientifique. Est-elle volontaire ?

Ce que je comprends de ta phrase, c'est que l'état de X est quasi identique entre le moment de sa naissance et une semaine avant. Ai-je vraiment tout compris ?

Dernière modification par Osiris (03-09-2012 09:51:19)

Le peu que je sais, c'est à mon ignorance que je le dois. (Sacha Guitry)

Re : Il est le même qu'il était quelques instants plus tôt

Réponse à  yd, avec un bonjour à tous.

yd a écrit:

la formulation la plus simple qui me vient - mais il y en a certainement beaucoup d'autres - est celle-ci : maintenant il est bien là, celui qui était déjà là.

Dans cette formulation dont l'apparence est certes contractée, et comme passée à l'adoucisseur littéraire par rapport à la mienne, l'attente convenue d'un heureux événement est sous-entendue comme le veut un usage de bon aloi  dans les bonnes et paisibles chaumières.

Comme élément principal du sous-entendu, le "celui" est mis, ici, dans une fonction de pronom surdimensionné.  C'est le "celui" dont il est superflu de préciser le nom (préciser le nom serait lui faire outrage, car ce serait le mettre au même rang que tous les autres).  Attendu depuis tant de mois dans le mystère de la gestation, c'est le messie qu'on attend.  Jouez hautbois, résonnez musettes !  On ne peut réduire à un seul pronom affranchissant d'avoir à préciser de qui il pourrait s'agir, que des personnages d'importance primordiale de l'ordre des divinités. 

Finalement, si on l'examine depuis l'intention d'une analyse sémantique exigeante, cette formulation donnée pour être "la plus simple", est tout particulièrement débordante de sous-entendus dont la complexité est  coquettement camouflée par le convenu de la situation et ses conventions (sous l'usage).  C'est une formulation littéraire, antipodique au contexte biologique auquel appartient ma phrase.   (Mais paradoxalement, c'est pourtant bien dans un souci d'ordre littéraire que l'on façonne une expression écrite, même dans un contexte scientifique).

Mais je rappelle qu'au moment où yd écrivait son commentaire, je n'avais encore donné aucune indication du contexte scientifique de ma phrase.  S'il peut y avoir un fautif, c'est donc moi.

Dernière modification par héré-tic (06-09-2012 13:09:35)

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Re : Il est le même qu'il était quelques instants plus tôt

Bonjour Héré-tic.

Je sais bien que cette formulation rappelle des formulations antiques, et plus précisément quelques formulations bibliques, par exemple la parole de Jean-Baptiste Il vient après moi Celui-qui était là avant moi... (je ne cite pas texto). Pour moi il ne s'agit pas d'imiter le « style » antique ou biblique, et surtout pas de connoter, mais j'ai pris ce parti de ne pas laisser justement ce « style » antique ou biblique aux seuls auteurs antiques ou bibliques. D'autre fois on dit ce style philosophique. Peu m'importe : comment écrire autrement, sans compliquer, la même idée ? Ne trouvant pas, je laisse comme ça.

J'écris style entre guillemets car ce n'est pas tant un style, au sens littéraire, qu'une façon de penser et de mettre en forme ce qu'on pense.

Dernière modification par yd (06-09-2012 13:48:10)

Bon courage et persévérance à ceux qui se mettent au grec.

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Re : Il est le même qu'il était quelques instants plus tôt

Bonjour Héré-tic,

"Il est le même dans l'instant qui précède ou qui suit la naissance, et à peu de chose près, le même qui vivait dans le ventre maternel une semaine avant."

J'ai beau lire et relire cette phrase, je ne comprends pas ce qui peut justifier une telle construction. Pourtant, je me doute bien qu'il y a une(des) raison(s) à cela.

Serait-il possible d'obtenir des précisions sur ce que tu veux réellement dire ?

Le peu que je sais, c'est à mon ignorance que je le dois. (Sacha Guitry)

Re : Il est le même qu'il était quelques instants plus tôt

Réponse à éponymie.

éponymie a écrit:
héré-tic a écrit:

le bon goût ordinaire de la langue française

C'est quoi ?

Je voulais dire :  "...bien qu'elle ne me semble pas appartenir à la normalité de la langue française".   

J'avoue bien volontiers qu'il m'arrive de remplacer un mot que je ne trouve pas, par des expressions plus compliquées qui me viennent à l'esprit, avec souvent quelques contresens discrets, comme c'est le cas ici.  Associer "bon goût" à "ordinaire" est en effet un peu hardi pour paramétrer l'idée de la simple normalité.

Je peux toutefois ajouter que la langue française est particularisée par la précision de ses ressources d'expression, autant dans les nuances de son vocabulaire que dans les fonctionnements de sa grammaire et de sa syntaxe.  En raison de cette précision, c'est une langue qui peut faire plus que d'autres, la franche distinction entre une écriture de bon goût et de mauvais goût, avec un retour d'appréciation sur la personne qui écrit.

Au fur et à mesure de mes phrases, finalement, je conçois de mieux en mieux qu'il existe une écriture de bon goût, c'est-à-dire respectant la forme langagière correcte ou plus que correcte, tout en n'atteignant pas les hauteurs vertigineuses du génie, et par là, restant donc dans le cadre ordinaire... en précisant quand-même que l'"ordinaire" et le "grossier" ne sont pas du même tiroir.

Dernière modification par héré-tic (07-09-2012 20:51:00)

Re : Il est le même qu'il était quelques instants plus tôt

Suite  Réponse à éponymie.

éponymie a écrit:

le même que, même s'il s'agit de bon goût, me semble très très ordinaire.

Voici bien ce que j'attendais que l'on me dise.  Il y avait un ver dans la pomme de ma phrase, mais je ne savais plus exactement où il était, ni à quelle espèce il appartenait.   Tu l'as capturé.   Comme tu dis, c'est une bestiole de très très mauvais goût.

Je n'ai trouvé que cette phrase dans le CNTRL pour approcher ce cas :  "Pierre a le même nez que Jean".  Mais ça ne reproduit pas tout à fait la même difficulté.   Mon cas est encore plus dissonant : "le même qu'il était..."   

Je crois que la difficulté vient du fait que l'on peut être "même" par rapport à un objet autre, mais pas "même" par rapport à soi-même.   Or dans ma phrase "il est le même qu'il était", la "mêmité" de mon sujet renvoie à lui-même (dans le passé).

En bref, on peut être le même qu'un autre, mais on ne peut pas être le même que soi-même. 

"Il était le même qu'il était...  (etc)" est donc non seulement de mauvais goût, mais encore, c'est illogique et incorrect.

Re : Il est le même qu'il était quelques instants plus tôt

Suite     Réponse à éponymie.

éponymie a écrit:

Du semblable au même :

- "Semblable à l'être qu'il était quelques instants plus tôt, et à peu de chose près, semblable à celui qui vivait dans le ventre maternel une semaine avant." 

Voilà qui en jette smile ... peut-être.

En effet, "semblable", bien qu'équivalent, est moins problématique que "le même".    C'est que le sens est moins franc...  ça esquive un peu le problème.

Mais pour mon contexte, c'est une solution qui adoucit l'idée essentielle de ma phrase.

"Le semblable" transige... alors que "le même" est intransigeant (la preuve est qu'il rend malade sa phrase).   C'est bien "le même", donc l'équivalent dur, que je veux utiliser.

Autre chose :  Peux-tu m'expliquer ce que la phrase ci-dessous voulait dire, dans le contexte de ton message ?
"Voilà qui en jette  ... peut-être".

Bonsoir à tous.