Sujet : candir ou se candir

Certains dictionnaires proposent un verbe candir transitif, d’autres le classent parmi les verbes pronominaux.
Ce qui me surprend le plus, c’est qu’il soit si peu défectif.
Etant donné que le sucre est seul concerné, il y a peu de chance que nous candissions ou que vous candissiez, à moins que je m’adresse au sucre fort poliment.

Cette question cristallise en moi la perplexité. Je suis curieux de savoir ce "qu’en diront" les abéciens.

Dernière modification par glop (13-08-2012 20:50:07)

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Re : candir ou se candir

Bonsoir,

      ce qui serait utile, ce serait que tu nous dises dans quels ouvrages tu as déjà cherché, que nous ne recommencions pas tout, comme si tu n'avais rien trouvé. Car, sur un tel sujet, les abéciens que nous sommes vont se baser davantage sur des ouvrages de référence que sur leurs propres idées...

PS : ce qui me semble plus intéressant, c'est son étymologie.

Dernière modification par Piotr (13-08-2012 21:46:46)

elle est pas belle, la vie ?

Re : candir ou se candir

Un coup d'oeil au Tlfi nous apprend que candi ne dérive absolument pas d'un verbe candir :

Étymol. et Hist. 1256 candi (Le Régime du corps de Maître Aldebrandin de Sienne, éd. Landouzy et Pépin, p. 55, l. 7 et p. 114, l. 16). Empr. à l'ar. , adj. dénom. de qand, qanda « sucre de canne », attesté dans un dict. du Xe s. (DIEZ5, p. 84); l'intermédiaire de l'ital. (BL.-W.5) est à écarter, zucchero candito n'étant à ce jour attesté qu'au XVe s. (BATT.).

Et zut !
Je suis tombé dans le piège tendu par glop !
Il voulait nous le faire dire, c'est moi qui m'y suis collé.
Disons que j'ai travaillé pour ceux que cela intéresserait.

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

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Re : candir ou se candir

Tout ce que j’ai sous la main, pour l’instant, c’est un dictionnaire Hachette de 1989.
Il y est écrit que candir vient de candi !
Un verbe né de son propre participe passé, c’est original !
S’il y a un piège, je n’en suis pas encore sorti moi-même.

Dernière modification par glop (14-08-2012 02:45:54)

Re : candir ou se candir

glop a écrit:

Un verbe né de son propre participe passé, c’est original !

C'est surtout que c'est un des verbes du 2e groupe qui se conjuguent sur le modèle de finir (fin) et dont dans la très grande majorité sont formés à partir d'un nom - ici candi - ou plus souvent d'un adjectif. Le plus original étant probablement le très connu unir (un), il y a aussi choisir (choix).

Re : candir ou se candir

éponymie a écrit:
glop a écrit:

Un verbe né de son propre participe passé, c’est original !

C'est surtout que c'est un des verbes du 2e groupe qui se conjuguent sur le modèle de finir (fin) et dont dans la très grande majorité sont formés à partir d'un nom - ici candi - ou plus souvent d'un adjectif. Le plus original étant probablement le très connu unir (un), il y a aussi choisir (choix).

Je crains que ces exemples ne soient mal choisis. Choisir ne vient pas de choix, c'est le contraire. Quant à unir, il vient du latin unire, il n'est donc pas dérivé du français "un".

Glop, il y a, semble-t-il, deux mots "candi" que vous paraissez confondre (il est vrai que les dictionnaires ne sont pas clairs sur ce point). Il y a d'abord un adjectif candi qui ne s'utilise que dans l'expression sucre candi, introduit tôt dans la langue française (on peut d'ailleurs se poser la question de la catégorie grammaticale de "candi" dans cette juxtaposition, adjectif ou nom). Bien plus tard, on a fait un verbe candir à partir de cet adjectif, lequel verbe a fourni un participe passé candi, de même forme que le premier adjectif mais différent ; c'est lui qu'on trouve dans fruits candis. On ne peut donc pas dire que le verbe soit né de son participe passé ; il est né d'un adjectif, et le participe passé se trouve avoir la même forme que cet adjectif.

Dernière modification par Abel Boyer (14-08-2012 09:24:01)

Re : candir ou se candir

Abel Boyer a écrit:
éponymie a écrit:
glop a écrit:

Un verbe né de son propre participe passé, c’est original !

C'est surtout que c'est un des verbes du 2e groupe qui se conjuguent sur le modèle de finir (fin) et dont dans la très grande majorité sont formés à partir d'un nom - ici candi - ou plus souvent d'un adjectif. Le plus original étant probablement le très connu unir (un), il y a aussi choisir (choix).

Je crains que ces exemples soient mal choisis. Choisir ne vient pas de choix, c'est le contraire. Quant à unir, il vient du latin unire, il n'est donc pas dérivé du français "un".

Glop, il y a, semble-t-il, deux mots "candi" que vous semblez confondre (il est vrai que les dictionnaires ne sont pas clairs sur ce point). Il y a d'abord un adjectif candi qui ne s'utilise que dans l'expression sucre candi, introduit tôt dans la langue française. Bien plus tard, on a fait un verbe candir à partir de cet adjectif, lequel verbe a fourni un participe passé candi, de même forme que le premier adjectif mais différent ; c'est lui qu'on trouve dans fruits candis. On ne peut donc pas dire que le verbe soit né de son participe passé ; il est né d'un adjectif, et le participe passé se trouve avoir la même forme que cet adjectif.

Candi est un adjectif pas un nom, mea culpa.

Et comment donc s'est formé  unire en latin ? Unus n'y est pour rien ?

Re : candir ou se candir

éponymie a écrit:

Et comment donc s'est formé  unire en latin ? Unus n'y est pour rien ?

Bien sûr que si, mais c'est totalement dans la langue latine que le phénomène a eu lieu, alors qu'il me semblait que ce que vous disiez concernait la formation des verbes du 2e groupe en français à partir d'un nom ou d'un adjectif français.
Nous pouvons certainement élargir le débat à la formation des verbes en latin.

Re : candir ou se candir

Abel Boyer a écrit:
éponymie a écrit:

Et comment donc s'est formé  unire en latin ? Unus n'y est pour rien ?

Bien sûr que si, mais c'est totalement dans la langue latine que le phénomène a eu lieu, alors qu'il me semblait que ce que vous disiez concernait la formation des verbes du 2e groupe en français à partir d'un nom ou d'un adjectif français.
Nous pouvons certainement élargir le débat à la formation des verbes en latin.

Vous discuteriez avec les autres latinistes d'ABC, je serais curieux de  lire. Par contre pourriez-vous me confirmer ou infirmer ceci ? Les verbes à deux ou trois radicaux  (ou base comme vous voulez) sont très anciens et sont des verbes du bas-latin qui ont subi des altérations de leur radical (cf. Henriette Walter). Je supposais donc que le processus qui liait intimement un verbe du 2e groupe à un adjectif ou à un nom est très ancien lui aussi. Et bien entendu se "voit" encore en français.

Dernière modification par éponymie (14-08-2012 09:33:21)

Re : candir ou se candir

Quand vous parlez de radicaux multiples, visez-vous les radicaux différents va, all-, ir- du verbe aller, ou plutôt les modifications internes de type faisons, ferons, veux, voulons, qui résultent effectivement d'un traitement ancien des syllabes différemment accentuées ?

Re : candir ou se candir

Les modifications internes : reçoi/recev/reçoiv, veu/voul/veul, connai/connaiss, fin/finiss, sai/sav, etc. je sais qu'aller est un verbe "composite". Il y en a d'autres ?

Re : candir ou se candir

éponymie a écrit:

Les modifications internes : reçoi/recev/reçoiv, veu/voul/veul, connai/connaiss, fin/finiss, sai/sav, etc. je sais qu'aller est un verbe "composite". Il y en a d'autres ?

Oui, au moins un, le verbe être, même si les radicaux différents nous viennent clairement de la conjugaison latine d'un même verbe, contrairement à aller.

Re : candir ou se candir

Abel Boyer a écrit:
éponymie a écrit:

Les modifications internes : reçoi/recev/reçoiv, veu/voul/veul, connai/connaiss, fin/finiss, sai/sav, etc. je sais qu'aller est un verbe "composite". Il y en a d'autres ?

Oui, au moins un, le verbe être, même si les radicaux différents nous viennent clairement de la conjugaison latine d'un même verbe, contrairement à aller.

je vois qu'en latin être était déjà conjugué ainsi : sum, es, est, sumus, estis, sunt, on reconnait le français.

Il y aurait eu une altération des radicaux avant le latin classique. Le roumain est infiniment plus régulier, quoique bien souvent plus proche du latin que le français : sunt, eşti, este, suntem, sunteţi, sunt

Je ne vois pas d'autres verbes de ce type dans les verbes courant du français moderne (du Bescherelle pour donner une référence).

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Re : candir ou se candir

Petit retour vers "candir" :

En ce qui concerne la forme pronominale, il s’agit en fait d’un disfonctionnement du conjugueur réverso.
Lorsqu’on demande le verbe se candir, à partir du site, la demande est rejetée, alors que la même demande à partir d’une entrée Google génère un résultat.

Il devient de plus en plus facile de faire faire des bêtises à un ordinateur.

Re : candir ou se candir

la forme pronominale existe bien :

http://dvlf.uchicago.edu/mot/candir (dictionnaire de l'Académie de 1835)

http://www.larousse.com/it/dictionnaire … ndir/12669

http://www.mediadico.com/dictionnaire/d … e_candir/1

Dans tous les cas on peut l'assimiler je crois à une forme passive pronominale du verbe cristalliser.

Mais si devaient apparaitre un sens figuré figuré, rien n'empécherait d'autres personnes que les troisièmes :

"Quand les débats sur certains thèmes se candissent dans l'angélisme, les choses ne risquent guère d'évoluer. Et que nous nous y candissions sur certains grands sujets de société, il me semble le constater de plus en plus souvent".

Pourquoi pas smile ?

Re : candir ou se candir

éponymie a écrit:

Dans tous les cas on peut l'assimiler je crois à une forme passive pronominale du verbe cristalliser.
Mais si devaient apparaitre un sens figuré figuré, rien n'empécherait d'autres personnes que les troisièmes

Pourquoi pas ? Mais je n'y crois pas beaucoup d'une part parce que l'emploi de candir est rare et très limité à des questions purement physiques, et que d'autre part, si cristalliser a un sens plutôt noble qui lui a permis de passer facilement du concret à l'abstrait, se candir a souvent une connotation négative ; c'est une cristallisation mais souvent vue comme un inconvénient. Quand le miel se candit dans la ruche ou quand les confitures se candissent dans leur pot, ce n'est pas bien.

Re : candir ou se candir

Abel Boyer a écrit:

Mais je n'y crois pas beaucoup d'une part parce que l'emploi de candir est rare et très limité à des questions purement physiques, et que d'autre part, si cristalliser a un sens plutôt noble qui lui a permis de passer facilement du concret à l'abstrait, se candir a souvent une connotation négative ; c'est une cristallisation mais souvent vue comme un inconvénient.

Se candir dans l'angélisme, c'est pas bien non plus sad


Abel Boyer a écrit:

Quand le miel se candit dans la ruche ou quand les confitures se candissent dans leur pot, ce n'est pas bien.

Voilà qui permet de finir de répondre à glop :

glop a écrit:

Ce qui me surprend le plus, c’est qu’il soit si peu défectif.

A partir du moment où un verbe à des formes usuelles à la troisième personne du singulier ET à la troisième personne du pluriel, il aura beaucoup de mal à être défectif.

La conjugaison complète du présent de l'indicatif est toujours intuitivement reconstituable (et avec elle toutes les autres) : le verbe aura 1 ou 2 radicaux.

Les verbes à 3 radicaux étant limités à 35 environs répartis en 8 familles (tenir/venir, vouloir, pouvoir, devoir, boire, recevoir/concevoir/décevoir/percevoir, mouvoir et mourir), ce ne sont pas des modèles de conjugaison intuitifs.

Ex. : il pleut / ils pleuvent. Si un jour le besoin s'en fait sentir pas de problème "pleuvons leur dessus !"

Par contre pour le verbe frire, c'est une autre paire de manches : il frit / ils frisent (nooon !) / ils fritent (nooon !) / ils frient (bof...)

Ceci même si nous avons un radical pour l'imparfait qui doit en principe être le radical de la première personne du pluriel : il faut / il fallait

Candir et pleuvoir sont des pseudo-défectifs smile

P.S. : j'ai oublié la famille de quérir (requérir/acquérir/conquérir/s'enquérir), donc 9 familles de verbes à 3 radicaux dont 6 seulement usuelles au présent.

Dernière modification par éponymie (14-08-2012 16:38:17)

Re : candir ou se candir

éponymie a écrit:

Se candir dans l'angélisme, c'est pas bien non plus

Dans les anciens dictionnaires, candi est un peu influencé par candide, qui en principe n'a rien à voir. Mais le fait est que le sucre candi forme souvent des cristaux blancs et ce rapprochement est intuitif.

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Re : candir ou se candir

J'ai vu aussi que l'étymologie officielle ne fait pas de lien entre candir et candeur, mais d'un autre côté comment ne pas voir au moins un lien sémantique, à défaut d'établir un lien historique, pour les deux mots, avec ce fait que beaucoup de cristallisations se traduisent par un blanchissement, à commencer par la neige, le blanc le plus éclatant, la glace, la cire des cierges (des chandelles ?), la paraffine (anachronique ?), le sel, le sucre, le blanc d’œuf, et j'en oublie certainement des quantités ?

Il y a encore une possibilité pour Candes, dite désormais Candes-Saint-Martin, au confluent de la Vienne avec la Loire, qui, au même titre que toutes les villes ou tous les villages de la région, est bâtie intégralement en pierre blanche de Touraine, le Tuffeau. Je sais qu'on fait venir ce toponyme de condate, confluent, mais il demeure apparemment le seul toponyme que l'on fait dériver de condate qui n'a pas gardé le o.

Dernière modification par yd (14-08-2012 18:20:48)

Bon courage et persévérance à ceux qui se mettent au grec.

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Re : candir ou se candir

Pas du tout : il y a Candé-su-Beuvron, dans le Loir-et-Cher, là où le Beuvron se jette dans la Loire (forme médiévale Candetum), Candé, à l'ouest du Maine-et-Loire, où plusieurs ruisseaux convergent ver l'Erdre (ad Condadensem ecclesiam en 924), enfin Candes que vous avez cité est Condatensem diocesim au IVè siècle.

Pour ce qui est du verbe candir, il ne peut pas venir du latin candere (être d'une blancheur éclatante) ?

Dernière modification par Alco (14-08-2012 20:12:22)

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Re : candir ou se candir

glop a écrit:

Petit retour vers "candir" :
En ce qui concerne la forme pronominale, il s’agit en fait d’un disfonctionnement du conjugueur réverso.

et Abel a écrit:

Glop, il y a, semble-t-il, deux mots "candi" que vous semblez confondre (il est vrai que les dictionnaires ne sont pas clairs sur ce point). Il y a d'abord un adjectif candi qui ne s'utilise que dans l'expression sucre candi, introduit tôt dans la langue française. Bien plus tard, on a fait un verbe candir à partir de cet adjectif, lequel verbe a fourni un participe passé candi, de même forme que le premier adjectif mais différent ; c'est lui qu'on trouve dans fruits candis. On ne peut donc pas dire que le verbe soit né de son participe passé ; il est né d'un adjectif, et le participe passé se trouve avoir la même forme que cet adjectif.

      Je comprends que glop, qui ne dispose pas d'une documentation papier suffisante, n'ait pas trouvé de réponse à sa question : et Internet est farci d'erreurs (voire de chausse-trappes).

      Plusieurs sources étayent ce que dit Abel : Littré (papier, pce que le Littré en ligne est incomplet), Robert le Petit et le Grand, Robert l'Historique, le Larousse Universel 1924 et TLFi (en ligne). Je n'ai pas consulté l'Académie (en ligne), mais TLFi le cite.

      Candi est d'abord un adjectif, tiré du substantif arabe quand = sucre de canne, et attesté dès le XIIIe S. Primitivement utilisé en apposition, il a ensuite été substantivé  (par ellipse précise TLFi). Littré signale même la locution au candi pour désigner un mode de préparation (des fruits ou autre).
     Il est devenu verbe au XVIe S. (Robert, TLFi citant Ac., Littré), apparemment simultanément v. tr. et v. pron. (Littré, Ac.).

      Il se conjugue effectivement sur finir, Bescherelle l’enregistre comme pronominal et ne le signale pas comme défectif, mais on ne le rencontre partiquement qu'à la 3e personne (sing. ou plur.), et aux part. passé et présent (Littré, cit. O. de Serres).

      Quant à la question d'YD sur « un lien historique entre les deux mots candi et candeur », je pense qu'il peut en faire le deuil. L'étymologie de candi est bien attestée, c'est l'arabe, au XIIIe S. Pour candeur, candide, etc. c'est évidemment le latin, et au XVIe...

      Moralité : les questions sans réponses sont souvent celles pour lesquelles on ne dispose pas de la doc nécessaire. Un simple Petit Robert (on en trouve pour quelques € d'occase sur Internet, pas besoin de prendre un récent : j'ai la réponse sur mon édition papier de 1982, et également sur mon Lexis Larousse de 1992).

elle est pas belle, la vie ?

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Re : candir ou se candir

Piotr a écrit:

      Quant à la question d'YD sur « un lien historique entre les deux mots candi et candeur », je pense qu'il peut en faire le deuil. L'étymologie de candi est bien attestée, c'est l'arabe, au XIIIe S. Pour candeur, candide, etc. c'est évidemment le latin, et au XVIe...

      Moralité : les questions sans réponses sont souvent celles pour lesquelles on ne dispose pas de la doc nécessaire. Un simple Petit Robert (on en trouve pour quelques € d'occase sur Internet, pas besoin de prendre un récent : j'ai la réponse sur mon édition papier de 1982, et également sur mon Lexis Larousse de 1992).

Candor : blancheur, dans la chanson de geste Girart de Roussillon, fin du XIIè siècle. (source : le Greimas)

Dernière modification par Alco (14-08-2012 22:43:03)

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Re : candir ou se candir

Pas du tout : il y a Candé-su-Beuvron, dans le Loir-et-Cher, là où le Beuvron se jette dans la Loire (forme médiévale Candetum), Candé, à l'ouest du Maine-et-Loire, où plusieurs ruisseaux convergent ver l'Erdre (ad Condadensem ecclesiam en 924), enfin Candes que vous avez cité est Condatensem diocesim au IVè siècle.

Je ne trouve pas assez de documentation sur Candé en Maine-et-Loire, en tout cas rien qui ferait penser à la blancheur.

C'est moins évident pour Candé-sur-Beuvron, tout de même en aval de Blois : nous ne sommes pas loin de la pierre blanche de Touraine, quoique les photos que j'ai trouvées soient moins éloquentes que celles de Candes-Saint-Martin. Par contre je trouve bizarre ce nom qui voudrait dire, donc, Confluent-sur-Beuvron. Je trouve oiseuse l'idée que Conflans-Sainte-Honorine, par exemple, eût pu s'appeler Confluent-sur-Oise, mais c'est peut-être mon argument qui est oiseux. Pour le moins, à Candé-sur-Beuvron, on avait fini par oublier l'origine prétendue en confluent. Il est vrai que sur Beuvron ne fut ajouté à Candé qu'en 1927.

Condate serait en fait du gaulois adopté ensuite en latin.

Dernière modification par yd (14-08-2012 22:50:27)

Bon courage et persévérance à ceux qui se mettent au grec.

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Re : candir ou se candir

yd a écrit:

C'est moins évident pour Candé-sur-Beuvron, tout de même en aval de Blois : nous ne sommes pas loin de la pierre blanche de Touraine, quoique les photos que j'ai trouvées soient moins éloquentes que celles de Candes-Saint-Martin. Par contre je trouve bizarre ce nom qui voudrait dire, donc, Confluent-sur-Beuvron. Je trouve oiseuse l'idée que Conflans-Sainte-Honorine, par exemple, eût pu s'appeler Confluent-sur-Oise, mais c'est peut-être mon argument qui est oiseux. Pour le moins, à Candé-sur-Beuvron, on avait fini par oublier l'origine prétendue en confluent. Il est vrai que sur Beuvron ne fut ajouté à Candé qu'en 1927.

Pour Candé-sur-Beuvron, vous avez vous-même trouvé la réponse à votre question. Ne mélangeons pas les époques. Pour la même raison, il faut oublier l'interprétation par la blancheur, un village comme Candes ayant eu certainement assez tardivement l'aspect qu'on lui connaît actuellement. Les maisons de bois et de torchis ont dû occuper assez longtemps la place.

yd a écrit:

Condate serait en fait du gaulois adopté ensuite en latin.

Il est répertorié comme tel dans le dictionnaire de la langue gauloise de Delamarre, et cité déjà sous cette forme par Ptolémée pour désigner la ville de Rennes.

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Re : candir ou se candir

Alco a écrit:

Candor : blancheur, dans la chanson de geste Girart de Roussillon, fin du XIIè siècle. (source : le Greimas)

      Incontestablement, puisque candor signifie déjà blancheur en latin (Gaffiot).

      Mais je ne saisis pas par quelle contorsion linguistique on passerait du latin canus, a, um ou de candor, oris au français candi, ou même candir (verbe). Le verbe latin candeo, ui, ere a donné candor et candidus, ainsi que le dérivé candescere (=> incandescent en fr.) l'adj. canus, a, um a donné le verbe canere, dont je cherche (sans résultat à ce jour) les rejetons en français.
      Je ne vois pas ici de place pour le qand / qanda / qandi arabe (attesté au Xe S.), qui a donné candi en français (au XIIIe).

elle est pas belle, la vie ?