fréquence : 24 niveau de langue (ancien) : 2 vu : 2076
pistole & double pistole ; pistola ; lit à la pistole n. f.
¶ Cellule à part dans prison où moyennant une certaine somme on a des avantages, plus de confort ; somme d'argent que paye un prisonnier pour obtenir une cellule particulière
(1) La Salle Saint-Martin est la pistole de la prison de la Préfecture 1829. (2) j'allais être conduit au dépôt, lorsque je fis observer qu'ayant le moyen de payer la pistole, on ne pouvait me refuser la faveur d'être claquemuré à la salle Saint-Martin, où je fus en effet conduit 1829. (3) On accorde aux prisonniers la faculté de prendre la pistole, s'ils en ont les moyens : elle ne coûte que 5 fr. par mois, et cependant sur un millier de détenus cinquante peuvent à peine se procurer cet avantage 1829. (4) C'est dans les bâtiments de cette cour que loge l'aristocratie de la prévention ; elle est habitée par ceux, indistinctement, qui ont le moyen de payer 22 sous ou 32 sous, par semaine, pour la pistole ou la double pistole 1835. (5) Pistole. On désigne, par ce mot, le privilège établi dans chaque prison, de jouir d'un logement plus sain, d'un lit plus commode, et d'une société plus choisie. 1837. (6) Aussi voyons-nous tous les prévenus qui ont quelque moralité et quelqu'argent prendre à loyer des chambres de pistole, et y demeurer séquestrés de tous les autres jusqu'au jour de leur jugement. 1838. (7) –«Voulez-vous prendre la pistole ? […] Dans la salle commune, […] vous n'aurez rien à payer ; mais elle est pleine de vermine ; à la pistole vous paierez et vous serez seul.» 1846. (8) Tous les prisonniers de Sainte-Pélagie ne vivent pas au milieu de la tourbe immonde qui remplit la maison. Quelques-uns obtiennent d'être à la pistole, c'est-à-dire de partager une chambre avec trois ou quatre compagnons, moyennant une redevance 1875. (9) Le «Tas» [pas] pour les gens de bien, mais pour les gens de rien. / En effet les détenus peu ou mal vêtus, entraient dans la cour, tandis que les prisonniers de marque montaient dans les pistoles ou se rendaient dans la petite salle, dite des rupins 1892. (10) La pistole était le quartier payant de Saint-Lazare, affecté essentiellement aux prévenues, qui évitaient ainsi la promiscuité des ateliers pendant le jour et la nuit, celle de la cellule en commun 1925. (11) des petites qui se laissaient prendre à leur boniment, surtout celles qui n'avaient pas un sou, même cinq francs, pour se payer une «pistole» (c'est une cellule avec un lit et une cruche d'eau que l'on apporte le matin). Je me suis offert ce luxe. 1948. (12) il [le brigadier des gendarmes] se tient à une lucarne semblable à celle des bureaux à billets de spectacle ; c'est là qu'il vise le mandat de dépôt, et vous donne votre billet de logement pour une pistole, si vous avez de quoi la payer xxxx.