dictionnaire arg. pop. fam.

fréquence : 142 date : 1597 niveau de langue (ancien) : 8 niveau de langue (actuel) : 7 vu : 866
roupiller  & roüpiller ; roupillier ; (roapiller) ; reroupiller  v. intr.
¶ Dormir, coucher, sommeiller ; dormir à nouveau
Allusion à la respiration natale (ruspuri, en lat. : gratter, râper) ; on évoque le mot roupie : celui qui ronfle aspire ce qu'il devrait évacuer (AYN) / Probablt onomat., de formation parallèle à celle de ronfler ; ou p.-ê. de roupille «manteau» (dans lequel les Espagnols s'enroulaient pour dormir) (GR) / Prob. issu d'un rad. onomat. roup- évoquant un ronflement saccadé. Roupiller est également att. dans plusieurs dial. aux sens de «ronfler ; grommeler ; râler, etc.» (FEW t. 10, pp. 578-579, s.v. rupp- ; SAIN. Sources t. 2, pp. 9-10) (TLFi) / D'origine espagnole, signifie primitivement : dormir dans la roupille, le vaste manteau de l'infanterie castillane : une tradition qui n'est pas assurée le fait remonter au siège de Saint-Quentin par les troupes de Philippe II (Dauzat1918) / Argot parisien courant d'avant-guerre (Dauzat1918voc) /
éléments constituants : roupiller roüpiller roupillier roapiller reroupillersynonyme :  dormir, s'endormir, se coucher (142.00/790.16±17.97%) morph : iller – 57morph : a/u – 113famille : roupil- (dormir) - 400
(1je l'ai gavé, il roupille, c'est le moment de faire l'affaire. 1821. (2Il roupille pendant Le reluis, et travaille à la Sorgue. 1821. (3Napoléon, débarquant à Fréjus, abattit en un clin-d'oeil les cinq incapacités qui roupillaient sous leur quintuple diadème, releva la France de l'ignoble abaissement 1832. (4quant à moi, je vais tâcher de roupiller encore tranquillement une couple d'heures 1834. (5Laisse-moi roupiller tranquille ! Reprends-la, ta couverture ; roule-toi dedans, vautre-toi, garde-la pour toi tout seul ; mais laisse-moi roupiller tranquille ! 1916. (6les jeunes, rompus de fatigue, roupillaient consciencieusement 1918.