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Le verlan, c'est ringard, d'après Henriette Walter | 2016-04-06

À l'occasion de la sortie du nouvel album de Renaud, le chanteur prolo de carton atteint de fillonite, c'est le moment de se rappeler les années 80, l'argot des blousons noirs et la mode du verlan. C'est Henriette Walter qui s'y colle. (#Renaud #Argot #Verlan )

Renaud, "une langue unique" faite d'argot et de verlan

(AFP) - Renaud, dont le nouvel album sort vendredi, a imposé à ses débuts une "langue unique", riche en argot et en verlan, qui semble s'être un peu assagie à l'écoute de sa nouvelle chanson, estime la linguiste Henriette Walter, auteure notamment du "Français dans tous les sens".

Qu'est-ce qu'a apporté Renaud à la langue française?

"Au début, avec notamment Laisse béton (1977), c'était très nouveau, très jeune. Laisse béton est une des rares évolutions du verlan qui soient entrées dans l'usage. Tout le monde aujourd'hui sait ce que signifie laisse béton (laisse tomber). Avec sa langue unique, Renaud a su fixer l'attention. A l'écoute de la première chanson de son nouvel album, Je suis debout, on dirait que Renaud a voulu être plus général et moins révolutionnaire. Il n'y a pas de verlan, il y a un peu d'argot et pas du tout de formules grammaticales marquantes du genre nous nous en allerons (qu'on entend dans la chanson Dès que le vent soufflera (1983), ndlr). C'est aussi plus émouvant."

Avez-vous le sentiment que Renaud s'est assagi dans son langage?

"Maintenant, c'est un autre homme que l'on voit. Du point de vue de la langue, on voit qu'il est prêt à dire des choses comme: ils sont mal barrés ou des choses un peu argotiques comme avoir la banane mais ça ne choque plus. Au départ, ses chansons étaient faites pour exciter la population, choquer le bourgeois. On a l'impression désormais qu'il veut montrer qu'il est de nouveau lui-même même s'il n'est plus tout à fait le même (rires)."

40 ans après "Laisse béton", que reste-t-il du verlan chez les jeunes aujourd'hui?

"Le verlan n'a plus la cote. Il a été très employé dans les années 1980-90 mais c'est devenu ringard. C'est la même chose pour les mots se terminant par os comme calmos ou craignos : ça ne passe plus. En revanche, les emprunts aux langues étrangères ont davantage le vent en poupe. Il y a ainsi les terminaisons en ave comme se pachave (se coucher, ndlr) d'origine tzigane. Mais surtout, il y a les emprunts au créole ou l'arabe. Ainsi le mot ouèche, qui signifie en arabe qu'est-ce que ça veut dire?, est très populaire. Les jeunes emploient ces mots même s'ils ne parlent pas arabe. Ce sont des expressions qui leur plaisent et voilà tout. Ce qui est intéressant à noter, c'est que lorsqu'une nouvelle forme de langage ne fonctionne pas, quand la communication n'arrive pas à passer, ça s'arrête. C'est un peu d'ailleurs ce qui est arrivé avec le verlan. C'était un peu compliqué, ça ne marchait pas trop bien, du coup ça marque le pas".

Entretien avec Henriette Walter (AFP).

    Source : http://www.larep.fr(valider les liens)
    Posté par gb