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Publication : Le petit livre de la tchatche | 2013-05-17

Entretien avec l'auteur sur le site Atlantico ; sur son lit de commentaires (#Argot #Jeunes #Verlan #Banlieue #Mongaillard #Publication )

Atlantico : Vous publiez aujourd'hui le "petit livre de la tchatche - petit décodeur de l'argot des cités". Quelles sont les principales expressions utilisées en banlieue et leurs significations ? À contrario quelles sont celles qui sont inconnues du grand public ?

Vincent Mongaillard : Les expressions les plus utilisées sont celles qui permettent de se saluer, de se dire bonjour. Il existe une vingtaine de déclinaisons de l’expression « wesh » qui signifie "quoi" en dialecte algérien, on l’utilise pour demander comment vas-tu ? Les jeunes des cités ont personnalisé cette interjection : « wesh, ma caille », « wesh bien ou quoi », « wesh kardesh » (qui signifie frère en turc), « wesh timal » (frère en créole)… Certaines expressions vont jouer sur la rime « wesh canne à pêche ». Ce mot « wesh » a donné son nom à la génération « wesh-wesh ».

Ensuite, parmi les plus usitées actuellement on trouve « au calme » ou « à la bien ». En cette période de crise, les jeunes ont des interjections liées à l’argent très en vogue en ce moment : « Lovés », « la maille », « le biff »… Les cités s’imprègnent également d’argots venus de l’étranger, le noushi est un dialecte utilisé en Côte d’Ivoire, les jeunes lui ont emprunté le terme "'s'enjailler" qui traduit le fait de prendre du bon temps.

Parmi les expressions moins connues du public : "Avoir le Tchernobyl" : être fatigué, "Gros fer" : grosse voiture, "une crasseuse" : une fille de mauvaise réputation, un "schlag" : synonyme de bouffon, le "rainté" : verlan de terrain de la cité.

Où ce langage puise-t-il ses influences ?

Il y a de multiples influences, à l’image de la diversité que l’on peut recenser dans les quartiers. Évidemment, il y a les rappeurs qui sont prescripteurs et qui permettent à l’argot des cités de traverser le périphérique, comme Booba ou la Fouine. Mais aussi l’influence du verlan, dont une partie est entrée dans le langage plus courant.

Le langage de la cité est également emprunté du langage de la culture des parents avec des mots venus du Maghreb comme « avoir le seum » qui vient de l’arabe venin, ou des mots d’Afrique noire comme une « go » pour désigner une fille qui vient du bambara. Certaines expressions viennent de la culture américaine comme le « swag », « biatch », « bro » pour brother qui ont été véhiculé par des rappeurs comme Jay-Z ou Kanye West. Les jeunes détournent également des mots du vieil argot comme « Daron » qui est utilisé depuis des siècles, mais aussi « blaze » pour dire mon nom, "condé" déjà utilisé au XIXème siècle pour désigner les commissaires de police. Et enfin les influences Tsiganes, surtout les mots finissant en ave.

Qui utilise ce langage ? Est-ce forcément réservé aux jeunes des banlieues ?

Tous les jeunes des quartiers n’utilisent pas forcément l’argot mais la plupart le connaissent. Il y a deux façons d’aborder la tchatche des cités : soit on n’utilise que ce langage, dans ce cas c’est dangereux car cela traduit un repli sur soi et le jeune qui ne maîtrise que ce langage va avoir des difficultés dans son insertion dans la société. L’autre profil est celui qui maîtrise la langue française et qui voit le langage des cités comme une spécificité du quartier. L’argot des cités peut être aussi un marquage social. Après, il n’existe pas vraiment de profil type, c’est évidemment un langage jeune. À la base c’est un code pour ne pas se faire comprendre soit des policiers, des parents, de la cité d’en face… Ceux qui créent le plus dans ce langage ce sont les collégiens.

Cette façon de parler a-t-elle une influence sur la langue française ? Si oui, laquelle ?

On parle l’argot des cités depuis les années 70, aujourd'hui c'est une source d’influence et d’enrichissement de la langue française. C’est la face lumineuse des quartiers populaires. Régulièrement des mots argotiques sont ajoutés dans le dictionnaire comme : keuf, beur, reup... C’est grâce à l’argot des cités que la langue française peut être qualifiée de langue bien vivante. Avec le temps, les mots des quartiers vont sortir des cités et terminer dans les mots du grand public.

Propos recueillis par Manon Hombourger (atlantico.fr)

Commentaires

Par Le Lampiste - 18/05/2013 - 00:05 - Signaler un abus Le sens des mots, le choc des civilisations Perdre le sens des mots, c'est compromettre la pensée, et donc faire passer le Droit après le politique et l'émotionnel: permettre toutes les combines, dans une confusion entre système électif et démocratie. Un mot qui commence à donner la nausée, celui-là ! Lisez donc Tsun-Tzu : comment gagner une guerre sans la mener, ce qui fait que le pays visé tombe intact et entier. Il suffit d'avoir de bons traitres stipendiés. C'est pas ce qui nous manque.

Par Le Lampiste - 17/05/2013 - 23:58 - Signaler un abus L'avenir radieux C'est bien la langue de l'avenir de cette partie d'Afrique sur la rive nord de Mare Nostrum ! Une langue "vivante" comme ça, ça donne des envies... Pour compléter le tableau, des cours à l'"université" (ou ce qu'il en reste et qu'on appelle ainsi pour faire bo) en sabir-anglais, rien que pour rameuter plus facilement ceux qui n'ont pas été admis dans les vraies universités, où l'on parle anglais... l'est pas belle la hollando-sarkozie ?

Par walküre - 17/05/2013 - 21:55 - Signaler un abus Il n'y a plus d'argot de bas étage qui était jadis un langage. Les banlieues ne parlent pas, elles éructent, elles sont analphabètes, Les ghettos n'ont jamais donné rien de bon pour les nations. En tout cas , rien de bien philosophique ne peut sortir du néant. L'argot des cités est une idée reçue et son existence n'a aucune réalité.

Par freddy - 17/05/2013 - 19:58 - Signaler un abus On est quand même bien loin d' Audiard....

Par Quid Novi - 17/05/2013 - 18:45 - Signaler un abus Bah... un pays ou on siffle l'hymne national, ou on agite des drapeaux étrangers à en faire disparaitre les rarissimes français lors qu'une élection nationale, ou tout est égal à tout, ou il n'y a plus de races ni de sexes ni de différences avec rien... Dans un tel pays, que des "jeunes" s'expriment dans un langage tribal n'a plus vraiment d'importance. La France est un terrain vague expérimental, ou il est de bon ton de taire sa préférence patriotique (trop nazi ou à tout le moins Pétainiste), et d'accepter la culture importée de pays qui, il faut qu'on se le tienne pour dit, nous enrichissent, c'est même notre chance, paraît-il,. Alors sachons la saisir... con de ta race...

Par Ravidelacreche - 17/05/2013 - 17:31 - Signaler un abus Humm...mouaich ? C’est grâce à l’argot des cités que la langue française peut être qualifiée de langue bien vivante

Par fentreti - 17/05/2013 - 17:06 - Signaler un abus C'est le language de l'échec scolaire tout simplement Qui parle comme ça ? ce sont les gens qui ont été incapables de comprendre le Français , parce qu'ils ne faisaient aucun effort . Alors ils utilisent un langage basique , comme le chien aboie , ou l'oiseau siffle .

Par Bonbek - 17/05/2013 - 15:12 - Signaler un abus Un reportage à ce sujet La journaliste de France Culture Bahar Makooi avait fait un reportage à ce sujet il y a un an sur France Culture du nom de "La Barrière". Je vous invite à le redécouvrir. http://www.franceculture.fr/emission-les-pieds-sur-terre-la-barriere-2012-05-30

Par DaFr33 - 17/05/2013 - 14:42 - Signaler un abus Calmons-nous!! D'abord pour beaucoup de jeunes ce n'est qu'une passade qui se rythme avec l'adolescence, Rappelons également que contrairement aux jeunes chanteurs de pop francais des années 70 qui chantaient en anglais, les jeunes français inspiré par ce rap Americain chantent eux en Français lol (c'est déjà ça) La réalité de la vie les rattrapera où les enterrera, s'ils veulent y arriver... Par c974 - 17/05/2013 - 12:47 - Signaler un abus DOUCE FRANCE Le nivellement par le bas. Des chances pour la France. Comme si la langue française avait attendu le multiculturalisme pour être vivante. Ce qui choque le plus, ce ne sont pas tant les mots que l'accent et la syntaxe, le vocabulaire réduit à 300 mots et surtout surtout, leur haine du pays qui les a accueilli et les nourrit.

Par un - 17/05/2013 - 11:19 - Signaler un abus un Vive la France........

Par Gégé Foufou - 17/05/2013 - 10:29 - Signaler un abus Vous cassez pas la tête à apprendre l'anglais Dans 20 ans on parlera tous l'arabosénégalais.

    Source : http://www.atlantico.fr
    Posté par gb