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Défense et illustration de la langue vulgaire à l'Élysée | 2009-06-15

La langue ne ment pas (#Sarkozie )

Nicolas Sarkozy cumule les erreurs de syntaxe et de les dérapages grammaticaux. Entre "parler vrai", "discours cash" et phrases classiques forgées par ses conseillers, florilège des fautes de français du Président de la République.
Nicolas Sarkozy en a fait l'une de ses marques de fabrique. Un "parler vrai" qui a l'avantage d'être accessible aux classes populaires - qui lui ont assuré son succès. Et tant pis si les erreurs grammaticales et le style décontracté des discours de Nicolas Sarkozy heurtent les élites et les défenseurs de la langue classique!
La plupart du temps, ce sont les interventions spontanées ou dans les médias qui offrent les meilleurs perles sarkozyennes, les textes écrits étant eux (presque toujours) parfaitement rédigés (encore une faute ici(valider les liens)).

  • Dès 2006, Nicolas Sarkozy est reconnu comme un des hommes politiques français capable du plus d'écarts de langage et de fautes de français, comme lorsqu'il défend son projet sur l'immigration devant PPDA au 20 heures de TF1 fin avril 2006.
  • Le 23 février 2008, Nicolas Sarkozy adresse un "Casse-toi, Casse toi pôv con, va" à un visiteur qui repousse sa poignée de main d'un "Ah non, touche moi pas, tu me salis". Analyse du blog des correcteurs du Monde(valider les liens) sur la reprise dans la presse de l'échange musclé du Salon de l'agriculture. Le petit "va" à la fin de l'échange, au-delà du propos lui même, révèle le ton "cash" et "populaire" du président.
  • Le 19 février 2009 à Daumeray (Maine-et-Loire) dans un discours sur l'avenir de l'agriculture(valider les liens) : "Quand je vois l'étendue des conseils que je reçois chaque jour, ça me donne pas envie de les suivre".
  • Le 11 mars 2009 lors du colloque de la Fondation pour la recherche stratégique "La France, la défense européenne et l'OTAN au XXIesiècle" : "Ce que j'ai découvert, c'est que, alors que nous sommes dans l'Otan, car nous y sommes, y a bien peu de personnes qui le savent."
  • Le discours du 17 mars 2009 à l'usine d'Alstom d'Ornans (Doubs) : "Vous savez dans la crise...(silence) y a beaucoup de gens qui perdent leur sang-froid. Surtout parmi les élites. (Silence) C't' une grande caractéristique. (Silence) On se demande parfois, plus y z'ont fait d'études... (Silence) A part Patrick (Patrick Kron, patron d'Alstom est diplômé des Mines et de Polytechnique). Mais franch'ment, par moments, on s'demande c'est à quoi ça leur a servi toutes ces années pour avoir autant de mauvais sens !"
  • "J'ai pas été élu pour augmenter les impôt, moi. Si on veut augmenter les impôts dans notre pays, hein, y a tellement de candidats pour les augmenter, vous aurez l'embarras du choix aux prochaines élections. (...) Si y en a que ça les démange d'augmenter les impôts, ils oublient qu'on est dans une compétition (...) J'suis quelqu'un qui dit ce qui pense. Et ça s'arrange pas. J'avais pas prévu de vous dire tout ça mais ça m'a fait plaisir".
  • Le discours du 17 mars 2009 à l'usine d'Alstom d'Ornans a été rapidement diffusé par Mediapart: le montage vidéo a été vu près de 140 000 fois sur Daylymotion et a lancé une série de papiers dans la presse sur les dérapages grammaticaux de Nicolas Sarkozy.
  • Le 25 mai 2009, dans l'avion qui l'emmène vers les Emirats, Nicolas Sarkozy dit sa passion pour les "Rougon-Macquart" de Zola ... qu'il prononce "Roujon-Macquart". Information du Parisien, reprise par Le Post et le Nouvel Obs.

Les tics de langage

  • Le chef de l'Etat multiplie les "ch'sais pas", "ch'uis", "m'enfin", "y a", "hein", "pas vrai".
  • Il avale très souvent les négations "J'écoute, mais je tiens pas compte !" (Provins, le 20 janvier 2009)
  • Il prend des libertés avec les accords : "On commence par les infirmières parce qu'ils sont les plus nombreux" (Rambouillet, le 13 mars) et interpelle fréquemment son interlocuteur avec des formes interrogatives.
  • Il a tendance à tutoyer très facilement et à appeler les gens par leurs prénoms, même lors de discours officiels : "Je parle sous le contrôle d'Hervé, ministre de la Défense" (Provins, le 20 janvier 2009).
  • Il parle aussi à la première personne, usant et abusant du "moi", moi je", "je". (Sarkozy l'égocrate, Le Monde 2, 24novembre 2007)

Les débats et analyses

Un des rares point de vue modérés(valider les liens) sur l'usage de la langue par le Président de la République, dans le blog collectif Communelangue, en septembre 2008.
Le point de vue de Barbara Cassin, "Sarkosy m'à tuer(valider les liens)", dans Le Monde du 28 février 2009.
Sarkozy malmène le français dans Le Parisien du 22 mars 2009, volontairement, ou pas ?
L'émission Arrêt sur images(valider les liens), le 27 mars 2009, consacrée au "parler mal" de Nicolas Sarkozy, s'interroge sur "la syntaxe bancale" du président.
Le débat sur Rue89: Les médias doivent-ils réécrire Sarkozy quand il fait des fautes?
Daniel Bernard dans Marianne du 4 avril 2009 décrypte le parler sarkozien et "les précieuses Sarkoneries(valider les liens)".
L'analyse de Cécile Cornudet dans les Echos(valider les liens), "Grandeurs et servitudes du parler libre", sur un chef de l'Etat qui a fait du "parler vrai" et de la rupture des codes verbaux le moteur de son ascension politique.

Par Juliette Cua (L'Express)

    Source : http://www.lexpress.fr/ avec plus de liens
    Posté par gb