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Les Pieds Nickelés ont cent ans | 2008-11-19

Cent ans, pas une ride, la preuve que l'alcool conserve (#Argot #PiedsNickeles )

100 piges pour Les Pieds Nickelés

C’est en 1908 que Croquignol, Filochard et Ribouldingue, imaginés par Louis Forton, débutent leurs aventures loufoques dans L’Epatant. Archéologie dans un paysage où la bulle met du temps à s’imposer.

«Les aminches ont régulièrement une éponge dans le gosier et savent se déguiser en courant d’air ; souvent sans un fifrelin, ils cherchent un joint afin d’amasser des fafiots et lorsqu’ils sentent qu’il y a des punaises dans le beurre, ils tricotent des pinceaux. » Traduction : perpétuellement assoiffés, les Pieds Nickelés sont des as de la fuite ; fauchés, ils recourent à toutes les combines pour toucher du blé et lorsqu’ils sentent le piège, ils détalent à grande vitesse.

Feignants très actifs

Le roublard Filochard (celui qui court vite) porte un carré noir sur l’œil droit. Le nez de Croquignol, filiforme croque-mitaine, ridiculise celui de Pinocchio débitant les pires craques. Quant à Ribouldingue (une partie de plaisir un peu crapuleuse), il porte barbe et cheveux en brosse hérissée. Les Pieds Nickelés – avoir les pieds nickelés, en argot, signifie faire preuve de mauvaise volonté, être paresseux – sont nés en 1908 dans L’Epatant, créés par Louis Forton. On les a dits anarchistes, on les a vus ministres, détrousseurs ils le sont à coup sûr, patriotes même, combinards infatigables et aussi régulièrement gagnés par la guigne. Ils réussissent à s’introduire chez un bourgeois de Paname pour se remplir les poches, mais un voleur les surprend, ils se cachent dans des malles et se retrouvent à la douane de la frontière belge. Ces rois du déguisement n’arrêtent pas d’aller en prison, de s’évader, de voyager aux quatre coins de la planète pour se retrouver raides comme des passe-lacets. Ça ne les empêche pas d’aimer boire et de se remplir la panse, sur le dos des aubergistes évidemment.

Si Les Pieds Nickelés ne sont plus guère lus de nos jours, l’expression reste connue de tous. C’est qu’ils ont traversé tout le XXe siècle avec succès et, après Forton, père également de Bibi Fricotin mort de cirrhose en 1934, ils ont été repris par plusieurs dessinateurs. Inutile de les citer, René Pellos mis à part qui, de 1948 à 1981, sur les scénarios de Montaubert, un juge à la retraite, leur assura un dynamisme renouvelé par la force de son trait élastique. Raides chez Forton, bondissant chez Pellos, nos trois maîtres de l’astuce vagabondent sur quelque 150 titres. Ils ont même été hippies, car le fonds de commerce de leurs créateurs est resté les faits marquants et divers de l’actualité. Avec des convictions: les voleurs se sont toujours opposés à la peine de mort et aiment les Noirs. Pellos, qui a collaboré dans ses jeunes années au Gugusse genevois, dotera, pour un temps, Filochard d’une force colossale dès qu’il piquera la mouche. Il donnera aussi toutes ses rondeurs à Ribouldingue.

Afin de commémorer ce centenaire, les éditions Vents d’Ouest se sont fendues d’un gros ouvrage, malheureusement entièrement en noir et blanc, regroupant du Forton et du Pellos. Le meilleur, bien sûr, mais l’introduction laisse à désirer et la présentation des épisodes oublie la chronologie. Reste un magot de gags à revisiter. « A nous les perlouzes, les diamantouzes et touze et touze ! »

(...)

Michel Rime, 19.11.2008 (24heures.ch)

    Source : http://www.24heures.ch/(valider les liens) ; voir aussi ce long article http://www.bdzoom.com/(valider les liens)
    Posté par gb