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La méthode suisse contre les anglicismes : montrer le bon exemple | 2006-02-15

« Connu pour son langage châtié, le Genevois parie sur l'incitation plutôt que sur la contrainte. «Je ne crois pas beaucoup à la défense de la langue française par la loi», explique-t-il. » (#DLF #Suisse #Anglais )

Pas de « loi Toubon » à la sauce suisse

Bataille à fleurets mouchetés contre les anglicismes - Plutôt inciter qu'interdire, selon plusieurs députés - Directives éventuelles pour l'administration, La Poste et Swisscom

Berne (AP). Cool, crash, task force, e-mail... les anglicismes envahissent le langage courant, des cours de récréation aux entreprises en passant par les médias et certains offices fédéraux. Estimant que la coupe est pleine, plusieurs députés romands veulent instaurer des garde-fous dans le domaine public. Pas question toutefois d'une «Loi Toubon» à la sauce suisse: l'idée est plutôt d'inciter que d'imposer. Utiliser 'task force' pour 'groupe de travail' ou rebaptiser 'Swissmint' l'ancienne 'Monnaie fédérale', c'est aberrant», s'emporte le conseiller national Didier Berberat (PS/NE). Ces dernières années, les interventions parlementaires invitant la Confédération à prendre des mesures pour endiguer le flot de termes anglais se sont multipliées. A la motion du conseiller Bernhard Hess (DS/BE) de 1999 réclamant une loi pour la protection des langues nationales ont succédé un postulat du conseiller national Jean-Jacques Schwaab (PS/VD) en 2002, puis une question au gouvernement de son collègue Jean-Claude Rennwald (PS/JU) l'an dernier. A chaque fois, le Conseil fédéral a renvoyé notamment au projet de loi sur les langues en cours. Auteur de l'initiative parlementaire visant à ce que la deuxième langue officielle enseignée soit une langue nationale, Didier Berberat ne cache pas une certaine irritation. «Je regrette la montée de l'anglais dans la vie courante, mais cela relève de la responsabilité individuelle. Par contre je n'admets pas que la Confédération se livre à ce genre de sport». Dans son viseur figurent notamment les appellations des offices fédéraux. Le Neuchâtelois s'élève contre cette mode consistant à singer tout ce qui vient des Etats-Unis. Une tendance qui s'explique aussi par le fait que les Alémaniques «aiment bien montrer qu'ils savent l'anglais». S'il est hors de question d'aller aussi loin que la loi 101 au Québec, qui impose notamment l'usage exclusif du français dans la publicité commerciale, Didier Berberat estime que l'Etat doit montrer l'exemple. Cela concerne l'administration, mais aussi les entreprises dont il est actionnaire majoritaire, comme La Poste ou Swisscom. Le député compte déposer des amendements en ce sens dans le cadre de l'examen de la loi sur les langues. Pour le conseiller national Yves Christen, le français et les langues européennes sont en danger. Le radical vaudois n'écarte pas d'emblée la «solution extrême» consistant à interdire l'anglais dans l'administration.

«Idiotie pure»

Plus nuancé, le libéral genevois Jacques-Simon Eggly met en garde contre tout dogmatisme. Il faut éviter autant que possible les anglicismes dans les papiers officiels, mais la souplesse s'impose lorsqu'il s'agit, par exemple, d'organisations internationales. Connu pour son langage châtié, le Genevois parie sur l'incitation plutôt que sur la contrainte. «Je ne crois pas beaucoup à la défense de la langue française par la loi», explique-t-il. Une prudence partagée par le démocrate-chrétien Dominique de Buman, qui envisage une loi-cadre, assortie par exemple de directives pour l'administration. Fraîchement élu conseiller national UDC et membre de la commission de la culture qui se penchera sur la loi sur les langues, le Valaisan Oskar Freysinger estime lui que le problème est loin d'être anecdotique. Il participe d'un affaiblissement général du niveau de maîtrise linguistique. L'homme au catogan dénonce la «pollution des anglicismes», qualifiant «d'idiotie pure» l'utilisation de «task force» pour «groupe de travail» ou de «Super League» pour désigner l'ancienne «Ligue nationale A» de football. Il promet de «faire du tapage» pour défendre la primauté du français. Le projet de loi sur les langues définit l'usage des langues officielles par les autorités fédérales, mais il ne règle pas la question des anglicismes. Il appartiendra aux parlementaires d'apporter d'éventuelles précisions. Le Conseil fédéral devrait adopter le message au Parlement vers la mi-mars 2004.

Jean-Jacques Michelet. AP - The Associated Press. Tous droits réservés.

    Source : http://www.edicom.ch/news/suisse/(valider les liens)
    Posté par gb