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Le Québécois est-il un Canadien ? | 2005-03-12

« seulement 29 % des Québécois francophones, cible principale du programme, se disent très attachés au Canada. » (#Quebec )

Les commandites ont raté leur but

Le controversé programme fédéral de commandite, censé promouvoir l'image du Canada au Québec et qui a dégénéré en scandale politico-financier, a apparemment raté son but puisque seulement 29 % des Québécois francophones, cible principale du programme, se disent très attachés au Canada.

C'est deux fois moins que le reste de la population, selon une enquête de Statistique Canada.

L'agence fédérale des statistiques a posé la question du sentiment d'appartenance des citoyens pour la première fois en 2003, à la fin du programme fédéral créé par le gouvernement de Jean Chrétien pour augmenter sa visibilité au Québec, après la mince victoire du Non au référendum sur la souveraineté de 1995.

Entre 1997 et 2003, 250 millions de dollars ont été consacrés au programme, qui offrait des commandites aux organisateurs d'événements sportifs et culturels en échange de « visibilité ».

Peine perdue, semble-t-il. Les Québécois de langue française se sentent très peu Canadiens, contrairement aux anglophones ou aux allophones du Québec et des habitants des autres provinces, qui se sentent très Canadians.

Selon l'enquête, qui n'a pas été répétée depuis, le « sentiment d'appartenance » au Canada varie peu au pays, sauf au Québec, où il plonge littéralement chez les francophones. À 29 %, la « fierté » d'être Canadien en prend un coup, malgré les efforts promotionnels déployés par le gouvernement fédéral. Par contre, les deux tiers des anglophones et des allophones du Québec disent éprouver un « très fort sentiment d'appartenance » au Canada, la plus haute cote au pays.

À l'extérieur du Québec, le sentiment d'appartenance au Canada est d'environ 55 %, selon l'enquête de Statistique Canada publiée l'automne dernier mais passée inaperçue. Les allophones sont un peu moins attachés à cette identité que les autres citoyens, en particulier chez les immigrés récents. Chez les francophones habitant dans d'autres provinces que le Québec, l'attachement à l'identité canadienne est élevé (57 %).

Inversement, les Québécois de langue française sont les plus attachés à leur province: 38 % d'entre eux manifestent un « très fort » sentiment d'appartenance au Québec. Dans les autres régions du pays, 31 % des citoyens se disent fortement attachés à leur province de résidence. Les anglophones du Québec sont peu attachés à la province (25 %), mais les allophones le sont davantage (36 %).

Dans le dernier recensement canadien, en 2001, les habitants du Québec se sont particulièrement distingués en inscrivant sur les formulaires la mention « Québécois » à la question sur l'origine ethnique. Près de 100 000 l'ont fait.

Les autres « origines ethniques » de type provincial (Albertain, par exemple) n'ont totalisé que 4400 cas dans tout le pays.

L'échec apparent du programme des commandites montre qu'il était « illusoire et même naïf de croire que la distribution de drapeaux et de cravates allait modifier le sentiment d'appartenance des Québécois », a commenté le directeur du département de sociologie de l'Université de Montréal, M. Arnaud Sales, en prenant connaissance des résultats de l'enquête de Statistique Canada.

La société francophone du Québec a une « forte identité culturelle où la question de la langue est centrale et agit comme une barrière » face au reste du Canada, a dit M. Sales pour expliquer le très grand écart entre l'attachement au Canada des Québécois et celui des autres Canadiens.

Mais « une ambiguïté subsiste chez les Québécois francophones, qui veulent tout de même conserver une référence au Canada », ajoute M. Sales en notant que 40 % d'entre eux se disent bilingues.

Presse Canadienne (12 mars 2005)

    Source : http://www.matin.qc.ca/
    Posté par gb