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Traduire l'informatique en français à l'OQLF | 2005-02-23

« Tous les jours, une équipe de terminologues de l'Office québécois de la langue française (OQLF) scrutent cette industrie à la recherche de nouvelles notions à traduire. » (#DLF #Terminologie #Informatique #Quebec )

Inventer la langue des TI

Pourriel, clavardage, hameçonnage, blogue, webmestre: tous les jours, de nouveaux mots viennent définir ce secteur en constante évolution qu'est celui des technologies de l'information (TI).

Tous les jours, une équipe de terminologues de l'Office québécois de la langue française (OQLF) scrutent cette industrie à la recherche de nouvelles notions à traduire. Leur principal défi: produire, proposer et diffuser rapidement une expression française avant que son équivalent anglais ne s'impose.
« Quand un terme anglais s'est implanté, il devient alors très difficile de le déloger, lance d'emblée Yolande Perron, linguiste terminologue à l'OQLF. C'est pourquoi nous devons faire vite, si nous voulons réussir à influencer ou orienter l'usage. Notre travail consiste donc à répondre aux besoins terminologiques à mesure qu'ils se présentent. Plus nous intervenons rapidement et plus l'expression a des chances d'être adoptée. »

La force du Web

Depuis quelques années, l'OQLF mise également sur Internet pour faciliter et accroître la diffusion des nouveaux termes. Ainsi, en donnant gratuitement accès à son Grand Dictionnaire terminologique (GDT) (1), l'organisme maximise les chances d'implantation des termes français dans les technologies. Une stratégie qui semble d'ailleurs porter fruit. « Quatre mois après que nous avons inscrit le mot hameçonnage dans le GDT pour traduire le terme phishing, près de 2000 pages Web comportaient déjà ce terme », soutient Mme Perron. Rappelons que cette expression anglaise fait allusion à une certaine forme de pêche que des pirates informatiques pratiquent dans le vaste océan Internet. En guide d'hameçon, ils lancent un faux courriel qui emprunte l'identité d'une institution financière afin d'inciter le poisson- un internaute naïf- à révéler ses coordonnées bancaires ou personnelles, et leur permettre de détourner des fonds.
« Je trouvais donc important de garder en français l'image de pêche suggérée par le mot anglais. Les autres termes de la famille se sont dès lors imposés: hameçonner, hameçonneur, hameçon. On parle alors d'extension de sens », précise la spécialiste.
Mme Perron est responsable des termes techniques utilisés dans le domaine des technologies de l'information à l'OQLF, ce qui regroupe le multimédia, Internet, le commerce électronique, la sécurité informatique, la publicité Web, la photographie numérique, etc.

Les embûches

En outre, il ne suffit pas, pour ces gardiens de la langue, d'inventer un mot ou une expression, il leur faut également s'assurer que cette dernière ne comporte aucune connotation négative. Ainsi, lorsque l'OQLF a proposé hameçonnage, l'expression « pêche aux gogos » avait déjà été suggérée par les Français. Toutefois, comme le terme gogo signifie en France un être crédule et facile à duper, le Québec a préféré opter pour une expression plus positive.
Autre défi: « Face à l'anglais, il est parfois ardu de bien cerner ou comprendre une notion, surtout dans le secteur des nouvelles technologies où, fréquemment, il existe encore très peu d'informations sur le sujet tant le concept est neuf et abstrait, explique Mme Perron. Nous sommes souvent les premiers à suggérer officiellement une définition. On trouve bien quelques éléments de compréhension dans les glossaires en ligne mais la plupart du temps, tout est à inventer. » Le manque de précision de l'anglais pose également problème: le terme original est parfois un peu flou, pas très parlant, trop général. « Par exemple, l'expression hotspot, qui se traduit souvent par point chaud, ne pouvait convenir au contexte d'Internet car elle manquait de précision, note la terminologue. Nous avons donc opté pour point d'accès sans fil à Internet qui, selon nous, symbolisait davantage ce terme. »
Parmi les autres difficultés rencontrées, notons les sources souvent contradictoires dans la documentation, la profusion des termes français en usage pour désigner une même notion, les mauvaises traductions françaises, les mots d'argot, etc. « C'est parfois difficile de choisir LE terme qui définit le mieux la notion, celui qui a les meilleures chances d'être adopté, dit Mme Perron. Car il ne faut pas oublier une chose: ce sont les usagers qui ont le dernier mot au bout du compte. L'Office propose mais n'impose pas. »

(1) Grand Dictionnaire terminologique :

Liette D'Amours.

Liette D'Amours est directrice des communications au CEFRIO, un centre de recherche-action et de transfert spécialisé en appropriation des technologies de l'information.

    Source : http://www.lapresseaffaires.com/(valider les liens)
    Posté par gb