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Le français maltraité aux JO d’Athènes | 2004–08–24

« De l’article 27 de la Charte olympique, désignant le français comme langue officielle des Jeux, à part égale avec l’anglais, ne subsiste pas grand-chose. » (#JO #DLF #Anglais )

«Athens 2004», «Athina 2004» : en anglais ou en grec, le même logo s’affiche partout. Mais, cent huit ans après que Pierre de Coubertin a fait renaître l’olympisme, Athènes ne s’écrit plus en français. De l’article 27 de la Charte olympique, désignant le français comme langue officielle des Jeux, à part égale avec l’anglais, ne subsiste pas grand-chose. Dans les rues de la capitale hellénique, les panneaux de signalisation pour les spectateurs sont rédigés exclusivement en anglais et en grec. A l’intérieur des sites sportifs, seule une partie des inscr1ptions et annonces officielles sont en français. Un déséquilibre d’autant plus étonnant que la Grèce, organisatrice de l’événement, est aujourd’hui candidate à l’entrée dans l’Organisation internationale de francophonie (OIF).

«Le français est maltraité, la Charte olympique est constamment violée», constate Hervé Bourges. Nommé «grand témoin de la francophonie», l’ancien président du Conseil supérieur de l’audiovisuel a été chargé par l’OIF d’établir un rapport sur la présence du français aux Jeux. «Il y a des points positifs, comme, pour la première fois, la traduction complète du site Internet du Comité organisateur en français», souligne Hervé Bourges. Mais, dans la ville ou dans les stades, notre langue est sous-représentée, voire complètement absente.

Personnage clé de cet échec : Gianna Angelopoulos-Daskalaki, la présidente du Comité organisateur des Jeux (Athoc), pourtant elle-même francophone. «J’ai été très désagréablement surpris par son discours uniquement en anglais lors de la cérémonie d’ouverture, souligne Hervé Bourges. Elle a seulement cité une phrase de Coubertin en français. Et aucun mot en grec.

«L’an dernier, à la suite d’une convention signée avec la France, l’Athoc avait promis qu’il y aurait plus de langue française à Athènes qu’aux Jeux de Sydney ou d’Atlanta.» Aujourd’hui, force est de constater qu’Athènes ne parvient pas à rivaliser avec Sydney, où toute la signalétique, aussi bien dans les rues que sur les sites olympiques, était alors entièrement bilingue. «Lors des négociations, Gianna Angelopoulos nous a demandé une aide financière pour assurer la présence du français, confie un proche du dossier. Nous avons cru à ses promesses, mais elle a roulé tout le monde dans la farine.»

«La plupart des engagements pris par l’Athoc n’ont pas été tenus», confirme Alexandre Pajon, l’un des responsables de l’Institut français d’Athènes (IFA). Organisme dépendant du Quai d’Orsay, l’IFA a apporté son soutien à l’Athoc en éditant des lexiques bilingues pour les spectateurs et les délégations sportives et en assurant la formation des traducteurs et volontaires francophones. «Depuis trois ans, nous avons concentré l’essentiel de notre activité sur les Jeux, explique Alexandre Pajon. Cela représente plusieurs centaines de milliers d’euros d’investissement.»

Mais si d’un côté, l’Etat français a exigé des assurances en termes de plurilinguisme, il a aussi voulu éviter d’irriter les Grecs pour s’assurer de leur soutien sur un dossier autrement prioritaire : la candidature de Paris pour les Jeux de 2012. En tant que pays organisateur actuel, la Grèce bénéficie d’un poids considérable au sein du Comité international olympique (CIO) qui désignera la ville d’accueil de l’événement.

Nicolas Jury (Le Figaro)

Source : http://www.lefigaro.fr/
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