Serments de Strasbourg

Historique de HLF.Serments

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06 novembre 2012 à 14h06 par Andreas - grammaire (+6) r25
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C’est dans une copie du Xe siècle que les Serments de Strasbourg nous sont parvenus. Le manuscrit semble avoir été à l’abbaye de Saint-Médard de Soissons au Moyen Age, puis à l’abbaye de Saint-Magloire à Paris (cf. Poerck 1956 : 190). Aujourd’hui, c’est la BNF qui le possède (B.N. lat. 9768). -> [[http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84238417|Consultation en mode image sur Gallica]] \\
en:
C’est dans une copie du Xe siècle que les Serments de Strasbourg nous sont parvenus. Le manuscrit semble avoir été écrit à l’abbaye de Saint-Médard de Soissons au Moyen Age, puis à l’abbaye de Saint-Magloire à Paris (cf. Poerck 1956 : 190). Aujourd’hui, c’est la BNF qui le possède (B.N. lat. 9768). -> [[http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84238417|Consultation en mode image sur Gallica]] \\
25 mai 2011 à 21h50 par gb - modifs mineures mep (+57) r24
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Lignes 11-12 modifiées:
%rframe% Attach:Serments-debut.jpg | '-''Le début de l'histoire des Serments de Strasbourg. Nithard, III, 5''-'
en:
%rframe width=400px% Attach:Serments-debut.jpg | '-''Le début de l'histoire des Serments de Strasbourg.\\
Nithard, III, 5''-'
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%lframe% Attach:SermentsFR.jpg | '-''Le serment en langue romane : "Pro Deo amur et pro christian poblo..."''-'
Bien qu’on ne cesse de répéter que les Serments de Strasbourg constituent le premier texte français, des difficultés considérables se sont présentées quand il s’agissait de préciser dans quel dialecte ou variété du français ils ont été écrits. D’une part, plusieurs traits linguistiques de ce roman s’accordent bien avec l’ancien français / la langue d’oïl, comme le système à deux cas, le démonstratif cist et des sonorisations de certaines consonnes (podir, fradre). En revanche, les diphtongues qu’on attendrait sont absents, de même un changement de ka- en cha- (cadhuna).\\\
en:
%lframe width=410px% Attach:SermentsFR.jpg | '-''Le serment en langue romane :\\
"Pro
Deo amur et pro christian poblo..."''-'
Bien qu’on ne cesse de répéter que les Serments de Strasbourg constituent le premier texte français, des difficultés considérables se sont présentées quand il s’agissait de préciser dans quel dialecte ou variété du français ils ont été écrits. D’une part, plusieurs traits linguistiques de ce roman s’accordent bien avec l’ancien français / la langue d’oïl, comme le système à deux cas, le démonstratif cist et des sonorisations de certaines consonnes (podir, fradre). En revanche, les diphtongues qu’on attendrait sont absents, de même un changement de ka- en cha- (cadhuna).\\
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%rframe% Attach:SermentsDE.jpg
en:
%rframe width=400px% Attach:SermentsDE.jpg
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%rframe% Attach:SermentsFR-2.jpg | '-''Le serment roman juré par la suite de Charles''-'
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%rframe width=400px% Attach:SermentsFR-2.jpg | '-''Le serment roman juré par la suite de Charles''-'
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%bgcolor=#FFFFCC%(:toggle div=box5 init=hide lshow="Afficher le texte" lhide="Cacher le texte" set=1:)%%

>>id=box5 font-size=small bgcolor=#FFEEEE<<
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%bgcolor=white%(:toggle div=box5 init=hide lshow="Afficher le texte" lhide="Cacher le texte" set=1:)%%

>>id=box5 font-size=small bgcolor=white padding=2px<<
07 avril 2011 à 08h57 par Andreas - efface double point (-94) r23
Ligne 51 supprimée:
*réduction à deux cas (Deus - Deo, Karlus - Karlo ; aussi en ancien espagnol et en provençal)
28 février 2011 à 12h43 par Andreas - réduction à deux cas galloromain (Seidl) (+190) r22
Ligne 62 ajoutée:
*réduction à deux cas avec un cas sujet et un cas régime (Deus - Deo, Karlus - Karlo ; d'autres langues romanes ont aussi réduit leur système des cas, mais de façon différente, selon Seidl)
15 février 2011 à 21h47 par Andreas - thumblist (+141) r21
Lignes 74-76 modifiées:
Les images du manuscrit (BN lat. 9768) presentées ici, puisqu'étant libres de droit, sont prises à la bibliothèque numérique de la BNF (Gallica). Le manuscrit entier de Nithard peut être [[http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84238417|consulté ici]]. Cliquez sur une image pour la voir agrandie.

(
:thumblist:)
en:
Les images presentées ci-dessous constituent les pages 12 (verso) et 13 (recto et verso) du manuscrit de Nithard (BN lat. 9768). Libres de droit, elles sont prises à la bibliothèque numérique de la BNF (Gallica). Les deux serments en roman se lisent sur le recto de la p. 13. Le manuscrit entier de Nithard peut être [[http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84238417|consulté ici]]. Cliquez sur une image pour la voir agrandie.

(:thumblist name="f1*"
:)
14 février 2011 à 21h19 par Andreas - corrections (+16) r20
Lignes 23-24 modifiées:
Vu ce manque d’homogénéité dans le texte, un grand nombre de propositions a été avancé. Pendant que certains linguistes croyaient que le français était du francoprovençal, d’autres ont proposés la langue d'oc etc. Dans plusieurs articles dans les années 60 et 70, Arrigo Castellani s’est livrée une bataille avec Gerold Hilty, en voulant prouver que le texte était du poitevin de la ville de Poitiers, vu que ce dialecte montre à la fois des traits linguistiques de l’oïl comme de l’oc.\\
en:
Vu ce manque d’homogénéité dans le texte, un grand nombre de propositions ont été avancées. Tandis que certains linguistes croyaient que le texte était écrit en francoprovençal, d’autres ont proposé la langue d'oc etc. Dans plusieurs articles dans les années 60 et 70, Arrigo Castellani s’est livrée une bataille avec Gerold Hilty, en voulant prouver que le texte était du poitevin de la ville de Poitiers, vu que ce dialecte montre à la fois des traits linguistiques de l’oïl comme de l’oc.\\
Ligne 30 modifiée:
Bien que les Serments de Strasbourg constituent effectivement le premier texte conservé en langue française, il paraît erronné de parler (comme Cerquiglini) d’une “naissance du français”, un terme qui suggère un acte de création plus ou moins subite. Or, les faits qu’on peut observer en latin vulgaire (et en général dans toute recherche sur l’histoire d’une langue précise) laisse penser qu’il vaut mieux de parler d’une génèse du français, sur un continuum qui s’est opéré en plusieurs siècles : “C’est plutôt de scissiparité qu’il s’agirait, d’une séparation progressive et graduelle entre un latin des lettrés et un latin vernaculaire” (Duval et al. 2007 : 91).\\\
en:
Bien que les Serments de Strasbourg constituent effectivement le premier texte conservé en langue française, il paraît erronné de parler (comme Cerquiglini) d’une “naissance du français”, un terme qui suggère un acte de création plus ou moins subite. Or, les faits qu’on peut observer en latin vulgaire (et en général dans toute recherche sur l’histoire d’une langue quelconque) laisse penser qu’il vaudra mieux de parler d’une génèse du français, sur un continuum qui s’est opéré en plusieurs siècles : “C’est plutôt de scissiparité qu’il s’agirait, d’une séparation progressive et graduelle entre un latin des lettrés et un latin vernaculaire” (Duval et al. 2007 : 91).\\\
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 Selon Cerquiglini, les Serments de Strasbourg constituent aussi un acte de politique linguistique : ils instaureraient le français comme langue nationale, de même que le partage de l’empire se serait fait selon les frontières linguistiques (cf. Cerquiglini 2007 : 75). L’auteur de “La naissance du français” s’inscrit ainsi dans la tradition de Renée Balibar et de Ferdinand Brunot qui aimeraient attribuer aux Serments le caractère d’un acte conférant au français des lettres de noblesse dès le début et qui aimeraient le doter d’un caractère national dès son apparition.\\\
en:
 Selon Cerquiglini, les Serments de Strasbourg constituent aussi un acte de politique linguistique : ils instaureraient le français comme langue nationale, de même que le partage de l’empire se serait fait selon les frontières linguistiques (cf. Cerquiglini 2007 : 75). L’auteur de ''La naissance du français'' s’inscrit ainsi dans la tradition de Renée Balibar et de Ferdinand Brunot qui tentaient d'attribuer aux Serments le caractère d’un acte conférant au français des lettres de noblesse dès le début et qui voulaient le doter d’un caractère national dès son apparition.\\\
Lignes 36-37 modifiées:
Cependant, il faut souligner que le concept de la nation est un concept essentiellement moderne, quasiment inexistant dans cette forme au Moyen Age. En plus, comment aurait-on voulu faire naître des nations si les territoires sont très instables en cette époque-là et changent plusieurs fois au cours du IXe siècle ? Troisièmement, l’affirmation que le partage de l’empire se soit fait selon des frontières linguistiques semble une interprétation négligeant la situation bilingue de cette époque. Même au IXe siècle, il semble exister une vaste zone de transition entre français et allemand dans le nord et l’est de la France actuelle, où l’on parle les deux langues. Rappelons que le Concile de Tours laisse aux prêtres du diocèse le choix de prêcher à leurs fidèles en roman ou en germanique (MGH Conc. 2,1 : 288).\\\
en:
Cependant, il faut souligner que le concept de la nation est un concept essentiellement moderne, quasiment inexistant dans cette forme au Moyen Age. plus, comment serait-il possible de créer des nations si les territoires sont très instables en cette époque-là et changent plusieurs fois au cours du IXe siècle ? Troisièmement, l’affirmation que le partage de l’empire se soit fait selon des frontières linguistiques semble une interprétation négligeant la situation bilingue de cette époque. Même au IXe siècle, il semble exister une vaste zone de transition entre français et allemand dans le nord et l’est de la France actuelle, où l’on parle les deux langues. Rappelons que le Concile de Tours laisse aux prêtres du diocèse le choix de prêcher à leurs fidèles en roman ou en germanique (MGH Conc. 2,1 : 288).\\\
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*vocabulaire : le mot avant (< abante ; cf. l'italien avanti)
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*vocabulaire : le mot avant (< abante ; cf. l'italien ''avanti'')
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CASTELLANI, Arrigo (1978) : "Nouvelles remarques au sujet de la langue des Serments de Strasbourg". ''Travaux de linguistique et de littérature'' XVI, 1. pp. 61-73.\\
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'-CASTELLANI, Arrigo (1978) : "Nouvelles remarques au sujet de la langue des Serments de Strasbourg". ''Travaux de linguistique et de littérature'' XVI, 1. pp. 61-73.\\
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POERCK, Guy de (1956) : "Le ms. B.N. lat 9768 et les Serments de Strasbourg". ''Vox Romanica'' 15/2. pp. 188-214.
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POERCK, Guy de (1956) : "Le ms. B.N. lat 9768 et les Serments de Strasbourg". ''Vox Romanica'' 15/2. pp. 188-214.-'
13 février 2011 à 18h39 par Andreas - images (+741) r19
Lignes 12-13 modifiées:
C’est dans une copie du Xe siècle que les Serments de Strasbourg nous sont parvenus. Le manuscrit semble avoir été à l’abbaye de Saint-Médard de Soissons au Moyen Age, puis à l’abbaye de Saint-Magloire à Paris (cf. Poerck 1956 : 190). Aujourd’hui, c’est la BNF qui le possède (B.N. lat. 9768). \\
en:
%rframe% Attach:Serments-debut.jpg | '-''Le début de l'histoire des Serments de Strasbourg. Nithard, III, 5''-'
C’est dans une copie du Xe siècle que les Serments
de Strasbourg nous sont parvenus. Le manuscrit semble avoir été à l’abbaye de Saint-Médard de Soissons au Moyen Age, puis à l’abbaye de Saint-Magloire à Paris (cf. Poerck 1956 : 190). Aujourd’hui, c’est la BNF qui le possède (B.N. lat. 9768). -> [[http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84238417|Consultation en mode image sur Gallica]] \\
Lignes 20-22 modifiées:
Bien qu’on ne cesse de répéter que les Serments de Strasbourg constituent le premier texte français, des difficultés considérables se sont présentées quand il s’agissait de préciser dans quel dialecte ou variété du français ils ont été écrits. D’une part, plusieurs traits linguistiques de ce roman s’accordent bien avec l’ancien français / la langue d’oïl, comme le système à deux cas, le démonstratif cist et des sonorisations de certaines consonnes (podir, fradre). En revanche, les diphtongues qu’on attendrait sont absents, de même un changement de ka- en cha- (cadhuna).\\
en:
%lframe% Attach:SermentsFR.jpg | '-''Le serment en langue romane : "Pro Deo amur et pro christian poblo..."''-'
Bien qu’on ne cesse de répéter que les Serments
de Strasbourg constituent le premier texte français, des difficultés considérables se sont présentées quand il s’agissait de préciser dans quel dialecte ou variété du français ils ont été écrits. D’une part, plusieurs traits linguistiques de ce roman s’accordent bien avec l’ancien français / la langue d’oïl, comme le système à deux cas, le démonstratif cist et des sonorisations de certaines consonnes (podir, fradre). En revanche, les diphtongues qu’on attendrait sont absents, de même un changement de ka- en cha- (cadhuna).\\\
Lignes 34-35 modifiées:
Selon Cerquiglini, les Serments de Strasbourg constituent aussi un acte de politique linguistique : ils instaureraient le français comme langue nationale, de même que le partage de l’empire se serait fait selon les frontières linguistiques (cf. Cerquiglini 2007 : 75). L’auteur de “La naissance du français” s’inscrit ainsi dans la tradition de Renée Balibar et de Ferdinand Brunot qui aimeraient attribuer aux Serments le caractère d’un acte conférant au français des lettres de noblesse dès le début et qui aimeraient le doter d’un caractère national dès son apparition.\\\
en:
 Selon Cerquiglini, les Serments de Strasbourg constituent aussi un acte de politique linguistique : ils instaureraient le français comme langue nationale, de même que le partage de l’empire se serait fait selon les frontières linguistiques (cf. Cerquiglini 2007 : 75). L’auteur de “La naissance du français” s’inscrit ainsi dans la tradition de Renée Balibar et de Ferdinand Brunot qui aimeraient attribuer aux Serments le caractère d’un acte conférant au français des lettres de noblesse dès le début et qui aimeraient le doter d’un caractère national dès son apparition.\\\
%rframe% Attach:SermentsDE.jpg
Ligne 48 ajoutée:
%rframe% Attach:SermentsFR-2.jpg | '-''Le serment roman juré par la suite de Charles''-'
Lignes 74-76 modifiées:
(à venir)
en:
Les images du manuscrit (BN lat. 9768) presentées ici, puisqu'étant libres de droit, sont prises à la bibliothèque numérique de la BNF (Gallica). Le manuscrit entier de Nithard peut être [[http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84238417|consulté ici]]. Cliquez sur une image pour la voir agrandie.

(:thumblist:
)
12 février 2011 à 21h30 par Andreas - syntaxe Deloffre (+500) r18
Lignes 59-60 modifiées:
Il est intéressant de constater que très peu des phénomènes peuvent être attribués à la langue d'oïl, et que des phénomènes ne touchant que le français (comme certaines diphtongues ou -a > -e) ne sont pas écrits. Sans doute, le rédacteur des Serments s'est efforcé justement de ne pas transcrire un dialecte spécifique mais d'écrire une sorte gallo-roman commun qui serait compris dans tout le royaume, négligeant des traits jugés trop locaux.
en:
Il est intéressant de constater que la grande plupart des phénomènes sont aussi attestés dans d'autres langues romanes, et qu'en revanche, plusieurs phénomènes ne touchant que le français (comme certaines diphtongues ou -a > -e) ne sont pas écrits. Sans doute, le rédacteur des Serments s'est efforcé justement de ne pas transcrire un dialecte spécifique mais d'écrire une sorte gallo-roman commun qui serait compris dans tout le royaume, négligeant des traits jugés trop locaux.\\
&#8594; Frédéric Deloffre (1980) a constaté que la syntaxe du texte roman est en parallèle avec la syntaxe du texte allemand et y a vu une influence germanique sur le français. Cependant, les caractéristiques qu'il énumère (antéposition d'adjectifs qualificatifs, pronom personnel sujet, verbe à la fin) ne sont pas des traits typiques de l'ancien français mais se trouvent le plus souvent aussi dans d'autres langues romanes, voire déjà dans le latin vulgaire
.
12 février 2011 à 21h19 par Andreas - traits linguistiques 2 (+1036) r17
Ligne 39 modifiée:
'''du latin vulgaire commun :'''\\
en:
'''du latin vulgaire commun :'''
Ligne 45 modifiée:
'''en commun avec d'autres langues romanes, surtout celles de l'Ouest :'''\\
en:
'''en commun avec d'autres langues romanes, surtout celles de l'Ouest :'''
Lignes 54-55 modifiées:

(suite à venir)
en:
'''spécifiques au gallo-roman ou à la langue d'oïl :'''
*consonne épenthétique dans certains groupes de consonnes comme ml, nr, mr, sr (senra > sendra ; cf. fr. ''nombre'', franco-prov. ''nombro'', catalan ''nombre'', mais ital. ''numero'', esp. ''número''
)
*diphtongues issues du développement kt > it (plaid, dreit < lat. directum ; phénomène qui s'est passé dans les dialectes d'oïl et d'oc, cf. fr. ''droit'', occitan ''dreit/drech'', franco-prov. ''drêt'', esp. ''directo'')
*spirantisation intervocalique (sapere > savir ; dans l'oïl et le franco-prov., cf. fr. savoir, franco-prov. savêr, mais oc. saber)

Il est intéressant de constater que très peu des phénomènes peuvent être attribués à la langue d'oïl, et que des phénomènes ne touchant que le français (comme certaines diphtongues ou -a > -e) ne sont pas écrits. Sans doute, le rédacteur des Serments s'est efforcé justement de ne pas transcrire un dialecte spécifique mais d'écrire une sorte gallo-roman commun qui serait compris dans tout le royaume, négligeant des traits jugés trop locaux.
12 février 2011 à 20h55 par Andreas - traits linguistiques (+1255) r16
Lignes 36-53 ajoutées:

!!!!Traits linguistiques
Parmi les phénomènes observables dans le texte des Serments se trouvent des caractéristiques\\
'''du latin vulgaire commun :'''\\
*changement des qualités des voyelles (donat > dunat, saver > savir)
*syncope (populo > poblo)
*le nouveau futur périphrastique avec infinitif + habere (salvare habeo > salvarai ; prindrai)
*usage extensif des pronoms personnels

'''en commun avec d'autres langues romanes, surtout celles de l'Ouest :'''\\
*sonorisation des consonnes intervocaliques (poblo, podir, sagrament)
*chute des voyelles finales sauf -a (commun, christian, om, quant, salvament ; cf. franco-prov. ''comun'', port. ''comum'', esp. ''común'', mais ital. ''comune'')
*réduction à deux cas (Deus - Deo, Karlus - Karlo ; aussi en ancien espagnol et en provençal)
*emploi fréquent de ''(ecce) iste'' comme démonstratif (ecce iste > cist, iste die > ist di ; se trouve aussi en esp. et en italien, selon Wartburg)
*vocabulaire : le mot avant (< abante ; cf. l'italien avanti)
*l'emploi de ''om'' (< lat. homo) dans le sens de "on" (se trouve dans presque toutes les langues romanes mais est particulièrement répandu dans la langue d'oïl, selon le FEW)
*pronom possessif avant le nom (meon, son ; aussi en italien et en espagnol)

09 février 2011 à 22h47 par Andreas - paragraphe instauration langue nationale (+2251) r15
Ligne 27 modifiée:
Bien que les Serments de Strasbourg constituent effectivement le premier texte conservé en langue française, il paraît erronné de parler (comme Cerquiglini) d’une “naissance du français”, un terme qui suggère un acte de création plus ou moins subite. Or, les faits qu’on peut observer en latin vulgaire (et en général dans toute recherche sur l’histoire d’une langue précise) laisse penser qu’il vaut mieux de parler d’une génèse du français, sur un continuum qui s’est opéré en plusieurs siècles : “C’est plutôt de scissiparité qu’il s’agirait, d’une séparation progressive et graduelle entre un latin des lettrés et un latin vernaculaire” (Duval et al. 2007 : 91).\\
en:
Bien que les Serments de Strasbourg constituent effectivement le premier texte conservé en langue française, il paraît erronné de parler (comme Cerquiglini) d’une “naissance du français”, un terme qui suggère un acte de création plus ou moins subite. Or, les faits qu’on peut observer en latin vulgaire (et en général dans toute recherche sur l’histoire d’une langue précise) laisse penser qu’il vaut mieux de parler d’une génèse du français, sur un continuum qui s’est opéré en plusieurs siècles : “C’est plutôt de scissiparité qu’il s’agirait, d’une séparation progressive et graduelle entre un latin des lettrés et un latin vernaculaire” (Duval et al. 2007 : 91).\\\
Lignes 29-35 ajoutées:

'''''L'instauration comme langue nationale ?'''''\\
Selon Cerquiglini, les Serments de Strasbourg constituent aussi un acte de politique linguistique : ils instaureraient le français comme langue nationale, de même que le partage de l’empire se serait fait selon les frontières linguistiques (cf. Cerquiglini 2007 : 75). L’auteur de “La naissance du français” s’inscrit ainsi dans la tradition de Renée Balibar et de Ferdinand Brunot qui aimeraient attribuer aux Serments le caractère d’un acte conférant au français des lettres de noblesse dès le début et qui aimeraient le doter d’un caractère national dès son apparition.\\\

Cependant, il faut souligner que le concept de la nation est un concept essentiellement moderne, quasiment inexistant dans cette forme au Moyen Age. En plus, comment aurait-on voulu faire naître des nations si les territoires sont très instables en cette époque-là et changent plusieurs fois au cours du IXe siècle ? Troisièmement, l’affirmation que le partage de l’empire se soit fait selon des frontières linguistiques semble une interprétation négligeant la situation bilingue de cette époque. Même au IXe siècle, il semble exister une vaste zone de transition entre français et allemand dans le nord et l’est de la France actuelle, où l’on parle les deux langues. Rappelons que le Concile de Tours laisse aux prêtres du diocèse le choix de prêcher à leurs fidèles en roman ou en germanique (MGH Conc. 2,1 : 288).\\\

Si Charles et Louis jurent chacun dans une langue différente, et leur suites aussi, mais en version inverse, on y peut sans doute voir une fonction symbolique – mais laquelle ? Selon Duval (et al. 2007 : 88), il s’agissait de mettre en relief la diversité éthnique et linguistique du royaume. On peut également penser qu’il n’y a pas de symbolisme à y chercher mais que la langue des Serments est uniquement motivée par un souci pragmatique de se faire comprendre de l’autre. Dernièrement, en ce qui concerne Charles et Louis, on ne peut pas nier à y voir aussi une certaine tendance ludique qui est le reflet de leur bilinguisme car le jeu se renouvelle en 860 lorsque les rois se rencontrent à nouveau à Coblence et où ils se parlent en changeant plusieurs fois de langue (MGH Capit. II: 158).\\\
08 février 2011 à 22h46 par Andreas - titre (+34) r14
Lignes 1-2 ajoutées:
(:title Serments de Strasbourg:)
08 février 2011 à 22h45 par Andreas - effacement titre, essai titre avec extrait serments-txt (-18) r13
Ligne 34 modifiée:
(:include Serments-Txt:)
en:
(:include Serments-Txt#extrait#finpage:)
Lignes 49-51 modifiées:
POERCK, Guy de (1956) : "Le ms. B.N. lat 9768 et les Serments de Strasbourg". ''Vox Romanica'' 15/2. pp. 188-214.

(:title Serments de Strasbourg:)
en:
POERCK, Guy de (1956) : "Le ms. B.N. lat 9768 et les Serments de Strasbourg". ''Vox Romanica'' 15/2. pp. 188-214.
08 février 2011 à 22h42 par Andreas - paragraphe premier texte en fr (+1660) r12
Ligne 0 supprimée:
Lignes 23-28 modifiées:
venir)
en:
'''''Le premier texte en français'''''\\
Contrairement à la formule de Soissons et aux gloses de Reichenau (tous les deux du VIIIe siècle), ce document de 842 est un vrai texte cohérent, non seulement une liste de mots ou une seule phrase en français. La langue de l’ancien français peut être aperçue dans son contexte ici, un fait qui fait apparaître des traits de syntaxe et de morphologie qui étaient dissimulés avant.\\
Bien que les Serments de Strasbourg constituent effectivement le premier texte conservé en langue française, il paraît erronné de parler (comme Cerquiglini) d’une “naissance du français”, un terme qui suggère un acte de création plus ou moins subite. Or, les faits qu’on peut observer en latin vulgaire (et en général dans toute recherche sur l’histoire d’une langue précise) laisse penser qu’il vaut mieux de parler d’une génèse du français, sur un continuum qui s’est opéré en plusieurs siècles : “C’est plutôt de scissiparité qu’il s’agirait, d’une séparation progressive et graduelle entre un latin des lettrés et un latin vernaculaire” (Duval et al. 2007 : 91).\\
Si on parle de “naissance du français” plutôt en se référant au fait de la pénétration dans l’écriture, il faut également dire que ce n’est sans doute pas un acte soudain. Les Serments de Strasbourg sont précédés de listes de mots et de courtes phrases et mots qui apparaissent dans des textes latins au VIIIe siècle (formule de Soissons, gloses de Reichenau, parodie de la loi salique). D’ailleurs, il est probable que d’autres textes en ancien français ont déjà existé au temps de la rédaction des Serments de Strasbourg - mais qui ne nous sont pas parvenus.

(suite
à venir)
06 février 2011 à 22h04 par Andreas - + argument fradre (+204) r11
Lignes 1-2 modifiées:
(:title Serments de Strasbourg:)
en:
Lignes 21-22 modifiées:
Cependant, il faut se demander si la langue des Serments reflète un dialecte quelconque ou si au contraire, elle constitue une langue plus ou moins artificielle, étant donné le fait que le texte contient des tournures juridiques calquées en grande partie sur le latin : “cette langue des Serments n’est en aucun cas représentative de la manière dont on pouvait parler au IXe siècle (...) Leur inscription dans une tradition juridique latine les éloignent de la langue parlée des illettrés.” (Duval et al. 2007 : 89) On peut en effet supposer que le ou les rédacteurs des Serments ont attenué les différences dialectales du gallo-roman pour arriver à une sorte de roman normalisé d’écrit qui n’a pas de correspondence directe dans la langue parlée.
en:
Cependant, il faut se demander si la langue des Serments reflète un dialecte quelconque ou si au contraire, elle constitue une langue plus ou moins artificielle, étant donné le fait que le texte contient des tournures juridiques calquées en grande partie sur le latin : “cette langue des Serments n’est en aucun cas représentative de la manière dont on pouvait parler au IXe siècle (...) Leur inscription dans une tradition juridique latine les [éloigne] de la langue parlée des illettrés.” (Duval et al. 2007 : 89) L'hypothèse que le texte écrit des Serments ne reflète pas une langue ainsi parlée est corroboré par le fait que le même mot peut être écrit avec des voyelles différentes (cf. ''fradra'' vs ''fradre''). On peut en effet supposer que le ou les rédacteurs des Serments ont attenué les différences dialectales du gallo-roman pour arriver à une sorte de roman normalisé d’écrit qui n’a pas de correspondence directe dans la langue parlée.
Lignes 45-47 modifiées:
POERCK, Guy de (1956) : "Le ms. B.N. lat 9768 et les Serments de Strasbourg". ''Vox Romanica'' 15/2. pp. 188-214.
en:
POERCK, Guy de (1956) : "Le ms. B.N. lat 9768 et les Serments de Strasbourg". ''Vox Romanica'' 15/2. pp. 188-214.

(:title Serments de Strasbourg:)
03 février 2011 à 03h06 par gb - test (-10) r10
Ligne 31 modifiée:
(:include Serments-Txt lines=2..:)
en:
(:include Serments-Txt:)
03 février 2011 à 01h25 par gb - lines=2.. (0) r9
Ligne 31 modifiée:
(:include Serments-Txt lines=1..:)
en:
(:include Serments-Txt lines=2..:)
03 février 2011 à 01h25 par gb - code : (:include Serments-Txt lines=1..:) (+10) r8
Ligne 31 modifiée:
(:include Serments-Txt:)
en:
(:include Serments-Txt lines=1..:)
02 février 2011 à 23h15 par Andreas - bibliographie (+1114) r7
Lignes 13-14 modifiées:
Il contient l’Histoire des fils de Louis le Pieux, écrite par Nithard, petit-fils de Charlemagne, entre mai 841 et sa mort en 844. C’est au livre 3 que l’épisode des Serments nous est racontée :\\\
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Il contient l’''Histoire des fils de Louis le Pieux'', écrite par Nithard, petit-fils de Charlemagne, entre mai 841 et sa mort en 844. C’est au livre 3 que l’épisode des Serments nous est racontée :\\\
Lignes 38-46 modifiées:
(à venir)
en:
CASTELLANI, Arrigo (1978) : "Nouvelles remarques au sujet de la langue des Serments de Strasbourg". ''Travaux de linguistique et de littérature'' XVI, 1. pp. 61-73.\\
CERQUIGLINI, Bernard (2007 [1991]) : ''La naissance du français''. (éd. Que sais-je ?) Paris, PUF.\\
DELOFFRE, Frédéric (1980) : "A propos des Serments de Strasbourg : les origines de l’ordre des mots du français". ''Travaux de linguistique et de littérature'' XVIII, 1. pp. 287-298.\\
DUVAL, Frédéric et al. (2007) : ''Mille ans de langue française. Histoire d’une passion''. Paris, Perrin.\\
HILTY, Gerold (1973) : "Les Serments de Strasbourg". ''Travaux de linguistique et de littérature'' XI, 1. pp. 511-524.\\
HUCHON, Mireille (2002) : ''Histoire de la langue française''. Paris, Librairie Générale Française.\\
LOT, Ferdinand (1939) : "Le dialecte roman des Serments de Strasbourg". ''Romania'', 65, pp. 145-163.\\
NITHARD (1926) : ''Histoire des fils de Louis le Pieux''. Éditée et traduite par Ph. Lauer. Paris, Honoré Champion.\\
POERCK, Guy de (1956) : "Le ms. B.N. lat 9768 et les Serments de Strasbourg". ''Vox Romanica'' 15/2. pp. 188-214.
02 février 2011 à 23h06 par Andreas - sous-titre (+6) r6
Ligne 24 modifiée:
!!Traits linguistiques
en:
!!Signification linguistique
02 février 2011 à 23h02 par Andreas - titre de la page (?) (+1) r5
Lignes 1-2 ajoutées:
(:title Serments de Strasbourg:)
Ligne 9 supprimée:
(:title Serments de Strasbourg:)
02 février 2011 à 23h01 par Andreas - titre (+20) r4
Lignes 32-34 ajoutées:

!!Images
(à venir)
02 février 2011 à 23h00 par Andreas - formatage (0) r3
Lignes 19-21 modifiées:
Vu ce manque d’homogénéité dans le texte, un grand nombre de propositions a été avancé. Pendant que certains linguistes croyaient que le français était du francoprovençal, d’autres ont proposés la langue d'oc etc. Dans plusieurs articles dans les années 60 et 70, Arrigo Castellani s’est livrée une bataille avec Gerold Hilty, en voulant prouver que le texte était du poitevin de la ville de Poitiers, vu que ce dialecte montre à la fois des traits linguistiques de l’oïl comme de l’oc. \\ Cependant, il faut se demander si la langue des Serments reflète un dialecte quelconque ou si au contraire, elle constitue une langue plus ou moins artificielle, étant donné le fait que le texte contient des tournures juridiques calquées en grande partie sur le latin : “cette langue des Serments n’est en aucun cas représentative de la manière dont on pouvait parler au IXe siècle (...) Leur inscription dans une tradition juridique latine les éloignent de la langue parlée des illettrés.” (Duval et al. 2007 : 89) On peut en effet supposer que le ou les rédacteurs des Serments ont attenué les différences dialectales du gallo-roman pour arriver à une sorte de roman normalisé d’écrit qui n’a pas de correspondence directe dans la langue parlée.
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Vu ce manque d’homogénéité dans le texte, un grand nombre de propositions a été avancé. Pendant que certains linguistes croyaient que le français était du francoprovençal, d’autres ont proposés la langue d'oc etc. Dans plusieurs articles dans les années 60 et 70, Arrigo Castellani s’est livrée une bataille avec Gerold Hilty, en voulant prouver que le texte était du poitevin de la ville de Poitiers, vu que ce dialecte montre à la fois des traits linguistiques de l’oïl comme de l’oc.\\

Cependant, il faut se demander si la langue des Serments reflète un dialecte quelconque ou si au contraire, elle constitue une langue plus ou moins artificielle, étant donné le fait que le texte contient des tournures juridiques calquées en grande partie sur le latin : “cette langue des Serments n’est en aucun cas représentative de la manière dont on pouvait parler au IXe siècle (...) Leur inscription dans une tradition juridique latine les éloignent de la langue parlée des illettrés.” (Duval et al. 2007 : 89) On peut en effet supposer que le ou les rédacteurs des Serments ont attenué les différences dialectales du gallo-roman pour arriver à une sorte de roman normalisé d’écrit qui n’a pas de correspondence directe dans la langue parlée.
02 février 2011 à 22h59 par Andreas - Texte / titres (+256) r2
Lignes 19-32 modifiées:
Vu ce manque d’homogénéité dans le texte, un grand nombre de propositions a été avancé. Pendant que certains linguistes croyaient que le français était du francoprovençal, d’autres ont proposés la langue d'oc etc. Dans plusieurs articles dans les années 60 et 70, Arrigo Castellani s’est livrée une bataille avec Gerold Hilty, en voulant prouver que le texte était du poitevin de la ville de Poitiers, vu que ce dialecte montre à la fois des traits linguistiques de l’oïl comme de l’oc. Cependant, il faut se demander si la langue des Serments reflète un dialecte quelconque ou si au contraire, elle constitue une langue plus ou moins artificielle, étant donné le fait que le texte contient des tournures juridiques calquées en grande partie sur le latin : “cette langue des Serments n’est en aucun cas représentative de la manière dont on pouvait parler au IXe siècle (...) Leur inscription dans une tradition juridique latine les éloignent de la langue parlée des illettrés.” (Duval et al. 2007 : 89) On peut en effet supposer que le ou les rédacteurs des Serments ont attenué les différences dialectales du gallo-roman pour arriver à une sorte de roman normalisé d’écrit qui n’a pas de correspondence directe dans la langue parlée.
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Vu ce manque d’homogénéité dans le texte, un grand nombre de propositions a été avancé. Pendant que certains linguistes croyaient que le français était du francoprovençal, d’autres ont proposés la langue d'oc etc. Dans plusieurs articles dans les années 60 et 70, Arrigo Castellani s’est livrée une bataille avec Gerold Hilty, en voulant prouver que le texte était du poitevin de la ville de Poitiers, vu que ce dialecte montre à la fois des traits linguistiques de l’oïl comme de l’oc. \\ Cependant, il faut se demander si la langue des Serments reflète un dialecte quelconque ou si au contraire, elle constitue une langue plus ou moins artificielle, étant donné le fait que le texte contient des tournures juridiques calquées en grande partie sur le latin : “cette langue des Serments n’est en aucun cas représentative de la manière dont on pouvait parler au IXe siècle (...) Leur inscription dans une tradition juridique latine les éloignent de la langue parlée des illettrés.” (Duval et al. 2007 : 89) On peut en effet supposer que le ou les rédacteurs des Serments ont attenué les différences dialectales du gallo-roman pour arriver à une sorte de roman normalisé d’écrit qui n’a pas de correspondence directe dans la langue parlée.

!!Traits linguistiques
(à venir)

!!Le texte
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(:include Serments-Txt:)
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!!Bibliographie
(à venir)
02 février 2011 à 22h55 par Andreas - création (+3591) N
Lignes 1-19 ajoutées:
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[-(:toggle init=hide lshow='(Voir plan de la page)' lhide='(Cacher plan de la page)' set=1 div=box2:)-]
>>id=box2 border='1px solid #999' padding=5px bgcolor=#fed<<
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(:title Serments de Strasbourg:)

!!Le document
C’est dans une copie du Xe siècle que les Serments de Strasbourg nous sont parvenus. Le manuscrit semble avoir été à l’abbaye de Saint-Médard de Soissons au Moyen Age, puis à l’abbaye de Saint-Magloire à Paris (cf. Poerck 1956 : 190). Aujourd’hui, c’est la BNF qui le possède (B.N. lat. 9768). \\
Il contient l’Histoire des fils de Louis le Pieux, écrite par Nithard, petit-fils de Charlemagne, entre mai 841 et sa mort en 844. C’est au livre 3 que l’épisode des Serments nous est racontée :\\\

Le 14 février 842, Charles le Chauve et Louis le Germanique se rencontrent à Strasbourg pour se prêter assistance contre leur frère Lothaire, ainé frustré parce qu’il devra partager le royaume de son père avec ses frères. Après avoir vécu plusieurs attaques et poursuites, Charles et Louis concluent donc un pacte d’alliance sous les yeux de leurs suites. Chacun des deux jure un serment, Louis en roman (français), Charles en allemand. Leurs suites (qui se composaient sans doute de soldats, mais aussi d’esclaves, de serviteurs et d’autres gens attachées à la cour de chacun) prêtent serment dans les langues opposées, la suite de Louis en allemand, celle de Charles en français. \\
Ce qui est curieux est le fait que les serments ne sont pas traduits en latin par Nithard comme on le faisait d’habitude mais rapportés en version originale, ce qui fait des Serments de Strasbourg effectivement le  premier texte en langue française. \\

!!!!Quel dialecte ?
Bien qu’on ne cesse de répéter que les Serments de Strasbourg constituent le premier texte français, des difficultés considérables se sont présentées quand il s’agissait de préciser dans quel dialecte ou variété du français ils ont été écrits. D’une part, plusieurs traits linguistiques de ce roman s’accordent bien avec l’ancien français / la langue d’oïl, comme le système à deux cas, le démonstratif cist et des sonorisations de certaines consonnes (podir, fradre). En revanche, les diphtongues qu’on attendrait sont absents, de même un changement de ka- en cha- (cadhuna).\\
Vu ce manque d’homogénéité dans le texte, un grand nombre de propositions a été avancé. Pendant que certains linguistes croyaient que le français était du francoprovençal, d’autres ont proposés la langue d'oc etc. Dans plusieurs articles dans les années 60 et 70, Arrigo Castellani s’est livrée une bataille avec Gerold Hilty, en voulant prouver que le texte était du poitevin de la ville de Poitiers, vu que ce dialecte montre à la fois des traits linguistiques de l’oïl comme de l’oc. Cependant, il faut se demander si la langue des Serments reflète un dialecte quelconque ou si au contraire, elle constitue une langue plus ou moins artificielle, étant donné le fait que le texte contient des tournures juridiques calquées en grande partie sur le latin : “cette langue des Serments n’est en aucun cas représentative de la manière dont on pouvait parler au IXe siècle (...) Leur inscription dans une tradition juridique latine les éloignent de la langue parlée des illettrés.” (Duval et al. 2007 : 89) On peut en effet supposer que le ou les rédacteurs des Serments ont attenué les différences dialectales du gallo-roman pour arriver à une sorte de roman normalisé d’écrit qui n’a pas de correspondence directe dans la langue parlée.