Romanisation

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Extension de l'Empire romain sous Septime Sévère (193-211 après J.-C.). D'après Garnsey et Saller 1987.

Les provinces romaines
Annexions à l’Empire romain des territoires, avec les noms latins des provinces (d’après Le Bohec et al. 1999, Väänänen 1981, Weiss 2009).

241Sicile (Sicilia)
238Sardaigne (Sardina)
227Corse (Corsica)
197péninsule ibérique (Hispania)
168les îles Zante (Zacynthus) et Céphalonie (Cephallenia)
167côte de Bosnie et Serbie (Illyricum)
166Délos
146nord-est de la Tunisie (Africa)
146Macédoine (Macedonia), Grèce (Achaia)
129Asie mineure (Asia)
118Gaule du sud (Gallia Narbonensis)
96sud de la Turquie (Cilicia)
74Libye (Cyrenaica)
81plaine du Pô (Gallia Cisalpina)
68Crète (Creta)
64nord-ouest de la Turquie (Bithynia)
63Syrie (Syria)
58Chypre (Cyprus)
51Gaule du nord (Gallia Transalpina)
46Tunisie (Africa nova)
30Egypte (Aegyptus)
15Autriche, Bavière (Noricum et Rhaetia)
après J.-C. :
9Hongrie (Pannonia)
17Turquie centrale (Cappadocia)
43Angleterre (Britannia, jusqu’en 409)
106Roumanie (Dacia, jusqu’en 250)

Au cours de l’Antiquité et jusqu’au Ve siècle après J.-C. environ, une très grande partie de l’Europe et des pays méditerranéens sont non seulement devenus des provinces de Rome, mais ont aussi adopté la civilisation et la langue latine. Ce processus, appellé romanisation, inclut la latinisation, l’adoption de la langue latine (Väänänen 1981: 8 ; Duval et al. 2011: 18). Ici, nous n’allons nous concentrer que sur la latinisation propre mais il va de soi qu’on ne peut considérer l’une sans l’autre, les deux phénomènes s’étant influencés continuellement. Pour l’instant, la Gaule ne va pas jouer un rôle central, sa romanisation va être traitée plus amplement dans la section sur le gallo-roman.

Expansion romaine

Déjà avant notre ère, le pouvoir romain s’étend au-delà de la cité de Rome. Par des conquêtes mais aussi par des alliances, quasiment toute la péninsule italique sera sous la dominance de Rome au IIIe siècle av. J.-C. (Väänänen 1981: 7). Puis, des territoires hors de la péninsule, comme la Sicile ou la Corse seront annexés. Dans cette première phase, l’annexion est souvent liée à la volonté de Rome de préserver ces territoires d’attaques étrangères et d’y garantir la paix (cf. Le Bohec et al. 1999: 94sqq.).
Mais bientôt, à partir du IIe siècle av. J.-C., l’impérialisme romain se fait de façon consciente et accélérée. Au bout de 200 ans, l’Empire romain va s’étendre de la péninsule ibérique jusqu’en Asie et va inclure la Gaule, l’Égypte et la Grèce, entre autres. Cinq à dix millions d’hommes semblent avoir vécu sur le territoire romain alors (Le Bohec et al. 1999: 106 ; Huchon 2002: 35).

(suite à venir)

Bibliographie

LE BOHEC, Yann et al. (1999), Histoire romaine, 6e édition, Paris: PUF.
DUVAL, Frédéric et al. (2011), Mille ans de langue française : histoire d’une passion, Tome 1 : Des origines aux français moderne, Paris: Perrin. (édition de poche)
GARNSEY, Peter et SALLER, Richard (1987), The Roman Empire. Economy, Society and Culture, London: Duckworth.
VÄÄNÄNEN, Veikko (1981), Introduction au latin vulgaire, 3e édition, Paris: Klincksieck.
WEISS, Michael (2009), Outline of the Historical and Comparative Grammar of Latin, Ann Arbor: Beech Stave Press.