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XVIIe et XVIIIe siècles : la langue française, étayée par le pouvoir politique et illustrée par des écrivains magnifiques se développe en France contre les langues régionales et le latin et à l'étranger. Son âge d'or ?

XVIIe siècle

  • Querelle de l'orthographe assez forte, qui se superpose à la réforme religieuse (certains réformateurs de l'orthographe sont des protestants - Ramus - et dans les deux cas on parle d'hérésie et de schisme) et à la querelle des anciens et des modernes : elle produira ses effets au début du XVIIIe siècle.
  • Langue française présente dans toute l'Europe civilisée (parmi les élites) : Louis XIV et surtout Louis XV.

1605

  • Création du Mercure de France, premier journal français
  • Malherbe : Commentaire sur Desportes ; oeuvre doctrinale majeure : Malherbe énonce sa doctrine sur le mode restrictif (contre les emprunts, les mots dialectaux, les termes techniques ou anciens, etc.) ; appauvrissement de la langue

1606

  • Jean Nicot (et Aimar de Ranconnet) : Thrésor de la langue françoyse, tant ancienne que moderne [1](valider les liens) ; premier dictionnaire de la langue française ; reprend le lexique du siècle précédent ; le latin est encore présent, mais le français est de plus en plus présent dans les définitions
  • Etienne Guichard : Harmonie étymologique des langues, où se démontre que toutes les langues sont descendues de l'hébraïque

1607

  • Maupas : Grammaire françoise, contenant reigles tres certaines et addresse tres asseuree à la naïve connoissance et pur usage de nostre langue

1609

  • Poisson : Alfabet nouveau de la vrée, & pure ortografe françoize, & modèle sus iselui, en forme de dixionére

1611

  • Cotgrave : A dictionarie of the French and English tongues ; c'est un dictionnaire français-anglais [2](valider les liens)

1620-1640

  • Salon de la marquise de Rambouillet : mondain, grande influence sur les lettres ; fréquenté par tous les grands noms littéraires de l'époque : Richelieu, Malherbe, Vaugelas, Conrart, Voiture, Chapelain, Scudéry, Ménage, Cotin, etc. Centre de la préciosité : raffinement de la langue, exclusion des mots 'bas', interventionnisme des femmes sur la langue ; mouvement capital qui trouve son opposé dans le style burlesque qui se développe à la même époque.

1624

  • Autorisation de soutenir des thèses en français (au lieu du latin)

1625

  • Camus, Issue aux censeurs, critique la censure et fait de nombreuses remarques sur l'usage (contre les puristes)

1626

  • Dictionnaire et colloques françois et breton, de Quiper de Roscoff (éléments grammaticaux)

1630 (vers)

  • Guez de Balzac appelle Malherbe 'mon père' et le surnomme 'premier Grammairien de France'

1631

  • La Gazette de Théophraste Renaudot

1632

  • Oudin : Grammaire françoise rapportée au langage du temps (avec Aduis sur l'orthographe : contre orthog. moderne, pour orthog. étymologique ; opposé à Monet)

1635

25.01.1635

  • L'Académie française, fondée pendant le règne de Louis XIII sous le patronnage de Richelieu qui 'nationalisa' le salon privé de Conrart, reçoit - malgré les réticences du Parlement (enregistrement en juillet 1637) - ses lettres patentes. La première séance avait eu lieu le 13 mars 1634. D'abord hébergée dans l'hôtel du chancelier Séguier, elle sera hébergée au Louvre à partir 1672. Son objet est de 'travailler à la pureté de la langue et la rendre capable de la plus haute éloquence', 'donner des règles certaines à notre langue', 'la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences'. Un motif non avoué de sa création aurait été le désir de confier à un organisme collégial les décisions en matière linguistique (éviter le despotisme d'un seul). Travaille lentement et mal au dictionnaire qui n'avance pas ; raillée par le public, mécontentement officiel. Première édition en 1694.
  • abbé Philibert Monet : Invantaire des deus langues françoise et latine ; favorable à réforme de l'orthographe pour la rendre plus facile à tous

1636

  • Ménage : Requeste presentée par les dictionnaires à Messieurs de l'Academie pour la reformation de la langue françoise (copie manuscrite, anonyme)

1637

  • Descartes : Discours de la méthode ; publié à Leyde, rédigé en français ('Et si j'écris en français, qui est la langue de mon pays, plutôt qu'en latin, qui est celle de mes précepteurs, c'est à cause que j'espère que ceux qui ne se servent que de leur raison naturelle toute pure jugeront mieux de mes opinions que ceux qui ne croient qu'aux livres anciens; et pour ceux qui joignent le bon sens avec l'étude, lesquels seuls je souhaite pour mes juges, ils ne seront point, je m'assure, si partiaux pour le latin, qu'ils refusent d'entendre mes raisons pourceque je les explique en langue vulgaire.')
  • Académie française : Sentiments de l'Académie sur le Cid ; attaques de Scudéry contre Corneille dont la pièce a remporté un énorme succès ; premier grand travail de la Compagnie, sous pression politique (de Richelieu).

1638 (vers)

  • Ménage : La requeste présentée par les Dictionnaires à Messieurs de l'Académie pour la réformation de la langue françoise (satire ; imprimée en 1649, circule avant)

1640

  • Antoine Oudin : Curiositez françoises pour supplément aux Dictionnaires ou recueil de plusieurs belles propriétez, avec une infinité de Proverbes et quolibets pour l'explication de toutes sortes de livres ; important ouvrage pour la connaissance de la langue familière ou triviale de l'époque ; sera réimprimé au tome X du Dictionnaire historique de La Curne de Sainte-Palaye (1882)
  • Richelieu fonde l'Imprimerie royale (et envisage de lui donner des privilièges) : pour surveiller la presse

1642

  • Mort de Richelieu

1647

  • Vaugelas : Remarques sur la langue française utiles à ceux qui veulent bien parler et bien écrire. Très nombreuses rééditions ; tiennent lieu, faute de mieux, de grammaire à l'Académie française qui les réimprime en 1705 accompagnée de ses Observations
Voicy donc comme on definit le bon Vsage. -3. C'est la façon de parler de la plus saine partie de la Cour, conformément à la façon d'escrire de la plus saine partie des Autheurs du temps. Quand ie dis la Cour, j'y comprens les femmes comme les hommes, et plusieurs personnes de la ville où le Prince réside, qui par la communication qu'elles ont auec les gens de la Cour participent à la politesse. Il est certain que la Cour est comme vn magazin, d'oùù nostre langue tire quantité de beaux termes pour exprimer nos pensées, et que l'Éloquence de la chaire, ny du barreau n'auroit pas les graces qu'elle demande, si elle ne les empruntoit presque toutes de la cour. Je dis presque, parce que nous auons encore vn grand nombre d'autres phrases, qui ne viennent pas de la Cour, mais qui sont prises de tous les meilleurs Autheurs Grecs et Latins, dont les despoüilles font vne partie des richesses de nostre langue, et peut-estre ce qu'elle a de plus magnifique et de plus pompeux.

1650

  • Mort de Vaugelas
  • Le Parlement anglais abolit l'usage du français dans les tribunaux
  • Ménage : Origines de la langue françoise

1652

  • Pellisson : Histoire de l'Académie française

1653

  • Vaugelas : parution posthume de sa traduction de Quinte-Curce

1659

  • Sacré collège de Jésus, du Père Maunoir : première grammaire du breton
  • Chiflet : Essay d'une parfaite grammaire de la langue françoise, où le lecteur trouvera, en bel ordre, tout ce qui est de plus necessaire, de plus curieux, & de plus elegant, en la pureté, en l'orthographe, & en la prononciation de cette langue : plutôt contre réforme (vise Monet)

1660

  • Lancelot et Arnauld (Port-Royal) : Grammaire générale et raisonnée, contenant les fondements de l'art de parler, expliqués d'une manière claire et naturelle : introduction de la logique dans l'étude de la langue. Donc moins l'usage que la raison.

1661

  • Somaize : Grand dictionnaire historique des pretieuses ; favorable entre autres choses à révision de l'orthographe pour les femmes

1662

  • Racine ne comprend ni ne se fait comprendre à Uzès
  • Furetière entre à l'Académie française ; il avait fait partie de la société précieuse (sous le nom de Filante dans le dictionnaire de Somaize

1665

  • Création du Journal des savants, en français (langue française capable de traiter la science)

1666

  • Géraud de Cordemoy, Discours physique de la parole (source de la leçon d'orthographe du Bourgeois Gentilhomme de Molière)
  • d'Argent : Traité de l'orthographe, dans sa perfection : contre orthographe nouvelle
  • Furetière : Roman bourgeois ; met en scène le peuple et sa langue ; série de saynètes, précurseur du réalisme

1668

  • Louis de L'esclache : Les Véritables régles de l'ortografe francéze, ou l'art d'aprandre an peu de tams à écrire côrectemant ; phonétisme

1669

  • Le Laboureur, Avantages de la langue française sur la langue latine ; à placer dans le contexte de la querelle des Anciens et des Modernes (vers 1669)
  • Mauconduit : Traité de l'orthographe, dans lequel on établit, par une methode claire & facile, fondée sur l'usage & sur la raison, les regles certaines d'écrire correctement. Et où l'on examine, par occasion, les règles qu'a données M. de Lesclache : favorable à réforme orthographe

1671

  • le Père Bouhours, Les entetiens d'Ariste et d'Eugène ; conservateur ; il y attaque les hommes de Port-Royal
  • Sorel critique les mots à la mode répandus parmi les beaux esprits dans Du nouveau langage français, dans De le connaissance des bons livres ou examen de plusieurs auteurs

1672

  • Ménage : Observations sur la langue françoise (I)
  • Perrault participe à rendre publiques les séances de réception à l'Académie et de faire les élections au scrutin secret
  • Mort de Séguier, protecteur de l'Académie française

1673

  • Projet Mézeray (orthographe conservatrice) : «La Compagnie déclare qu'elle désire suivre l'ancienne orthographe qui distingue les gens de lettres d'avec les ignorants et les simples femmes, et qu'il faut la maintenir partout, hormis dans les mots où un long et constant usage en aura introduit une contraire».
  • «Lorsqu'on essaie de voir quelle a pu être la doctrine de l'Académie en matière orthographique, on dispose de quatre textes :
    • le manuscrit de Mézeray, les Observations sur l'orthographe de la langue française, annoté par neuf commissaires, Perrault, Tallemant le jeune, Boyer, Tallemant l'aîné, Segrais, Doujat, Régnier-Desmarais et Pellisson ;
    • le manuscrit préparé pour l'impression ;
    • la 1ère édition des Cahiers de remarques sur l'orthogaphe française ;
    • la 2e édition de ces mêmes Cahiers, très différente de la 1ère.» (Aïem)

1674

  • Bouhours : Doutes sur la langue française

1675

  • Bouhours : Remarques nouvelles sur la langue françoise

1680

  • Richelet : Dictionnaire françois contenant les mots et les choses ; orthographe simplifiée

1683

  • Colbert, pour faire avancer le Dictionnaire de l'Académie, institue les jetons de présence ; ceux qui en bénéficieront seront méprisés et appelés jetonniers
  • François Charpentier, De l'excellence de la langue française : s'inscrit dans la querelle des inscr1ptions (en français ou en latin) et plaide en faveur du français

1684

  • Bayle : Nouvelles de la République des lettres ; en français (« la langue francaise est désormais le point de communication de tous les peuples de l'Europe »)
  • Furetière, Essai d'un dictionnaire universel contenant généralement tous les mots françois tant vieux que modernes, et les termes de toutes les sciences et des arts ; va déclencher une lutte intense et très violente avec l'Académie française qui refuse la concurrence. Le dictionnaire projeté par Furetière, à dimension encyclopédique, annonciateur du XVIIIe siècle, ouvert aux mots techniques, est pourtant très différent de celui de l'Académie qui s'attache à la langue commune et générale de la bonne société. Mais l'Académie avait obtenu le 28 juin 1674 aurpès du chancelier d'Aligre un privilège exorbitant portant défense de publier aucun dictionnaire avant que le sien fût au jour ni pendant les 20 années qui suivraient sa publication.
  • Régnier-Desmarais devient secrétaire perpétuel de l'Académie

1685

  • Furetière exclu (mais pas remplacé : exclusion pas très sûre juridiquement) de l'Académie

1687

27.01.1687

  • Perrault : lecture du Siècle de Louis le Grand ; querelle des Anciens (Boileau, Ménage, Huet, Dacier, Racine, La Bruyère) et des Modernes (Perrault)

1690

  • Furetière : Dictionnaire universel, contenant généralement tous les mots françois tant vieux que modernes et les termes de toutes les sciences et des arts ; Préface de Bayle ; dictionnaire de mots (y compris anciens et techniques) mais aussi de choses. Publication posthume - Furetière était mort en 1688 - dirigée par Bayle qui en fit la préface. Plusieurs fois réédité (1701, 1702, 1708, 1727) et repris par les Jésuites, il deviendra le dictionnaire de Trévoux. L'auteur est exclu de l'Académie qui produira un ouvrage concurrent avec le Dictionnaire de Thomas Corneille (1694)

1692

  • Sistême du R. P. Gille Vaudelin (suivi en 1713 de la Nouvelle Maniere d'écrire comme on parle en France et en 1715 des Institutions crétiennes mises en ortografe naturelle pour faciliter au peuple la lecture de la science du Salut) : important témoignage pour connaître la prononciation de l'époque.

1694

  • Le Gai Sçavoir devient l'Académie des Jeux Floraux (Louis XIV) : pas question de remettre langue d'oc en place
  • Dictionnaire de l'Académie ; première édition très laborieuse ; succès moyen ; consacre orthographe traditionnelle à prétention étymologique ; mots groupés par racines ou familles ; participes présents invariables ; nombreuses critiques
  • Thomas Corneille, Dictionnaire des Arts et des Sciences (complète le dictionnaire de l'Académie)
  • abbé Dangeau : Essais de grammaire

1696

  • L'Apothéose du Dictionnaire de l'Académie et son expulsion de la région céleste ; critique du dictionnaire de l'Académie ; attribué à Chastein ou à Richelet
  • Le Dictionnaire des Halles, ou extrait du dictionnaire de l'Académie françoise ; critique des mots bas et autres locutions proverbiales et triviales conservées dans la première édition du dictionnaire de l'Académie ; attribué à Furetière ou à Artaud

1697

  • abbé André Renaud : Maniere de parler la langue françoise selon ses diferens styles ; avec la critique de nos plus celébres écrivains, et un petit traité de l'orthographe & de la prononciation françoise (contre orthographe étymologique)
  • L'Enterrement du Dictionnaire de l'Académie ; critique du dictionnaire de la compagnie ; attribué à Chastein ou à Richelet

1698

  • Paul Tallemant : Remarques et décisions de l'Académie françoise

XVIIIe siècle

1703

  • Frain du Tremblay : Traité des langues, où l'on donne des règles pour juger du mérite et de l'excellence de chaque langue, et en particulier de la langue françoise

1704

  • Leibniz : Nouveaux essais sur l'entendement humain : en français comme, plus tard, sa Théodicée et sa Monadologie
  • Trévoux : Dictionnaire universel français et latin ; en fait il s'agit d'une reprise du dictionnaire de Furetière par les pères de Trévoux. Nombreuses rééditions et enrichissements (1721 (2 éditions), 1732, 1740, 1743, 1752, 1771).

1705

  • abbé Régnier-Desmarais : Traité de la Grammaire françoise (tiendra plus ou moins lieu de grammaire de l'Académie ; conservateur)

1706

  • Organisation des Ponts et Chaussées (communications seront facteur d'unification linguistique)

1709

  • abbé Buffier : Grammaire française ; opposé à décalque systématique des grammaires latines : moderne

1713

  • Traité d'Utrecht : France cède à Angleterre Terre-Neuve, l'Acadie, baie d'Hudson

1714

  • Le traité de Rastadt, signé entre Louis XIV et Charles VI consacre (une clause précise que cela ne doit pas être un précédent) l'emploi du français comme langue diplomatique. Confirmé par l'usage du français pour les préliminaires du traité de Vienne (1735), la convention de Vienne (1736) et le traité d'Aix-la-Chapelle (1748).
  • La Harpe écrira : "Des intérêts des rois notre langue est l'arbitre. / Disputant contre l'Olof, l'orateur du Divan, / Osman plaide en français les droits de son Sultan ; / Et dans Foscani le Turc et la Russie / Décident en français du destin de l'Asie."

05.1714

  • Fénelon : Lettre sur les occupations de l'Académie françoise ; adressée au secrétaire perpétuel André Dacier

1716

  • abbé Girard : L'ortografe française sans équivoques et dans sés principes naturels

1718

  • Deuxième édition du Dictionnaire de l'Académie, sous la direction de Régnier-Desmarais ; classement alphabétique, adoption du j et du v.
  • abbé Girard, Justesse de la langue... (1ère éd. des synonymes françois)
  • P.-J. Leroux : Dictionnaire comique, satirique, libre et proverbial

1720

  • Importante progression de la presse en langue française, qui s'imprime en France mais aussi à l'étranger (Hollande et Allemagne), pour éviter la censure : «L'heure s'annonce où, durant la Révolution, le journal se révélera plus puissant que le livre» (H.-J. Martin)

1721

  • Arrestation de Cartouche : intérêt pour l'argot

1723

  • Pierre de Chalons : Dictionnaire breton-français du diocèse de Vannes
  • père Pellas : Dictionnaire provençal et français

1726

  • Pantalon Phoebus (abbé Desfontaines et Bel) : Dictionnaire néologique
  • Rollin : Traité des études ; bien diffusé, donne large place à l'enseignement du français, avec plan et méthode d'enseignement

1730

  • Dumarsais : Traité des tropes

1731

  • Bill du 4 mars exclut définitivement le français des tribunaux d'Angleterre

1734

  • Réaumur : Histoire naturelle des insectes (-1745) ; langues techniques dans les sciences naturelles
  • abbé Nollet : conférences en français sur la physique expérimentale ; français s'approprie de nouveaux domaines scientifiques

1736

  • abbé Girard : Synonymes français

1738

  • d'Olivet : Remarques de grammaire sur Racine

1740

  • 3e édition du Dictionnaire de l'Académie ; sous la direction du très compétent abbé d'Olivet ; changements orthographiques affectent 5000 mots sur 20000 (plus du quart du vocabulaire est modernisé). Rôle important des philosophes qui dominent la vie intellectuelle de l'époque et sont présent en nombre à l'Académie, d'où les modifications orthographiques : suppression de très nombreuses lettres «inutiles». «plus d'h à autheur, authorité et à throne, plus d's muet marquant la prononciation de l'e qui précède, comme dans estre, descrire, etc. Presque plus de consonnes muettes intérieures, sauf quelques oublis comme sculpteur ou baptême. Balayés, les d de adjouster, adveu, les b de debvoir et de febvrier, etc., destinés à faire reconnaître le j et le v consonnes qui suivaient. Plus du quart du vocabulaire français est ainsi transformé et modernisé, en grande partie grâce à l'astucieux système d'accents et de signes auxiliaires mis au point par les imprimeurs.» (Catach) Officialisation de l'accent circonflexe.
  • Frédéric II monte sur le trône (francophile)

1742

  • Lévesque de La Ravalière : L'histoire des révolutions de la langue française depuis Charlemagne jusqu'à saint Louis ; théorie de l'origine celtique du français
  • Moncrif : Discours de réception contre fixation de la langue : Qu'on ne peut ni ne doit fixer une langue vivante

1743

  • Frédéric II ordonne de publier en français les mémoires de l'Académie des sciences de Berlin ; motif : "Les Académies, pour être utiles, doivent communiquer leurs découvertes dans la langue universelle et cette langue est le français." Maupertuis dira plus tard à peu près la même chose.

1744

  • Dictionnaire françois-breton ou françois-celtique du diocèse de Vannes, de Monsieur L'A*** (Cillart de Kerampoul), Leide

1747

  • abbé Gabriel Girard : Les vrais principes de la langue françoise
  • Cardinal de Polignac : L'anti-Lucrèce ; échec de la poésie latine

1748

  • Panckoucke : Dictionnaire des proverbes français, et des façons de parler comiques, burlesques et familières

1749

  • Buffon : Histoire natrurelle

1750

  • Pierre-Nicolas Bonamy : Sur l'introduction de la langue latine dans les Gaules sous la domination des Romains ; affirme la romanité du français et surtout, avance idée que français vient du latin vulgaire
  • Encyclopédie : Prospectus

1751

  • Pierre-Nicolas Bonnamy : Réflexions sur la langue latine vulgaire... ; fait venir le français du latin vulgaire des provinces
  • Mauvillon : Traité du stile ; classe les mots selon leur valeur (noble/ignole ; haut/bas, etc). Mais cite de nombreux termes 'bas'.
  • Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des siences, des arts et des métiers : premier volume (dernier en 1772 [ou 1777?] ; ouvrage scientifique, philosophique et idéologique ; à noter qu'elle n'est guère tendre à l'égard des patois - à l'article Langue - et qu'elle se prononce en faveur unification linguistique)

1752

  • Dictionnaire étymologique de la langue bretonne, de Dom Le Pelletier

1754

  • Jean-Baptiste Bullet : Mémoires sur la langue celtique (origine celtique du français)
  • de Wailly : Principes généraux et particuliers de la langue française (revu en 1763) ; avec orthographe nouvelle

1755

  • Duclos : Grammaire générale

1756

  • Leguay de Prémontval : Préservatif contre la corruption de la langue françoise en France et dans les pays où elle est le plus en usage, tels que l'Allemagne, la Suisse et la Hollande ; à l'intention des réformés exilés, pour limiter les effets linguistiques de la distance sur la langue française (style réfugié)
  • abbé de Sauvages : Dictionnaire languedocien-français (rééd. 1785 ; 1820) ; corrige les 'fautes' de français de ses compatriotes mais souhaite aussi enseigner le b.a.ba du languedocien aux 'franchimans'
  • Bonamy : Causes sur la cessation du tudesque en France ; étude de la langue des Serments de Strasbourg

1761

  • Féraud : Dictionnaire grammatical de la langue française ; plutôt que d'un dictionnaire lexical, il s'agit d'un recueil alphabétique de remarques et de réflexions linguistiques

1762

  • Quatrième édition du Dictionnaire de l'Académie, sous la direction de Duclos : quelques modifications orthographiques ; développement du vocabulaire scientifique (sensibilité plus encyclopédique) ; ajoute plus de 5000 mots à édition de 1740
  • Catherine II monte sur le trône (francophile)

1763

  • La Chalotais : Essai d'éducation nationale ; pour la langue maternelle - le français - contre le latin

10.02.1763

  • Traité de Paris : abandon au profit de l'Angleterre des Indes, du Canada et autres par la France (*)

1764

  • Edition (critique) de Corneille par Voltaire ; purisme se développe

1765

  • de Brosses : Traité de la formation méchanique des langues

1766

  • Desgrouais : Gasconismes corrigés. Rééditions nombreuses et enrichies

1767

  • Beauzée : Grammaire générale
  • Condillac : Cours d'étude pour le Prince de Parme (-1773) ; systématise l'analyse de la langue
  • Féraud : Essai de grammaire

1768

  • Restif de la Bretonne : Glossographe de la langue réformée
  • Lacombe : Dictionnaire de la langue romane

1769

  • Corse devient française (défaite de Ponte Novu le 08.05.1769) ; mais francisation sera très lente et gouvernement français sera souvent contraint au bilinguisme

1770

  • Beauzée : Synonymes français
  • Alletz : Dictionnaire des richesses de la langue française et du néologisme qui s'y est introduit

1771

  • Gustave III monte sur le trône (francophile)

1774

  • abbé Millot : Histoire littéraire des troubadours

1775

  • Court de Gébelin : Origine du langage et de l'écriture

1776

  • abbé de l'Epée : Institution des sourds-muets par la voie des signes méthodiques ; contient un projet de langue universelle

1777

  • Réédition de la dernière mouture du Dictionnaire de l'Académie enrichie de quelques articles

1778

  • Domergue : Grammaire générale

1780

  • Lhomond : Elémens de grammaire française ; style catéchisme : plusieurs centaines d'éditions->1893

1781

  • Académie de Mantoue fait concourir sur la question du goût littéraire en Italie et des moyens de le corriger : les réponses font apparaître la domination de la langue française (développent thème de l'invasion).

1782

  • Wailly : Orthographe des dames

1784

  • Antoine de Rivarol : Discours sur l'universalité de la langue française. Remporte, ex-aequo avec l'allemand Schwab, le concours organisé en 1782 par la classe de Belles-Lettres de l'Académie de Berlin, sur la question suivante : 'Qu'est-ce qui a fait de la langue françoise la langue universelle de l'Europe ? Par où mérite-t-elle cette prérogative ? Peut-on présumer qu'elle la conserve ?'
  • Urbain Domergue : Journal de la langue françoise, soit exacte, soit ornée (-1795 environ). Paraît à Lyon puis à Paris avec Thurot, Boinvilliers, Marmontel, Neufchâteau, etc. L'auteur, 'grammairien patriote', est l'animateur de la Société des Amateurs de la langue française puis de l'Académie grammaticale (1807) et encore de l'Athénée ou conseil grammatical (25 octobre 1809)

1785

  • Marmontel : l'Autorité de l'usage
  • Achard : Dictionnaire de la Provence et du Comté Venaissin

1786

  • Mort de Frédéric II : réaction contre le français rapide

1787

  • Cambresier : Dictionnaire Walon-Français (pour correction des belgicismes)
  • Féraud : Dictionnaire critique de la langue française (-1788)

1788

  • abbé Grégoire : Essai sur la régénération physique, morale et politique des juifs ; il y dénonce l'espèce d'argot, ce jargon tudesco-hébraïco-rabinique des juifs allemands ainsi que les patois : 'Les gouvernements ignorent ou ne sentent pas assez combien l'anéantissement des patois importe à l'expansion des lumières, à la connaissance épurée de la religion, à l'exécution facile des lois, au bonheur national, & à la tranquillité politique.'
  • Encyclopédie définit le patois comme un langage corrompu essentiellement parlé dans les provinces (alors que la langue, elle, est employée dans la capitale)