1968. Les barjots

l'argot des prisons, où l'on fait un large usage du « verlan », a, tout en transformant « jobard » en « barjot », conféré à ce mot en voie de se lexicaliser, la signification de « fou », avec une nuance laudative. […] Ce n'est plus le cave, victime du truand, qu'il sert à désigner, mais, de façon expresse et exclusive, le jeune voyou empêché d'exprimer son état et victime, non pas des truands, mais de la société. Il s'agit d'une folie simulée, où le barjot se donne pour un niais afin de mieux niaiser son entourage et, éventuellement, de se soustraire aux conséquences de ses écarts de comportement et de langage.

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