1843. Littérature bigorne

Le président rappelait à l'accusé, qu'au dire d'un témoin, il se serait vanté de mettre la main sur la toquante. Levasseur : Toquante ? Qu'est-ce que c'est que ce mot-là ? connais pas. Desmarais, gendarme : Au mois de décembre dernier, j'ai été requis d'arrêter l'accusé Levasseur, et d'assister à la perquisition faite au domicile de Souques, où nous avons trouvé une quantité considérable de fausses clés. Levasseur, à cette occasion, a dit : « Quel dommage que je ne sois pas entré seul ! j'aurais mis la main sur la toquante. » Levasseur : Mais enfin, qu'est-ce que c'est que ça, la toquante ? Je n'ai pas été initié à un pareil langage. M. le président : Ne feignez pas d'ignorer ce que vous savez mieux que personne. Toquante, dans l'origine, voulait dire montre ; depuis, son acception s'est étendue, il veut dire aujourd'hui tout ce qui est bon à prendre. Clivat, se levant : Pardon, M. le président, vous êtes dans l'erreur, le mot toquante ne se dit plus dans l'argot, depuis plus de dix ans (rires dans l'auditoire). Une montre s'exprime par un autre mot que je dirais bien… M. le président : Quel est ce mot ? Clivat : Bob ou bobineau.

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