1900. Mémoires de Rossignol

Nous étions trois ou quatre agents souvent appelés chez les juges, qui nous chargeaient de « cuisiner » un détenu pour obtenir des aveux. […] nous déjeunions avec le détenu, on prenait le café, et, tout en fumant la cigarette, on arrivait à ce que l'on désirait obtenir de lui. Il y a loin de cette bonne camaraderie aux moeurs d'autrefois !… Il n'y a pas encore vingt ans que j'ai vu – fréquemment – des collègues faire joindre les mains d'un individu qui ne voulait pas avouer, lui serrer fortement les poignets avec une ligotte, au point qu'au bout d'un instant les mains devenaient violettes !… Le détenu, qui ne pouvait supporter cette torture, aurait avoué tout ce qu'on aurait voulu.

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