1900. Mémoires de Rossignol

Le vol dit « au chinage » ressemble beaucoup à celui-là [vol à a ramastique]. Aux abords d'une gare, et, autant que possible, non loin d'un bijoutier. Un individu, vêtu en ouvrier, accoste un particulier – toujours « bonne tête » – lui disant : « Je suis embarrassé ; il faut que je retourne au pays voir ma femme qui est malade ; je n'ai pas assez d'argent, mais j'ai ma montre, qui me vient de mon père, et à laquelle je tiens beaucoup… Je vous la donnerai tout de même dans de bonnes conditions si vous vouliez me rendre le service de l'acheter. » Il fait voir la montre. À ce moment survient un deuxième larron, – qui est tête nue, celui-là ; il propose d'acheter la montre. Mais le premier compère refuse, disant qu'il est en marché. L'autre glisse alors à l'oreille du bonhomme, en montrant la boutique voisine : « Je suis le bijoutier d'en face, achetez la montre cinquante francs, apportez-la chez moi, je vous donnerai vingt francs de bénéfice. »

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