1900. Mémoires de Rossignol

Je lisais récemment, dans un journal, un fait divers intitulé : « Vol à la trouvaille. » Je ne crois pas que cette dénomination ait été donnée par la police, et encore cela ne m'étonnerait pas ; car, même à la police, il y en a peu qui soient au courant des détails de ce vol, qui, en réalité, ne s'appelle pas la trouvaille, mais le ramastique. C'est un vol qui a ses variétés ; il ne se pratique pas à la ville comme à la campagne. En province, le ramastiqueur possède un certain nombre de petits écrins contenant une chaîne dite Jeannette, une petite croix ou médaillon en cuivre. Il voit passer près de lui une « bonne tête » se baisse, fait semblant de ramasser quelque chose : la « bonne tête » se retourne et regarde ce qu'il a ramassé : le mouvement est instinctif. Le ramasseur dit : « Part à deux ! » On ouvre la boîte, on évalue ce qu'elle contient à dix ou douze francs. Le ramastiqueur propose à la personne de lui céder sa trouvaille pour cinq ou six francs, – et le tour est joué.

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