1900. Mémoires de Rossignol

Si le joueur ne continue pas, le baron parie à son tour. Il risque une grosse somme, et il gagne. Alléché par l'appât du gain, le pantre se décide à rejouer. S'il est trop dur à la détente, on lui fait le coup du « bonnet à la cornanche ». Le teneur, en manipulant les cartes, corne l'as de pique avec le petit doigt de la main droite et dit au joueur, en lui faisant voir la carte et en feignant de ne pas s'apercevoir qu'elle est cornée : –Voilà celle qui gagne ! C'est toujours l'as de pique. Le pantre, qui a remarqué la corne, se croit sûr de se rattraper et ponte ferme sur la carte cornée […]. Mais le teneur dans une nouvelle manipulation a décorné l'as de pique et corné à sa place une autre carte. À filou, filou et demi !

bob:8856, 9197, 35971 source:3980