1900. Mémoires de Rossignol

Si je parle de Larenaque, c'est qu'il avait une particularité curieuse, celle de posséder, dans ses intestins, un bastringue. […] Le bastringue n'est pas un bal public. On nomme bastringue, dans le langage de la pègre, un étui d'os, d'ivoire ou d'argent, de sept à huit centimètres de long, que certains brigands s'introduisent dans le gosier et poussent jusque dans les intestins. Le bastringue peut contenir environ mille francs en louis d'or, ou, si l'on veut d'autres objets, tels qu'une petite scie, par exemple, avec laquelle on peut scier les barreaux d'une prison. Le nom de bastringue doit, selon moi, provenir du bruit que font, dans le corps, pendant la marche, les objets contenus dans cet original étui. Larenaque avait donc son bastringue, ce qui lui permit, à Mazas, d'offrir à un médecin chargé de l'observer, une somme de huit cents francs, s'il voulait lui donner un certificat d'aliénation mentale.

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