pompier

registre ancien : 5 registre moderne : 4 fréquence : 15

pompier

n.m., adj.

Artiste sans talent, écrivain banal (académique) ; lyrique (mais mal) ; vulgaire et prétentieux, tape-à-l'oeil, exagéré, (suranné) ; banal, trivial ; suranné et ridicule ; pompeux

1935 Quoique ne me connaissant pas en peinture, il m'arrivait parfois de visiter une exposition, et j'émettais des jugements définitifs, toujours bien accueillis par Simone. Je pensais qu'un tableau n'est bon qu'autant qu'il reproduit fidèlement la nature, et que l'avis d'un gamin, en pareille matière, vaut celui du plus illisible des critiques professionnels. J'étais pompier, quoi. 1935. Viande à brûler
1949 Ma parole ! Mais vous êtes futuriste en musique… Debussy est un affreux pompier à côté de vous 1949. Mémoires d'un contrôleur des wagons-lits recueillis par René Delpêche
1922 sculpture, art décoratif, le goût le plus « pompier » et le plus « parvenu » 1922. Le pot au noir
1939 Berenson croit que Goethe est entré dans une certaine période d'ossification, à son retour d'Italie et qu'il est devenu alors « pompier », ce qu'il n'avait pas été avant 1939. Journal de l'abbé Mugnier (1879-1939)
1898 Tous sont enchantés de faire rater les effets du Prudhomme pompeux et « pompier » que déjà chacun qualifie irrévérencieusement in petto de « vieux rasoir ». 1898. Bistrouille en Cour d'Assises ou le cadavre ambulant. Contes du Petit Pioupiou (5e série)
2004 L'idée qu'il fallait se serrer autour du guide dans les moments de « crise » me faisait hausser les épaules. Ce patriotisme pompier était d'un autre temps… 2004. Une guerre au couteau. Algérie 1960-1962, un appelé pied-noir témoigne

<6 citation(s)>

POMPIER2, -IÈRE, adj. et subst. A. − BEAUX-ARTS 1. Adj. et subst. (Peintre et, plus généralement, artiste ou écrivain) qui traite de sujets conventionnels et grandiloquents dans un style académique et prétentieux. Peintre, sculpteur, écrivain pompier. L'artiste pompier n'est pas seulement celui qui coiffe ses héros de casques éclatants, c'est l'artiste prétentieux et vain qui use d'un style ampoulé, d'un style pompeux (J. Thuillier,Peut-on parler d'une peinture «pompier»? 1984, p.19). 2. Adj. Qui relève de cet art conventionnel et ridiculement emphatique. Genre, style pompier ; poème pompier. [Une pièce] fut déclarée horriblement pompier, et rasante (Ponchon,Muse cabaret, 1920, p.273). − Empl. subst. masc. sing. à valeur de neutre. Les trois exemples de littérature que vous avez lus cent fois, et que j'appellerai le pompier, le naturaliste et le moral (Thibaudet,Réflex. litt., 1936, p.153). B. − Adj. Qui est à la fois démodé, banal et ridiculement emphatique. Le curé de ceux-d'en-haut braille un discours pompier fait de tous les lieux communs patriotiques (Bloy,Journal, 1903, p.170). Prononc.: [pɔ ̃pje], fém. [-jε:ʀ]. Étymol. et Hist. 1880 (Th. de Banville ds Gil Blas, 12 nov., p.1: genre pompier, style pompier, faire pompier). Orig. obsc. D'apr. Th. de Banville, loc. cit. (repris dans: Banville, Contes féeriques, Paris, 1882, p.10), les casques portés par les personnages de l'Antiquité sur les tableaux de David et des peintres de son école auraient suggéré aux contemporains l'idée du «pompier qui se déshabille» (cf. p.ex. le vaudeville de F.-A. Duvert, La Soeur de Jocrisse ([1841], scène 1 ds Théâtre choisi, Paris, G. Charpentier, 1877, t.4, p.4, auquel Th. de Banville loc. cit. fait allusion: [Jocrisse, regardant une gravure] Passage des Thermopyles! (...) ils se battent tout nus! (...) Ah! non, non, ils ont des casques... c'est peut-être des pompiers qui se couchent); le mot se serait ensuite appliqué aux tableaux manquant d'originalité. Si l'on admet cette hyp., une infl. second. de pompe1* et pompeux* est possible. Voir J. Thuillier, op. cit., en partic. pp.17-19. STAT. −Pompier1 et 2. Fréq. abs. littér.: 268. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 74, b) 420; xxes.: a) 678, b) 442. (tlfi:pompier) /

  • pompier n.m. ARTS - R, cit. Valéry ; PR[77], TLF, ø d adj. : TLF, 1880, Th. de Banville ; FEW (9, 143b), GLLF, Lex.[75], ND4, PR[77], 1888, Villatte
    • 1885 - «Schoenewerk était un artiste d'un charme profond et d'une conscience rare. [...] - Qu'est-ce que vous voulez ? me disait, un jour, l'artiste convaincu, je suis peut-être un imbécile, un rétrograde, un pompier, - mais je crois à la beauté et je la cherche !» L'Illustration, 1er août, 71b - G.S. (bhvf:pompier) /

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