guitoune

date : 1860 registre ancien : 7 registre moderne : 5 fréquence : 44

guitoune & guittoune ; faire guitoune avec n.f.

Tente arabe, tente, tente abri, toile de tente ; par ext. abri, abri proche des tranchées, guérite ; par ext. maison, méchante maison, chambre, petite maison, cabane, lieu où on demeure ; partager une tente, loger ensemble ANG : a poor house ; hut ; shelter, tent

Synonyme : maison, logis, domicile, chambre, logement, lieu où dormir, abri, abri de tranchée, tente Usage : militaire, guerre

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1937 Les Juifs, ils rentrent dans la guitoune, ils sont plus dehors… Dans la truanderie c'est eux qui se placent les premiers 1937. Bagatelles pour un massacre 1937 C'est pas drôle les rues de Leningrad, les gens sont minables… désolants… je l'ai dit… les boutiques de même… Autant de pauvres guitounes, décrépites… mal rafistolées 1937. Bagatelles pour un massacre 1916 pour arriver enfin au point fixé, des tranchées faites par le génie, avec des abatis en avant. Nous les occupons. J'ai une «guitoune» de feuilles un peu en arrière. 1916. Sous Verdun (août-octobre 1914) 1916 Légère et perméable au froid notre guitoune ! Deux piquets fourchus supportant un rondin en guise de maîtresse poutre, d'autres rondins coupés au hasard, tortus, inégaux, s'appuyant du bout à cette maîtresse poutre, et cela fait une maison 1916. Sous Verdun (août-octobre 1914) 1917 On a commencé à couvrir la tranchée, de place en place, pour abriter les hommes contre les balles des fusants. Vous, vous avez une petite guitoune très bien ; j'ai fait boucher avec de la paille et de la terre les interstices entre les rondins 1917. Nuits de guerre (Hauts de Meuse) 1916 Dans cette deuxième tranchée, qui ressemble à une rue, chacun installait, à droite, à gauche, sa maisonnette ou sa cave. On donna toutes sortes de noms à ces cases : cagna, guitoune, gourbi ; officiellement, ce sont des abris. 1916. Méditations dans la tranchée 1915 je suis mal logé. La guitoune où j'habite c'est comme qui dirait une cave. 1915. (correspondance) Lettre de combattant (4) 1915 Nous avons quitté nos délicieuses « guitounes » du bivouac nègre 1915. Journal d'un poilu. août 1914-décembre 1915 1936 Les copains sont tous des bleus et ne savent pas monter une guitoune. 1936. Hajde Prilep. Journal d'un poilu d'Orient 1936 De vieux camarades sont partis, dont le franciscain qui avait fait guitoune avec moi dans la Boucle. 1936. Hajde Prilep. Journal d'un poilu d'Orient 1977 Un déluge s'abat sur le camp. Les hommes se dépêchent de tout planquer sous les guitounes et de protéger celles-ci, en les étayant pour les empêcher de crouler sous les trombes d'eau et en canalisant les torrents à grands coups de pioche. 1977. Faut pas rire avec les barbares <11 citation(s)>

A. − Arg. milit. et fam. Tente. (Ds Esn. 1966). Guitoune de campeur. (Ds Rob., Lar. Lang. fr.). B. − P. ext. 1. Arg. milit. Abri de tranchée. Synon. cagna.Tout à l'heure, je suis descendu, plié en deux, dans notre guitoune, petite cave basse, sentant le moisi et l'humidité (Barbusse, Feu,1916, p. 18) : − À présent, c'est le front? Dans la pente s'ouvraient des guitounes. − Celle-ci est un abri d'artillerie, expliqua Prinet. − Et celle-ci? − Celle-ci un P.C. de combat. Montherl., Songe,1922, p. 32. 2. Familier a) Abri sommaire. Synon. baraque.Dans chaque jardinet du lotissement on avait édifié au moins une guitoune en planches ou en carton pour les lapins, les poules, le chien (Cendrars, Homme foudr.,1945, p. 311). b) Habitation, maison. Elle me reparlait des hypothèques!... C'était de la meulière leur guitoune... ça devait encore coûter pas mal! (Céline, Mort à crédit,1936, p. 553).Reste à la guitoune, j'y serai à deux heures (Riv.-Car.1969). Prononc. : [gitun]. Étymol. et Hist. 1. 1838 guitoun masc. « tente (dans un pays arabe) » (L.A. Berbrugger, Voyage au camp d'Abd-el-Kader, R. des deux mondes, 15 août, p. 450 ds R. Ling. rom., t. 42, p. 451); 2. a) Second Empire [ca 1860-70] guitoune arg. milit. « tente de campement » (s. réf. ds Esn.); 1900 (ds Dauzat, Arg. guerre, p. 122); b) 1914 « abri de tranchées » (au 11eTerritorial d'apr. Esnault, Notes compl. Poilu, 1956); 3. a) 1881 quitourne arg. des prostituées « chambre » (G. Grison ds Figaro, 23 nov. d'apr. Esn. Poilu); b) 1901 guitoune « maison » (Rossignol, Dict. arg., p. 57); c) 1952 « tente de campeurs » (s. réf. ds Esn.). Empr. à l'ar. maghrébingīṭūn « tente », correspondant à l'ar. class. qaiṭūn (FEW t. 19, p. 53b; Dozy t. 2, p. 378a). Fréq. abs. littér. : 27. Bbg. Quem. DDL t. 12.

Mot d'origine arabe : ce mot a certainement été rapporté par les zéphirs (ROS) / Terme algérien (SAIN-TRANCH) / Guitoune, en arabe, signifie tente (Dech1918) / Terme militaire (AYN) / guitoun, 1838, in Rev. des deux mondes; arabe d'Algérie geyton «tente» (GR) / mot des coloniaux (Laut1916) / de l'arabe kîtoun, tente, vulgarisé d'abord par le corps expéditionnaire des Dardanelles (mais le mot apparut indépendamment, dès l'été 1915, dans divers secteurs du front français, notamment en Artois. (Dauzat1917MdF) / Mot des colonies (REPPS1916) / devenu très en vogue, néologisme de la guerre, riva de cagna, qui a réduit gourbi à la portion congrue (les deux mots à l'origine n'étaient pas synonymes : kîtoun en arabe est la tente de campement) ; le mot s'appliquait à la tente-abri au Maroc et en Algérie en 1900 ; les troupes algériennes ont gardé ce sens mais c'est le sens abri qui s'est imposé parmi les troupes de la métropole ; mot jamais donné par des artilleurs qui disent plutôt cagna ou gourbi (leur abri est plus profond et plus stable que celui du fantassin et s'associe plus difficilement à l'idée de tente de campagne (Dauzat1918) / V. 1860 GR

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