cavaler

date : 1821 registre ancien : 9 registre moderne : 7 fréquence : 147

cavaler & cavaller ; se cavaler ; se cavaller ; se la cavaler ; cavaler de l'avant ; cavaler après qqun ; cavaler aux fesses de qqun ; recavaler v. intr.

Se déplacer vite, courir, se presser, décamper, partir, aller (rapidement) ; aller vite (à pied, ou autre : à vélo) ; courir après qqun, poursuivre qqchose ; changer d'endroit, être en mouvement ; s'enfuir, se sauver, fuir, s'évader ; refaire un trajet fatigant ALL : entfliehen / ANG : to run away / IT : evadersi, fuggire

Synonyme : fuir, s'enfuir, se sauver, s'échapper, s'évader, partir, s'en aller, presser (se), se dépêcher, courir, poursuivre, courir après

1914 –Ah ! pige-moi ces longues pattes que ça a, pour cavaler ?… On aurait les pareilles, nous aut's… mais rien qu'les femmes, naturell'ment… c'qu'on s'défilerait d'la corvée auprès des mich' ! –Un coup d'jarrets, on t'les plaqu'rait au bas d'la Butte pour leur fair' un pied d'nez du haut du Sacré-Coeur ! 1914. La grâce de Bichu, dans Racaille et parias 1977 formidable un lapin quand il est poursuivi par un furet à la vitesse qu'il cavale ! Faut le voir ! 1977. Une vie de cheval 1844 Cavalez-vous, dit Salvador à ses deux complices, l'affaire est marronnée. Je vous rejoins dans quelques minutes 1844. Les vrais mystères de Paris 1955 Et se cognant à mes guibolles, il se débina en cavalant 1955. Des kilomètres de linceul (Les nouveaux mystères de Paris, 2e arrondissement) 1955 C'est unique ça ! s'exclama-t-il. Voilà un gars dont personne ne s'occupe pendant des mois et il suffit qu'il ait envie d'aller faire un tour à la campagne pour que tout le monde lui cavale après 1955. Des kilomètres de linceul (Les nouveaux mystères de Paris, 2e arrondissement) 1950 La cour des miracles. Il faisait dans l'affreux, l'imbuvable, le quand je te vois je me la cavale 1950. Ainsi soit-il 1955 J'ai cavalé les boîtes de nuit et les bars pour essayer de la repiquer, mais que dalle, rien 1955. Pas de pitié pour les caves 1949 Je suis poulet, tu comprends. C'est sur du gros gibier que je cavale 1949. Mémoires d'un contrôleur des wagons-lits recueillis par René Delpêche 1969 Certains vous font tout un roman pour vous dire qu'ils n'ont pu cavaler 1969. Au décarpillage 2003 je m'arrache à son emprise et je me mets à cavaler à toutes jambes 2003. Dans l'enfer des tournantes 1980 Ils vous flanquent un demi-service ici et un demi-service là-bas. Vous arrêtez pas de cavaler 1980. Je ne veux plus aller à l'école 1916 tandis qu'il pédalait sur une route très arrosée pour porter une demande d'ordres du lieutenant, un obus avait crevé le pneu avant de son vélo et cassé deux ou trois rayons. –C'que j'ai failli en prendre, une gamelle ! d'autant plus que j'cavalais ! 1916. Crapouillots - Feuillets d'un carnet de guerre 1917 Le coup partit et mon maître assura que la balle n'avait pas dû passer loin car le Boche avait « trissé » et s'était « cavalé en vitesse ». 1917. Mémoires d'un rat 1872 Nous étions trente à l'arnague [nous étions trente à la bande] qui s'est cavalée [est partie] en cambrouse. 1872. Dictionnaire d'argot ou de jargue (2) 1840 je cavalais (courrais) en omnibus percé (à pied) afin de me trouver au rende (rendez-vous). 1840. (récit de voleur), dans Un an de prison, ou Souvenirs de Sainte-Pélagie 1915 Le commandant est « poissé », mais y a encore la mouquère et un aut'type qui doit chercher à s'cavaler… 1915. Les poilus de la 9e 1821 S'il trouve sa belle, tu le verras cavaler. 1821. Glossaire argotique des mots employés au bagne de Brest 1821 Entends tu le brutal qui annonce que nous cavalons. 1821. Glossaire argotique des mots employés au bagne de Brest 1821 Es-tu d'avis d'abattre le guichemare et de Cavaler avec les [ou : ses] carroubles ? 1821. Glossaire argotique des mots employés au bagne de Brest 1953 J'te cavale après partout, Chalumot ! 1953. Allons z'enfants 1985 elle a peur qu'il se reprenne et recavale droit au lit dans sa suite climatisée 1985. Manila Black 1973 les automobilistes couards qui fuyaient à tombeau ouvert comme si les flammes leur cavalaient aux fesses. 1973. Le Savoyard et la Vaudoise 1931 Ce n'est tout de même pas drôle de recavaler sept étages. Tu aurais pu me le dire à midi, je l'aurais pris [le vin] avant de monter. 1931. Mal loti 1922 Tu savais que Jacquot avait cette gonzesse-là comme dessous ? –Oui ! ça fait déjà un moment que ça dure. C'est pas très gentil parce que c'est la femme d'un mec qu'il connaît depuis longtemps. Mais elle a cavalé après lui. 1922. Au Lion Tranquille 1861 On les appelle, ils fuient, ils se cavalent. Ils coupent à toutes les corvées. 1861. Le 13e hussards. Types, profils, esquisses et croquis militaires... à pied et à cheval 2004 Il s'est cavalé de l'hôpital avec un drain dans la verge, le seul cadeau qu'il ait gardé pour pouvoir pissé. 2004. Une guerre au couteau. Algérie 1960-1962, un appelé pied-noir témoigne 1936 Me regarde pas avec ton air intelligent et cavalle [sic] faire ton sac. 1936. Hajde Prilep. Journal d'un poilu d'Orient <27 citation(s)>

CAVALER, verbe intrans. B. Fam., pop. ou arg. 1. a) Courir précipitamment. L'homme descend, tranquille, sans courir. « Mais grouille-toi donc! hurle Floquard. Allume! Cavale! » (GENEVOIX, Les Éparges, 1923, p. 61). ... il [Judex] s'élança au pas de course. Nous le suivions en cavalant (P. VIALAR, La Mort est un commencement, Les Morts vivants, 1947, p. 99). Cavaler après qqn. Le poursuivre. Vous croyez qu'ils avaient mis pleins gaz, quand ils nous cavalaient après? (MALRAUX, L'Espoir, 1937, p. 523). P. métaph. Le poursuivre de ses assiduités. C'était moi qui la cherchais [Blanche], moi qui lui cavalais après (GENEVOIX, L'Assassin, 1948, p. 127). Emploi trans., arg. Ennuyer, importuner (cf. courir, emploi trans.). Non, c'que t'es bassinant (...) tu vois donc pas qu'tu nous cavales? (A. BRUANT, Dict. fr.-arg., 1901, p. 34). b) Partir promptement. Vous allez cavaler, hein! ordonna-t-il, pris d'une soudaine colère (F. CARCO, L'Équipe, 1919, p. 135) : Je m'en vais, s'écria le père Soupe, je m'en vais!... C'est ça, dit Lahrier, cavalez! je vous ai assez vu, mon bon. Tenez, voilà votre chapeau. COURTELINE, Messieurs-les-Ronds-de-cuir, 1893, 4e tabl., I, p. 132. Emploi pronom. Prendre la fuite, se sauver. [Les souteneurs,] à la vue des inspecteurs de police s'écrient : la rousse! cavalons-nous! (A. LUCAS, Des Dangers de la prostitution, 1841, p. 45). « Partez vite. Je vais me cavaler et presto » (PROUST, La Prisonnière, 1922, p. 154). En partic. S'évader. Je trouverai bien moyen de me cavaler (F. VIDOCQ, Mémoires de Vidocq, t. 2, 1828-29, p. 15). Étymol. et Hist. 3. 1821 pop. « courir, filer » (ANSIAUME, Arg. en usage au bagne de Brest, § 38) (tlfi:cavaler) /

Argot parisien courant d'avant-guerre (Dauzat1918voc) /

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