voyou

registre moderne : 1 fréquence : 156

voyou & voyoute (fém.) ; voyouse (fém.) ; voyou de ; pâle voyou n., adj.

■ Garnement parisien, souvent jeune et de classe sociale basse ou populaire, vicieux, petit délinquant ; ■ homme affranchi, criminel parfois important ; ■ insulte, mot péjoratif, hostile ; ■ emploi amical ou affectueux/amoureux possible ; □ dépréciatif, terme de mépris ; (spécialement) : tout détenu (en prison, du point de vue des surveillants) ANG : a dirty street boy

Synonyme : voyou, vaurien, truand, criminel Usage : typo délinquant

1976 J'aime beaucoup [homosexuel] les ouvriers, les voyous, les gens qui… j'aime pas l'expression, mais il faut l'employer, les gens qui, socialement, me sont inférieurs. 1976. Dire nos sexualités 1887 De tous côtés, de pâles voyous, le cou étranglé dans une cravate de couleur voyante, se livrent à d'ignobles plaisanteries sur le condamné, et font rire aux larmes leurs compagnes, des gamines qui n'ont pas quinze ans. 1887. Le monde des prisons 1914 « Qui qu'oserait l'dire tout haut, qu'j'ai eu l'taf ? » défia-t-il. Un voyou mince et blafard répliqua, prenant l'assemblée à témoin, d'un geste circulaire de ses bras nonchalants : « On sait qu't'es bath, Bel-Os… et pas flemme… » 1914. La mère Croûte, dans Racaille et parias 1965 Faut pas perdre de vue non plus qu'Hitler ou pas Hitler, cette guerre-ci finira par la victoire du prolétariat, et qu'alors les flics tabasseront les capitalistes comme avant ils tabassaient les voyous en casquette. 1965. La débâcle 1955 C'était l'archétype du pâle voyou, suintant le vice par tous les pores, tel qu'on se l'imagine, sans le rencontrer jamais 1955. Fièvre au Marais 1986 Éric a quitté l'école. Il s'est mis à fréquenter des voyous d'un grand ensemble d'Aulnay, la cité des Mille-Mille. 1986. Rue Saint-Denis. Rites, personnages et secrets du quartier le plus chaud de Paris 1915 il me pousse en disant : –Allons, dehors, voyou !… / Il a entendu son officier l'appeler ainsi et il croit lui être agréable en se montrant aussi grossier que lui. […] J'affecte […] de n'attacher aucune importance au mot qu'il a employé. 1915. Les poilus de la 9e 1984 pour moi, avec ou sans votre chiée de téléphones, votre personnel et votre surface au sol, vous n'êtes qu'un arcan. Habillez ça comme vous le voulez, emballez-le de papier de chiotte si ça vous enchante, mais pour moi vous n'êtes qu'un voyou. 1984. Boulevard des allongés 1881 Ces danseurs étaient composés en partie de jeunes ouvriers ou apprentis rappelant bien plus, par leurs allures cascadantes, les voyous des barrières que les vaillants enfants de troupe du travail 1881. Mémoires de Monsieur Claude, chef de la police de sûreté 1978 Y'a pas mal de voyous, des gars mauvais. Des gars qui font des agressions le soir, des agressions de vieux. Chaque fois que je suis monté avec ceux-là, au lit : des madeleines. Des gars qui fondent. 1978. Les garçons de passe - Enquête sur la prostitution masculine 2007 La bande de jeunes, ou du moins la horde de voyous, puisque c'est synonyme, de nos jours, est à portée de main. 2007. La gigue des cailleras 1976 Lorsque, la partie de jambes en l'air terminée, il leur sortait tout de go qu'il était voyou, alors c'était le paradis. Les connes ! 1976. Histoire criminelle de Rafaël Mendoza <12 citation(s)>

Très différent du gavroche, titi, gamin de Paris qui est gouailleur, spirituel, flâneur, dévoué : le voyou est une crapule vicieuse qui a un langage à part, n'aime rien et convoite tout (VIR) / Les voyous, ça comprenait évidemment les vauriens, mais pas seulement eux et même bien davantage : tout un peuple au milieu duquel les voyous dûment repérés et reconnaissables ou probables n'étaient qu'une minorité. Ça comprenait surtout des gens dont le seul et unique objectif n'était pas, comme celui des vauriens, de faire un mauvais coup, mais de se débrouiller, au mieux des possibilités du quartier. (Chevalier, Histoires de la nuit parisienne) / Le gamin reste gamin jusqu'à l'âge de douze ans, passé cet âge il devient voyou. Voyez passer sur le boulevard deux enfants de dix à seize ans : le premier est encore petit pour son âge, mais il est déjà fort, leste, hardi ; son visage respire la franchise, ses yeux sont ouverts, il regarde en face, avec une nuance de crânerie, les hommes et les choses ; sa tenue est convenable, bien qu'elle sente l'atelier ; son linge blanc annonce les soins protecteurs d'une femme. Accompagnez d'un sourire ce bambin qui trottine en chantonnant un air nouveau, car cet enfant, c'est un gamin de Paris. Regardez maintenant le second : il frôle les boutiques comme s'il cherchait un carreau cassé pour les dévaliser ; examinez ce teint impossible à décrire et détournez-vous avec dégoût : cet enfant perdu avant l'âge, c'est le voyou de Paris. Le gamin de Paris fait des mots. Le voyou de Paris fait la bourse, la montre et le mouchoir ; le gamin de Paris est accessible à tous les bons sentiments, il est capable d'accomplir les plus belles actions. Le voyou de Paris possède tous les vices et il est toujours prêt à commettre les plus grandes lâchetés. [etc] (VIR-PAROUB) / Mot connu dans les collèges avant Les Mystères de Paris, d'E. Sue (D'Albanès, 1845) /

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