noir

date : 1898 registre ancien : 8 registre moderne : 8 fréquence : 43

noir

& être noir

adj.

Ivre, totalement ivre, complètement soûl ANG : drunk

Synonyme : ivre

Famille : noir (ivre)

Usage : alcool, ivrognerie, boire

1935 Il avait un sale caractère quand il était noir 1935. Moi, le Dab, souteneur !
1937 Nom de Dieu t'es saoul !… T'es noir à rouler, ma parole, t'es qu'un sale buveur « habituel » 1937. Bagatelles pour un massacre
1932 car elle avait pris tellement de whisky qu'elle était plus noire que lui 1932. Négro rumba
1929 T'étais encore noir, hier ? 1929. Je suis un geux
1914-1919 Ce qu'il ne disait pas, c'est que, à chaque fois, il revenait avec une fiole remplie de gnôle. C'est pour ça que, certains soirs, il était noir bien avant la nuit. 1919. J'étais médecin dans les tranchées (2 août 1914-14 juillet 1919)
1915 J'ai bon espoir que cela [guerre] ne durera pas longtemps maintenant. Quelle bombe ce jour-là ! Vous parlez tous de prendre une cuite ce jour-là, moi je voudrais être gai, à moitié noir, quoi ! pour vous raconter […] nos faits d'armes 1915. (correspondance) Les cinq mois de campagne d'un ouvrier parisien (3)
1997 était rentré plus ivre encore que d'habitude, c'est gris, ou noir, rond, encore des mots nouveaux à tous les autres qui s'ajoutaient, plus volontiers que le simple « saoul » que l'on disait 1997. L'aveu différé
1914-1919 Poitevin, dit « l'Antilope », est complètement noir : il ne s'aperçoit même pas qu'il casse son baudrier d'assaut, après une poignée de porte. On boit à la bouteille. Tout le monde est un peu gris… il y a du vent dans les voiles. 1914-1919. Les carnets de l'aspirant Laby. Médecin des tranchées
1953 On dirait un mec complètement noir en train de cuver un trop-plein de beaujolais. 1953. Alors, pommadé, tu jactes ?

<9 citation(s)>

Chez les imprimeurs, semble une variante d'expr. antérieures (se barbouiller, gris) (MCC) / Il semble bien que noir, en ce sens, signifie «obscurci, embrumé dans sa vision, ses conceptions», «qui a le cerveau brouillé». Certains aussi l'interprètent comme renchérissant sur gris ; mais ce sens de noir apparaît à une époque où gris n'appartenait plus au langage populaire (GR) / Voir aussi Les Ramonneurs, 1624 : Galaffre ivre : «Il est vray que ma peau deja passée en galles [noire?], se vendroit pour du maroquin de Flandres». (gb) / Argot parisien courant d'avant-guerre (Dauzat1918voc) /

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