écrabouiller

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date : 1535 registre ancien : 7 registre moderne : 6 fréquence : 40

écrabouiller & écarbouiller ; escarbouiller ; escrabouiller ; s'écrabouiller v.tr.

Écraser, aplatir, anéantir, détruire, réduire en bouillie ; s'écraser, s'aplatir ; au fig. : vaincre, réduire à néant ; surpasser, vaincre largement ALL : zerquetschen / ANG : écraser

Synonyme : casser, enfoncer, détruire, abîmer, écraser, aplatir Famille : écrabouil- (écraser)

1999 une nouvelle ère avait été ouverte par le record de l'heure de Francesco Moser, en 1984. Avec 51,51 kilomètres, il avait écrabouillé tous ses prédécesseurs, pulvérisant la barre mythique des cinquante bornes. 1999. Massacre à la chaîne 1937 Ils n'ont pas tout écrabouillé quand même !… tout réduit en poudre infâme ! 1937. Bagatelles pour un massacre 1945 manque d'écrabouiller un général de flics à képi argenté et gants blancs. 1945. Mon journal depuis la Libération 1945 toute sa section fut écrabouillée par une bombe d'avion 1945. Mon journal depuis la Libération 1953 Et je ne te dis rien des fois où vous nous tapiez sur la gueule avec vos monstres de canons au lieu d'écrabouiller les Boches 1953. Allons z'enfants 1985 Un tonnerre éclata dans les oreilles de l'Allemand qui n'aurait pas su dire si c'était la voiture qui plongeait dans le précipice ou les os de son visage qui s'écrabouillaient. 1985. Manila Black <6 citation(s)>

ÉCRABOUILLER, verbe trans. A.− Fam. Écraser, broyer, mettre en bouillie. J'avais envie de sauter, mais ça aurait écrabouillé les hortensias (Gyp, Gde vie,1891, p. 232).Il y avait de l'herbe dans la rue et, à travers les décombres des maisons franchement écrabouillées, on voyait en bas une belle petite vallée avec un ruisseau, des aulnes (Giono, Rois sans divertiss.,1947, p. 157).En faisant des tranchées et des coupes, qui écrabouillent quelques insectes pour le plus grand bien de la science et de l'humanité (H. Bazin, Vipère,1948, p. 113). − P. métaph. Les vallons obscurs de Bouvante et de Cordéac furent serrés comme dans un pressoir à vis par des gels qui y écrabouillaient tout ce qu'il y avait de vivant (Giono, Rois sans divertiss.,1947p. 107). Emploi pronom. Tandis que sa robe de chambre (...) flottait autour de ses assez maigres jambes (...) et qu'un trousseau de clefs vigoureusement lancé allait frapper le mur (...) tôt suivi d'un dictionnaire de Noël et Quicherat (...) qui vint s'écrabouiller à droite de ma tête sur le mur en question (Verlaine, Œuvres compl.,t. 4, Mes prisons, 1893, p. 362).L'éclair s'est écrabouillé sur le trottoir, presque au pied de la fenêtre (Gyp, Souv. pte fille,1928, p. 190). − Spécialement [Le compl. désigne une part. du corps] Écrabouiller la tête, la cervelle. Que les arbres tombent sur vous et écrabouillent vos abominables gueules! (Claudel, Endormie,1883, p. 9).Tailhade, sa figure, sa pommette écrabouillée par la bouche. Des yeux qui s'occupent chacun de leur affaire dans une figure trop viandée (Renard, Journal,1902, p. 755): 1. Le papa Coupeau, qui était zingueur comme lui, s'était écrabouillé la tête sur le pavé de la rue Coquenard, en tombant, un jour de ribotte, de la gouttière du no25... Zola, L'Assommoir,1877, p. 410. [Dans un cont. de violence, de guerre, d'accident] Un obus tomba, tonna, flamba, éclata... écrabouilla le petit cuistot (Benjamin, Gaspard,1915, p. 59).Il y a un an, elle demandait qu'on lui donnât un « Boche » entre les mains pour lui écrabouiller la tête contre le mur (Léautaud, Journal littér.,3, 1910-21, p. 257).Il paraît qu'au contraire, au début, les premières lignes ont été écrabouillées (Romains, Hommes bonne vol.,1938, p. 148).Un chat a été écrabouillé sur la route par une voiture (Dub. etLexis1975). Rem. Pour la forme écarbouiller, non attestée ds la docum., cf. infra prononc. B.− Au fig. [Dans un cont. de haine soc.] Les dreyfusards seront écrabouillés sur le pavé des rues (France, Bergeret,1901, p. 178): 2. Le baron qui approuvait fort que l'on écrabouillât les anticapitalistes redoutait chez son invité les renvois de racisme. Queneau, Les Enfants du limon,1938, p. 197. Prononc. et Orth. : [ekʀabuje], [ekaʀ-], (j')écrabouille, écarbouille [ekʀabuj], [ekaʀ-]. Ac. 1798-1878 enregistre uniquement écarbouiller (cf. aussi Besch. 1845, Lar. 19eet Littré). Ac. 1932 consacre à la forme par métathèse écrabouiller une vedette de renvoi à écarbouiller. Lar. 20e-Lar. encyclop., Dub. donnent uniquement écrabouiller. DG, Guérin 1892, Rob., Quillet 1965 et Lar. Lang. fr. admettent les 2 formes. Mais déjà Nouv. Lar. ill. et DG considèrent écarbouiller comme vieilli, Lar. Lang. fr. comme class. et littér., et Rob. souligne que écrabouiller est la forme consacrée par l'usage. Étymol. et Hist. 1535 escarbouiller (Rabelais, Gargantua, éd. R. Calder et M.-A. Screech, chap. 25, 96); 1578 escrabouiller (Ronsard, La bienvenue de Mgr le Connétable ds Œuvres, éd. P. Laumonier, t. 9, p. 118, 14, var.). Prob. comp., d'abord avec métathèse, de écraser* et de l'a. fr. esboillier « éventrer, étriper » (xiies. ds T.-L.), dér. de boiel (boyau*). Fréq. abs. littér. : 37. (TLFi) /

1535, Rabelais, escarbouiller ; escrabouiller, 1578, Ronsard ; croisement de écraser avec l'anc. franç. esboillier « éventrer », de boiel (GR) /

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