bobard

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date : 1900 registre ancien : 7 registre moderne : 7 fréquence : 81

bobard & bobbard ; □ conter un bobard ; raconter des bobards ; envoyer des bobards ; balancer des bobards ; envoyer des bobards à la noix ; envoyer des bobards salauds ; □ faire avaler un bobard n.m.

■ Mensonge (spécialement, politique, militaire, gouvernemental, pour propagande) ; mystification, canular, vantardise ; ■ plaisanterie, discours ou opinions stupides, paroles (péj.), mythe ; □ mentir ; □ faire croire à un mensonge ANG : a clever reply ; false report

Synonyme : discours, boniment, mensonge, insincérité, mentir, information fausse, rumeur, ragot Usage : militaire, guerre

1946 Vers midi et demi, on peut entendre les bobards typiques qui s'échangent autour des guéridons 1946. Le parisien de Paris 1936 Tout le restant ne sont que du « on dit » et des bobards 1936. Sur la frontière espagnole, dans Panorama de la pègre 1937 Les révolutions servent à cela… ne servent qu'à cela… tremper un peu mieux la ferraille pénitentiaire, les jolis bracelets blindés, fondus « bobards » 1937. Bagatelles pour un massacre 1936 Tous les bobards, il en a eu sa part, tous les serments il les sait 1936. Celui qui s'en va 1933 Paris et ses boulevards avec tous ses bobards 1933. C'est vrai 1945 Le bobard du jour. 1945. Mon journal depuis la Libération 1950 On finit même par se croire soi-même, à force de répéter les mêmes bobards 1950. Ainsi soit-il 1966 Le mot d'ordre de la bourgeoisie d'après-guerre était « le travail », ou plutôt ce qu'ils appelaient le travail. Je ne marchais pas dans ce bobard. D'abord quel métier ? Vendre des automobiles ? J'aimais mieux les acheter 1966. Les cahiers du capitaine Georges - Souvenirs d'amour et de guerre (1894-1945) 1966 De tous les bobards hérités du romantisme, le culte de la prostituée reste l'un des plus tenaces 1966. Les cahiers du capitaine Georges - Souvenirs d'amour et de guerre (1894-1945) 1945 Je me demande s'il s'agit d'un bobard de journaliste 1945. Femmes à l'encan - un esclavagisme patenté 1950 Les nouvelles les plus contradictoires se succèdent de toutes parts. Bobards, bobards ! On a même annoncé hier que Rommel s'était rendu. 1950. La vieille équipe 2003 je lui sors des tartines dégoulinantes de tromperie, des bobards incroyables 2003. Dans l'enfer des tournantes 1918 Ah ! mon lieutenant, vous mériteriez qu'on vous abandonne. Y a qu' vous, quante même, pour balancer des' bobards pareils !… 1918. Au seuil des guitounes 1970 J'espère que tu ne nous as pas raconté des bobards, intervint alors David Blosdey. Tu vas rester ici, au frais, durant deux ou trois jours. 1970. Échelon de destruction 2004 Il connaissait des histoires incroyables où il était difficile de démêler réel et fiction, bobards et vérité. 2004. Une guerre au couteau. Algérie 1960-1962, un appelé pied-noir témoigne <15 citation(s)>

BOBARD, subst. masc. Très fam. A. Propos, conte mensonger ou fantaisiste destiné à tromper un public généralement crédule. Lancer, raconter des bobards. Synon. boniment, racontar : 1. ... même des cuisines d'où viennent normalement les bobards et jacasseries, les hommes de soupe ne rapportaient que du mutisme... A. ARNOUX, Rhône, mon fleuve, 1944, p. 20. B. [Gén. en temps de guerre ou de trouble pol.] Faux bruit, fausse nouvelle ou opinion erronée que l'on répand soit pour masquer la vérité et encourager à poursuivre une action, soit pour alarmer l'opinion et démoraliser les troupes au combat : 2. Quant à la politique intérieure, le gouvernement procède par des communiqués à la presse, soit officiels, soit officieux. La plupart du temps, nous n'en usons qu'avec circonspection et parcimonie, lesdits communiqués étant farcis de bobards et de mensonges, tendant à représenter les ministres du moment, même ignares et canailles, comme des merveilles de sagesse et de prévision. L. DAUDET, Bréviaire du journ., 1936, p. 24. 3. La vérité c'est que ta haine de l'U. R. S. S. te porte à la tête, dit Henri. Tu travestis les faits, tu colportes n'importe quels bobards. C'est une sale besogne. À travers l'U. R. S. S. c'est le socialisme en général que tu attaques. S. DE BEAUVOIR, Les Mandarins, 1954, p. 253. Bobard de cuisine (cf. ex. 1). ... j'avais pris cela pour bobard de cuisine, tuyau crevé (CENDRARS, La Main coupée, 1946, p. 255). Rem. 1. Var. plais. bobard de popote (ROMAINS, Les Hommes de bonne volonté, Verdun, 1938, p. 97). 2. La docum. d'ex. du XXe s. fait une large part à ce 2e sens, au détriment du 1er, très peu illustré, si ce n'est dans des textes le plus souvent argotiques. Prononc. : []. Étymol. ET HIST. Ca 1900 d'apr. DAUZAT, Notes étymol. et lex. dans Fr. mod., t. 8, pp. 13-14); 1912 pop. (cité dans ESN.). Prob. dér. en -ard* du rad. onomatopéique bob- exprimant le mouvement des lèvres, d'où la moue, la bêtise; à rattacher à l'a.fr. boban « vanité » (XIIe s. dans T.-L.), bober « tromper » (XIIIe s., ibid.), bobert « présomptueux, sot » (XIIIe s., ibid.), m.fr. bobeau « mensonge », XVIe s. dans GDF., mots qui ont largement survécu dans les dial. (DAUZAT, loc. cit.). STAT. Fréq. abs. littér. : 49. BBG. DAUZAT Ling. fr. 1946, p. 218. SAIN. Lang. par. 1920, p. 535. (tlfi:bobard) /

Nous y avons vu un archaïsme ; il est peut-être plus plausible de l'identifier avec le manceau bobard = nigaud, sot, et le sens de boniment, ou de tirade qui interloque, serait alors induit de la locution : monter le bobard, synonyme de celle de monter le job, mystifier, proprement tromper le niais, d'où la notion de menterie (SAIN-TRANCH) / Du rad. onomat. bob-, bien attesté en anc. et moy. franç. (bober «tromper», XIIIe ; boban « vanité », XIIe, etc.), et qui a dû subsister dans les dialectes. → Bobine (GR) / Prob. dér. en -ard du rad. onomatopéique bob- exprimant le mouvement des lèvres, d'où la moue, la bêtise ; à rattacher à l'a.fr. boban « vanité » (XIIe s. dans T.-L.), bober « tromper » (XIIIe s., ibid.), bobert « présomptueux, sot » (XIIIe s., ibid.), m.fr. bobeau « mensonge », XVIe s. dans GDF, mots qui ont largement survécu dans les dial. (d'après DAUZ) (TLFi) / argot courant (Gauthiot1916) / remonte au vieux français (REPPS1916) / Gauthiot y voit un ancien parisianisme et pas une nouveauté comme le dit Sainéan (Dauzat1918) / Argot parisien courant d'avant-guerre (Dauzat1918voc) /

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