pègre

date : 1829 registre ancien : 9 registre moderne : 2 fréquence : 86

pègre & Pègre ; paigre n.f.

Collectif : monde des voleurs, milieu des criminels, ensemble des voleurs, membres du milieu, le milieu, les criminels ALL : Dieb, Diebesgemeinschaft / ANG : Robber ; the criminal class / IT : ladro

Synonyme : voleur Famille : pègre (voleur)

1932 Tant il est vrai que tout est relatif ici bas… et que la Pègre comme la Magistrature et l'Armée a sa hiérarchie. 1932. Le pourrissoir 1912 La pègre, c'est tout ce monde, équivoque d'allures, qui, voulant mener la vie facile, sans en demander les moyens au travail régulier, a recours aux méfaits, pour satisfaire ses dangereuses et méprisables passions. La pègre, c'est la tourbe des malandrins qui ne subsistent que du vol, pratiqué plus ou moins largement, plus ou moins brusquement, plus ou moins intelligemment, et qui, à l'occasion, ne reculent pas devant l'assassinat, pour écarter un obstacle ou supprimer des témoins gênants. 1912. Les plaies sociales. La Pègre 1975 Rejoins les rangs de la pègre, tu prendras vraiment ton pied 1975. Camarade bourgeois 1829 Ne voudrais tu pas te faire passer pour la fleur de la paigre, toi, Rousti 1829. Mémoires d'un forban philosophe 1845 ce refrain populaire des bagnes et des prisons : La pègre ne périra pas 1845. Les bagnes ; histoires, types, moeurs, mystères 1918 Dans la pègre militaire, il y a deux sortes de « mecs affranchis » ; les uns sont « francs » ou « réguliers » (régul'régul), autrement dit loyaux 1918. Loin de la rifflette 1883 Si la musique descendait, elle serait écharpée par le régiment. On se jetterait sur les mangeurs, dans les ateliers, dans le cour. La pègre se partagerait les morceaux. 1883. Le Tableau de Paris <7 citation(s)>

PÈGRE, subst. A. Subst. fém. sing. Groupe social formé par les voleurs, les escrocs, les souteneurs, les voyous. Solidarité et silence sont aussi fidèlement observés par les membres de la S.G., que dans la pègre, ou, comme on dit, dans «le milieu» (L. DAUDET, Police pol., 1934, p.77). J'ai eu des malheurs. Aussi me voilà tombé dans la pègre: je ne me relèverai jamais (QUENEAU, Loin Rueil, 1944, p.163): ... Trauttenbach avait longtemps vécu dans la pègre berlinoise, et (...) il avait conservé, dans ce milieu interlope, des relations dont il avait déjà tiré profit pour la cause.MARTIN DU G., Thib., Été 14, 1936, p.421. La haute pègre. Les voleurs, les escrocs de haute volée. J'ai vu plus d'une fois des hommes s'accuser de crimes qu'ils n'avaient pas commis, pour acquérir le droit de dire qu'ils appartenaient à la Haute Pègre (VIDOCQ, Voleurs, t.2, 1836, p.129). V. fanandel ex. La basse pègre ou la petite pègre. Les voleurs, les truands sans envergure. Les grands voleurs le méprisent [le voleur à l'étalage] (...), le relèguent dans la basse pègre (Intérieur prisons, 1846, p.53). Si l'on excepte la petite pègre tatouée, il faut convenir que la légende s'effrite: les complets de coupe excentrique et les bouchons de carafe, qui intéressaient beaucoup trop les indicateurs sont en voie de disparition (H. BAZIN, Tête contre murs, 1949, p.213). [Avec déterm. indéf.] Groupe de truands. Une pègre en délire se bousculait dans le passage (CARCO, Jésus-la-Caille, 1914, p.44). Descendons au bar, ici on ne s'entend pas, et quelle pègre nous coudoie! (MAURIAC, Chemins mer, 1939, p.134). B. Subst. masc., arg., vieilli. Voleur, escroc. [L.] est le pègre émérite qui a dévalisé l'appartement du maréchal Magnan (A. HUMBERT, Mon bagne, 1880, p.9). Pègre de la Haute. Membre de la haute pègre. L'association des Pègres de la Haute a ses lois, lois qui ne sont écrites nulle part, mais (...) exactement observées. Aussi le Pègre de la Haute qui n'a pas trahi ses camarades (...) reçoit des secours en prison, au bagne, et quelquefois même jusqu'au pied de l'échafaud (VIDOCQ, Voleurs, t.2, 1836, p.10). Le pègre de la haute ne volera pas un objet de peu de valeur (...) et méprise les voleurs de bagatelle auxquels il donne le nom de pégriot, pègre marteau (MOREAU-CHRISTOPHE, Français peints par eux-mêmes, Les Détenus, t.4, 1841, p.1). Bourreur de pègres. Code pénal (d'apr. CARABELLI, [Lang. pègre]). Abatteur, balanceur de pègres. Tribunal (d'apr. NOUGUIER, Notes sur Nouguier, s.d., p.2). Prononc. et Orth.: []. Att. ds Ac. 1935. Ds HUGO, N.-D. Paris, 1832, p.296, sous la graph. peigre, subst. masc. désignant un individu. Étymol. et Hist. 1. 1797 subst. masc. paigres « voleurs » (MERCIER, Le Nouveau Paris, t.2, p.74 ds BRUNOT t.10, 1, p.237); 1821 pègre « id. » (ANSIAUME, Arg. Bagne Brest, fo 7 ro, § 92); 2. 1829 subst. fém. la paigre «le corps des voleurs» (Mém. d'un forban philosophe, p.86 ds Fr. mod. t.13, p.272); 1828-29 La Haute Pègre (VIDOCQ, Mém., t.2, p.418). Orig. incertaine, d'apr. SAIN. Sources Arg. t.2, p.415, suivi par FEW t.8, p.425a, dér. de pega, pego « poix, glu », du lat. picare «poisser, enduire de poix», cf. arg. marseillais pego « larron des quais, voleur », proprement «avoir de la poix aux doigts» donc «dérober» (v. aussi MISTRAL). Fréq. abs. littér.: 39. BBG. CHAUTARD Vie étrange Argot 1931, p.286. SAIN. Argot 1972 [1907], p.40, 241, 261, 293, 302. (TLFi) /

L'une ou l'autre catégorie de la grande pègre qui, en 1860, se chiffrait déjà à Paris par une armée de cinq mille bandits militants (Claude) / Dans l'entre-deux guerres, le mot milieu - et les images qu'il évoque - l'emportait sur le mot pègre, le seul utilisé avant la guerre et dans l'immédiat après-guerre. Dans les années où nous sommes [1982], le mot milieu était communément employé pour désigner les grands criminels et leurs histoires généralement célèbres, et le mot pègre pour désigner les petits voyous et leurs histoires qu'on disait lamentables. (Chevalier, Histoires de la nuit parisienne) / Orig. incert., p.-ê. de l'anc. franç. pigre, pegre «paresseux»; Oudin supposait un rapport avec le lat. pix «poix», le voleur étant censé engluer ce qu'il volait (GR) / D'après les étymologistes, le mot pègre vient du latin piger, pigri, paresseux. L'origine de ce terme d'argot en précise le sens. (Villiod, La pègre) / 1829 d'après ESN (mais : paigre, 1797, n. m., «voleur») (GR) /

Enrichir la notice. Si vous connaissez une source ancienne, une première attestation méconnue, ou si vous pouvez compléter l'étymologie ou corriger une erreur, cette notice a besoin de votre aide. Écrivez et postez. (aide)

Signature Code 439