se marrer

date : 1920 registre ancien : 7 registre moderne : 6 fréquence : 148

se marrer & se mârer ; se marer ; se marrer doucement ; laisse-moi me marrer ; marrer ; marer ; faire marrer ; ≠ ne pas se marrer ; marer

Rire, s'amuser, se moquer, se tordre de rire ; se moquer de qqun, faire rire (parfois méprisant), amuser, rigoler ; □ laisse-moi rire (incrédulité, mépris) ; □ faire rire, amuser ; ≠ avoir du mal, des difficultés, souffrir

Synonyme : rire, s'amuser Famille : marrer, se marrer

2008 On se marre tous comme des gogoles et Miss Scofield elle aime pas, mais alors pas du tout la plaisanterie. 2008. Kiffer sa race 2006 –aie confiance. –Confiance en qui ? Tu m'fais marrer. 2006. Entre les murs 1977 J'ai fait marrer tout l'monde 1977. La boum 1979 Pis on s'est réconcilié devant une bière en se marrant 1979. C'est mon dernier bal 1979 Ça fait marrer mes conneries ? 1979. Peau aime 1981 Et ça fait marrer vos lardons 1981. J'ai raté télé foot 1945 De quoi se marrer… 1945. Mon journal depuis la Libération 1982 Avec ce que tu leur as collé dans la tronche, les mecs de l'identification ne vont pas se marrer 1982. Qui vous parle de mourir ? 1984 Tu m'fais marrer avec ton trial… C'est d'la rigolade ! Moi, j'ai fait le rallye Paris-Dakar ! 1984. Ricky VII 1953 C'est pas fort de s'marrer de leur poire aux bleus. Nous, on était aussi cloches en arrivant 1953. Allons z'enfants 1978 Et puis, il y avait une trouille chez certains qui m'avait fait marrer, c'était que je sois un braqueur. 1978. Les garçons de passe - Enquête sur la prostitution masculine 1958 Vous me faires marrer. Depuis trois mois que je vous le dis, mais il y en a pas un qui ose regarder les choses en face. 1958. Rage blanche 1953 L'autopsie a eu lieu… les rapports sont formels ! –Les rapports… les rapports… laisse-moi m'marrer ! Ça c'est passé à la cambrousse avec, probablement, un vieux toubib qui connaît peau d'balle 1953. Prosper en croque <13 citation(s)>

MARRER (SE), verbe pronom. Pop. et fam. S'amuser beaucoup, rire sans retenue. Synon. se bidonner, se gondoler. À la fin, on pouvait plus se retenir tellement qu'on se marrait. On en éclatait par le nez (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p.128). Chacun pour soi et Dieu pour tous, on n'est pas sur terre pour se marrer (SARTRE, Mort ds âme, 1949, p.99): ... quand le convoi stoppa (...), ce fut un éclat de rire général: le général de Castelnau se marrait, les officiers de son état-major se marraient, ils étaient tous venus à la gare pour réceptionner les fameux chiens de guerre destinés à l'armée française... CENDRARS, Main coupée, 1946, p.239. En partic. [Avec une idée de dérision, de raillerie] Non, quelle armée! Et on parle de chasser les Boches? Laissez-moi me marrer (DORGELÈS, Croix de bois, 1919, p. 27). J'aime pas combattre avec des capricieux. Pour l'instant il s'étale, pourtant, joue le héros! De quoi se marrer (MALRAUX, Espoir, 1937, p.678). Loc. verb. à valeur factitive. Faire marrer qqn. Il nous fait bien marrer quand il imite la messe, dit Madame Duseuil (QUENEAU, Loin Rueil, 1944, p.71). Vous me faites marrer ! dit Henri. Vous êtes tous là à attendre des choses de moi (BEAUVOIR, Mandarins, 1954, p.366). Prononc. et Orth.: [], (il se) marre []. QUENEAU, Pierrot, 1942, p.81: se marait. Étymol. et Hist. 1. 1883 se marer «s'ennuyer» (G. MACÉ, Notes ds ESN.); 1910 verbe trans. marrer « ennuyer » (ID., ibid.); 2. verbe pronom. a) 1883 (?) « rire tout son soûl » (ds ESN.); 1889 (G. MACÉ, Mes lundis..., ibid.); b) 1916 « rire de quelque chose qui n'appelle pas ordinairement le rire » (BARBUSSE, Feu, p.233). 1 orig. incertaine, prob. de l'esp. mareo «ennui» (dep. XVIIIe s. d'apr. AL.), marear «ennuyer» (dep. XVIIIe s., MORATIN, ibid.), marearse « avoir le mal de mer » (dep. le XVIIe s., M. ALEMAN, ibid.), (v. ESN.), le passage sém. étant du même type que celui du mot noise* (du lat. nausea « mal de mer »); plutôt que dér. de marre* (FEW t. 16, p.535b). 2 prob. par antiphrase de se marrer1, se marrer signifiant également « rire (amèrement) de quelque chose qui devrait plutôt faire pleurer » (v. 2b), (v. FEW loc. cit.; BL.-W.3-5), plutôt que de marée « cuite » (v. ESN.). Fréq. abs. littér.: 194. (TLFi) /

De marre (GR) / Peu usité (Marcy, 1901) / Argot parisien courant d'avant-guerre (Dauzat1918voc) / 1920 par antiphrase : d'abord «s'ennuyer», 1886 (GR) /

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