rastaquouère

date : 1880 fréquence : 19

rastaquouère & rastaqouère n., adj.

Escroc exotique, aventurier exotique séducteur, chevalier d'industrie, aventurier venu à Paris pour faire des dupes, type d'individu étranger et douteux gravitant dans les sphères de la bonne société ALL : Abenteurer, Hochstapler / ANG : South-American adventurer

Synonyme : escroc

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1912 Il [le cambrioleur solitaire] fait les « beaux cambriolages », qui ont besoin de plusieurs concours pour être réussis. D'abord, l'indicateur, ou préparateur du coup : ancien domestique, gagne-petit admis dans les appartements pour de menues réparations de faïences ou objets d'art qu'on a le tort de ne pas confier à des spécialistes, employés malhonnêtes, rastaquouères profitant d'anciennes relations mondaines ou d'indiscrétions arrachées à des serviteurs naïfs, etc. 1912. Les plaies sociales. La Pègre 1887 Paris est peuplé de ces brillants rastaquouères, qui trompent les yeux des plus vigilants. On ne les connaît que quand il est trop tard. 1887. Le monde des prisons 1902 tout un hiver, le Nice rastaquouère et barbare des grands hôtels et des villas mordit, docile, à ce plaisir artiste 1902. Les Noronsoff 1899 Bien qu'il fût sans cravate et un peu affalé, il avait conservé cette allure de rastaquouère si facilement reconnaissable pour les hommes de police ou de justice 1899. Les Mémoires de M. Goron – À travers le crime 1927 –Tous trois filous, ces rastaquouères. 1927. Souvenirs de la vie de plaisir sous le second Empire 1891 Il est évident, en effet, que, sans la morphine, […] cette femme jeune, jolie, bien élevée, riche, adulée, ne se fût pas livrée à un rastaquouère indiscret, encombrant, brutal et « tapeur » (dans tous les acceptions du mot) 1891. Tablettes du progrès - La morphine (affaire Wladimiroff) <6 citation(s)>

"Dans l'opérette Le Brésilien, au Palais-Royal, Brasseur père jouait un personnage très voyant du pays, débarqué à Paris. Il commençait par apparaître à peu près nègre, avec un jeu de boucles d'oreilles et de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel étalées sur un gilet invraisemblable. Ensuite il ouvrait la bouche et faisait sonner ces syllabes effrayantes comme une grêle d'orage sur des vitres : Astaquer bonastaquer, finalement rastaquouere, qui n'étaient pas dans le texte. Le lustre en trembla, mais cette cascade fit rire toute la salle. A la sortie, spectateurs et spectatrices, dans les restaurants et les cafés, popularisèrent ce vocable bruyant. Conséquence, le surlendemain plusieurs membres distingués de la colonie brésilienne s'émurent, se portèrent au Palais-Royal et sifflèrent Brasseur. Leur légation, en même temps, faisait entendre des doléances au quai d'Orsay. La censure intervint, et la direction du Palais-Royal força Brasseur à une manière d'acte de contrition. Mais il était un peu tard. Le terme rastaquouère était déjà entré dans notre argot courant. [puis] le mot rastaquouère devenu rasta tout court, a perdu tout son sens ridicule primitif étant devenu presque synonyme d'apache." (Jollivet, Souvenirs) / esp. d'Amérique rastracuero «traîne-cuir», désignant des parvenus, p.-ê. par allus. aux culottes ou jambières de cuir, signalant l'ancien vacher, le gaucho (GR) / 1880 (GR) /

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