en avoir marre

date : 1895 registre ancien : 8 registre moderne : 6 fréquence : 216

en avoir marre & en avoir mare ; en avoir mar ; y en avoir marre ; y en a marre de ; avoir son marre ; c'est marre ; c'est marre pour ; en voilà marre ; faire marre ; mare ; mar ; mart ; marre ; marré ; être marré ; en avoir marré ; en avoir maré ; avoir marré de ; mare, j'en ai marre locution

■ (Idée d'excès de fatigue et d'ennui). En avoir assez, en avoir trop, être fatigué de, être dégoûté de ; s'ennuyer, (s'ennuyer en prison) ■ c'est bon, c'est fini, c'est tout, ça suffit ALL : Rechnung, genug, ich habe genug davon / ANG : enough ; I am tired of it

Synonyme : non, refus, ennuyer, s'ennuyer, assez, en avoir assez, excédé Morphologie : e/é-et-ez Famille : marre, maré (assez)

1932 Alors, pendant qu'les frangin's sont à leur boulot et qu'c'est marr' pour la r'luque, la môm' ouvr' la dardant' et fout son bif' à la vioqu' qui l'agrippe en quatrième. 1932. Le pourrissoir 1976 Aujourd'hui, t'en as la moitié qui sont toutes seules ! Elles paient tant la journée pour venir tapiner, et c'est marre ! 1976. Le nouveau visage de la prostitution 1965 Adolf, avec les Sudètes et l'Autriche, je trouve que c'est marre. Maintenant que t'as montré ce que t'es capable, tu vas rester peinard avec ta paye de Furère et te mettre de l'argent de côté pour nos vieux jours. 1965. La débâcle 1932 il en avait marre des bombardements 1932. De Gaby Deslys à Mistinguett 1981 T'en as pas marre de ces marioles 1981. J'ai raté télé foot 1979 Les hommes, j'en ai marre et plus que marre et je peux me vanter de les connaître 1979. Les mauvais lieux de Paris 1939 des délégations de snobs que démange l'envie de s'affranchir, et qui éprouvent une volupté réelle à dire : « C'est régulier, c'est correct, je suis à la page, j'en ai marre, un truc marle, un malabar, etc. » 1939. Le piéton de Paris 1994 Y'en a marre, c'est dégueulasse 1994. C'est quand qu'on va où 1927 Tu attiges un peu, tu ne vois pas que tu les barbes ! Un discours, ça va bien, mais quand ça dure trop, on en a marre 1927. Les Pieds-Nickelés au Mexique, dans Les Pieds-Nickelés en Amérique (1921-1927) 1937 Il faut remonter les boulets de quelques crans et puis c'est marre 1937. Bagatelles pour un massacre 1945 pour moderniser son propos, il emploie parfois l'argot, à l'étonnement général : « Zigouillé !… On en avait marre ! » 1945. Mon journal depuis la Libération 1950 Où il devenait nettement emmerdeur, c'est quand il commençait à raconter des salades sur chacun des petits gars épinglés au mur. Au bout de quelques mois, ça finissait par faire marre 1950. Ainsi soit-il 1918 Je commençais à en avoir marre 1918. Loin de la rifflette 1955 Qu'est-ce que tu as fait pour le posséder, hein ? Des sourires et c'est marre 1955. Pas de pitié pour les caves 1957 j'en ai marre, marre. Les hommes se soutiennent entre eux 1957. Les eaux troubles de Javel 1969 Marre d'être fils à maman ! Marre d'être gendre, marre d'être cadre à vie, paré devant, paré derrière, sécurité d'abord ! 1969. Les fous de Hong-Kong 1953 T'avoues, toi, pour ton compte et c'est marre. 1953. Les aveux les plus doux 1995 en plus, je vois pas ce qu'on peut faire, après une journée pareille, y a qu'à se coucher et pis c'est marre… 1995. Les pieds-bleus 1952 Ne me parlez plus de chasse. J'en ai marre et marre et marre. […] Non, non ! La chasse, c'est marre, c'est marre, marre et marre. 1952. Émile et son flingue 1921 je vais, semant la mauvaise nouvelle ; et sous mes pas lève une moisson d'imprécations : « Quelle fouterie !… Y en a marre !… Pour qui qu'on nous prend ?… Cochon d'blockhauss ! » 1921. La boue 1915 On sent bien maintenant, nous autres qui sommes sur les lieux, que les Boches en ont mar. Notre artillerie les harcelle toute la journée et toute la nuit. 1915. (correspondance) Lettre de combattant (4) 1915 Si ça vous plaît, à vous autres, de bouffer des kilomètres, moi, je vous cacherai pas que j'en ai « mare »… 1915. Les poilus de la 9e 1971 Se lever toujours à la même heure, se coucher tôt le soir, être aimable avec les autres, bien faire son lit, se laver… et puis tout le reste…. Marre… marre… marre… il y en avait marre. Je veux « vivre » 1971. Histoire de Michèle 1987 je m'étais engagé à dix-sept. Marre de casser du nègre, de jouer les flics de l'Afrique, mais j'étais dans les paras 1987. Voyage à l'intérieur des prisons - Témoignage 1994 Je ne voulais pas y aller et puis c'est marre. 1994. La guerre des gusses 1922 Y en a des plus marles que tes cols qui m'ont cuisiné depuis quinze jours et je leur ait dit que dalle ! Et puis en v'là marre avec ça ! 1922. Au Lion Tranquille 2004 Les habitants du plateau en ont marre, mais marre à un point inimaginable. 2004. Une guerre au couteau. Algérie 1960-1962, un appelé pied-noir témoigne 1963 J'en ai marre, Willsdorff, tu comprends. J'en ai marre de me sauver comme un romanichel. J'en ai marre des Viets, j'en ai marre, j'en ai marre… 1963. La 317e section 1977 La rue, c'est pas fait pour se baguenauder, une souris au bras. Seul ou avec les copains, c'est marre. 1977. Faut pas rire avec les barbares 1977 Et puis, ça suffit pas pour la tranquillité, parce que j'en ai marre, marre, marre, marre. Bart, enculé de ta race, où tu m'as mené, dis ? 1977. Faut pas rire avec les barbares 1953 J'en ai marre, marre de tout… 1953. Alors, pommadé, tu jactes ? 1953 S'il calenche, c'est plus simple : règlement de comptes, diront les canards du lendemain. Et c'est marre. On écrase le coup, on classe le machin et Pigalle continue à se fendre la pipe 1953. Alors, pommadé, tu jactes ? <32 citation(s)>

MARRE, adv. Pop. [Dans des expr.] Synon. de assez. En avoir marre (de qqn, de qqc.). En avoir assez, être excédé, écoeuré. Quand Trimault eut bien usé d'elle, un matin, après une scène: Ma petite, j'en ai marre de t'entretenir (DABIT, Hôtel Nord, 1929, p.33). Il faut que je rouvre maintenant les trois valises! Eh bien, non et non! J'en ai marre, moi! (MONTHERL., Fils personne, 1943, IV, 4, p.342): Allons, en avant! Maniez-vous, les gars! dit l'adjudant (...). L'endroit n'est pas bon. On est éreinté, meugle une voix (...). Zut! J'en ai marre, j'reste là, gémit un autre à bout de souffle et de force. BARBUSSE, Feu, 1916, p.183. C'est marre, (il) y en a marre. Cela suffit. Cette fois-ci, y en a marre, j'vais tous les virer (SIMONIN, J. BAZIN, Voilà taxi! 1935, p.189). Il en avait eu sa claque des litiges, des réclamations... à propos de tous les brevets (...) c'était marre! (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p.683). Prononc.: []. Étymol. et Hist. 1881 adv. maré « assez » (ESN.); 1883 subst. masc. J'en ai maré «dégoût» (ibid.); 1895 J'en ai mar «je suis excédé» (ibid.); 1896 adv. Marre «assez!» (DELESALLE, Dict. arg.-fr. et fr.-arg., p.176). Orig. incert. Plus prob. déverbal de marer, se marer* « s'ennuyer » (v. ESN.), qu'issu de se marrir (v. marri), cf. les dér. marrement «chagrin, déplaisir» (1050 XIIIe s.), marrissement «déplaisir» (XIIIe XVIe s.), marance «affliction, faute légère, toute sorte de faute, d'infraction aux règles» (ca 1200 ca 1400), etc., dont il reste quelques traces dans les parlers d'oïl; selon P. GUIRAUD ds Cah. Lexicol. t. 17, pp.10 à 13, le rattachement de maré*, mare à la famille de marelle* et plus particulièrement aux formes merel, mereau, qui désignent différentes sortes de jetons: meriau «jeton servant de monnaie de convention» (ca 1245-1400), méreau «jeton de présence, jeton qui sert à compter» (XVIe-XVIIe s.), merelle « jeton », puis « gage, gain », «part due» (XVe-XVIe s.) (v. FEW t. 6, 1, p.368b, 369, 370a) l'amène à donner à mare le sens de « jeton qui sert à attribuer la part qui vous est due dans une distribution », puis de «part» et à avoir son maré, son mar le sens de « avoir sa part », mais cette hyp. n'entraîne pas entièrement la conviction. L'hyp. d'un empr. à l'ar. andek « tu as eu », marra « une fois » c'est-à-dire « ça suffit » (ROB.) n'est étayée par aucun texte venant d'Afrique du Nord. (tlfi:marre) /

Mare, mar : abrév. de maré = blasé, qui vient de marée = répulsion, dégoût par allusion à l'odeur du poisson peu frais (SAIN-TRANCH) / Il semble que c'est un vieux mot, de la famille du mot marri encore en usage, dans l'acception de fâché, triste, chagriné (Dech1918) / Se marrer signifiait autrefois s'ennuyer, être dégoûté, avoir des nausées, sensation du mal de mer (mar) - d'où : en avoir marre - : on a fini par sous-entendre « à force de rire », comme quelqu'un qui rit aux larmes, et crie « assez, assez » (AYN) / Esp. mareo (mal de mer) : la comparaison de l'ivresse au mal de mer se trouve déjà dans les Prov. bibliques (MCC) / P.-ê de se marrir « s'affliger », maré « excédé » (1895, Chautard) / Marri, ou esp. marearse «avoir la nausée», de mar «mer» ; P. Guiraud rattache le mot à l'anc. franç. marre « caillou », d'où merel, marreau « jeton », d'où merel « part due », par la loc. prendre son marre, comme prendre son pied, son taf (GR) / signalé comme usité dans contingents parisiens, antérieur à la guerre, ayant obtenu un succès considérable (Dauzat1918) / Argot parisien courant d'avant-guerre (Dauzat1918voc) /

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