poilu

motdéfinitionrelationscitationsdatescommentaires

date : 1914 registre ancien : 6 registre moderne : 2 fréquence : 128

poilu & Poilu n.m., adj.

Soldat français, mythique, de la première guerre mondiale, soldat du front, dans les tranchées, généralement peu gradé et toujours combattant fortement exposé (pas l'arrière, pas l'air, essentiellement l'infanterie, la chair à canon) ; par ext. soldat ALL : Soldat / ANG : French heroes 1914-15-16 ; real soldier ; French soldier

Synonyme : soldat, fantassin Usage : militaire, guerre

4613.jpg: 491x645, 116k (06 juillet 2011 à 18h48) 4613_poilu_correspondance_1915.jpg: 608x938, 221k (30 septembre 2017 à 01h09)

1945 grimé en poilu, le front ceint d'un bandeau ensanglanté et la capote en lambeaux 1945. Mon journal depuis la Libération 1918 C'est lui qui disait à un poilu mal réveillé 1918. Loin de la rifflette 1918 Et vous savez, notre colon, c'est un brave, un vrai poilu. Toujours en avant avec ses bonhommes, où il y a le plus de danger, fusil au poing, tirant les Boches comme des lapins et déquillant son mec presque à chaque coup 1918. La belle défense du château de Grivesnes 1968 Si la carrière d'aviateur est dangereuse, elle ne l'est pas plus, de toute façon, que le métier de poilu dans les tranchées 1968. Pilote de chasse aux Cigognes - avec Fonck, Guynemer, Nungesser et Garros 1916 [des sous-off. automobilites et aviateurs, habillés à la mode :] –Tiens, des poilus ! Dites-donc, vous autre, cria le plus beau des margis en se dressant insolent dans la guimbarde, ça boulotte là-bas, à votre front ? 1916. Crapouillots - Feuillets d'un carnet de guerre 1921 J'ai la section de droite, nous dit-il. Mes poilus m'ont prévenu que vous veniez de passer. Alors, s'pas… 1921. La boue 1918 S'il n'y avait pas eu ces bleus du groupe D, je les faisais atterrir vivants chez nous, les deux poilus [aviateurs allemands ennemis] : l'observateur faisait « camarade ». 1918. Notes d'un pilote disparu (1916-1917) 1916 Ah ! mes poilus […] y a a pas à dire, avec tous ces maccabées les corbeaux doivent engraisser à c't'heure. 1916. Journal d'un simple soldat. Guerre-captivité 1914-1915 1917 il rit de grasses plaisanteries qu'il n'entend pas et s'applique à parler poilu : « T'en fais pas !… Non, mais des fois !… Au pinard ! Etc. » 1917. Le chass'bi. Notes de campagne en Artois et en Argonne en 1915 1916 On a trop célébré les « poilus, » informes, crottés et lourdauds. Ils sont beaux quand ils veulent nos types. 1916. Méditations dans la tranchée 1916 Ils sont intelligents, nos types. On a tort de les appeler des poilus. Ce nom grossier ne leur va pas et les désoblige. 1916. Méditations dans la tranchée 1914 de simples pékins de toutes les contrées, de toutes les classes sociales, pékins transformés par quatre mois de campagne en braves poilus. 1914. L'écho des marmites 1917 Eh bien ! les aviateurs ne sont peut-être pas des poilus !… Ils se font démolir comme les autres… Dans la boue ou dans le ciel, dans le noir ou dans le bleu, taupe ou oiseau, tous, on en est. 1917. Chignole (la guerre aérienne) 1918 un poilu casqué, au masque dur de gladiateur romain – c'était un « joyeux » – se lever 1918. Loin de la rifflette 1918 –Visez-moi si c'est gentil, ce petit poilu avec sa petite poulette. 1918. Loin de la rifflette 1916 Le sous-officier de la sixième pièce, à laquelle je suis temporairement attaché, appelle : –Les poilus ! –Voilà, voilà, répond un engagé volontaire grisonnant. Des poilus qu'ont pas le poil sec. 1916. Avec une batterie de 75. Ma pièce. Souvenirs d'un canonnier. 1914 1915 Aux renseignements qu'il demande à un poilu quelconque relatifs aux vivres, on lui répond qu'il trouvera à Ambly « des figues sèches ». 1915. Journal d'un poilu. août 1914-décembre 1915 1918 j'ai même connu un poilu qui s'était si bien autosuggestionné qu'il était convaincu d'avoir été grièvement blessé ! 1918. Loin de la rifflette 1918 je ne déteste pas que mes poilus courent le guilledou à la française ! 1918. Loin de la rifflette 1911 silence troublé par les réflexions chuchotées à voix basse par des « poilus » et autres joyeux lascars qui ne se gênaient point pour se payer la cafetière du conférencier 1911. Le retour de Manounou, dans La bande des Pieds Nickelés (1908-1912) 1911 Les « poilus » s'appuyaient bravement des potées de kilomètres 1911. Le retour de Manounou, dans La bande des Pieds Nickelés (1908-1912) <21 citation(s)>

POILU, -UE, adj. et subst. masc. C. Au fig., vieilli. Qui est énergique, courageux. Bien, mon petit aiglon! Vous gouvernerez les hommes; vous êtes fort, carré, poilu; vous avez mon estime (BALZAC, Goriot, 1835, p.194). Léon Bloy (...) cherche quelqu'un d'assez poilu pour éditer une brochure de 150 à 200 pages intitulée: Je m'accuse... (BLOY, Journal, 1899, p.352). II. Substantif A. Pop., vieilli. Homme (énergique, courageux). Synon. brave, gars. Malheur aux riches! Heureux les poilus sans pognon (RICTUS, Soliloques, 1897, p.100). B. Soldat français combattant de la guerre 1914-1918 (dans le langage des civils). [La Démocratie] a créé, sous le nom de Poilu, un type de héros, on peut dire grotesque, sinon abject (BERNANOS, Gde peur, 1931, p.414). Je débitai des litanies et des rosaires à l'intention de nos chers poilus (BEAUVOIR, Mém. j. fille, 1958, p.31): 2. Pourquoi diable, à l'intérieur, les appelle-t-on les poilus? Ici, le mot ne plaît à personne. On est poilu quand on ne peut pas être autrement, dans les mauvais jours, les jours cruels et tragiques, qui deviennent ensuite les grands jours. Mais, dès la relève, on ne demande qu'à reprendre sa bonne figure habituelle. BORDEAUX, Fort de Vaux, 1916, p.92. Étymol. et Hist. b) 1897 poilu arg. milit. « homme (brave), gars qui n'a pas froid aux yeux » (RICTUS, loc. cit.); c) ca 1915 en partic. « combattant français de la première guerre mondiale » (ESN. Poilu, p.429: les Poilus et les Boches, Poilus et Tommies). Dér. de poil*; suff. -u*; au sens 2 b, cf. poilu « courageux » (1833, BALZAC, Méd. camp., p.88), v. aussi DAUZAT, Arg. guerre, p.47 à 52. Fréq. abs. littér.: 287. Fréq. rel. littér.: XIXes.: a) 49, b) 111; XXes.: a) 763, b) 659. (tlfi:poilu) /

Before the war 1914, poilu was a common word designating form the time of Samson, virility and strength : Hébert, in his paper le Père Duchesne, 1793, speaks of les bougres à poil, determined to live in liberty or to die. Balzac, in Le Médecin de campagne says : General Eblé could find only forty two pontoniers assez poilus to venture building a bridge over la Beresina, 1812. Poilu is now a glorious appellation for all our soldiers in the trenches, on account of their bravery, self-denial and good humour (MAR) / Les Romains attribuaient aux poils la même vertu : Vir pilosus aut fortis aut libidinosus, disaient-ils. C'est d'ailleurs une constatation d'ordre physiologique : «Les poils sont, avant tout, le signe de la force virile. On n'est homme qu'à partir de la puberté. De là à admettre que les poils font la force il n'y a qu'un pas... L'idée de force suggère celle d'audace...», Ed. Brissaud, Histoire des expressions populaires relatives à l'anatomie, à la physiologie et à la médecine, Paris, 1888, p. 80. Le mot n'a absolument rien de commun avec l'état hirsute ou mal-propre de nos soldats des tranchées. Son sens primordial est celui de mâle, d'où l'acception de « courageux », attestée près d'un siècle avant la Guerre actuelle qui a annobli et couvert de gloire le Poilu. La signification foncière de ce nom relève du système pileux en général et non pas de la barbe. Un humoristique illustré, Nos Poilus (septembre 1915), représente deux Soldats à tous poils, un gars imberbe et un troupier barbu qui s'interpellent : « Toi, le gosse !.. un Poilu ? - J'ai pas de poil au menton, mais j'en ai sur la poitrine ! » On est Poilu avec ou sans barbe, hirsute ou épilé... Avant la Guerre, le Poilu était l'homme à poils, à tous poils ou à tous crins, l'homme ardent, énergique, résolu ; il est maintenant le brave par excellence, le hardi combattant des tranchées, le héros d'une épopée nouvelle. (SAIN-TRANCH) / De poil, les poils étant le signe de la virilité (GR) / « Enfin il y a le fameux 'poilu', vieux mot qui désignait le gaillard qui n'a pas peur, qui a du poil à un tout autre endroit que sur la figure et qui n'est entré que lentement en usage dans certains corps, parce que déplaisant et grossier. Mais l'arrière ayant réussi à en faire un terme officiel (n'a-t-on pas vu une 'journée du poilu' ?) et l'ayant auréolé de poésie, ne pouvait manquer de l'imposer même aux poilus les plus récalcitrants. » (Gauthiot1916) / C'est ainsi que l'on nomme aujourd'hui les soldats français qui (...) sont souvent forcés de laisser croître leur barbe (Lambert1915) / Le mot venu on ne sait d'où fit subitement fortune en 1914 au commencement de la guerre. Le poil a toujours passé pour le signe du courage, de la force virile (Dech1918) / « le poilu, ce n'est pas l'homme à la barbe inculte, qui n'a pas le temps de se raser – ce serait déjà pittoresque ; c'est beaucoup mieux : c'est l'homme qui a du poil au bon endroit - pas dans la main ! – symbole ancien de virilité. [...] Poilu existe depuis un siècle au moins dans notre argot militaire. Il fut un mot de grognard, comme le témoigne Balzac [Médecin de campagne] le mot n'était encore qu'adjectif à cette époque. Plus tard, et jusqu'à la veille de la guerre actuelle, il désigna, dans les casernes où prédominait l'élément parisien et faubourien, soit l'homme d'attaque qui n'a pas froid aux yeux, soit l'« homme » tout court (on sait qu'à l'armée les soldats s'appellent officiellement les « hommes »). [...] [en 1914] on disait couramment que le "caporal réclamait deux poilus pour une corvée". » (Dauzat1917MdF) / « Ils sont intelligents, nos types. On a tort de les appeler des poilus. Ce nom grossier ne leur va pas et les désoblige. [...] Les hasards de la campagne m'ont fait rencontrer, une seule fois, un capitaine un peu cabotin, qui prononçait avec emphase et d'un ton nasillard : mes poilus ! La littérature a voulu lancer ce mot : un autre a la vogue ici. Nous disons : nos types. » (Redier1916 p. 195) / inconnu il y a quatre ans à peine, à la majorité de nos concitoyens ; terme qui a conquis une renommée mondiale. ce n'est pas l'homme à la barbe inculte, qui n'a pas le temps de se raser [...] c'est l'homme qui a du poil au bon endroit, – pas dans la main ! – symbole ancien de virilité. Poilu existe depuis un siècle au moins dans notre argot militaire. Il fut un mot de grognard [témoignage de Balzac, Médecin de camp., 1834] le mot n'était encore qu'adjectif à cette époque. Plus tard il désigna soit l'homme d'attaque qui n'a pas froid aux yeux, soit l'homme tout court. (Dauzat1918) /

Enrichir la notice. Si vous connaissez une source ancienne, une première attestation méconnue, ou si vous pouvez compléter l'étymologie ou corriger une erreur, cette notice a besoin de votre aide. Écrivez et postez. (aide)

Signature Code 270