trogne

date : 1580 registre ancien : 5 registre moderne : 6 fréquence : 67

trogne n.f.

Figure, visage ; visage, figure d'ivrogne et rouge ou populaire, ou d'ennemi, ou vilain, etc. ; tête ; (nez) ANG : face

Synonyme : tête, crâne, visage, figure Usage : anatomie, alcool, ivrognerie, boire

4216.jpg: 566x850, 84k (16 août 2013 à 13h18)

1932 Le brigadier vint alors nous chercher. Cet homme assez grand et de forte carrure arbore une trogne de poivrot plus hilarante encore que la plus carnavalesque de celles que composa l'illustrateur génial Gustave Doré. 1932. Le pourrissoir 1648 Me traitta d'éventé, de poltron et d'yvrogne, / Et me chassa d'abord, me donnant sur la trogne 1648. L'intrigue des filous 1648 Ne sont pas des Mignons qui boivent pour un peu / Et n'ozent de rubis enluminer leurs trognes 1648. L'intrigue des filous 1908 ce vin, fait donc rougir ma trogne 1908. Buvons encore du vin 1993 j'aimerais croiser d'autres visages que ces trognes rougeaudes, grisâtres, nauséeuses, éructantes 1993. Le gendarme des barrières 1929 Elles n'ont point la trogne salie, les cheveux épars et l'abject ricanement de nos ivrognesses 1929. Je suis un geux 2004 L'autre dans un coin, c'est Bounab Ahmed, un colosse avec une face bestiale et un crâne rasé qui n'arrête pas de pisser le sang par une coupure du cuir chevelu. Quelle trogne ! 2004. Une guerre au couteau. Algérie 1960-1962, un appelé pied-noir témoigne 2007 Ce pochard a déjà bourlingué au-delà du cap de la cinquantaine, mais sa trogne, saccagée par ses débordements alcooliques, semble s'être aventurée sous des latitudes bien plus extrêmes. 2007. La gigue des cailleras 1967 Je me souviens de sa trogne rouge d'ivrogne, de ses ongles sales et de la façon qu'il avait de tripoter sans arrêt sa moustache. 1967. Le cachot <9 citation(s)>

TROGNE1, subst. fém. I. Fam. Visage grotesque ou comique; en partic., visage plein et rubicond qui révèle l'amour de la bonne chère et du vin. Trogne plaisante; trogne enluminée, rouge, violacée; avoir une drôle de trogne. Les trognes des vieux paysans gaillardement rougies par le vin (BALZAC, Peau chagr., 1831, p. 289). Un gros homme, encore vert, une bonne trogne lorraine bien nourrie, ayant dans tous ses gestes la décision de l'homme bien posé (MOSELLY, Terres lorr., 1907, p. 42). Trogne de + subst. Trogne d'assassin, de concierge. L'homme débonnaire et mastoc, une trogne de charpentier bon enfant et soûl (HUYSMANS, Soeurs Vatard, 1879, p. 301). Faire fière trogne. Les tueurs de mon père, les dévastateurs de la maison, Qu'ils étaient braves sur leur trône et qu'ils y faisaient fière trogne! (CLAUDEL, Choéphores, 1920, p. 942). Prononc. et Orth.: []. Homon. et homogr. trogne2. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1403 trognes plur. « choses sans valeur » (CHRISTINE DE PISAN, Le Livre de la Mutacion de Fortune, éd. S. Solente, 6093); 2. ca 1485 trongne « visage » (Mistere Viel Testament, éd. J. de Rothschild, 43667); 3. 1624 « visage de ceux qui aiment trop le vin » (Le P. GARASSE, Doctr. cur., p. 769 ds LIVET Molière). Du gaul. *trugna, supposé d'apr. le gall. truyn « nez » (DOTTIN, p. 294; FEW t. 13, 2, p. 332a). Bbg. BAR (F.). Tête armée, trogne armée. Fr. mod. 1962, t. 30, pp. 287-289. RENSON 1962, pp. 475-479. (TLFi) /

D'après un mot gaulois signifiant museau, groin (*trugna), trogne (XIVe) désigne le nez rouge de l'ivrogne (MCC) / P.-ê. du gaulois *trugna «groin, museau» ; selon Guiraud, dérivation régressive de estrogner (→ Trognon), p.-ê. d'un roman *extortionare, de tortionare, de torquere (GR) / Du gaul. *trugna, supposé d'apr. le gall. truyn « nez » (DOTTIN, p. 294; FEW t. 13, 2, p. 332a) (TLFi) / Bourguig. trongne ; patois des Fourgs, trougne. Quelques-uns le tirent du celtique : cornique, trein ; gallois, trwyn, forme récente tron, museau, nez. Diez préfère le vieux scandinave triona, museau de cochon, danois tryna, qui d'ailleurs est voisin des formes celtiques. Toutefois en même temps il se demande s'il ne faudrait pas songer au latin truo, truonis, cormoran, mot qui a été employé figurément pour signifier un homme à grand nez ; mais ici, comme il le remarque, tous les intermédiaires manquent. Lacurne cite les Gesta comitum barcinonensium, cap. XIII, p. 544 du Marca hispanica, où il est parlé d'un Guillaume de Besauduns, qui cognominatur trunnum, eo quod nasum fictitium haberet. Ce texte paraît tout à fait parler en faveur de l'étymologie celtique ou germanique. (Littré) / 1458, trongne, var. troigne, 1580 trogne ; v. 1400, Christine de Pisan, trongne « forme, apparence » (GR1&2) / 1. 1403 trognes plur. « choses sans valeur » (CHRISTINE DE PISAN, Le Livre de la Mutacion de Fortune, éd. S. Solente, 6093) ; 2. ca 1485 trongne « visage » (Mistere Viel Testament, éd. J. de Rothschild, 43667) ; 3. 1624 « visage de ceux qui aiment trop le vin » (Le P. GARASSE, Doctr. cur., p. 769 ds LIVET Molière) (TLFi) / XVe s. Quant j'aurai beu, elle, voyant ma trongne, M'iroit disant : je ne vueil point d'ivrogne, BASSELIN, XLIX.  XVIe s. Quelle maniere de les y guider [les enfants à l'étude] d'une trogne effroyable et les mains armées de fouets ! MONT. I, 183 (Littré) /

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