faire passer à la couverte

registre ancien : 6 fréquence : 8

faire passer à la couverte

& passer à la couverte ; passage à la couverte ; danser sur la couverte

locution

Faire sauter sur une couverture et la retirer sans prévenir (?) ; châtiment, punition extra-légale (mil.) ; être jeté en l'air sur couverture et laisser tomber à terre (type de supplice, de violence faite à autrui) ; (berner)

Usage : militaire, guerre

1757 Leur [détenus] premier compliment fut de nous demander la bienvenue sous peine de danser sur la couverte. Nous aimâmes mieux donner deux écus de cinq livres pièce, à quoi ces scélérats nous taxèrent sans miséricorde, que d'éprouver cette danse. 1757. Mémoires d'un galérien du Roi-Soleil
1896 le passage à la couverte. […] je m'empresse de calmer les craintes de quelques-uns de mes lecteurs, qui voient peut-être dans ce genre d'exercice un danger pour celui qui est tenu de le subir. Au régiment, en effet, cette facétie a mauvaise réputation 1896. L’album d’un saint-cyrien. Deux années d’école
1861 Pêle-mêle dans la couverture où on fait sauter le malheureux, on jette des sabots, des nécessaires d'armes, voire des pistolets. Tous ces engins de douleur bondissent et retombent avec lui, le meurtrissent, le contusionnent, le blessent 1861. Le 13e hussards. Types, profils, esquisses et croquis militaires... à pied et à cheval
1880 Haussay, ne voulant pas se déranger la nuit, avait utilisé la gamelle. J'ajouterai que ce n'était pas pour y manger... On le fit passer à la couverture. 1880. Souvenirs d'un déporté - Étapes d'un forçat politique

<4 citation(s)>

Cf. Maizeroy p.39 : « la couverture dans laquelle on bernait les nouveaux promus à grand renfort de bras vigoureux, comme il est dit le roman de Cervantès au sujet de Sancho Pança. » / Genre de punition infligée par les soldats à un mauvais camarade, à un mouchard, à un voleur (Merlin1886-1888) / Tout le monde connaît le châtiment de la couverte, ne fût-ce que par ce fameux chapitre, « où Sancho est berné dans une hôtellerie ». [...] (Gaboriau1861) / Cette exécution fut implacable. Haussay, placé dans une couverture qu'un homme tenait à chaque coin et à laquelle on imprimait un mouvement de bas en haut, se mit à crier comme un démon. Au premier mouvement, Haussay fut lancé à environ cinquante centimètres. Il retomba et fut lancé à un mètre. [...] À chaque mouvement qui suivit, il alla cogner le plafond de la cage. Il se cognait à terre en retombant. Il hurlait. (SimonMeyer1880) / « Ces malheureux avaient une vieille couverte de serpillière sur laquelle ils faisaient étendre le patient ; et quatre forçats des plus robustes prenaient chacun un coin de la couverte, l'élevant aussi haut qu'ils pouvaient, et la laissaient tomber ensuite sur les pierres qui faisaient le plancher du cachot ; et cela par autant de reprises que ce pauvre malheureux était condamné, suivant son obstination à refuser l'argent à quoi on le taxait. Cette estrapade me fit frémir. » (Marteilhe, 1757, (1989, p.108)) /

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