pioncer

motdéfinitionrelationscitationsdatescommentaires

date : 1827 registre ancien : 9 registre moderne : 7 fréquence : 106

pioncer & pionser ; repioncer v. intr.

■ Dormir, dormir à poings fermés ; ■ coucher ; se coucher, coucher ; se rendormir ALL : schlafen / ANG : To sleep ; to sleep soundly / IT : dormire

Synonyme : sommeil, sieste, dormir, se coucher Famille : pioncer (dormir)

1867 Il voulait, au contraire, s'en débarrasser, et il suffisait pour cela, disait-il, de les estourbir tous les deux pendant qu'ils pionceraient (Profiter de leur sommeil pour les assassiner). 1867. Les Malfaiteurs 1979 Pendant que Dédé pionçait z'y ont fracturé son box 1979. La tire à Dédé 1927 J'escalade Amanda qui ronfle dur et je pionce mes huit heures. 1927. Souvenirs de la vie de plaisir sous le second Empire 1915 –Ah ! tenez, vous m'agacez, fit le sergent, vous ne comprenez même pas ce qu'on vous explique. Repioncez. Je dirai au capitaine que vous êtes deux idiots ! 1915. Les soldats de la guerre : Gaspard 1915 Je crois que je pioncerais encore si le lieutenant Hénault n'était venu me réveiller. 1915. Les poilus de la 9e 1953 plus tôt qu'on dormira, plus tôt qu'on sera demain. Quand on pionce, ça passe plus vite 1953. Allons z'enfants <6 citation(s)>

PIONCER, verbe intrans. Arg. ou pop. Dormir ou dormir profondément. Il se heurte à un dormeur. Ah! Ah! Toute la troupe par terre! Qui est là? Holà, toi! −Ils pioncent, ils gisent tout de leur long (Claudel, Tête d'Or, 1890, 2e part., p.52). Pioncez. À sept heures moins le quart j'vous tire du pieu (Vialar, Morts viv., 1947, p.146). − Empl. pronom. réfl. Se mettre au lit. Synon. se coucher, se pieuter (arg. et pop.). Rapplique, c'est l'heure d'aller se pioncer (Le Breton, Hts murs, 1954, p.84). Prononc.: [pjɔ ̃se], (il) pionce [pjɔ ̃:s]. Étymol. et Hist. 1. 1827 « dormir » (N. Ragot de Granval, Cartouche ou le Vice puni d'apr. Sain. Sources Arg. t.1, p.335); id. (Un Monsieur comme il faut, Dict. d'arg. d'apr. Esn.); 2. 1836 « coucher » (Vidocq, Les Voleurs, t.1, p. LIII). Orig. incertaine. D'apr. Bl.-W.1-5 et FEW t.8, p.165b et 171a, notes 7 et 8 (v. aussi Guiraud Orig. obsc.), altération d'apr. ronfler* (pioncer signifie «dormir très profondément», cf. 1847, Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes ds OEuvres, éd. M. Bouteron, t.5, 1962, p.1044), du verbe arg. piausser « coucher » (1628, O. Chéreau, Jargon ou Lang. de l'arg. réformé d'apr. Esn. [cf. le subst. verbal piausse « couche » 1562 Rasse de Neus, ibid.]), dér. de l'arg. piau « lit » (1628, O. Chéreau, op. cit. d'apr. Sain., op. cit., p.197), piau étant une forme dial. de peau* proprement « couche faite de peaux ». Parallèlement à piau/piausser, on relève le groupe peau/peausser: 1596 le peaux huré « le lit » (Péchon de Ruby, Vie généreuse des Mercelots ds Variétés hist. et litt., t.8, p.157); id. peausser « coucher » (Id., ibid., p.151 [cf. le subst. verbal peausse « lit » 1566, Rasse de Neus d'apr. Esn.]). Fréq. abs. littér.: 29. Bbg. Dauzat Ling. fr. 1946, p.296. (tlfi:pioncer) /

De l'esp. « peon », toupie ronflante (AYN) / P.-ê. nasalisation de piausser, d'un dial. piau. → Pieu « lit » (GR) / Improbable mais voir du côté de pion = ivre (gb) / peut-être variante de peausser, piausser, dormir sur des peaux ; de l'argot des malfaiteurs, passé dans la LP (Dauzat1918) / Argot parisien courant d'avant-guerre (Dauzat1918voc) /

Enrichir la notice. Si vous connaissez une source ancienne, une première attestation méconnue, ou si vous pouvez compléter l'étymologie ou corriger une erreur, cette notice a besoin de votre aide. Écrivez et postez. (aide)

Signature Code 259