pincer

registre ancien : 8 registre moderne : 5 fréquence : 130

pincer & se faire pincer ; se laisser pincer ; faire pincer ; pincer sur le fait ; pincer en flagrant délit v.tr.

■ Prendre, saisir (qqchose) ; ■ prendre qqun, le surprendre, arrêter, interpeller, et particulièrement avec idée de flagrance : prendre en flagrant délit, prendre sur le fait ; ■ attraper (une maladie) ; □ se faire prendre

Synonyme : arrêter, arrêté, se faire arrêter, interpeller, se faire prendre, prendre, saisir, emporter Usage : police

1900 Les agents de ce service [section de la voie publique] doivent opérer sur les flagrants délits proprement dits. Ils font un peu ce qu'ils veulent, déambulent à travers Paris, musardent, vont ci, vont là, cherchent à pincer les pickpockets et les voleurs des différents genres. 1900. Mémoires de Rossignol 1823 Quand Phébus, d'un pas fort alerte, / Décampe et ramène le deuil, / Heureux qui pince une couverte / Sans se faire pocher un oeil. 1823. Voyage à Sainte-Pélagie 1815 et le voleur adroit et subtil a déjà pincé votre tabatière, votre montre ; vous vous en apercevez, vous criez, il reste auprès de vous sans témoigner la moindre émotion ; la montre et la boëte ont déjà passé dans d'autres mains. 1815. Le Palais-Royal ou les Filles en bonne fortune 1884 Voyons, veux-tu me faire fermer ? J'ai déjà pincé une amende 1884. Le Boul' Mich' 1892 Les libertins les connaissent bien, surtout quand ils y ont été pincés 1892. La Prostitution 1875 C'est le fait d'un tel ; nous le pincerons ce soir, à tel endroit 1875. Paris, ses organes, ses fonctions et sa vie jusqu'en 1870 1938 Oh ! je n'ai rien pu pincer entre Iris et lui maintenant 1938. Moi, un nain 1959 Tenez, moi qui vous parle, je l'ai pincée huit fois en flagrant délit 1959. Archimède le clochard 1912 Mais si je te pince sur le fait, tant pis pour toi, je tire. 1912. Le bouchon de cristal 1893 Ah ! si vous saviez, madame, j'ai pincé toute la bande ! 1893. C'est dans le Petit Journal (Comédie en un acte pour la jeunesse) 1901 Je me porte comme un charme, sauf un polisson de rhume que le voyage m'a fait pincer ; je n'ai réellement pas de chance de ce côté. [28/10/1870] 1901. Une famille militaire de la Corrèze - Les d'Algay (1793-1870) - Joseph d'Algay, lieutenant d'infanterie de marine (1865-1870) 1927 Si l'on me pince […] je veux bien être pendu. 1927. Souvenirs de la vie de plaisir sous le second Empire 1916 Un plan sournois fut astucieusement élaboré pour le pincer en flagrant délit. 1916. Crapouillots - Feuillets d'un carnet de guerre 1917 L'idée que j'avais peut-être pincé le typhus m'avait traversé un instant durant ma chevauchée nocturne. 1917. L'évasion. Récit de deux prisonniers français évadés du camp d'Hammelbourg 1835 tel vagabond est un voleur trop adroit pour se laisser pincer sous un autre titre 1835. Lettres sur les prisons de Paris, dans F.V. Raspail, Réformes sociales 1725 tant d'autres héros / Qui (a) trimerent [(a) Allerent ravir] pincer la toison à Colcos 1725. Le Vice puni, ou Cartouche, poëme 1918 ne se fit jamais pincer 1918. Loin de la rifflette 1735 Par ma foi, dis-je en moi-même, voici l'homme que les archers cherchent, ou je suis bien trompé. Il a une longue chevelure noire et le nez aquilin. C'est assurément lui qu'on veut pincer 1735. Histoire de Gil Blas de Santillane <18 citation(s)>

PINCER, verbe trans. C. P. anal., pop., fam. 1. [Le suj. désigne une pers.] a) [Le compl. dir. désigne une pers.] Arrêter. Maintenant il faut pincer notre gredin (A. FRANCE, Dieux ont soif, 1912, p.214): 5. Iszakovitch a failli se faire pincer ce matin dans une rafle, à Puteaux. Fuzet, lui, est coffré: on l'accuse d'être l'auteur des mains sanglantes, tu sais, l'affiche contre l'état-major... MARTIN DU G., Thib., Été 14, 1936, p.545. Prendre en faute, sur le fait. Que je te pince à te balader encore, avec tes yeux en coulisse! (ZOLA, Assommoir, 1877, p.571). C'est une pauvre petite, étriquée et chétive, qui s'est fait pincer un double-décimètre entre les mains (COLETTE, Cl. école, 1900, p.211). b) [Le compl. dir. désigne une chose matérielle] Prendre, voler. Que vous avais-je demandé?... de reprendre la jupe de la Torpille pour six mois, pour six semaines, et de vous en servir pour pincer un million... (BALZAC, Splend. et mis., 1844, p.246). La blanchisseuse, sur les conseils de Madame Boche, allait bien parfois guetter son homme à la sortie de l'atelier, pour pincer le magot tout frais pondu (ZOLA, Assommoir, 1877, p.684). Étymol. et Hist. D. 1. Fin du XIVes. « arrêter (quelqu'un), appréhender » (EUSTACHE DESCHAMPS, OEuvres, éd. G. Raynaud, t.9, p.157, 4784); de nouv. 1732 [éd.] (LESAGE, Hist. de Guzman d'Alfarache, t.2, p.261); 2. 1798 « prendre en faute » (Ac.). Dér. du rad. expressif *pints-, qui évoque une saisie rapide et brusque; dés. -er (cf. aussi l'ital. pinzare « piquer (d'un insecte) » et l'esp. pinchar « piquer ». V. FEW t.8, pp.541b-542a et 547a- (TLFi) /

Fin XIVe : arrêter, appréhender ; surprendre : 1798 ; attraper (un rhume) : 1900 (GR) /

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