poteau

date : 1400 registre ancien : 8 registre moderne : 8 fréquence : 99

poteau

& (pauteau ; poto ; potau) ; □ mon vieux poteau ; □ ah ! les poteaux !

n.m.

Ami, camarade ; associé, complice ; (malfaiteur ; chef de bande) ; peut-être employé en appellatif ; □ exclamation entre amis ; (rarement pour une femme) ANG : a good friend, devoted friend ; friend, chum

Synonyme : ami, camarade, complice

Famille : pot- (ami), mes [ami/aïeux/etc.]

3426_ton_poteau.jpg: 830x551, 77k (26 février 2018 à 23h41)

1887 Une femme se dresse devant nous. Elle va crier. Nous hésitons. Mon poteau se lance sur elle, lui passe je ne sais quoi autour du cou. Je l'aide machinalement, sans me rendre compte. La veinne tombe. Elle était morte. 1887. Le monde des prisons 1956 L'jour de la fête à Julot, mon poteau, je l'ai invité au petit bistrot 1956. On n'est pas là pour se faire engueuler (I) 1927 entre poteaux 1927. C'est la valse des costauds 1918 mon poteau a décidé de s'y fixer pour soigner son entérité. 1918. Loin de la rifflette 1918 Seulement si que ça ne te plairait pas, eh bien, mon petit poteau, ce serait du kiff. Vu ? 1918. Loin de la rifflette 1917 –Eh ! poteau, t'entends-t-y l'canon ? C'est donc qu'y a la fête ? –Probab'e ! Ici, mon vieux, c'est tous les jours el Quatorze Juillet ! 1917. Nuits de guerre (Hauts de Meuse) 1916 Mais toi, tu es un « poteau » ! Du bist ein Poteau ! –Qu'est-ce que c'est un « poteau » ? –C'est comme qui dirait un vrai copain ! 1916. Journal d'un simple soldat. Guerre-captivité 1914-1915 1915 Ah, poteau, t'en fais pas : on va s'payer des bosses ! 1915. Les soldats de la guerre : Gaspard 1925 certains cherchent ainsi tout bonnement une distraction à la monotonie de leur existence, d'autres ont l'espoir de « passer en douce un bifton à quelque poteau » de la même bande 1925. Souvenirs d'un médecin des prisons de Paris (1914-1918) 1911 tout à coup, j'entends une musique sucrée comme de la gelée d'abeilles… Je relève la tronche… Ah ! les poteaux ! qu'est-ce que j'ai reçu comme brûlant !… Cette musique, c'était la voix d'une gonzesse de quinze à seize piges 1911. Le journal à Nénesse 1903 Maintenant, mon poteau [à femme], quand tu seras sortie, si toutefois tu « refauches » pas de nouveau, tâche d'avoir un corsage de soie noire taille 44 1903. Les enracinées 1903 Mon vieux Poteau [destiné à une femme], Au moins, toi t'as pas la frousse. J'aime ça moi. […] Faut leur montrer un peu que les « gonzesses » de Chaillot ont du poil aux yeux. 1903. Les enracinées <12 citation(s)>

POTEAU, subst. masc. II. Arg., pop. A. Ami fidèle. Les autres copains et poteaux, dit Marthereau, faut pas croire qu'i' soyent mieux ni plus bien que nous (BARBUSSE, Feu, 1916, p. 148). Berlassier et Sarcelotte: de vrais camarades ceux-là, des solides; des sûrs, des poteaux (GENEVOIX, Raboliot, 1925, p. 54). Vous pouvez parler de James Dee (...) à ses anciens poteaux de l'équipe de rugby (AYMÉ, Mouche, 1957, p. 30). B. Homme du milieu. Les messieurs et leurs dames voisinaient avec les poteaux et les gonzesses, leur passaient des bouteilles, chantaient avec eux des refrains obscènes (L. DAUDET, Fant. et viv., 1914, p. 133). Prononc. et Orth.: B. Fig. en parlant d'une pers. 1. 1259 « soutien, appui » (RUTEBEUF, Du Pharisien, 68 ds OEuvres, éd. E. Faral et J. Bastin, t. 1, p. 253: maint postiau de sainte Yglise); 1400 « appui, ami » (Arch. nat. JJ 155, pièce 273 ds DU CANGE, s.v. postellum: ses posteaulx, c'est a dire les meilleurs de ses amis), ex. isolés; av. 1873 compter sur un potot (arg. des forçats d'apr. ESN.); 2. 1883 arg. des voleurs « chef de bande » (FUSTIER, Suppl. dict. Delvau, p. 543); 1914 « homme du milieu » les poteaux et les gonzesses (L. DAUDET, loc. cit.). Dér. (à l'aide du suff. -el, -eau*) du subst. a. fr. post «poteau» (déb. XIIe s. BENEDEIT, St Brendan, éd. E. G. R. Waters, 1380), du lat. postis « jambage de porte », au plur. «porte», à l'époque class.; « pieu, pilotis » au Moy. Âge (av. 532 ds NIERM.). CHAUTARD Vie étrange Argot 1931, p. 296. HOTIER 1973 [1972], p. 71. SAIN. Arg. 1972 [1907], p. 68. (tlfi:poteau) /

Terme d'argot (1887. Le monde des prisons, p. 33) / Poteau, pole, as a sustainer (MAR) / Se dit maintenant pote (PN-c) / Ceux qui parmi les malfaiteurs sont appelés poteaux ont reçu l longue trad. du maniement du langage : souteneur = poteau ; ce sont les poteaux qui reprennent les mots oubliés pour les lancer de nouveau dans la circulation (SCHW1889) / Support, soutien (AYN) / P. Guiraud met en doute l'identité des mots (poteau moderne de 1873 et poteau de 1400), et voit dans l'emploi mod. un dér. de pot. → Potache (GR) / Celui sur lequel on s'appuie (Henry Solus, dans Barrès) / Ce à quoi l'on s'appuie (Lenôtre1918) /

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