aller au persil

date : 1841 registre ancien : 10 registre moderne : 9 fréquence : 22

aller au persil & faire son ; faire le persil ; pousser son persil ; cueillir du persil ; faucher le persil ; labourer le persil ; persil

Chercher le client en se promenant : faire le trottoir, raccrocher, racoler, accoster le passant, marcher à la recherche d'un client, se promener sur les boulevards ; se prostituer, gagner de l'argent par la prostitution ; gagner de l'argent ALL : (auf den Strich gehen) / ALL : (strichbummeln)

Synonyme : client (chercher le) Usage : prostitution

1863 Zut ! je veux aller au persil pour aller au beurre, moi, na ! Je veux, pour une nuit, retrouver les voluptés de ma première jeunesse, tout comme mes pensionnaires [prostituées] !… Je veux qu'on me paie pour me faire godiller, moi ! 1862-1863. Les jeux de l'amour et du bazar 1863 (La voix enrouée de la marcheuse, à travers la porte : Madame, c'est à vous !) Allons ! voilà mon tour de bitume arrivé !… Au persil ! au persil ! Il faut qu'on m'étrenne !… 1862-1863. Les jeux de l'amour et du bazar 1886 À Mabille, il y avait deux catégories de femmes : les femmes chics, qui faisaient leur persil, et celles que l'administration engageaient pour danser ; elles ne se mêlaient pas 1886. Paris oublié 1963 oui, on fait son persil en trois mois puis le reste du temps c'est des vacances 1963. Mélodie en sous-sol 1905 Au lieu qu'elle me rapportait ses vingt balles du persil… 1905. Le Tigre & Coqueliquot 1903 En attendant [de trouver un entreteneur], tu feras ton petit persil sans te la fouler, et tu gagneras toujours de quoi t'entretenir. 1903. Les enracinées 1841 On dit d'une prostituée qui se promène pour trouver pratique, elle va au persil 1841. Vocabulaire indispensable pour comprendre le langage des souteneurs et des filles publiques, dans Des dangers de la Prostitution ; par Aimée Lucas 1841 Va, toi… fais tes postures, je te collerai un tabac à la sorgue quand tu iras au persil. 1841. Des dangers de la Prostitution ; par Aimée Lucas 1841 Là aussi [dans les petits théâtres du Temple] se confondent les filles de bas étage qui viennent s'y délasser de ce qu'elles appellent labourer le persil. 1841. Des dangers de la Prostitution ; par Aimée Lucas <9 citation(s)>

C. − Arg. Activité des prostituées, et en partic., action de racoler les clients. Aller au persil, faire le persil. C'était la grande retape, le persil au clair soleil, le raccrochage des catins illustres (Zola,Nana, 1880, p.1450). − P. méton., en empl. sing. coll. Monde de la prostitution de haut vol: Tout ce qu'il y a dans Paris de chic (...) s'est donné rendez-vous ici (...) monde (...) qui (...) ne fait parler de lui que de temps à autre, par (...) l'excentrique aventure d'un de ses membres, héros du « Persil » et de la gomme. A. Daudet, Rois en exil, 1879, pp. 283-284. − Faire son persil. Se promener avec ostentation pour se faire remarquer, pour séduire. Fantassin léger, sans impedimenta, on poursuivra plus aisément l'adversaire, guilleret comme ces gens qu'on a quittés à midi sur le paquebot, fripés, hâves et défaits, et qu'on retrouve à trois heures faisant leur persil dans les ramblas du port, pimpants et farauds (Montherl., Lépreuses, 1939, p.1507). 2. 1840 [date fautive : Halbert est de 1849 (gb] « commerce de la prostitution » (Halbert d'Angers, Nouveau dict. complet de l'argot ds Larch. 1872) ; id. faire son persil, aller au persil « accoster les passants (en parlant des prostituées) » (Id., ibid.); 3. 1866 faucher le persil « se promener en toilette sur les trottoirs les plus fréquentés » (Delvau, p.153). (TLFi) / persil (faire son -) loc. verb. arg. ARG. PROSTIT. "racoler" - TLF, 1840, Halbert d'Angers ; E, 1864 ; FEW (8, 328a), GLLF, 1865, Larchey ; DFNC, cit. Darien, 1898 ; Lex.[79], GR[85], ø d. faire le persil - TLF, 1840. 1881 - « La grisette n'est pas encore devenue lakiste, mais alors qu'elle fera, au bois de Boulogne, le persil dans sa victoria, autour de la cascade et des flots menus, elle gardera toujours un tantinet de bonne folie et un tantinet d'amour qui n'aura pas encore servi. » F. Champsaur, Albert Robida, in Les Contemporains, numéro 24, 1 - J.Hé (BHVF)

Le sens est : aller chercher de l'argent, pour acheter du persil et assaisonner la soupe (cf. aller aux épinards, en parlant d'un souteneur) (SAINXIX) / Origine de cette expression inconnue : Francisque Michel la fait venir de pesciller ; DELV du terrain vague où pousse le persil ; VIR propose de la faire venir de l'expression avoir du persil dans les pieds (expression utilisée quand on a les pieds sales) : de là faire son persil) (VIR) / D'après une tradition populaire, la venue du persil est capricieuse et le semeur ne doit pas avoir d'argent sur soi. « Faire son persil », « aller au persil », c'était racoler, dans le voc. des filles, dans les années 1840. Les persilleuses mâles étaient des garçons qui faisaient le trottoir en imitant les allures des filles, bien qu'ils ne fussent généralement pas des tantes (Brenner, note CAN) / Citation de VIR-PAROUB : A Mabille, il y avait deux catégories de femmes : les femmes chics, qui faisaient leur persil, et celles que l'administration engageaient pour danser ; elles ne se mêlaient pas. Celles qui ne dansaient pas se promenaient dans les allées. → relier le persil et les allées ?? comment récolte-t-on le persil ? (gb) / VIR-PARIMP écrit p.124 : Adieu le tour du Bois, les persils sont coupés ; la baronne d'Ange a pour toujours fermé la bouche, c'est la dernière fois qu'elle passe ! /

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