nib

date : 1846 registre ancien : 9 registre moderne : 8 fréquence : 56

nib & nib ! ; nibbe ; que nib ; que le nibe ; nibe ; nib de ; pour nib ; à nib ; (mibe ; nèb) adv.

Rien, absence de, rien, pas de, point de ; négation, non, refus ; □ pour rien, gratuitement ; □ à rien, absent ; (marque d'étonnement) ALL : nichts, nicht, Ruhe / ANG : not, not any

Synonyme : non, refus, rien, pas de Morphologie : apocope

1900 Je t'arrête ! –Ah ! c'est sérieux ? Eh bien mon pauvre ami, je ne vaux que le nibe, tu fais four (je n'ai commis aucun délit, tu te trompes). 1900. Mémoires de Rossignol 1955 Plus rien à en tirer. C'est même pas la peine de la dérouiller, ça servirait à nib. 1955. Mollo sur la joncaille 1938 Marguerite de Bourgogne, auprès d'elle, n'avait que nib comme tempérament 1938. Ah ! si vous connaissiez ma poule 1955 Parce que j'ai rien vu, mon pote. Que dalle. Nib. Et c'est même plutôt couillon 1955. La nuit de Saint-Germain-des-Prés (Les nouveaux mystères de Paris, 6e arrondissement) 1956 J'entrave nib à ce que tu racontes. Tu avoueras que je suis bon prince de t'esgourder 1956. M'as-tu vu en cadavre ? 1954 d'immeuble point. Nib de castel. Envolé, évaporé 1954. Rue des maléfices - Chronique secrète d'une ville 1917 T'en fais pas, mon p'tit, on va encore rigoler c'te nuit. Roupillon en musique et nib de gueuleton. Qué misère ! 1917. Nuits de guerre (Hauts de Meuse) 1872 C'est un batteur qui bonni nibe [qui sait se taire], mais il en a, nous le savons. 1872. Dictionnaire d'argot ou de jargue (3) 1905 Pour moi y a pas d'erreur… nib de Facchino là-haut ! 1905. Le Tigre & Coqueliquot 1911 Pas d'entraves, pas de chaînes, pas de bastilles, qu'ils gueulaient… Pour nouzailles ça voulait dire, comme de juste, plus de préfectance, plus de flics, plus de panier à salade, plus de ballon, nib de moutarde, quoi ! 1911. Le journal à Nénesse 1911 Si encore, je te laissais un vrai poteau, quelqu'un d'attaque, qui soit là pour un coup !… Mais nib ! Te voilà coulée sans même deux ronds de larton pour te caler les chicots ! 1911. Le journal à Nénesse 1911 Les goualantes, c'est chouette, ça fait du boucan, et les hannetons qui vous taraudent la soupente se tirent des pieds… À quoi que ça m'avancerait de crier au vinaigre et de pisser de l'oeil ?… À nib… 1911. Le journal à Nénesse 1911 Les goualantes, c'est chouette, ça fait du boucan, et les hannetons qui vous taraudent la soupente se tirent des pieds… À quoi que ça m'avancerait de crier au vinaigre et de pisser de l'oeil ?… À nib… 1911. Le journal à Nénesse 1911 Et qu'on emballera ta bidoche pour le champ des claqués… […] Nib de luisant ! Ça sera la grande sorgue jusqu'à perpète… Et de l'asticot sur l'os !… Et de la charogne !… Et de la moufette !… Et des lesquines !… Et du nèb !… 1911. Le journal à Nénesse 1911 faut pas gaffer sans quoi pour retrouver une pareille occase, çà s'rait nib et nib ! 1911. Le retour de Manounou, dans La bande des Pieds Nickelés (1908-1912) <15 citation(s)>

NIB, pron. indéf., adv. et subst. masc. Arg. et pop. I. Pron. indéf. Rien. Pour trente-cinq francs vous aurez droit à des pommes de terre (...), du céleri... (...) mais pour ce qui est des matières grasses, nib! (TRIOLET, Prem. accroc, 1945, p. 32). Que nib. Synon. que dalle. Comme ça les Boches n'y pigeront que nib (CENDRARS, Main coupée, 1946, p. 273). Locutions Nib de nib. Absolument rien. Ève était barrée cueillir des pissenloches [pissenlits] [Adam:] Alors, (...) et les pissenloches? [Ève:] Nib de nib (STOLLÉ, Douze récits hist., 1947, p.6). (Un) bon à nib. (Un) bon à rien, incapable, paresseux. C'est des mi-sels (...) tous y jactent et sont bons à nib (DUSSORT, Preuves exist., 1927, dép. par G. Esnault, 1938, p.30). Coup de nib. Non-lieu. La Volige a ramassé cinq berges. Et le Frisé? Le Frisé, coup de nib; qué veine! (BRUANT 1901, p.9). II. Adv. de négation A. [Formule de congé correspondant à rien à faire]: LAGOUPILLE: Pas un radis de plus [que six francs]. C'est à prendre ou à laisser. BARBEMOLLE: Mettez-en vingt. LAGOUPILLE: Non! BARBEMOLLE: quinze. LAGOUPILLE: Nib! COURTELINE, Client sér., 1897, 2, p.32. [Sous la forme renforcée nib de nib] [La fille, essayant la chaussure:] Nib de nib (...) [Elle] avait des oignards [oignons] aux ripatons (STOLLÉ, Contes, Cendrillon, 1947, p.2). B. Nib de. Pas de. Le groupe constatait l'absence de tout: L'caoutchouc a fait l'mur, nib de bidoche (BARBUSSE, Feu, 1916, p.206). Nib de braise. Pas le sou. En attendant, nib de braise, et la mouise aux portes (TOULET, Corresp. avec un ami, 1920, p.150). III. Subst. masc. A. Homme incapable, bon à rien. Ici [en Guyane] le Proc[ureur] c'est un nib à peine serait-il greffier en France! (DUSSORT, Journal, 1929-34, dép. par G. Esnault, 1953, p.280). Prononc.: [nib]. Étymol. et Hist. 1. 1847 nib ! « rien », nib de braise « pas d'argent » (FÉVAL, Fils diable, t. 2, p.3 et t. 1, p.240); Apocope de l'arg. nibergue adv. « rien » (1800, LECLAIR, Histoire des bandits d'Orgères d'apr. ESN.) et particule négative « non » (niberg, 1821, ANSIAUME, Arg. Bagne Brest, fo 12 ro; cf. aussi niberte, ca 1822, Le Jargon ou Lang. de l'arg. réformé pour l'instruction des bons grivois, Suppl., p.9), peut-être du fourbesque niba, niberta (v. DAUZAT Ling. fr., p.276; SAIN. Arg., p.47 et Sources Arg. t. 2, p.407), cf. aussi arg. ital. nisba ds DEI, formes caractérisées par le n- négatif. Le passage de 1 à 2 vraisemblablement par évolution inverse de celle de rien*. (TLFi) /

Abrév. de nibergue (1800), pour niberque, déformation de bernique (GR) / Apocope de nibergue ; De nibé, venant de nibergue (George, FM48) / Vient de nibergue (même sens), anagramme de bernique (Dech1918) / 1847 (GR) / 1846 (George, FM48) /

Enrichir la notice. Si vous connaissez une source ancienne, une première attestation méconnue, ou si vous pouvez compléter l'étymologie ou corriger une erreur, cette notice a besoin de votre aide. Écrivez et postez. (aide)

Signature Code 620