margoulin

registre moderne : 4 fréquence : 18

margoulin n.m.

Petit patron, petit industriel, petit marchand ; marchand ambulant ; délinquant ; type de personne aux activités malhonnêtes ; terme de mépris, insulte, type ; sournois

Synonyme : terme de mépris, formule de mépris, marchand, incompétent, nul, incapable

1985 Spaggiari, petit margoulin sans envergure, manipulé par de puissants caïds marseillais, avait su, dans sa mégalomanie, utiliser cette méthode et créer la confusion et l'amalgame 1985. Un flic de l'intérieur 1870 –[…] je te croyais bien aux Amandiers. –Il n'y a que des margoulins 1870. Le sublime ou le travailleur comme il est en 1870, et ce qu'il peut être 1978 Les Arabes, personnellement, je les aime pas. […] ils sont très margoulins. Ils sont maquereaux et essayent de faire un coup tordu. Très souvent. 1978. Les garçons de passe - Enquête sur la prostitution masculine 1910 On n'est pas des margoulins à la mie d'pain et j'vous jure que vos bath gueules d'aminches sont gravées avec le surin du souvenir au plafond de nos ciboulots 1910. À la conquête du Pôle Nord, dans La bande des Pieds Nickelés (1908-1912) <4 citation(s)>

MARGOULIN, subst. masc. A. 1. Pop. Petit détaillant, petit patron. Je suis un petit patron, ce qu'on appelle un margoulin dans l'argot parisien (SARTRE, Mur, 1939, p. 188). 2. Commerçant malhonnête; individu peu scrupuleux en affaires. Synon. maquignon, mercanti. Je veux que dans ces circonstances graves et familiales, tu te conduises comme un gentilhomme provençal et non pas comme le dernier des margoulins (PAGNOL, Fanny, 1932, II, 7, p. 148): L'ancien agent immobilier s'était mis à tourner des obus (...); de ces obus soufflés, gondolés, poreux, fissurés, qui éclataient à l'intérieur des canons, et que les artilleurs enfournaient avec épouvante. De quel ton M. de Champcenais n'eût-il pas dit: «Lui aussi? C'est vraiment drôle...», envoyant ainsi d'un sourire Haverkamp dans le monde des margoulins. Ah non! Pas plus margoulin que mercanti. ROMAINS, Hommes bonne vol., 1938, p. 175. 3. Arg. de la Bourse. Spéculateur sans envergure. Il avait spéculé, non sur la valeur de sa production mais sur celle des plantations mêmes (...). Et il n'ignorait pas que, dès que cette suppression [des crédits américains] serait connue, tous les margoulins de Paris et de New-York prendraient position à la baisse sur ses titres (MALRAUX, Cond. hum., 1933, p. 337). B. Personne manquant de compétence ou de sérieux dans l'exercice de sa profession; en partic. mauvais ouvrier. Il n'y a [dans cet atelier] que des margoulins (POULOT, Sublime, 1870, p. 63). Que nos édiles, nos ministres, nos présidents de commissions, cessant d'appeler les «danseurs» traditionnels pour calculer et les margoulins pour décorer les murs, convient enfin les artistes savants dont la France regorge, à témoigner de la vitalité spirituelle de ce pays (LHOTE, Peint. d'abord, 1942, p. 51). Rem. Le mot est rarement empl. au fém. V. cependant ROB., ex. de Bainville, et, au fig., M. CERF, Une passion, Paris, Lattès, 1981, p. 194: Comme il avait eu tort de croire honnêtes ces margoulines. Toutes, prêtes au crime de sang, le cernaient et le montraient du doigt. Prononc.: []. Étymol. et Hist. 1. a) 1840 «petit commerçant» (RAOUL PERRIN, Le Commis-voyageur ds Les Français peints par eux-mêmes, t. I, p. 354 ds Fr. mod. t. 13, p. 293); en partic. 1858 «commerçant peu scrupuleux en affaires» (CHESN.); d'où b) 1870 «homme peu scrupuleux dans l'exercice de sa profession, mauvais ouvrier» (POULOT, loc. cit.); 2. 1933 Bourse «spéculateur sans envergure» (MALRAUX, loc. cit.). Mot pop. issu du verbe margouliner usité dans le Bas-Maine au sens de «aller vendre de bourg en bourg, surtout en parlant des femmes qui vendent des mouchoirs» (DOTTIN, Glossaire des parlers du Bas-Maine, Paris, 1899), lui-même dér. de margouline « bonnet » (DUM.); cf. Bas-Maine margulet, margulin « bandeau sur la figure, bride d'un bonnet de femme » (DOTTIN, loc. cit.); margouline est une var. de margoulette* d'après gouline « bonnet de femme » usité dans les parlers de l'Ouest (FEW t. 4, p. 315a), dér. de goule, forme anc. de gueule*. Fréq. abs. littér.: 10. Bbg. DAUZAT Ling. fr. 1946, p. 298. MIGL. Nome propr. 1968 [1927], p. 167. (TLFi) /

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