maquereau

date : 1278 registre ancien : 7 registre moderne : 6 fréquence : 109

maquereau & macro ; maquereau de ; père maquereau ; maqu... ; maq...... n.m.

Souteneur de prostituée, son associé (association consentie, volontaire) : entremetteur, celui qui présente courtisane à client, qui facilite son commerce (protection contre police, clients, concurrents) ; proxénète de la prostituée (par contrainte) : celui qui l'exploite ; par ext. péj., qui vit aux dépends d'autrui ; patron de bordel ; (celui qui paye la prostituée. ; homme qu'une femme paye pour être baisée)

Synonyme : maquereau, proxénète, souteneur Famille : maquereau Usage : prostitution

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1840 Je dois d'abord à mes lecteurs le portrait moral d'une dame de maison, et ils les connaîtront toutes. Ces dames sont d'anciennes putains, filles d'amour, ou femmes sensibles qui, après avoir foutu et refoutu avec le tiers et le quart, ont eu le bon esprit de faire quelques économies, et qui voulant arriver à une bonne fin, aidées d'un honnête maquereau, jadis amant, aujourd'hui leur ami, louent une maison, la meublent, c'est-à-dire y placent un lit […] plus sept ou huit filles, bien dressées 1835-1840. Les dames de maison et les filles d'amour 1889 ce qui faisait le chic du rôle de Jouvet, c'est qu'il jouait un maquereau intellectuel 1889. (Le tournage d'Hôtel du Nord, en 1938, propos recueillis par Pierre-Edmond Robert, 1989) 1925 Vous, le père maquereau, si j'ai un conseil à vous donner, c'est de fermer votre gueule ! 1925. La bonne vie 1783 Il est nécessaire d'avoir pour amis des bonneaux, autrement dit maquereaux […] afin qu'ils vous fassent faire des passades et vous prônent aux étrangers et aux grands seigneurs 1783. Correspondance de Madame Gourdan, dite La Petite Comtesse 1892 Les maîtres de maisons ou les tenants-maisons, en style ordurier Rufians ou Maquereaux 1892. La Prostitution 1981 La médecine est une putain, son maquereau c'est le pharmacien 1981. Etudiant, poil aux dents 1784 voyant que par ses jeux il foutait son agnès ou, pour mieux dire, qu'il pouvait être maquereau comme son oncle par rapport à Marguerite 1784. Histoire de Marguerite, fille de Suzon, nièce de D** B*****, suivie de La Cauchoise 1784 Tiens, ma putain, voilà pour tes épingles. Pardonne à ton maquereau l'affront que tu viens d'éprouver 1784. Histoire de Marguerite, fille de Suzon, nièce de D** B*****, suivie de La Cauchoise 1773 Je te fous à l'instant, soit en con, soit en fesse ; / Vit-en-l'air n'est pas fait pour garder le manteau ; / Un tel rôle n'est bon que pour un maquereau 1773. Vasta - Reine de Bordelie 1937 Évidemment l'on ne saurait demander à ces pleutres, ces crouilleux petits maquereaux déroutés, autre chose que le salivage « tout venant », la bulleuse jactance électorale 1937. Bagatelles pour un massacre 1998 d'autres petits apprentis maquereaux viennent à la curée 1998. Les combines des voleurs et comment s'en défendre 1966 Ils se félicitaient de la voir sacrifier aux exigences de la nature avec un jeune homme de leur monde, bien élevé, suffisamment lavé et vraisemblablement exempt des maladies que traînent souvent avec eux les maquereaux professionnels 1966. Les cahiers du capitaine Georges - Souvenirs d'amour et de guerre (1894-1945) 1966 Quentin, l'ancien, était parisien et maquereau de profession. Il se vantait d'avoir trois femmes « en tandem », une rue de Lappe, l'autre place Saint-Michel et la troisième à la Gare de l'Est 1966. Les cahiers du capitaine Georges - Souvenirs d'amour et de guerre (1894-1945) 1904 Je ne veux pas faire de escandale… à cause du monde !… Mais tu me le paieras, va, grand maquereau [à homme qui n'est pas souteneur mais grand séducteur] ! tu me le paieras ! 1904. Pepete le bien-aimé 1904 Il n'y en a pas comme ce maquereau-là [grand séducteur] pour les engourdir 1904. Pepete le bien-aimé 1917 Ah ! cré bon Dieu, rugit-il aux heures de colère, ces maq… de Boches, ce qu'ils m'paieront tout ça en gros, quand j'en chiperai un ! 1917. La cote 304 et Souvenirs d'un Officier de Zouaves - Guerre 1914-1917 1921 Vladimir, du moins, y mettait-il de la douceur, petit homme en sucre et en caresse. Il n'était pas de ces brutes qui marquent leur domination en bleu sur le dos de leur maîtresse. Ceux-là, qu'on appelle des maquereaux, elle n'en eût pas voulu. 1921. Histoire d'une Marie <17 citation(s)>

Populaire A. − 1. Subst. masc. Homme qui débauche et prostitue les femmes et qui reçoit d'elles l'argent qu'elles tirent de la prostitution. Synon. barbeau (arg.), entremetteur, mac (arg.), proxénète, souteneur, taulier (arg.).Retourne à tes tripots, tricheur... à tes putains, maquereau!... (Mirbeau,Journal femme ch., 1900, p. 353). Julot, un maquereau! C'est-à-dire qu'il dit qu'il est un maquereau. Mais il n'est pas foutu de l'être. Moi je l'ai vu payer sa femme (...) une femme qui était en maison, qui gagnait plus de cinquante francs par jour (Proust,Temps retr., 1922, p. 813): . ... j'avoue que les exercices de la crapule, boueuse ou dorée, me fatiguent, que les moeurs des maquereaux m'ennuient autant qu'elles me dégoûtent, et que j'ai en horreur cette honteuse parodie de l'amour, la prostitution, la traite des blanches et autres gentillesses de même ordre. L. Daudet, Brév. journ., 1936, p. 231. 2. Subst. fém. Maquerelle, en appos., mère maquerelle. Patronne d'une maison de prostitution. Synon. entremetteuse, taulière. Ni une maquerelle ni un Seymour n'ont pensé à avoir [dans leur harem ou leur bordel] une Circassienne et une Japonaise (Goncourt,Journal, 1863, p. 1214).Ce devait être quelque tenancière de grande maison de filles, une maquerelle en voyage (Proust,Sodome, 1922, p. 93).Des mères maquerelles de ta sorte, Checca, ça se pêche à la douzaine rue des Dévidoirs (Arnoux, Rossignol napol., 1937, p. 19). B. − P. ext., péj. 1. Homme qui vit ou tire profit d'une femme. Il faut que vous ayez un fameux toupet pour oser faire une allusion à de l'argent reçu d'une femme par un homme, vous qui, tout jeunet, avez débuté dans la vie par être entretenu par Déjazet sexagénaire (...) toute la différence qu'il y a entre vous et Jupillon, c'est que le maquereau que vous étiez prenait plus cher que Jupillon (Goncourt,Journal, 1889, p. 908).J'ai l'habitude de payer pour les femmes avec qui je sors. Je ne suis pas un maquereau (Queneau, Pierrot, 1942, p. 128). 2. Entremetteur peu honorable dans divers domaines. Maquereau politique. Quant aux offres de Du Camp relativement à Mme Biard, il y a entre les hommes une sorte de pacte fraternel et tacite qui les oblige à être maquereaux les uns des autres (Flaub.,Corresp., 1853, p. 406). Briand, ce maquereau, couvert de toutes les bénédictions « allemandes » du pape Pie XI (L. Daudet, Brév. journ., 1936, p. 63). 1269-78 makerele «tenancière de maison close» (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 10066); 1269-78 maquereaus «homme qui vit de la prostitution des femmes» (Id., ibid., 11706). Empr. au m. néerl. makelare « intermédiaire, courtier » (également att. en Flandre et en pic. dans des textes fr.: fin du xiiies. ap. G. Espinas, H. Pirenne, Recueil de doc. relatifs à l'hist. de l'industr. drapière en Flandre, t. 3, p. 234; fin du xiiies. ap. A. Giry, Hist. de la ville de Saint-Omer, p. 503, 526); le m. néerl. makelare est dér. de makeln « trafiquer », lui-même dér. de maken « faire ».(TLFi) /

Les uns font dériver le mot maquereau de mercureau dérivé hypothétique de mercure. Les autres du mot flamand macken, trafiquer ; enfin plusieurs font dériver ce mot de aquariolus, esclave chargé de présenter l'eau aux prostituées [Hayès, I,95] / Les uns croient que ce mot vient de l'hébreu machar, qui signifie vendre ; d'autres font dériver cette expression d'aquarius ou d'aquariolas parce que chez les Romains les porteurs d'eau étaient les intermédiaires de la prostitution, d'où maquariolus puis maquereau ; d'autres encore affirment que ce mot vient du latin macalarellus parce que dans les anciennes comédies les proxénètes portaient des habits bizarres (Dessessart, Dictionnaire de Police, Bulenger, opuscul.) (VIR) (id. VIR-PARIMP) / « ces hommes, dont le nom populaire dérive du mot flamand maeken, qui signifie trafiquer » (duCP, 354) / Emploi officiel dans Bouchel, Bibl. du droit (VIR-PARIMP) / Du moyen néerl. makelâre « courtier », dér. de makein « trafiquer », de maken « faire » (GR) / ce nom lui est venu de son aspect chatoyant et visqueux. Costume rayé, chaussures de croco, amour immodéré pour les chemises de soie et les bijoux tapageurs. (Brigouleix) / 1269-1278, XVe (mais : maqueriau au XIIIe, Rutebeuf) (GR) /

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