goguenot

date : 1823 registre ancien : 7 registre moderne : 7 fréquence : 43

goguenot

& gogueneau ; goguenau ; goguenaud ; goguenauds ; goguenots ; goguenos ; gognot

n.m.

■ (hist.) Personne chargé du nettoyage des cellules et de vider le pot de chambre (Sainte-Pélagie) ; ■ pot de chambre, pot de nuit, vase de nuit, baquet, pot de nécessité ; WC, latrines, lieux d'aisance ALL : Abort

Synonyme : WC, pot de chambre

Morphologie : nom propre, antonomase

Usage : scatologie (pipi, caca)

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1823 Je suis à peine habillé, que le goguenaud m'appelle… Ah ! mon Dieu, et moi qui ne vous ai pas encore dit ce que c'était que le goguenaud… Vite, vite, qu'est-ce que c'est qu'un goguenaud. Le goguenaud est un homme nommé par le concierge pour maintenir la propreté dans le corridor, et, à cet effet, balayer le susdit corridor, et porter en certain lieu les objets odorans de la nuit… Mais le goguenaud, trop grand seigneur pour ces fonctions, les fait remplir par un sous-goguenaud de son choix, auquel il octroie, à ce sujet, la pièce blanche, et se réserve, lui, de faire la chambre de ceux qui le désirent, moyennant une rétribution à la volonté du locataire. À cette époque, le goguenaud portait le même nom que l'ours du Jardin des Plantes : je ne vous dirai pas qu'ils étaient de la même famille ; mais cependant il avait quelques habitudes… 1823. Voyage à Sainte-Pélagie
1823 un besoin irrésistible de dormir vint m'accabler ; […] je fis appeler le goguenaud, et le priai, d'après les conventions entre nous passées dans la matinée, d'avoir la complaisance de rapporter et de dresser mon lit, dont il avait débarrassé la chambre ; et tandis qu'il lui donnait ce qu'on appelle en grand style un certain fion, moi je cherchais M. Alexis pour lui souhaiter le bonsoir. 1823. Voyage à Sainte-Pélagie
1823 Le numéro suivant est également doublé. Il est occupé d'abord par le goguenaud dont je vous ai déjà parlé, et dont, par conséquent, je ne vous parlerai plus. 1823. Voyage à Sainte-Pélagie
1935 Il est vrai qu'un gabier fait piètre figure auprès d'un radio-télégraphiste, lors même que ce savant, naguère, remplissait les fonctions distinguées de déboucheur de goguenots. 1935. Mer Noire
xxxx Le loyer de mon mobilier, y compris le gogueneau, se paie jour par jour ; le tarif est écrit sur la porte : une chaise, tant ; une table, tant xxxx. (Lettre sur les prisons de Paris), dans Mémoires de Lacenaire, avec ses Poèmes et ses Lettres, suivis de Témoignages, Enquêtes & Entretiens présentés par Monique Lebailly
1952 À ce moment, des ombres en pyjama apparaissent aux fenêtres et je suis sûr que plus d'un goguenot est promis rageusement à notre excentrique 1952. Mon taxi et moi
1898 Le lendemain, tu t'embusques aux goguenos et tu observes attentivement. 1898. Bistrouille à l'armée du salut. Contes du Petit Pioupiou (4e série)
1888 Vrai, en voilà deux sales pierrots ! Voulez-vous bien m'aller nettoyer les goguenots, tout de suite ! 1888. Le train de 8 h. 47

<8 citation(s)>

B. − Arg. Pot de chambre; p. ext., le plus souvent au plur., lieux d'aisances. Synon. toilettes, chiottes (vulg.).Ne valait-il pas mieux y vider [à la caserne] les goguenots que de se battre aux Halles pour des poireaux et des feuilles de choux? (Aragon, Beaux quart.,1936, p. 445) : ... le plongeur (...) son chic à récurer l'évier, son habileté sans égale à savoir débourrer le matin, de son seul manche à balai verticalement abaissé comme une perpendiculaire sur l'hypoténuse d'un triangle rectangle, la gueule encombrée du goguenot. Courteline, Boubouroche, Gourde, 1894, II, p. 253. − P. métaph. Le (...) spiritisme (...) n'est (...) que la latrine du surnaturel, que le goguenot de l'au-delà (Huysmans, En route, t. 2, 1895, p. 175). − Au fig. Lieu malpropre, peu attirant. Est-ce qu'on peut recevoir quelqu'un ici? On ne demande pas la Chambre des pairs, mais, tout de même, on se plairait ailleurs que dans un pareil goguenot (Bloy, Femme pauvre,1897, p. 28). 1831 « pot de chambre » gogueneau (Raspail, Lettre du 9. 7. 1831 ds ses Lettres sur les prisons (1839), I, 359 d'apr. Fr. mod. t. 16, pp. 296-297); 1861 plur. « lieux d'aisances » goguenots (écol. ds Esn.). Orig. incertaine. Dér. burlesque du rad. de goguenard* sous l'infl., peut-être, du dialectal godeneau « vase à boire » (cf. godenot et FEW t. 16, p. 341a) qui, sémantiquement satisfaisant, paraît trop peu attesté pour fournir un point de départ assuré. On trouve également la forme gogue comme apocope de goguenot au sens de « vase de nuit » et (au plur.) « lieux d'aisances » (1903 ds Esn.). (TLFi) /

Donnera gogues, terme militaire (SAINXIX). Sens primordial de goguenot : pot à cidre (répondant au coquenot, coquille de noix) (SAINXIX) / Voir cette phrase de Vidocq : Je m'aperçois qu'au lieu de puiser au bidon, c'est dans le baquet que j'ai plongé mon gogueneau ; je suis empoisonné. / Proprement baquet servant de latrines : (SAIN-TRANCH) / Vient de goguette (anciennement société lyrique), où l'on trouve du bien-être, sur le modèle de lieux d'aisance (AYN) / Extension du sens premier (gb) / Argot parisien courant d'avant-guerre (Dauzat1918voc) /

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