moutard

date : 1827 registre ancien : 7 registre moderne : 7 fréquence : 80

moutard n.m.

Enfant, petit enfant, jeune enfant, nouveau-né ; garnement, adolescent (péj.), enfant désagréable, indiscipliné ; plus jeune, moins expérimenté (par rapport à plus âgé) ANG : a brat / IT : fanciullo

Synonyme : enfant, bébé Famille : moutarde (merde, cul...)

1864 L'enfant se levant tard / S'appelle aussi moutard, / Parfois c'est un lézard, / Quelquefois un musard. 1864. Almanach des misérables. Parodie en vers 1927 Le cercle de la rue Royale […] fut fondé en 1856, après avoir été connu sous le nom de « Moutard » ou « Petit Club ». 1927. Souvenirs de la vie de plaisir sous le second Empire 1857 Comme Dijon était la capitale de mon duché de Bourgogne, le roi (Louis XIV) me disait souvent dans mon enfance : Ma fille, vous êtes la moutarde de Dijon. (Mémoires de la duchesse de Bourgogne, partie IX, sect. V.) 1857. Dictionnaire de la langue bleue ou glossaire franco-parisien, à l'usage des touristes peu familiarisés avec les beautés de l'idiome capitalesque, dans Paris à vol de canard - Impressions de voyage dans les 13 arrondissements de la capitale 1927 Je crois ma rappeler que ce fut à la suite d'une fusion du cercle avec les Bébés ou Moutards 1927. Souvenirs de la vie de plaisir sous le second Empire 1833 –Silence donc, le maume ; donnez-y à têter, présentez-lui le sein. Faut-il qu'une femme soit suffit d'amener un enfant un spectacle ! Cassez-y donc la tête contre la banquette à ce moutard-là. 1833. Argot de théâtre, dans Le Gilblas du théâtre 1834 il appelle ses fils ses moutards, et sa fille sa grande 1834. Les deux mansardes parisiennes, dans Paris ou le livre des cent-et-un 1898 elle fera des fougasses (espèces de tartes), ces fougasses dont son neveu, moutard, se régalait tant !… 1898. Bistrouille à l'armée du salut. Contes du Petit Pioupiou (4e série) 1918 je me sentais dans l'incapacité d'enseigner aux moutards la grammaire 1918. Loin de la rifflette 1918 L'aventureux moutard fut appréhendé à Marseille 1918. Loin de la rifflette 1883 qui traînent des moutards solides, tout barbouillés de raisiné. 1883. Le Tableau de Paris 1977 Moutard, elle me faisait danser sur ses flûtes. 1977. Faut pas rire avec les barbares 1883 Le moutard qui est allé braconner le fourrage pour la bête 1883. Le Tableau de Paris <12 citation(s)>

MOUTARD, subst. masc. Familier A. Petit garçon. Il accéléra la cadence de ses béquilles et il voulait rattraper le moutard qui trottait devant lui. De son seul pied, il essaya de l'atteindre, mais le môme se remit à rire et lui fit la nique (BENJAMIN, Gaspard, 1915, p. 157). Il s'était peu à peu dégoûté de la vie scolaire, de sa monotonie, de ses astreintes, de la situation de moutard où elle vous maintient à l'égard des grandes personnes (ROMAINS, Hommes bonne vol., 1932, p. 240). V. caca ex. de Cros. [Par mépris ou dérision, en parlant d'un homme] Cora (...) avait le verbe haut, et rudoyait son mari. Elle le traitait en petit garçon, en moutard, en homme de peu d'importance (MAUPASS., Contes et nouv., t. 1, Hérit., 1884, p. 498) : ... les autres femmes (...) se passionnent pour de petits jeunes gens à barbe de bouc, des drôles qui fument, et grossiers comme des laquais! Car leur jeunesse leur donne une insolence!... (...) Moi, que tu soupçonnes de coquetterie, je préfère à ces moutards les gens de cinquante ans... BALZAC, Cous. Bette, 1846, p. 190. B. Au plur. Enfants (sans distinction de sexe). Des familles entières se regardaient avec des airs dolents, buvaient sans enthousiasme, ne retrouvaient un peu de vie que pour calotter des moutards qui dansaient en rond et tombaient, les pieds en l'air, au milieu des couples (HUYSMANS, Sœurs Vatard, 1879, p. 233). Avec les femmes, il y a toujours des histoires, et puis les moutards qui veulent pisser (ANOUILH, Antig., 1946, p. 168). Rem. On relève qq. emplois de moutard au sing. pour désigner un enfant sans distinction de sexe, notamment lorsqu'il s'agit d'un enfant à naître ou qui vient de naître. Louise a été prise de douleurs et (...) il a bien fallu avouer que le moutard demandait à voir le jour (FLAUB., Corresp., 1845, p. 47). Il alla chercher la petite et il la présentait comme s'il eût tenu le pain bénit, quand la porte s'ouvrit et Isidore Vallin parut. (...) le mari, les larmes aux yeux, fit un pas, prit le frêle moutard que lui tendait l'autre, l'embrassa (MAUPASS., Contes et nouv., t. 1, Martine, 1883, p. 116). Prononc. et Orth. : []. Att. ds Ac. 1878, 1935. Étymol. et Hist. 1. 1827 « enfant » (Monsieur comme il faut, p. 23 : Moutard. Enfant); 2. 1834 « petit garçon » (BOISTE). Orig. incertaine. Se rattache peut-être, de même que le fr.-comtois et le fr.-prov. mottet « petit garçon, jeune homme » (dep. 1633 dans le Dauphiné d'apr. FEW t. 6, 3, p. 298a), au fr.-comtois et au fr.-prov. moutte, mote « (chèvre) sans cornes » (de même orig. que le fr. motte*), les chèvres sans cornes étant aussi les plus jeunes; de plus, les aires géogr. de mottet « petit garçon » et de moutte « (chèvre) sans cornes » sont identiques (FEW t. 6, 3, p. 300a, note 30). Pour d'autres hyp. intéressantes, v. MICHEL 1856 et LITTRÉ Suppl. Fréq. abs. littér. : 101. Bbg. ALESSIO (G.). Saggio di etimologie francesi. R. Ling. rom. 1950, t. 17, pp. 188-189. GEBHARDT (K.). Les Francoprovençalismes de la lang. fr. R. Ling. rom. 1974, t. 38, p. 195. SAIN. Sources t. 2 1972 [1925], p. 268, 349. (TLFi) /

Moutard désigne tout d'abord le marmot malpropre, de moust, mout (SAINXIX) / moutard → moutarde = merde → moutard = merdeux (hypotèse...) (gb) / Orig. incert.; cf. lyonnais moté «gamin», mot franco-provençal, p.-ê. apparenté au rad. mutt- «motte de terre» ou au régional motet « jeune bétail (sans corne) » et « jeune garçon » → Mousse ; mouton (GR) / 1827 (GR) /

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